En tire le récit dans le chapitre suivant
2. Peu de temps après mon retour à Sculari, ret excellent ami, frappé d'une congestion, était en quelques heures enlevé à l'alTeclion de sa jeune femme et aux sympathies de tous ceux qui lavaienl connu.
Régie ottomane des tabacs à Durazzo, ayant appris mon arrivée, vint me trouver pourm'annoncerde la part de Fuad Bey, un des riches propriétaires de cette contrée, que des chambres étaient préparées pour moi et ma suite ; il ajouta qu'à la nouvelle de ma venue, plusieurs Beys avaient déclaré vouloir me recevoir et que sans sa présence dans la maison de Fuad Bey qui les avait décidés à céder afin de ne pas nous séparer, j'aurais été obligé de choisir entre ces aimables invitations.
Fuad Bey m'accueille de la façon la plus cordiale ; c'est un homme jeune encore, vêtu à l'européenne ; il a voyagé. Ses enfants, comme lui-même, s'habillent à Paris ; à ma profonde surprise, la chambre dans laquelle on me conduit, est entièrement installée h la française, lit compris. Cela manque peut-être de couleur locale ; j'avoue sans pudeur n'en avoir éprouvé aucune contrariété. L'hospitalité est charmante et somptueuse, c'est la demeure d'un grand seigneur ; la table sur laquelle défilent les mets les plus variés reçoit parfois jusqu'à trente hôtes de passage ; on y a placé du vin et de la bière à mon intention.
J'ai passé des heures charmantes dans le jardin planté d'orangers à entendre le gentil babil et à répondre aux questions de la fille et de la nièce de mon hôte ; quelle surprise, quand il me présenta ces deux charmantes enfants, presque dos jeunes filles, coiffées et vêtues à la dernière mode de Paris, pas trop farouches, parlant fort gentiment italien ! Nous eûmes vite fait connaissance ; le lendemain mes petites amies Delfikiar* et Khédivié^^ voulurent bien à ma demande se laisser photographier en costume des musul-
i. Maîtresse de la pensée .