‹ Souvenirs de la guerre de l'indépendance de la GrèceChapitre 27 sur 33 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME .8j · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME .8j

Etat de la Grèce orientale après la mort de Capodistrias. — Cinquième Assemblée nationale à Argos. — Divisions et ruptures entre les représentants. — Transfert des constitutionnels a Perachora et des conservateurs à Nauplie. — Je m'occupe d'une nouvelle organisation administrative de la Grèce orientale. — Criézotis marche contre Salone. — Diovouniotis et les siens sont faits prisonniers à Chryso, — Terribles circonstances oii je me trouvai. — Guerre civile. — Arrivée de Balatsos à Salone. — Défaite de Criésotis et sa poursuite. — Mon voyage à Nauplie. — Nouveau combat et retraite de Criésotis à Perachora.

Me trouvant en Livadie, j'appris par des lettres particulières l'assassinat de Capo-

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distri;is. On ne pourrait se faire une idée lie la tristesse et du désespoir que cette nouvelle jeta dans l'anje de tous les habitants de la Grèce orientale. Je pleurais d'autant plus le meurtre exécrable de cet homme de bien, que je prévoyais en même temps l'abîme immense que cette mort allait de nouveau ouvrir devant notre malheureuse patrie. Dans ce déplorable état, je regardai comme un devoir sacré, avant même de savoir quel gouvernement succéderait à celui de Capodistrias, de tâcher de maintenir l'ordre, afin que l'anarchie n'arrivât pas à son comble avec tous les maux qui la suivent.

Et d'abord par une lettre exhortatJve j'annonçai officiellement aux commandants et aux ofiiciers de l'armée dans chaque camp cette triste nouvelle, leur recommandant en même temps le maintien de la discipline militaire, parce que d'elle seule dépendait la conservation de l'ordre, et le salut de la patrie. Par de semblables lettres je m'adressai aux administrateurs et aux démogérontes provinciaux, leur recommandant de montrer du courage et de la fermeté pour fortifier et

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conserver l'autorité administrative. Mes proclamations et mes lettres produisirent une très profonde impression, et les affaires marchèrent comme précédemment. En même temps je reçus les proclamations et les ordres du nouveau gouvernement, et je les communiquai aux provinces et aux camps, en répétant tout ce que j'avais déjà écrit.

Cet état des choses dans la Grèce orientale dura jusqu'au mois de novembre, lorsque commencèrent les élections des représentants de la nouvelle Assemblée Nationale, De nouveau dans les provinces les discussions augmentèrent, parce que ceux qu'on appelaient constitutionnels, c'est-à-dire de l'opposition, tâchaient par tous les moyens de faire nommer des représentants de leur opinion. Mais les conservateurs avaient assez de puissance pour leur résister, et les vaincre dans ces provinces. Tous mes eiforts tendaient seulement à ce que la tranquillité ne fût pas troublée, et qu'il ne fût pas donné occasion à des convulsions intérieures; cela réussit, et, dans les provinces de la Grèce orientale, les élections eurent Heu dans le

mois de novembre, sans It; moindre incident fâcheux. Des représentants élus, le; uns, qui feignaient d'abord avoir des prin cipes conservateurs, se laissèrent ensuite corrompre et passèrent à l'opposition, les autres demeurèrent fermes dans leurs convictions, il fut décidé que le siège de l'Assemblée serait Argos, et, au commencement de décembre, les représentants, les Triumvirs et le Sénat se réunirent danî cette ville.

Je fus invité par Augustin à me rendre à Argos, et, sur son rapport, je fus élus représentant des soldats du Péloponèse.

Habitant le continent, et ayant eu occasion de connaître la disposition des capitaines les plus marquants, qui se préparaient à faire irruption dans Argos, et â renverser par les armes la puissance deî conservateurs, je demandai à Augustin si je devais venir seul ou avec les 300 soldats d'élite (1) que j'avais sous mes ordres. Je lui disais que la rupture me paraissant inévitable, je croyais nécessaire la présence d'un corps d'armée. Augustin.

(1) Plua de 3.000 (Trad. Ital. p. ISy).

A GRÈCE

homme d'une courte intelligence, cédant aux flatteries de quelques imbéciles qui l'entouraient, et trompé par les ambassadeurs des puissances alliés, qui lui disaient qu'ils avaient l'ordre de leurs Cours de le soutenir, me répondit de venir seul à Argos, me défendit expressément de m'7 faire suivre de troupes. J'obéis avec déplaisir à cette injonction, mais j'eus bientôt occasion de m'en repentir, et de déplorernotre situation, par suite de la conduite insensée d'Augustin .

A Argos, au lieu d'une Assemblée législative, se forma un camp, dont faisaient partie Botsaris, Grîvas, Tsongas, Macris, les Gioldasséi, de la Grèce occidentale, avec des soldats ; Criézotis, Vassos, Rhangos, Rhoukis, Mamouris et d'autres, de la Grèce orientale ; il vint, en outre, des armées du Péloponèse sous Colocotronis, Nikitas,Tsocris et autres. Enfin Augustin, comme président du Triumvirat, avec de la cavalerie et quelques bataillons de réguliers. De plus, il arriva une multitude de représentants, parce que, dans la plupart des provinces, il y avait eu de doubles élections, les unes de conservateurs, et les

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