‹ Souvenirs de la marquise de Créquy, de 1710 à 1803 (volume 2)Chapitre 10 sur 42 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

L^IIe St. -Louis — L'ancien hôtel de Mej^mes , aujourd'hui Phôtel Lambert. — La Présidente de Mesmes. — MUe de Thou et Mme Brisson. — La Famille le Boulanger. — Origine de ce surnom. — MM. de Nicolaï. — L'abbë de Pomponne. -— La Société du Parlement et la Société du Gbâtelet. — Ridicule de cette dernière coterie. — M. Lenoir et Mme Leblanc. — La famille Daine. — Le régiment des gardes avec un Monsieur du Châtelet, en coq-à-Pâne. — Les financiers ridicules. — Beaujon, Bouret , Paris , etc. — Sentiment de Tauteur sur Mme de la Poupelinière et Mme d'Epinay. — M"« de la Reynière. — Son portrait par M»* de Genlis. — Anecdotes.

Il faut, mon Enfant, que je vous conduise dans un quartier de Paris que tous ne connaissez pas encore. Allez faire attacher votre écharpe ; nous allons remonter les quais jusqu'au couvent des Miramiones, et nous allons entrer chez la veuve d'un de mes amis, à l'heure de ses visites. Voyez la belle maison pour être à la pointe de File Saint-Louis ; la première porte-cochère en face de soi quand on arrive d'Auxerre(par le coche.) Un large escalier tout en marbre de Languedoc , et dont la coupole est peinte en camayeux par le célèbre Devilt. Une enfilade de quatre grands salons, sans compter la

galerie , la vaste bibliothèque et la belle chapelle (4). Voyez les plafonds de Lebrun et les tableaux de Lesueur, avec les portraits de Mignard et les curieuses tapisseries a grands personnages ; . voyez donc ces immenses rideaux et ces hautes portières en velours amaranihe, avec leurs rebrasses en forme d^épitoges et de. larges bordures d'benniné, en place de crépines et autres superfiuations (style de palais), c^r il faut vous dire que les étoffes brochées et les franges d'or ne seraient pas de costume ici. Vous êtes chez un magistrat de l'ancien temps , dans un logis noblement austère , et la vieille Dame auprès de qui je vous amène , est la veuve du Premier Président de Mcsraes, Elizabeth de Ilarlay. Elle est bien et duement Comtesse douairière d'Avaux et de Beaumont-lc-Rogcr, Marquise de St-Etienne*en- Forez et Vicomtesse de Neufcbâlel-en-Vexin ; mais il en est céans pour les titres féodaux comme pour les tissus brillans et les franges d'or; on les possède en nature et sans affiche ; on garde les uns dans ses archives , et la valeur des autres est dans le coffrefort. Remarquez bien cette vieille cousine de la Présidente, dont Fair est si bienséant et si digne, c'est Mademoiselle de Thou , la dernière de cette illustre famille. Cette jolie personne à l'air dévot et modeste , s'appelle Madame Brisson , c'est un nom vénérablement historique, et pour qui j'éprouve

(I ) Ce magniiique hôtel avait l'ic bâti pour le célèbre Claude de Mesmcs , Comte d'Avaux , nr^jocintcur de In paix (jéuprale de Westphalie , en M}\2. 11 a été dévolu par héritage h la famille Lambert d^Herbigny , dont il a pris le nom d'Iiôtel Lambeit qu'il porte aujourd'hui. {Sote de V Auteur. )

une telle considération, que j^adresse toujours quelques mois d'excuse à celte jeune femme avant de me laisser placer au dessus d'elle (>!). Voici M. le Président le Boulanger, lequel est beaucoup plus Ger de cç surnom populaire que de son vieux nom seigneurial de Montigny (2). Voilk M. Potier de Novion , de la même famille que les Ducs de Gèyres, et simple conseiller a la cour des aides. Ce petit jeune homme à Tair si chétif et la mine si grave, est M. de Nicolai, Premier Président de la chambre des comptes; il a déjà quatorze enfans, et ce qui ne vous surprendra pas moins , c'est que le frère cadet de son père est Maréchal de France! Quant à ce grand Abbé si sec et si droit , à qui vous voyez

(1) Voltaire avait omis de parler, dans la Hcnriade, de ces yertueux magistrats qui furent suppliciés en 4591 , et notam* ment de Barnabe Brisson ; ce qui tenait fort à cœur au vieux Baron de Breteuil , dont ce Premier Président était Pancétre maternel. M"™» du Châtelet , fille de M. de Breteuil , en parla vreisemMabloment dans les mômes termes , et Voltaire introduisit dans son poëme les quatre vers suivants :

« Vous n'êtes point flétris par ce honteux trépas , « Mânes trop généreux ! vous n'en rougissez pas ; « Vos noms toujours fanicux vivront dans la mémoire, a £t qui meurt pour son roi, meurt toujours avec gloire! »

(2) Il est assez connu qute Raoul de Montigny , Seigneur d'IIacqucville et capitaine des gardes du Roi Charles Vil, avait nourri les malheureux Parisiens pendant Thiver ^t la famine de 4450; il avait engagé toutes ses terres a6n d'envoyer acheter des grains en Flandre. Le Roi Pen récompensa par la dignité 4e Grand-Pannetier de France , et le peuple de Paris par le surnom du Boulanger, que Painé de la famille de Montigny a toujours porté depuis ce temps-là. ( Note de V Auteur. )

Tordre du Saint-Esprit qu'il tient de Louis XIV^ sayez-vous bien que votre grand'-mëre de Sévigné parle de lui? Il est âgé de quatre-Tingt-dix-huit ans, c'est le dernier de la famille Arnauld/et tout janséniste qu'il est , regardez-le avec une sorte de considération; c'est le fils du Marquis de Pomponne. Je vous présente à la Comtesse de Fénelon qui se tient dans Tile Saint-Louis parce qu'elle est habituée de cette paroisse, et qu'elle est née Lcfèvre d'Ormesson (de la faniille de St. -François de Paule); c'est la seule personne de ce quartier-ci que vous puissiez renconfrer nu château de Versailles (1).

Je vous dirai présentement qu'il y a dans ce même quartier, ou plutôt cette petite ville , deux sociétés assez disparates et tout-à-fait distinctes : l'une est celle du Parlement, composée de quelques familles indigènes et glorieusement insulaires , qui n'ont pas encore voulu céder à la folle exigence et la tyrannie de la mode, en allant s'établir dans le Marais, tandis que l'autre coterie dite du ChMeld, est une agrégation de citadins exotiques et fraîchement implantés sur ce fortuné rivage à l'orient de Paris. Quelle orgueilleuse ambition !

Il parait que le défaut d'usage du monde et la prétention magistrale des petits procéduriers du

(4 ) Marie- Françoiso-de-Pa ule Lcfèvre d'Ormesson d^Amboile , veuve de Gabriel-Henry, Marquise de Sali{;nac, Comte de la Motle-FéiieloD, Chevalier des Ordres du Koi, Lieutenant-Gënéral des années, son ancien Ambassadeur auprès de LL. H H. PP. , et Conseiller d'État d'épéc , lequel était mort en -1746 , étant \puf en première noces de Louise Lepclletier de Morfontaine.

( Aofc de l 'Auteur.)

Châtelet les rend insupportables à ces haots-jasticiers du Parlement, qui ne les reçoivent jamais cheE eux et qui ne manquent jamais de les tenir à distance. Il en résuite que je ne pourrai vous parler de la société du Châtelet que sur la foi d'autrui.

C'est la charmante et opulente madame Leblanc qui est la merveilleuse de cette coterie. — Elle se fait coiffer par Léonard. — Imaginez qu'elle a fait faire un pouf "par mademoiselle Bertin ! On assure qu'elle change de souliers deux fois par jour?.... On parle sans relâche et l'on parlera long-temps dans l'tle

St.-Louis de l'élégance et de la prodigalité de madame Leblanc (1)!

C'est M. Lenoir, Procureur du Roi en son Châtelet de Paris , qui est la coqueluche de toutes les dames du Châtelet, et particulièrement de madame Leblanc. On pourra vous dire, assez méchamment^ qu'ils ont été soupçonnés d'être allés ensemble aa bal de l'Opéra,... mais on ne manquera pas d'à-

(4) Mathurinc-A^laé Boulerone , mariée en n64 à Denys- Jacques Leblanc , Écuyer , Seigneur du Porcheroa et de b Maison-Riche des Porchcrons-lei-Pari», Conseiller au Châtelet, et depuis Greffier de la Cour des monnayes. C^est cette même famille des Leblanc qui avait été annoblie cinq fois depuis le règoe de Philippe - Auguste , et toujours par réchevinage de Paris; mais à Fexemple des Quatreraère et de tant d'autres, ils ont toujours refusé d^accepter leurs lettres de noblesse jusqu^à ce qu'ils aient eu le moyen de quitter leur commerce pour vivre noblement. Mme Leblanc était prisonnière au Luxembourg en 4795, et son acte d'écrou disait que c'était pour avoir complutté de faire assassiner Danton , de connivence avec M. le Comte d'Artois. Elle ne mangeait autre chose que des raisins secs, et ne buvait que de Peau sucrée. (Note de VÀuteur.)

jouter finement et de vous répéter, pour la cent-millième fois, que ce ne peut être un sujet de scandale, attendu que monsieur Lenoir et madme Leblanc ne sauraient faire que des œuvres pies.

Il y a grand nombre de noms plébéiens qui peuvent prêter au ridicule, et s'ils ne paraissent que dans la bourgeoisie, c'est que la nouvelle noblesse y met bon ordre ; témoin de cette curieuse manœuvre de MM. de Coigny , pour opérer la transformation de leur nom de Guillot en celui de FranqueM; ce qui fut un joli tour de force ! Je me souviendrai tofijours d'un bon maître des requêtes appelé M. Daine (intendant de la généralité de Tours, en 4777), lequel avait pour frères un gros chanoine de la Sainte- Chapelle qui se nommait nécessairement l'Abbé Daine, avec un génovefain jovial et bon compagnon, qu'il était impossible de ne pas appeler Dom Daine.

Il y avait déjà deux ou trois mois que le Duc du Chntelet, mon neveu, était colonel des gardes françaises, lorsque le bruit se répandit dans la société de madame Leblanc que le Roi venait d'appeler au commandement de son régiment des gardes, un monsieur du Châtelet. — Grande surprise I — On se demande quel peut être ce magistrat si favorisé? — On suppose, on discute, on calcule, on fait observer on croit se rappeler effectivement

Enfin, on finit par décider (à l'unanimité), que ce monsieur du Châtelet ne pouvait être que M. Lenoir, le Procureur du Roi (1).

(I) Henry-Gcrmaia Lenoir, Chevalier, Seigneur de Eac^e-

Ed quittant le quartier de ces honnêtes gens, nous allons traverser celui des gens de finance au pas de course, à raison du mauvais air, et pour ne pas nous arrêter en mauvaise compagnie. Je ne voudrais pas faire monter mon petit-fils chez M'"® la Poupelinière, et je n'oserais pas non plus vous faire entrer chez M""' Lalive d'Épinay. Le vieux Beaujon^ qui vient d'acheter Thôtel de Pompadour, est audessous d'une épigrarame ; il est si ras-terre et si platement bénét, que personne n'a le courage de s'en moquer; ce serait grêler sur le persil. Les frères.Bouret n'ont pas non plus assez d'importance

ville , etc. Il ne faut pas le confondre avec son cousin le Lieutenant-Général de police (Jean-Charles-Pierre Lenoir ), k qui fa ville de Paris k tant de grâces k rendre pour une administration qui lui mérita Taffection générale ainsi qu'une réputation europérenne. J'ai su qu'il repoussait toujours les révélations des domestiques, en disant que ce serait cbose contraire à la probité. Il apprenait sans corrompre et ne parlait jamais de rien , sinon pour avertir les chefs de famille ou pour admonester les délinquans. Je vous puis dire qu'il a préservé l'honneur et sauvé la fortune de bien des familles. C'est à lui qu'on doit l'établissement de la Halle au Blé, le pavage et l'éclairage des faubourgs, l'institution du Mont-de-Piété , la suppression des vaisseaux de cuivre pour les laitières, et la destruction du cimetière des Innocens qui se trouvait au milieu de Paris. Il était Tami de la noblesse et le père du peuple; enfin c''était le magistrat par excellence , et pourtant les jacobins l'ont épargné : sitôt qu'il y avait de l'émotion dans Paris , les sans-culottes de son district envoyaient une fauve -garde à la porte de sa maison, rue de Vendôme , au Marais. ( Note de l'Auteur.)

M. Lenoir était né en 1752. Il est mort en 4807, le même jour que le Baron de Breteuil, lequel était précisément du même âge que lui. ( Noie de VÉditeur, )

i64 SOUVBNIRS

OU de réputalion pour qu'on leur fasse la grâce de s'occuper d'eux et l'honneur de les citer pour le ridicule. ËnGn, le dernier des Paris, l'honnête et généreux Duverney, n'est plus de ce monde, et c'était le seul fermier-général qui ne me parût pas déplacé dans un salon. Reste donc la maison de M'"*' de la Reynière, où je ne vas jamais^ quoiqu'elle m'ait fait assurer que la famille de son père était alliée de la mienne. Au reste, il est à considérer que M™* dé la Reynière est un personnage à part dans la finance : et si l'on en croit son oncle M. l'Évéque d'Orléans, c'est un phénomène et comme une perle dans un tas d'huitres. La Comtesse de Genlis en a fait un portrait si fidèle et si naturellement Trai, qu'au lieu d'y trouver un encouragement d'émulation , j'en perdrais courage ; elle en avait retranché quelques-uns des traits les plus saillans en le faisant insérer dans un de ses premiers ouvrages ; mais voici ce portrait de M'"® de la Reynière, ainsi qu'il avait été composé du premier jet, en >I769, et comme je le tiens de M""' de Genlis (aujourd'hui Marquise de Sillcry).

« Olympe est une grande personne sans beauté, sans 0 grâce et sans agrément daucuu genre. Elle a tout « juste assez de honte pour ne pas être appelée méa chante , et assez de jugement pour ne pas faire de sot- « lises irréparables. La fortune immense quVlle possède « n*a pu la consoler encore du chagrin de n'ôtre que la « femme d'un ûnancier ; n'ayant point assez d'esprit et « de dignité dans le caractère pour surmonter une pa- <( reille faiblesse , elle en souffre d'autant plus qu'elle

DE LA MARQUISE DE CHÉQLT. loS

i ne Toii absolument que des gens de la cour; dout la I oonfersatiou lai rappelle assiduemeot ce grand raali heur dont elle gémit en secret. On ne parle jamais du

• Roi, de la Reine , de Mesdames , d'une présentation i k Yersailleset d'un grand- halnt, qu'elle n*en éprouve

• des angoisses intérieures si violentes , qu'elle ne peut t aoQYent les dissimuler qu^cn changeant do converi 8ati(Mi. Elle a, d'ailleurs, pour dédommagement, (ouïe •: la consistance ou la considération que peuvent donner

• beaucoup de faste, une superbe maison, un excellent

• souper, debrillans équip.iges et des loges a tous les

• spectacles. Au reste, elle it'aimc rien, s'ennuie de « tout, nejugejamais que d'après l'opinion d'un autre :

• et joint à tous ces travers de grandes prétentions à « Tesprit, beaucoup d'humeur et de caprices, et néan- « moins uneextrême insipidité. Quoique fort orgueilleuse i d'être une fille de condition, el quoiqu'elle ait fini par i se persuader qu'elle était fille de qualité , elle ne monf tre pas les moindres égards pour son père, parce qu'il i a quitte le service et le monde, et qu'elle n'en aUeud

• plus rien. Elle aime infiniment celui de ses oncles qui

• remplit un minislère de confiance à Versailles , où la « feuille des bénéfices se trouve confiée à la sagesse de ce i prélat, ce qu'on aurait de la peine a s'expliquer rai-

• sonnablement. Elle ne s'occupe jamais et n'aime pas

• du tout M"™e de Senne ville sa sœur, qu'elle ne regarde « que comme une provinciale. Allez donc lui rappeler f qu'elle à une sœur religieuse et que vous êtes charge

• de lui demander un entrelien a ce sujet-lh. Olympe

• vous fera dire qu'elle est chez elle tous le^ matins; on

• vous fera traverser une longue et superbe enfilade de « pièces dorées, au bout de laquelle est un charmant « petit cabinet; vous y trouverez Olympe nonchalamment tf assise sur un canapé, et lisant plus nonchilammeut « encore une brochure nouvelle qu'elle ne prend; j'ima-

1C6 SOITV'ENIRS

« gitie^ que lorsqu'elle entend un carosse entrer dans sa u cour. Elle avancera vers vous avec un air de bienveil- « lance exagérée : vous connaissez ce sourire forcé et (( celte fausse douceur que la politesse imprime sur « quol(iues visages. Au seul nom de sa sœur, Olympe « quittera subitement cette expression factice , et la « froideur avec l'embarras auront obscurci sa piiysio- (( nomie d'une manière aussi prompte que marquée. Ce « que vous avez a lui demander, c'est qu'elle donne asile (( a cette bonne religieuse dont le monastère est interdit « par suite de quelque dissension thoologique entre la « Supérieure et sou Ëvôque. Olympe vous répondra 0 quelle connaissait bien peu ses deux sœurs, qu'elle « en a été fort négligée ; mais quelle n'en conserve pas « moins le désir de pouvoir leur être utile ; cependant u qu'il lui parait infiniment difficile de garder chez « elle une religieuse , et que, d'ailleurs , elle n'imaaine a pas oh elle pourrait la logor... Si vous prenez la lift berté de lui faire observer que sa maison parait assex « grande pour y pouvoir placer une personne qui , dece puis dix ans , se coulente d'une cellule. Olympe yoos « répondra sèchement : — Madame, je dois loger ma a sœur convenablement, ou ne point la loger du tout. a Lille aura pensé que cette réponse était si noble et si « spirituelle, qu'elle en prendra, n'en doutez pas, uà « air de satisfaction capable ùc vous ôter le peu d'estime « et de patience qui aurait pu vous rester. »

Je vous ai déjà parlé de M. Grimod de la Reynière à propos de sa gourmandise et du boa exemple qu'il donnait à M. son fils; il me reste à vous dire un mot sur la frayeur qu'il avait du tonnerre. Aussitôt que le ciel annonçait un orage , il allait s'enfermer dans une grande et belle caye

qo'il avait fait construire sous la terrasse de son hôtel (1), et dont il avait fait revêtir en damas le plus épais, toutes les parois, la voûte et les pavés; c'était pour s'isoler de Télectricité , supposait ce brave homme, car c'était un préjugé dont la mort de M. de Quintin qui fut pulvérisé dans son lit de soie, n'avait pu guérir certaines gens. Ce lieu de refuge n'avait qu'une seule ouverture sur les Champs- Elysées; mais, pour en détourner la foudre , on la fermait hermétiquement au moyen d'un matelas d^étoupe imbibée d'huile; M. de la Reynière s'y faisait toujours accompagner par trois ou quatre vigoureux garçons qui se relayaient pour baltre du tambour ; j'ajouterai qu'il y buvait de l'eau d'oi^e, et tout sera dit. Je n'ai pas le courage de vous reparler de son fils (2).

(-1 ) Cette belle maison de M. de la Reyaiëre est à Tangle de la rue des Gbamps-Elysëes et de la place Louis XV, et la grande salle voûtée dont parle Fauteur, est un café souterrain qui s'ouvre sur les Champs-Elysées , à droite du pavillon Pcrronet.

(2) M. de la Reynière , à qui Fauteur ne rend pas justice et à qui Péditeur de cet ouvrage a Phonncur d^ offrir l'assurance de sa considération , existe encore en disposition de grand appétit, et grâce à Pusage de la médecine du Dr Leroy, en état de santé parfaite. Il a publié , depuis la mort de M'"c de Créquy, son Almanachdes Gourmands et ses Légitimations gastronomiques , opéra culinaire eu trois actes. {^ote de VÉditeur.)

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