AD.FIN....STENTE.ABBATE.PETR0.D0C11NE.SCVTAREN
1. Baudoin 11, qui fit don à saint Louis de France, de la couronne d*épine9pour laquelle on construisit à Paris la Sainte-Chapelle.
.94 SOUVENIRS DE LA HAUÏE-ALDANIE.
Dans la partie extérieure du mur, à la gauche de la porte principale, je retrouve cette seconde inscription en caractères assez élégants :
f MEMTO.DNE.FAMVLE.TVE HELENE . REGINE . SERVIE . DVO CLIE . ALBANIE . CHILMIE . DALM ACIE ET MAIUTIME REGIONIS Q VE . VN IT A . CV . FILMS . SVIS. REG IBVS.VROSIO ET sTlPÏÎÂO . EDIFICA VIT . D NOVO HAC ECCJ- AD HONG RE.BEATORV MARTIRV SERGII ET BACm . ET . AD . FINE . VSQ . CÔPLEV IT . ANNO . DNÏ . MCCXXXX .
Toute la partie latérale de l'église, située du côté du fleuve, a déjà disparu, emportée dans l'éboulement des terres sans cesse rongées par ce dangereux voisin.
La façade est peu soignée, on a probablement employé, pour la reconstruction de Tédifice, les matériaux provenant des débris de l'ancien temple, ainsi que permet de le supposer la présence dans les murs de fragments de marbre portant la trace de gonds de porte ou de tenons. A l'extérieur se trouvent encore à terre des fûts de colonnes rondes en granit probablement de même source, ainsi qu'un très joli fragment de frise en marbre blanc représentant des feuillages fort élégamment sculptés.
De larges et solides colonnes carrées, d'un mètre décote, conservant encore sur leur enduit stuqué des traces de peinture, sont tristement debout ; l'abside éventrée se dér coupe lugubrement dans le ciel, la cella de droite, disjointe par la poussée d'un gigantesque figuier sauvage, con-
tient encore d'intéressants vestiges de peinturés ; le haut de la coupole est occupé par un énorme mi-corps de saint h épaisse barbe noire, dont les yeux mornes contemplent
Eglise de SS. Serge et B&chus.
tristement cette incessante et lente destruction de son sanctuaire, commencée par les hommes, continuée par eux dans l'espérance de découvrir quelque trésor, achevée peu à peu par les eaux et par la sève puissante qui circule dans les arbres sortis d'une graine portée par le vent ou quelque oiseau.
L'espace situé au-dessous de ce saint est horizontalement partagé par la moitié, formant deux registres occupés chacun par trois saints dont on distingue à peine les silhouettes; la partie supérieure de l'arcade est ornée d'une fresque d'un dessin assez élégant à tons bleus, jaunes et rouges ; dans le bas l'encadrement qui contourne également le chœur est différent et alternativement noir et rouge sur fond jaune.
La poussière, le sable, ont considérablement élevé le niveau du sol ; les paysans du village voisin qui ont pris l'habitude d'enterrer leurs morts dans la nef, m'ont affirmé qu'en creusant les fosses, ils arrivaient à un pavement en pierres de différentes couleurs, peut-être quelque mosaïque, il serait intéressant de s'en assurer.
Dans l'église de Troschi, village peu éloigné, j'ai trouvé un fragment de bas-relief et un bénitier pris par le curé dans l'église des Saints Serge et Bachus, dont les débris avaient été employés à la construction du clocher de l'église de ce village. 11 y avait aussi une colonnette octogone en marbre gris de même provenance. Le bénitier a la forme d'une boule ornée d'un côté d'une croix, et de l'autre, d'un Saint- Georges à cheval, malheureusement très fruste. Quant au bas-relief, incomplet du reste, il représente un aigle éployé surmontant un lièvre percé d'une flèche et la partie antérieure d'un dragon.
Située dans le voisinage d'un petit village (Sirghi) qui a conservé le nom d'un de ses patrons, l'église des Saints Serge et Bachus semble actuellement une anomalie. Pour comprendre son importance, s'expliquer sa raison d'être en ce lieu, il faut relire les anciens et trop rares écrivains qui se sont occupés de l'histoire de cette époque, dans laquelle bien des points sont encore obscurs.
LES ENVIRONS DE SCUTARl. 97
J'ai précédemment nommé .son fondateur et la princesse qui la reconstruisit* ; à cette époque, de nombreux etpopuleux villages étaient répandus dans la plaine et le long du fleuve ; une abbaye de Bénédictins, dont les religieux faisaient le service de l'église, lui était contiguë ; le régime du fleuve était alors différent, son embouchure s'ensablant peu à peu par suite de la mollesse du courant, a occasionné des crues qui ont détruit ses rives, inondé la campagne et engendré des fièvres, devant lesquelles ont dû s'enfuir les populations.
Il ne faut pas perdre de vue, d'autre part, que le temple s'est trouvé sur la route des armées musulmanes, quand elles ravagèrent les environs de Scutari, c'est ce qui explique également sa destruction ; la guerre, le temps, la nature, la cupidité des hommes, tout a concouru à sa ruine, tout n'est plus aujourd'hui que passé et poussière dans ce sanctuaire qui, en 1679, était cependant encore assez important pour qu'un synode put s'y réunir.
Il semble destiné à l'oubli et pourtant, je vois dans le Liber Presbyteri Diocleatis regum Slavorum, que le commencement du xi° siècle y a vu enterrer quatre rois Serbes, Bodin, Dobroslaw qui après avoir été déposé et, suivant le cruel usage de ce temps, privé de la vue et mutilé, y finit ses jours sous la bure du caloyer, enfin Vladimir et Gradijna y sont venus dormir leur dernier sonuneil, espérant un repos que leurs cendres ne devaient pas trouver. Peut-être étaientce les ossements de l'un de ces puissants, que je voyais surgir de la rive rongée par le fleuve.
Œuvre si touchante de piété et de foi destinée dèsaujour-