‹ Souvenirs de la guerre de l'indépendance de la GrèceChapitre 26 sur 33 · J54 LA GUERRE DE L · texte numérisé non relu

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frontières, je me verrais forcé, pour défendre, de transporter des troupes, dans les provinces limitrophes. Ma lettre intimida le Pacha, qui me répondit de ne pas croire â ce qu'on disait, attendu qu'il J n'avait puni que les malfaiteurs. En même.J temps il retournait à Larissa.

J'informai le Gouverneur de ces faits 1 ajoutant qu'en prévision de tout évène- \ ment et pourplus de sûreté, j'avais l'intention d'envoyer à Patratzik quelques-uns des bataillons réorganisés, parce que, quoique Condojanni fût un des officiers du gouvernement, il était néanmoins regardé par les Turcs comme un des capitaines de cette province à la solde de la Sublime Porte, Le Gouverneur me répondit que mon dessein était bon, mais qu'il craignait que les Turcs ne se plaignissent que nous violions les conditions du traité, qui j disait formellement qu'Hellènes et Turcs devaient rester dans les positions oii ils se trouvaient, jusqu'à ce que les frontières fussent tracées définitivement. Je répliquai au Gouverneur que je prenais cela sous ma responsabilité et que si je ne réussissais pas le gouvernement pourrait

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en rejeter la faute sur moi, et me punir.

Capodistrias me fit savoir qu'il approuvait ma proposition, et me recommanda de ne donner occasion à aucun acte de guerre ; ce qui, du reste, n'était pas possible, vu qu'Emin-Pacha, ayant retiré les troupes turques, il ne restait dans les deux villes de Patratzik et de Zitounî qu'un petit nombre de soldats formant la garde des autorités locales.

D'accord avec Capodisfriaspourl'exécution de mon plan, je permis à Balatsos de faire quelquecoup demain sur les villages turcs ; sur le fin d'Octobre, les beys de Zitounî et les Âgas de Fatratsik se plaignirent de nouveau. Je me rendis dans cette dernière ville où les principaux d'entr'eux envoyèrent k ma rencontre Salik-Bey, un des plus nobles Turcs de ces contrées. Je lui représentai la nécessité de placer des troupes turques !e long des frontières, pour le rétablissement de l'ordre. Ayant appris de lui qu'il n'y avait aucune force militaire ottomane dans leur pays, je lui dis qu'à la fin de Juillet j'avais écrit à Téphik-Bey, gouverneur du district de Zitounî (toparque), pour qu'il deman-

dât des renforts militaires ottomans au Pacha de Larissa, et queje n'avais aucune responsabilité. J'appris également deSalik que Téfik avait négligé de le faire, et j'ajoutai alors que les Agas, s'ils voulaient que je prisse toutes les mesures nécessaires pour poursuivre les brigands, devaient me donner la permission de traverser la plaine pour me rendre aux Thermopyles, à ]a rencontre des armées helléniques qui s'y trouvaient postées ; la route était de trois journées de raarcbe de Patratzik aux Thermopyles, tandis que par la plaine il n'y avait qu'une journée, en passant près delà ville de Patratzik, qu'occupaient les Ottomans. Après le départ de Salik-Bey, je reçus des Agas de Patratzik une lettre par laquelle, à cause de leur estime et de leur considération pour moi, ils me donnaient pleine liberté de passer par ou je voudrais.

Le jour suivant, m'étant mis en marche avec cinquante hommes de ma garde particulière, je trouvai sur ma route les Agas de Patratzik et Salik-Bey, qui me prièrent chaleureusement de visiter leur ville, pensant que je devais encourager les Turcs, et leur ôter tout soupçon sur ma conduite,

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j'acceptai leur invitation. Les attentions et les égards qu'ils eurent pour moi, dépassèrent de beaucoup ce que j'en attendais ; je logeai dans la maison de Sa!ik-Bey, où se passa l'épisode qui suit ;

Parmi les ordres que m'avait donnés le gouvernement, il y avait celui en vertu duquel je devais demander la liberté des chrétiens faits prisonniers par les Turcs ; je correspondais pour cela avec le Visir Méhémet-Reschid-Pacha, et Kioutahi qui se trouvait à Larissa. Ce dernier, agissant avec clémence et conformément aux conventions des traités, délivra une multitude de chrétiens réclamés par leurs parents, qui se présentaient au Visir, et portaient une lettre de moi. Salik-Bey avait pour épouse une jeune chrétienne de Delphes, que ses frères avaient demandée depuis longtemps. Ils avaient écrit aux Beys de lui donner la liberté, mais comme, d'après les traités, il était laissé au prisonnier la faculté d'accepter ou non, les Agas m'avaient répondu qu'elle préférait rester avec son époux et qu'ils ne pouvaient pas la forcer à le quitter. Par hasard, lorsque j'allai à Patratzik, les deux frères de la cap-

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tive étaient là, ils se présentèrent à moi | devant le Bey, et demandèrent que leur sœur fût interrogée en ma présence. Jeme trouvai alors très embarrassé, et j'hésitai sur ce que je devais faire, car c'eût été mal à moi d'arracher son épouse à celui qui m'avait donné l'hospitalité avec tant de courtoisie. Mais le Bey me prévenant, me déclara qu'il était content que l'occasion se fût présentée de me prouver que ni lui ni les Beys ne m'avaient trompé dans tout ce qu'ils m'avaient écrit, et il . ordonna immédiatement que son épouse 1 me fût amenée. Celle-ci interrogée, répondit que c'était volontairement qu'elle | demeurait avec le Bey, qui ne l'obligeait 1 pas à changer de religion, et que songeant à la triste position qui lui serait faite, si elle revenait dans sa famille, elle préférait rester avec son époux. Je dis alors à ses frères que je ne pouvais pas la forcer à les suivre et que toute intervention de ma part était inutile.

Une grande pluie étant survenue, je fus obligé de rester jusqu'au jour suivant à Patratzik, où les Turcs ne cessèrent de m'accabler de politesses ; j'eus, en outre.

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I occasion d'apprendre que le gouverneur eZitouni n'avait pris aucune mesure pour I assurer la tranquillité des provinces I Turques où je me trouvais, et je persuadai aux Agas de me prier d'aviser aux précautions nécessaires pour la sécurité du pays.

M'étant ensuite rendu aux Thermopyles, j'écrivis au gouverneur, de Zîtouiii, que, I j'étais prêt à m'occuperde la tranquillité l du pays, aussitôt qu'il m'y aiderait, et je I lui rappelai ma lettre du mois de juin, Ldans laquelle je lui disais d'écrire à ses ptsupérieurs, pour leur demander un renfort [ militaire. J'ajoutai que s'il ne l'avait pas I fait, j'avais l'intention de m'adresser di- 1 rectement à Kmin-Pacha. Car je voulais [ mettre le gouvernement hellénique à I l'abri de tour reproche relativement au [ brigandage.

Cette lettre intimida le gouverneur de Zitouni, qui, ayant appris mon arrivée à Patratzik, envoya son médecin avec une lettre pour moi, afin de m'inviter à aller le voir à Zitouni. Je causai alors avec le médecin, philhellène et chrétien, lui disant que, puisque le gouverneur avait manqué à ses devoirs, j'étais contraint de

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tripler mes gardes du côté de Patratzik, pour mettre à l'abri ma responsabilité e pour la sécurité des pays limitrophes, mais que je ne désirais pas que cette mesure réveillât des soupçons parmi les Turcs. Le médecin me tranquillisa, et me dit même de communiquer le tout par écrit au gouverneur de Zitouni. II ajouta qu'il suffisait quejepromisse auToparque (gouverneur) que j'irai à Zitouni et que je retirerai ma lettre dans laquelle je lui reprochais de ne pas avoir écrit h Emin-Pacha. Le lendemain il m'apporta la réponse du gouverneur ; il me remerciait des mesures que j'avais résolu de prendre, et m'invitait de nouveau à venir dans le chef-lieu de la province qu'il administrait. Avec le consentement du Toparque (gouverneur), j'ordonnai que l'on construisit avec des branches d'arbres des cabanes pour 400 hommes à Asvesti sur la frontière turque. Je me concertai ensuite avec Hormova, afin que pendant la nuit le bataillon de Dimo-Loulia traversât la plaine de Zitouni, et s'établit dans cette position; quant aux vivres, ils devaient se les procurer dans la province même de

Patratzik. Après avoir terminé ces préparatifs je résolus de partir pour 2itouni, afin d'oter aux Turcs tout soupçon. Ce pas était plus périlleux que le premier ; mais ma contiance dans le médecin qui m'avait été envoyé, et le désir d'exécuter mon projet, me déterminèrent. Les Turcs me reçurent avec enthousiasme et magnifî<ience,ils me saluèrent à coups de canons et à coups de fusils, ils envoyèrent des cavaliers au devant de moi, les Beys et les habitants de la ville accoururent à ma rencor.tre. Les colonels Gardikiotis Grivas et Papa Costas m'accompagnèrent comme mon Etat-Major. Je logeai dans la plus belle maison de la ville, et les Beys redoublèrent d'attentions pour moi.

Pendant la nuit que jt: passai à Zitouni, le bataillon hellénique qui allait occuper la position que j'avais indiquée, traversa la plaine. Le lendemain vinrent deux Agas de Patratzik, qui m'adressèrent des questions sur ce mouvement militaire ; je répondis que c'était conforme à ce que je leur avais écrit précédemment, et que j'agissais ainsi pour notre tranquillité et notre sécurité réciproques.

Les Turcs fureot contents de mes paroleSjSurtout lorsqu'il virent que j'agissai amicalement avec eux. Je quittai Zitouni laissant les Turcs satisfaits après avoi tranquillement accompli mon dessein, et légitimé ia conquête hellénique, même sur les frontières ottomanes. Cependant, après que j'eus quitté Zitouni (Lamia) avec tant de pompe, les Turcs comprirent mon dessein, et virent que je l'avais mené à bonne fin. Ils se repentirent alors de la brillante réception qu'ils nous avaient faite et du magnifique cortège qui nous avait accompagnés à notredépart et ils envoyèrent 1 50 Albanais et 50 cavaliers, pogr nous poursuivre. Mais il était trop tard, nous avions déjà franchi l'Alamana. Je ne croyais pas alors que la Régence devait annuler tout ce que j'avais fait, et reconnaître comme turques des terres que les Hellènes avaient arrosées de leur sang, et que du consentement des Turcs euxmêmes j'avais assuré à la patrie au milieu de tant de fatigues et de dangers.

Je communiquai l'heureuse issue de mon entreprise au Gouverneur, qui, quoique satisfait de mon succès, me fit cepen-

dant des observations sur mon audacieuse entrée à Zitouni. et me conseilla d'étreplus prudent à l'avenir, pour ne par compromettre la tranquillité nationale. Comme c'était la première relation officielle entre les autorités helléniques et turques, l'opinion publique fut divisée sur l'appréciation de mes actions. Cependant ma conduite était justifiée si l'on considérait que je ne me seraisjamaisdécidéà entrer dans Zitouni avec des officiers hellènes, si je n'avais été bien sûr auparavant de la façon dont les Turcs m'accueilieraient;!a réception qu'ils nous firent, et les égards qu'ils eurent, non seulement pour moi et les officiers, mais encore pour les simples soldats de ma suite, me furent une satisfaction suffisante.

Après l'installation dans ce lieu du bataillon hellénique, l'ordre et la tranquillité furent rétablis dans toute la Grèce orientale. Alors, pour me reposer des fatigues que je supportais nuit et jour, et me délivrer des difficultés qui surgissaient continuellement entre les Démogéronties centrales, je proposai au Gouverneur de nommer quatre Administrateurs, promet-

tant de rester à mon poste, tant que la nécessité l'exigerait, pour les conduire et les éclairer. Le Gouverneur ne voulut pas d'abord consentir à ma proposition, craignant que je ne donnasse ensuite ma démission ; mais rassuré par mes promesses il y consentit à la fin, et, sur ma proposition, il nomma : Denys Orphanos, administeur de Thèbes et de la Mégaride; Jean Mamounis, chargé d'abord par moi des fonctions d'inspecteur général de la police, administrateur de Livadie, Atalaute et Mantinitsa; Panagiotis Lidorikis, administrateur de Zitouni et de Patratzilc.

Ce dernier connaissait parfaitement ces deux provinces, dont les chefs-lieux étaient naguère occupés par les Turcs. 11 convenait qu'on sût qu'il y avait un administrateur dans ces lieux, pour légitimer encore davantage la prise de possession de ces deux provinces par lt:s Hellènes.

Les quatre Administrateurs étant nommés, le gouvernement ordonna qu'ils correspondraient pour les affaires du service avec le commissaire central, et par lui avec le gouvernement. Les Démogéroutes provinciaux furent placés sous

juridiction de chaque Administrateur, avec lequel ils devaient correspondre pour ce qui concernait leurs devoirs administratifs. Sous ce nouveau régime, l'année 1830 se passa dans l'ordre et la tranquillité.

La commission pour la délimitation des frontières. — Le Vislr Méhémet-Rischid- Pacha à Vitolia. — Révolte de Tsami Caratassos et mesures prises contre lui. — Il entre de nouveau dans la Grèce orientale ; assiégé et vaincu, il se réfugie à Hydra. — Meurtre du Gouverneur. — Commission Gouvernementale composée de trois membres.

Vers le mois d'Avril 1831, la commission qui devait tracer les frontières de la Grèce fut nommée par les trois puissances alliées. Le Gouverneur me pria de représenter le gouvernement hellénique dans ' cette commission, non seulement parce que je connaissais les localités et que des relations amicales me liaient avec les principaux Turcs, mais surtout à cause de ma correspondance avec le Visir Méhé-

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raet-Rischid-Pacha, qui se trouvait à tolia, et à qui la commission devait sou-J mettre ses actes. Comme je jouissais, en outre, de la confiance de Capodistrias, le gouvernement était convaincu que je réussirais mieux que tout autre dans cette mission. J'acceptai avec plaisir cette proposition, persuadé que je serais utile à la Grèce, d'autant plus que je savais avec certitude que Méhémet-Rischid-Pacha était très content de ma nomination, et dé- sirait connaître personnellement l'hommej avec qui il étaiten correspondance depui»

toute une année. Mais des événement»

désagréables et inattendus empêchèrent ma nomination. A ma place, le gouverJ nement choisit le péloponésien El. C^-d rapaulos, qui, ne sachant pas le français, ne pouvait se faire comprendre par les membres de la commission, le Russe,!

le Français et l'Anglais ; Rischid-PachaJ ne voulut pas même pas le recevoir, ne;l conféra qu'avec les commissaires des'l trois Puissances, et les frontières eurent| le mauvais tracé qui subsiste encore.

J'ai dit que le Visir se trouvait à VitoliaJ et non dans un pays plus rapproché de lal

Grèce, eo voici la cause : le Sultan Mahmoud, se trouvant délivré des janissaires, voulut aussi introduire la coutume de l'armée régulière dans les autres parties de sou empire, mais, comme les Albanais y faisaient opposition, il ordonna au Visir de prendre les mesures les plus sévères pour les forcer à l'obéissance. Alors le Visir convoqua à Vitolia tous les chefs Albanais, sous prétexte de leur payer leur solde, selon leurs réclamations. Les chefs s'y rendirent en effet; mais soupçonnant quelque trahison, ils se firent accompagner d'un cortège nombreux, afin que leurs forces réunies pussent intimider le Visir. Celui-ci les reçut avec bienveillance, commença la révision de leurs comptes, et, lorsque leurs exigences furent satisfaites, le jour du payement fut déterminé. Les chefs, encouragés par cette réception, vinrent seuls avec une suite peu nombreuse à l'habitation du Visir, ils furent tous tués, et aussitôt après le massacre, Méhémet déploya le firman du Sultan, de sorte que les chefs n'existant plus, les soldats épouvantés se soumirent.

Après cet acte sanguinaire, le Visir resta

en Europe, pour organiser, selon les ordres du Sultan, !a Turquie européenne.

LeGouverneur m'ayant nommé représentant hellénique auprès de la commission pour le tracé des frontières, m'invita à me rendre à Nauplie pour y recevoir lei instructions nécessaires. En sortant le pre-J mîer Mai de chez moi, me dirigeant versv la plage deSalone pour ra'eraharquer, util messager, qui m'était envoyé par l'Admî J nistrafeur de Thèhes, m'annonça en che-B min qu'en Mégaride les bataillons s'étaientB révoltés contre leGouverneur et qu'ayant" Tsamis-Caratsos à leur tête il entraient!

déjà dans les autres provinces de la Grèce I orientale, pour soulever le peuple et l'armée, sous le vain prétexte de garder laj Constitution, mais en réalité pour chassesT Capodistrias et porter l'anarchie dans la pays.

Les opposants, après quelques tentatives dans le Péloponèse où ils avaient échoué J se rassemblèrent tous à Hydra, après s'être entendu avec les CoundouriotisJ maintenant ennemis déclarés du GouverJ neur. A Hydra se trouvaient Mavrocor-J dato, Zaïmis, Londos, Zographos, Clona^

ris et quelques autres Péloponésiens. Il s'y publiait un journal, appelé Apollon, qui était un libelle plein de mensonges et d'injures contre Capodîstrias; il était naturel que, dans ce centre de la rébellion, on rencontrât beaucoup d'aventuriers et d'imposteurs, qui, désespérés de leur échec dans le Péloponèse, excitaient par des promesses Tsamis-Caratassos à commencer l'insurrection. A cette nouvelle au lieu de me diriger vers la plage de Salone, je revins dans cette ville, pour songer aux moyens de combattre les insurgés. Et d'abord, soupçonnant que les chefs de la force militaire s'étaient concertés avec les rebelles, je m'adressai directement aux primats des provinces, m' efforçant de soulever le peuple contre l'insurrection.

Cette mesure devait me donner les plus heureux résultats.

Le jour même j'invitai formellement les primats des éparchies de Salone, de Galaxidi, de Lidoriki, de Malandrinoetdela bourgade d'Arachova, à venir au plus vite à Salone, car j'avais à leur communiquer un fait important, qui pouvait troubler la tranquillité du pays. Les primats et les

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démogérontes étant partis pendant la nuit arrivèrent à Salone le lendemain. Je lear exposai alors l'état des choses, la funeste insurrection deCaratassosetl'anarchie qui serait bientôt arrivée à son comble, si l'on ne prenait des mesures énergiques contre les insurgés ; je leur rappelai les bienfaits dont ilsjouissaient, grâce au gouvernement paternel deCapodistrias,et les maux dont ils souffraient avant son arrivée; je leur observai que si l'anarchie triomphait ils seraient dispersés çà et là comme auparavant, et souffriraient les mêmes maux; je leur dis enfin que, comme je ne connaissais pas l'étendue de la révolution qui avait éclaté, je me proposai de me mettre à la tête des troupes qu'ils devaient fournir, et que j'étais certain que les bataillons non insurgés se joindraient à nous pour réprimer les rebelles, réduits au désespoir. Mes paroles firent une grande impression sur l'esprit des primats qui, d'un commun accord, m'adressèrent une déclaration écrite, dans laquelle ils me disaient que : loin d'approuverlafolleinsurrection des factieux, ils étaient prêts à sacrifier même leur vie pour lemaintien de

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l'ordre établi, et qu'ils acceptaient toutes les mesures que je prendrais pour réduire les insurgés.

Après cette déclaration, j'ordonnai à MamouriSjdontle bataillon était sous mes ordres immédiats à Salone, de poster ses soldats du cûtéde Mavrolithari et de Gardiki. j'ordonnai en même temps aux primats et aux démogérontes de Lidoriki de lever des soldats et de se joindre à Mamouris, et leur recommandai en particulier de surveiller aussi la conduite de ce dernier. Je mis ensuite en mouvement les primats de Salone avec les Démogérontes et peuple le des villages des montagnes d'alentour, et plaçai à la tête de ce corps le vieux Panourîas, lui disant de rester du côté de Gravia, et de profiter uniquement de l'autorité de son nom, parce que le soin de l'expédition était confié de fait aux primats et aux démogérontes. Pour moi, à la tète de ma petitegarde et de quelques habitants de Salone, du village de Chryso et de quelques autres du voisinage, qui me suivirent, je me dirige^ par Arachova du côté de la Livadie, informant en même temps les primats et les , 53 I

démogérontes de ces provinces de la résolution que j'avais prise à Salone, afin qu'ils se préparassent, eux aussi à défendre l'ordre

contre les révoltés.

A Arachova plus de quatre cents hommes, étaient sous mes ordres, mais le bruit s'était répandu en Lîvadie que j'avais des forces plus considérables ; les Livadiotes se piquant d'amour propre, de leur côté, réunirent un bon nombre de soldats de sorte qu'à mon arrivée en Ltvadie, je me trouvai tout-à-coup à la tête de plus de 600 hommes. Caratassos cependant, après avoir levé l'étendard de l'insurrection, alla occuper Thèbes, avec le bataillon sous ses ordres, et, en ayant chassé les autorités, il proclama la liberté et la constitution ; puis il se dirigea vers la Livadie. Mais, lorsqu-'il apprit que j'y étais arrivé avant lui, il partit pour Atalante, où campaient les autres bataillons. De la Livadie, je passai à Atalante, oii on savait déjà que le Commissaire Extraordinaire s'était placé à la tête des habitants de la Grèce orientale, et marchait contre les insurgés. Alors les chefs de bataillon qui s'y trouvaient, et principalement Rhoukis, marchèrent con-

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treCaratassos, qui espérait trou ver les choses tout autrement disposées. Un combat fut engagé et deux compagnies de Tsamis Caratassos furent faites prisonnières Ce dernier poursuivi par nous se réfugia avec I ^o hommes dans le village de Livanatès, ou nous l'assiégeâmes.

Avant de partir pour Salone, j'avais communiqué tous mes renseignements au gouvernement et je lui avais envoyé, en outre, la déclaration des primats et des démogérontes, pour justifier en quelque sorte les mesures que j'avais prises contre la révolution. Le Gouverneur content de mon activité et des sages mesures que j'avais prises, me loua de ce que j'avais fait, m'exprima la reconnaissance du gouvernement, et envoya à Atalante avec 500 cavaliers son frère Augustin qui arriva quatre jours après moi. Tsamis voyant tant de forces contre lui, après l'échec de son projet de révolution générale, songea à assurer son existence, et commença à négocier sa soumission avec ceux qui l 'assiégeaient. Pendant ces négociations, les assiégeants se relâchèrent, de la surveillance, et Caratassos

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s'échappa pendant la nuit de Livanatès avec ao soldats et se dirigea vers les frontières helléniques. Prévenus le matin de l'évasion par les soldats de Tsamis euxmêmes, qui étaient restés à Livanatès et avaient fait leur soumission, nous n'eûmes plus le temps de le poursuivre ; mais j'informai Augustin que Tsamis n'était pas pour cela échappé de nos mains, car j'avai posté des soldats dans des lieux par oii { devaitpasser. Et, en effet, Caratassos tomb^ dans le camp de Mamouris, qui, soit paâ générosité, soit qu'il se fût auparavant enJ tendu avec lui, non seulement ne l'arrèti pas, mais ne permit même pas aux Lidori-a kiotes de faire feu sur lui ; et le laissa s sauver au-delà des frontières helléniques j Rhangos, qui était venu à Atalante ave* un batailon, ayant appris ce qu'avait faiifl Mamouris, en informa aussitôt Augustin et, il l'irrita tellement, que ce demie) résolut de faire arrêter Mamouris. MaisJ pensant que des mesures si sévères ne coa-d venaient pas contre un homme estimé e connu dans toute la Grèce orientale, j^ ne confiai pas à Augustin tout ce que jœ savais, et je lui conseiHai de différer jusi|

qu'à ce que j'eusse reçu des renseignements positifs des autorités politiques du lieu, j'écrivis immédiatement à l'employé chargé de la police à Gardiki, de me raconter, particulièrement ce qui s'était passé, et officiellement que Tsamis et Mamouris s'étaient battus, et qu'après quelques coups de fusil qu'ils avaient échangés, Tsamis avait pris la fuite.

Pour ne pas exciter davantage les passions entre les soldats, je ne montrai à Augustin que le document officiel qui m'avait été transmis par la police, lui cachant ainsi la vérité, que je communiquai toute entière à Capodistrias, en lui exposant les raisons qui m'avaient fait agir ainsi. Je lui dis que ce mensonge était nécessaire, car il valait mieux réconcilier les rehelles avec le gouvernement que les aigrir par une persécution, qui ne ferait qu'en augmenter le nombre Après la fuite de Caratassos, Augustin ayant parcouru une partie deîa Grèce orientale jusqu'au Sperchius, et ayant laissé en Livadie sur ma demande quatre-vingt cavaliers, envoya les autres à Nauplie, et se transporta luimême à Salone, d'oii il partit bientôt

après. M'étant cependant abouché avec Mamouris, après lui avoir dit que je ae voulais pas parler à Augustin de sa conduite, je ne lui en fis pas moins de sévères reproches, je fus heureux de voir qu'il se repentait sincèrement, et j'en donnai avis à Capodistrias, qui le mandaà Naup!ie,oii Mamouris, ayant confessé sa faute, devint le plus fidèle serviteur du gouvernement.

Après l'échec de l'insurrection, les bataillons reprirent les postes qu'ils occupaient précédemment.

Au commencement de juin j'appris que Caratassos recrutait une bande nombreuse de brigands sur les frontières helléniques.

Soupçonnant qu'il s'entendait avec Évangélis Condojanni, je résolus d'aller à Patratzik pour connaître l'esprit du bataillon posté en ce lieu. En chemin, ayant appris par une lettre de l'administrateur que Caratassos était entré sur le territoire hellénique, avec une bande de plus de J50 brigands, j'en avisai le jour même Rhangos et Rhoukis k Atalante et le capitaine de cavalerie en Livadie, leur annonçant que je revenais aux l'hormopyles, et leur mandant d'y venir aussi. Je pris la route des

^V montagnes

^P touni, et je

montagnes qui dominent la plaine deZitouni, et je vis le soir dans la plaine les feux des hommes de Caratassos. Ce dernier se dirigeait à marches forcées vers Aillante, espérant y trouver, d'accord avec lui, son beau frère Gardikiotis Grivasavec son bataillon, à qui il avait déjà annoncé sa venue. Caratassos étant arrivé à Mantinitsa y reçut la réponse de Gardikiotis, qui lui écrivait de ne pas avancer de ce cftté, parce qu'il l'attaquerait. Informé en même temps que Rhangos et Rhoukis marchaient contre lui, il revint sur ses pas, et se dirigea vers Salone, dans l'intention de m'arrêter, de s'installer dans cette ville et d'en faire un centre d'insurrection. Mais j'avais déjà écrità Salone, en prévision de tout événement, de concentrer des troupes à Gravia. Continuant mon chemin, je rencontrai, dans la plaine de Davi, Rhangos et Rhoukis, qui me dirent que Caratassos se dirigeait sans doute vers Salone. Quoique nos forces militaires ne s'élevant qu'à 350 hommes fussent moindres que celles de Caratassos, nous résolûmes d'aller à sa rencontre, et de nous fortifier dans une bonne position jusqu'à l'arrivée des troupes

des Thermopyles. Dans cette r<fsolutio[i, nous nous dirigeâmes vers Paliourochori à la rencontre de Caratassos. Nous arrivâmes d'abord aux pieds d'une petite montagne, appelée Vasiuca où, en 1821, avait été livrée une bataille sanglante contre Bœram-Pacha ; Rhoukis, qui y assista, me raconta que plus de 1.400 Turcs y avaient été tués. Tandis que nous gravissions le coté occidental de la montagne, sans le moindre soupçon, Caratassos en gravissait le câté oriental. Trois de nos soldats, qui marchaient devant les autres, étant arrivés au sommet, en rencontrèrent quelques-uns de Tsamis, ayant été interrogés jfer eux à quel corps ils appartenaient, ils répondirent avec présence d'esprit, qu'ils précédaient un corps de quinze cents hommes sous la conduite du Commissaire Extraordinaire, de Rhangos, de Rhoukis et d'autres capitaines. Alors les soldats de Caratassos coururent lui annoncer cela, et les nôtres, restant au haut de la montagne, nous racontèrent leur rencontre. Dans cette circonstance, je remarquai la valeur et la capacité militaire de Rhoukis, qui, sautant de son cheval, distribua des car-

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touches aux soldats, et, s'adressant à moi et à Rhangos, nous dit de nous diriger avec un petit nombre d'hommes du côté oriental de la colline, tandis que lui, devinant le désordre du corps de Caratassos d'après les renseignements qu'il avait reçus, s'élança contre lui. Nous entendîmes bientôt des coups de fusil, et nous commençâmes à faire feu, à notre tour. Caratassos nous croyant nombreux, se retira précipitamment sur la montagne de Coudouna derrière les fortifications de Dio~ vouniotis, appelées ainsi parcequ'autrefois un chef de bande du nom de Diovouniotis yavait fait la guerre aux Turcs. Cependant Rhoukîs avec 150 hommes poursuivit Tsamis, qui avait des forces doubles des siennes, jusqu'à ce qu'il put s'établir dans cette position, et, renforcé par Rhangos, lien commença le siège, l'eu après, l'arrivée du bataillon de Stournaris des Thermopyles contribua à resserrer le siège, et la fusillade devint incessante des deux côtés.

Mais les hommes sous les ordres de Tsamis-Caratassos étaient des brigands, qui ne partageaient en aucune manière ses principes politiques ; ils l'avaient suivi

uniquement pour piller, et non pour faire !a guerre au gouvernement. L'habiU Rhangos profitant de cela, et leur propo-^ sant des avantages, réussit le jour mêm9,4 à en soumettre environ trois cents, dssm sorte que Tsamis étant resté avec!

f,o hommes seulement, se retira dans la J partie la plus fortifiée du mont Coudouna et continua la résistance avec fureur, cavaliers étant venus, cernèrent la montagne, et gardèrent la plaine. Rhoukis songeant à attaquer les bastions occupés par i Tsamis, résolut pour ne pas perdre trop de.J soldats hellènes, de donner l'assaut pen-j dant la nuit. Caratassos, mis en fuite,J tomba au milieu des cavaliers, qa'iï i trompa, en feignant de chercher Tsamîsfl lui-même. Ainsi, gagnant du temps, il par--!

vint à se sauver, en pénétrant dans une j forêt depaliouria, c'est-à-dire de buissons J épineux. Nous prîmes son aide de camp et J son secrétaire ; mais lui, nous ne pûmes m le trouver, malgré toutes nos recherches. I Caratassos, allant d'une montagne AJ l'autre jusqu'à Tlsthme, s'y embarqua ponrl Hydra, afin d'annoncer à ceux qui l'avaient:! poussé à cette révolte insensée, son écheci

complet. Nous transportâmes soa secrétaire et son aide de camp à Salone sur un vaisseau de guerre, qui était en station à Atalante. Ayant promis au secrétaire d'intercéder pour lui, afin qu'il fût amnistié, j'appris de lui les projets des insurgés qui se trouvaient à Hydra. Ce secrétaire avait été envoyé quatre fois dans cette île par Caratassos pouryprendre des instructions; il me dit, que dans l'armée régulière de Nauplie, il existait des conjurations, dont l'une se proposait de livrer le Palamidî aux Hydriotes, et l'autre d'attaquer le Gouverneur lui-même. Je reçus d'autres importants renseignements, que jecommuniquai immédiatement à Capodistrias, et j'envoyai en même temps à Nauplie le secrétaire et i'aide de camp de Caratassos. Le Gouverneur plaça alors de nouvelles garnisons au PaJamidi et à I'Acronaupue, et prit d'autres mesures de sûreté dans la ville pour rendre vains les desseins des opposants, mais malheureusement il n'en prit aucunepoursa sécurité personnelle.

Connaissant les trames des révolutionnaires d'Hydra, le Gouverneur résolut de concentrer des troupes le long des câtes

de Poros, et d'assiéger Hydra par terre et par mer. De leur côté, ceux d'Hydra envoyèrent Miaoulis avec Mavrocordato et des matelots pour s'emparer du vaisseau i deuK ponts et de la frégate helléniques ; Miaoulis, soupçonnant qu'un brick qui par hasard entrait en ce moment à Pi ros, était envoyé pour l'empêcher, mit feu aux deux vaisseaux hellénique incendia. Ensuite il se retira avec Mavrocordato à Hydra. Détestable action, que toute la nation désapprouva et condamna.

Désespérée du côté du Péloponèse, et voyant échouer partout ses criminelles entreprises, l'opposition résolut de rallumer l'anarchie dans la Grèce orientale.

A !a fin du trimestre où les armées di vaient toucher leur solde, le caissier avi l'argent se trouvait à bord d'un vaissei hydriote dans te golfe Lamiaque. Ceux d| l'opposition le corrompirent ainsi que II capitaine, et tous deux avec le vaisseau l'argent se réfugièrent à Hydra. Infori de cela, le Gouverneur s'adressa à moi afin que je puisse garantir l'arrivée d( l'argent qu'il devait de nouveau envoyt pour la solde du trimestre des

Ions campés dans la Grèce orientale, et prévenir ainsi à temps les désordres qili s'élèveraient, si les bataillons n'étaient pas payés. J'acceptai encore cette charge, pour être agréable au Gouverneur, et j'ordonnai à chaque bataillon de se rendre en Livadie pour recevoir sa paye; moi, restant à Salone, j'envoyai l'argent. Mais, cet argent venant à manquer, je fus obligé de contracter un emprunt particulier de quatre mille colonnats (i),surla promesse de Capodistrias, que cette somme me seraitenvoyéele plus prompferaent possible.

Ainsi, au commencement de septembre l'armée ayant été payée, l'ordre ne fut pas troublé, et le dernier essai de l'opposition échoua. Les conjurés d'Hydra voyant qu'aucun de leurs projets ne réussissait, résolurent de faire disparaître l'homme illustre qui gouvernait la Grèce. Je ne veux pas affirmer que les conjurés conspirèrent la mort de Capodistrias ; mais l'avantdernier numéro du journal I'Apollon, le dernier après sa mort, et le désespoir dans lequel ils étaient plongés par suite de

) 400 coJonaatB, (Trad. Ital. p. IH).

jS6 LA GUERRE DE l'iN

leurs échecs continuels ne démontre^ certes pas leur innocence.

En ce temps Pétro-Bey Mavromichalis était enfermé dans les prisons de Nauplîe, parce que, d'accord avec les Hydriotes, il avait tenté de soulever la Laconie; ses fils, Georges et Constantin, étaient sous la surveillance de la police à Nauplie, par suite de nombreuses accusations dirigées contr'eux. Il était insensé de laisser libres les deux Mavromichalis, tandis que le vieux Pétro-Bey était en prison ! S'éta entendu avec le chef de la garde civiq^ Caclaraano et deux de ses soldats, le matij du 27 septembre, ils assassinèrent Capq distrias au moment où il entrait dans I'b glise de Saint-Spiridion. Georges lefrapjfl d'un coup d'épée dans le ventre, et Coo!

tantin d'un coup de pistolet à la têi Constantin tomba aussitôt victime de i fureur populaire, blessé par un soldat c tois de la suite du Gouverneur, Georg*^ se réfugia à la légation de France. Mais 1 ministre, ne pouvant le protéger contre ■ fureur du peuple de Nauplie, qui entofl rait la légation en le réclamant, fut dblii de le livrer, après qu'il eut été formé préj

lablement un tribunal militaire pour le juger ; il fut condamné à mort, et fusillé.

Après le meurtre de Capodistrias, le Sénat choisit une commission de trois membres, composée du frère du Gouverneur Augustin, de Colocotronis et de Co-

' letti. Cette commission administrative, en prenant les rênes du gouvernement, invita les provinces à élire leurs représentants à l'Assemblée Nationale. Mais, sur

' ces entrefaites, les membres de l'opposition, dispersés après la mort de Capodiss dans les provinces, semèrent partout ladivis on.L'anarchiecommençaàrégner,

f amenant à sa suite la guerre civile et de

[ nouveau la Grèce parut courir à sa perte.

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