SECRÉTARIAT DU SÉNAT
Gorfou,9 août 1859.
UonORÉ MOMSEBOR,
Le Sénat prenant en conaidËration votre requête omdelle du 18 juillet 1859, à moi envoyée, par laquelle le docteur EpaminonilaB MétaxaH de Ctphalonie, au nom de son pËre absent le chevalier Conutantia, demande à S. Exe. le lord Hau Commissaire la restitution des revenus des bien» COuQsquéa à cause de la révolution hellénique, en vertu de la loi 40 du 1" Parlement, observe :
Que le IV° Parlemeat, par acte du 2 mai 1833, k N° h, a abrogé ladite toi du i" Parlement, faisant | grâce aux exilËfl, dont les Mena avaient été c fisquès, pour qu'ils pussent exercer sur eux lenrsi I pleins droits, à moins que le gouvernement ns 1 les eût vendus ou n'en eût disposé en faveur 1 d'un tiers ; auquel cas cette loi n'accorde pas aux 1 exilas les fruits desdils bieni.
D'où il appert que la grâce accordée par l'acta i du 1V< Parlement avait des effets limités, et ne 1 plaçait pas les exilés dans la même situatioaj
oité pour les biens vendus, ni pour les revenus perçus par lui pendant 14 années entières, malgré mes réclamations, et quoique, de tous les exilés, cette confiscation n'eût été pratiquée que contre moi seul.
Voici l'amnistie dont il est question :
Acte N" 5 du IV* Parlement (3 mai 1833) (i) pour l'abrogation de l'acte N° XL du I"' Parlement, et pour la concession d'amnistie aux exilés par la proclamation du Sénat du 18 juillet i8ai.
qa'aaparaTBnl quant aux biens dont il avait été diaposé. C'est pourquoi le Sâoat ne peut pas accepter la supplique du docteur Mëtaxas.
Vous Stes prié de porter ceci à la connaissance de S. Exe. le lord Haut Commissaire, et eu vous renvoyant la requête do suppliant, j'ai l'honneur d'être, etc.
Dusmanis SecrËtaire du Sèuat, à la Bection générale.
A Tbonorable Monsieur H. Drumoud Wolf Esq.
Secrétaire de Son Exe. le lord UautCoininiflMire. (1) 183â. — (Trad. ita!, mais évidemment il aut 33} p. 206.
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A aUERRG DE l'iNDÉPENDANCB
Préambule. — D'après une note de S. p.xc. te lord Haut Commissaire en date du II janvier i8î^, parla présente, avec l'autorité de S. Alt. le Président et de l'illustrissime Sénat, de l'avis et du consentement de la très noble Assemblée législative deç Ktats-Unis des lies Ioniennes, dans cette première séance du IV« Parlement, et l'approbation de S. Exe. le lord Haut Oammissaire du Souverain Protecteur, ont été résolues et ordonnées lff choses suivantes :
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Art. i". — L'acte N' 40 du i" Pat ment, du 3 avril iSaa, est supprimé -
Art. 3. — Les nommés Constantin Mélaxas, Gérasimos Phocas, André Métaxas, Evangélis Panas, Denys Sembricos, Panagiotis Strouzas et Miche! Coutouphas, naguère exilés par une proclamation du Sénat du 18 juillet i8ai, sont rétablis dans la même condition dont ils jouissaient auparavant ,
Art. 3. — Ils pourront renier sur le territoire Ionien auquel ils appartiennent, et jouir de leurs propriétés confisquées, excepté si le gouvernement en a déjà dispo-
a autrement, en faveur
rDE t se, en les vendant O d'un particulier ; Art. 4. — Seront également restituées les propriétés, sous les conditions de l'article précédent, à tous autres individus, à qui elles furent confisquées en vertu de l'acte du Parlement du a juillet 182a, et à leurs héritiers, si lesdits individus sont morts; Art. 5. — Le présent acte, qui sera imprimé en langue grecque i;t italienne, et publié pour la connaissance de tous, sera pour les individus dont il est question, le
t titre de passeport et de droits politiques. Les ministres des puissances alliées à Nauplie ressentirent bientôt les malheurs que la Grèce avait éprouvés à cause de l'oppression de la Régence, et comprirent que, si l'on ne prenait des mesures générales, une révolution éclaterait. Ils se plaignirent à la cour de Bavière, qui rappela deux membres de la Régence, Maourer et le maudit Abel, et, nomma Kobell à leur place. Kn outre, la majorité d'Othon approchant, les esprits se calmèrent un peu.
j'étais retourné alors de Céphalonie, mais malheureusement, quoique les persécu-
K GUERRE DE l' IN DÉPENDANCE
tions et les emprisonnements eussent di- I minué, le système n'avait pas changé. I Lorsqu'on 18^5 le gouvernement passa à I Athènes, je restais à Nauplie avec ma famille; je fus informé alors que des per sonnes malveillantes, m'avaient accusé d'être d'accord avec Callergiset Rhodios, pour recruter des troupes dans l'intention de nous emparer des fortifications de Nauplie. Tout à coup je vis venir chez moi le commandant de place, qui me trouva n lade. Sa visite paraissait toute simple, mais l'état de ma santé le convainquit que j cette accusation contre moi était fausse, de même que celle contre Callergls et Rhodios, avec qui le commandant de place avait lui-même des relations amicales. Il informa de tout cela le gouvernement.
Puis, je me retirait Patras, mais là e j'appris par le Gouverneur lui-même qu'il ' avait l'ordre de surveiller ma conduite.
Ces persécutions du gouvernement contre moi me firent tant de peine et me causèrent un tel désespoir, que je résolus de m'éloigner provisoirement de la Grèce, et je partis avec toute ma famille pour Céphalonie.
Mais le désir de revoir un pays, pour lequel j'avais sacrîtîé ma jeunesse, ma santé, mes biens et ma carrière politique dans ma patrie, et pour lequel j'avais enduré tant de fatigues, de privations, et couru tant de dangers, me faisait souvent visiter Athènes, et me présenter au roi. Il me recevait toujours avec bienveillance, et reconnaissait mes services et mes sacrifices, mais, à cause des premières impressions qu'on lui avait inspirées contre moi, iî ne consentit jamais a m'offrir du service dans la patrie.
Cependant la nation fut fatiguée du mauvais gouvernement des Bavarois, et ne pouvant plus supporter la persécution, résolut de secouer le joug des étrangers, et de demander au roi de se gouverner constitutionnellement. Mes amis m'avertirent a Céphalonie de cette résolution, mais je ne voulus pas prendre part au mouvement, fatigué et dégoûté par tout ce que j'avais souffert. Cependanlle j/i^septembre 184) le peuple se souleva à Athènes contre la monarchie absolue, et le roi Othon fut contraint d'accepter la Constitution, et de convoquer une Assemblée Nationale. Le 2'i
roi, parait-il, se souvint que je Wvais e core, et me nomma conseiller d'Etat setTi'ice extraordinaire. Mais ma nomin tion n'eut lieu que la veille du jour < l'Assemblée, en vertu du statut approu' par elle, devait procéder à un □ouvei gouvernement constitutionnel. Le Const d'Etat disparut, et ma nomination res sans effet.
On espérait que le nouveau goavenii ment constitutionnel apporterait quelqi changement à la situation ; mais, soit in capacité, soit mauvais vouloir de la pai de ceux qui se succédaient aux affaire; toute amélioration devint impossible. L division et la discorde neutralisèrent tou les avantages que la nation espérait retire de la consécration du nouveau statut L'autorité profitant de cela, continua suivre la même roule qu'elle avait sui\ jusqu'à ce jour.
Ainsi découragé par la persécution dé couverte ou cachée de mes ennemis, je m retirai à Céphalonie, où je me consacra uniquement à l'éducation de mes enfants à l'entretien de ma nombreuse famille e
t la culture de
i terres menant j
une vie absolument privée, et gardant la conscience qn'en combattant avec honneur et désintéressement pour la patrie, j'avais bien fait mon devoir. Je ne m'inquiétais guère de savoir si c'était par le cours des événements, l'ingratitude de la royauté ou les intrigues d'hommes malveillants, que je n'étais pas rappelé au service, et que les honneurs et des récompenses m'étaient refusées, ou bien si mes enremis se réjouissaient de mon éloignemeiii de la Grèce, tandis qu'eux ils profitaient de mes sacrifices, de mes travaux et de mes souffrances. Il me suffisait à moi de voir la réalisation de mes vœux les plus ardents, la grande Grèce libre et rétablie comme nation. C'est dans ce but, qu'au commencement de la guerre sainte, à laquelle j'ai pris part, j'ai laissé à Cépbalonie parents, fortune, carrière politique et plaisirs, et que, dans ma vie privée, je continue à faire des vœux pour la grandeur de la Grèce et pour l'accomplissement des désire de toute la race hellénique.