Environ 7000 francs par an
2. Dans VIstoria di Giorgio Castriotto, detto Scander Bey, di Giammaria Biemmi, j'ai relevé un témoignage en faveur de Torigine de la famille et
Je n'ai pu retrouver aucun document relatif à l'écu du Thopia.
Si Thanos Thopia est mort en même temps que Balaban Pacha, comme le dit le chant qu'on trouvera au chapitre suivant, il serait mort en 1463, or Croïa n'est tombé au pouvoir des musulmans qu'en 1478.
Hoff fait mourir Thopia en 1461, date qui se rapprocherait de l'événement célébré dans la poésie albanaise, qui parle des enfants de Thopia alors que Hoff n'en fait pas mention.
Si d'autre part Thopia a été tué en 1460 ou 1463, ses enfants, au moment de la prise de Croïa, devaient avoir de quinze à dix-huit ans, ce qui réduirait à néant la prétention des Toplan de descendre des Thopia ; ils pou valent seulement , dans le cas où la veuve se serait remariée, réclamer une parenté maternelle avec Scanderbeg.
Dans leur maison à Croïa, il y avait, dit-on, les portraits de tous les beys, y compris celui de Scanderbeg, ils furent en partie détruits dans un incendie de leur demeure, à l'exception de celui du héros albanais qui était peint à l'huile, le représentant tête nue, une épée au côté, un court veston ou pelisse blanche sur les épaules, des pistolets à la ceinture : En bas était écrit : Alessandro Castriota; cette toile intéressante aurait été enlevée dans une perquisition faite par les autorités et
qui donne plus de poids au récit que je viens de rapporter. {Kifeinsce il Franze che un suo nipotl da parte di sorella chérasi fatto maomettanOy usurpo parte del suo dominio.) H parle du partage des États de Scanderbeg après sa mort. {Phranzes lib, 3. cap. *29 appresso il Rinal : ann, i466, num. 7,) encore une énigme ! Le livre auquel se réfère Thistorien italien aurait été publié un an avant la mort du héros albanais et bien avant le sac de Croïa.
2i4 SOUVENIRS DE LA HAUTE-ALBANIE.
envoyée à Constantinople, où on la retrouverait probablement*.
i. Le portrait du héros albanais qui semblerait devoir être le plus authentique serait peut être celui qui se trouve dans l'ouvrage Intitulé : Augustissimorum, Itlustnssimoi'um Principum, Comiium^ Baronorum, etc., opus Secretari archiducis Jacobi Schrenk MDCf. Traduit en allemand et imprimé à Inspruk en 1603.
CROIA.
11 faut quitter Tirana. « Vous étiez mon hôte, me dit Fuad Bey, qui a fait amener son cheval, je réponds de vous et vous accompagnerai. » Je lui dis que j'ai mon escorte, que les autorités ont été informées de mon arrivée, que je crains de le déranger ; j'avance quelques autres objections, bien peu énergiques du reste, car je suis enchanté de l'avoir pour compagnon et de voir avec lui le berceau probable de sa famille ; il a décidé qu'il m'accompagnerait avec ses gens jusqu'à Croïa et même Durazzo ; son cousin Mourad Bey nous escorte une partie de la route.
En quelques heures, nous arrivons dans une des pro priétés de Fuad Bey où nous passerons la nuit. Située sur une colline peu élevée, la maison domine la vaste plaine dans laquelle se heurtèrent les armées romaines devenues ennemies par suite de la rivalité et de l'ambition de leurs chefs, elle est aujourd'hui en partie couverte d'arbres ; cependant en travaillant la terre on trouve à chaque instant des débris d'armes et de poteries, signes de leur passage ; l'endroit s'appelle actuellement Moundikli, il en est parlé dans l'histoire de Scanderbeg sous le nom de Mountikli ; la vue doit être jolie en pleine lumière; il est six heures du soir, le paysage est déjà rempli de mélancolie, dans l'Est se
dressent les collines sur lesquelles se détachent la tour et les fortifications ruinées de Praisa *; à l'ouest Croïa et son fond de hautes montagnes, couronnées de nuages d'un inquiétant aspect; partout des arbres, une magnifique verdure, s'assombrissant peu à peu ; c'est l'heure triste, un silence intense envahit cette plaine qui a frémi sous tant de grands chocs, que tant d'armées ont tour à tour foulées ; la nuit s'est faite bien sombre ; accrochées aux flancs de la montagne, les maisons de Croïa mettent dans ce noir des points lumineux semblables à des yeux rougis.
A l'aube nous nous remettons en route; on comprend, en avançant, combien il devait être facile au héros albanais de défendre sa ville. Très probablement, dans quelques-uns de ces endroits boisés au milieu desquels nous cheminons, Scaoderbeg avait établi ces embuscades qui constituaient son système de résistance à l'envahissement de sa patrie par les armées musulmanes, et dans lesquelles, à en croire ses chroniqueurs, il anéantissait des armées. Nous atteignons le pied des contreforts des montagnes, l'ascension est scabreuse : il nous faut deux heures pour gagner une apparence de route où je trouve une escorte envoyée à ma rencontre par le caïmacam de Croïa. Ce restant de chemin se fait à travers une admirable forêt d'oliviers séculaires, on en compte, paraît-il, 67 000 aux alentours de la ville ; à un détour, la vieille et robuste citadelle se dresse étrange devant nous, nous pénétrons dans le plus sombre et le plus mystérieux des bazars, petit, mais intéressant.
Croïa, on prononce Crouya (de Crouya, source, en albanais) (Akshé-hissar, château de la monnaie en turc) qui