‹ Souvenirs de la Haute-AlbanieChapitre 9 sur 57 · MORIJRS ET COUTUMES DE SCUTARI · texte numérisé non relu

MORIJRS ET COUTUMES DE SCUTARI

La jeune mariée trisfo et silencieuse reste assise dans l'église entourée de ceux qui lui faisaient suite ; quand elle paraît en état de se lever, ses marraines la soutiennent, les deux déléguées du mari reprennent la tète du cortège qui, aussi lentement, aussi lugubrement, s'achemine vers la demeure du mari ; à la porte de la rue, au moment d'entrer, ia résistance de la mariée s'accentue, alors que de l'intérieur s'échappe le bruit joyeux des femmes qui chantent en dansant, des musiciens qui redoublent d'entrain; la mariée en larmes dans les bras de ses marraines refuse de franchir le seuil de sa nouvelle demeure, un parent du mari, son frère généralement, et qui était caché derrière un battant de la porte, s'avance, jette sur sa tête un mouchoir de soie rouge ; on la fait alors entrer, les amis de sa famille qui la suivaient et qu'on invite refusent car ils ne doivent pas s'associer i

ée nlbanaisc calholiqiic a marraines.

cette joie, quand les parents qu'ils représentent pleurent leur fille partie; elle avance sans voir, on lui prend les pieds pour les diriger quand on lui fait monter l'escalier, seules ses marraines l'ont accompagnée et fait asseoir dans la pièce d'honneur où l'attendaient les parents et les amis de son mari, on lui enlève ses bottines pour lui mettre aux pieds les babouches qu'on portait devant elle ; les marraines, après avoir bu les sirops et le café qu'on leur offre à genoux, enlèvent les voiles de la mariée et prennent congé d'elle, la laissant seule dans sa nouvelle famille.

11 est midi, dans chaque pièce on place à terre d'immenses plateaux de cuivre couverts de mets, le vin et l'eaude-vie circulent aussi abondamment du côté des femmes que de celui des hommes, placés suivant l'usage oriental dans des chambres séparées.

La mariée ne bouge ni ne mange ; de temps à autre, si elle le demande, une femme lui apporte un verre d'eau ou une tasse de café qu'elle boit en hâte, cachée par une étoffe de soie derrière laquelle on l'abrite. On a l'impression d'un oiseau effaré, mis dans une cage. Après le repas, la musique et les chants recommencent et continuent jusqu'au soir. A onze heures la mariée est conduite dans la chambre qui lui est destinée et couchée à demi vêtue, je ne puis dire mise au lit, car les Albanais dorment sur des matelas mis à terre. Les témoins du mari, qui depuis l'église ne s'est pas approché de sa femme et a passé sa journée à boire avec ses amis, le prennent et malgré la résistance qu'il doit feindre de leur opposer, le poussent dans la pièce où elle se trouve ; elle peut refuser de le recevoir, mais cette résistance ne saurait se prolonger plus de trois jours.

Le lendemain du mariage, une amie de la famille vient

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