‹ Souvenirs de la marquise de Créquy, de 1710 à 1803 (volume 2)Chapitre 40 sur 42 · SO!:VKMUS · texte numérisé non relu

SO!:VKMUS

se trouver à portée Je rendre des soins à J/*"* de Turenne , (voilà ce que M*"*^ de Trans écrirait à soh mari pour le faire patienter). Ce fut une invasion véritable; mais comme il aurait été cruellement inhumain de vouloir séparer la Duchesse de Lesparrc et la Comtesse de Spinola , ( par exemple) de de la Princesse de Turenne, qui ne voulait pas s^éloigner de la Princesse d'Uénin, laquelle ne pouvait pas quitter sa tendre mère , et comme il y eut aussi deux ou trois bonnes amies de M"^^ de Tessë qui se mirent à s'enthousiasmer et s'inquiéter pour ma charmante nièce , on établit ces douze ou quinze femmes sensibles dans une galerie de tableaux où elles couchaient sur des bergères et des sophas, des coussins, des tapis sur des tables et toute espèce de choses , excepté des matelas y car elles ne voulaient pas entendre parler de matelas : pour lui mieux démontrer leur oubli d'elles-mêmes, et la sincérité de leur dévouement!

Les parens , les amis , les maris , les valets , et peut-être bien quelques galans (je n'ai répondu que de six personnes), ne manquèrent pas d'affluer dans cette maison dont toutes les portes étaient grand'ouvertes, et où tout ceci formait une cohue nompareille! on passait les nuits à jouer dans ce long dortoir où les plus belles et les plus grandes Dames étaient rangées sur des malles, des coffres, des tapis roulés^ et même sur des meubles de garde-robe recouverts de leurs sarreaux de toile de Perse. On n'avait rien vu jusque-là d'aussi prodigieusement simple et naturel ! il était de rigueur et d'obligation de neVy parler qu'à l'oreille, et c'était un luxe de

I)récautioDs, car cette même galerie était séparée de à chambre à coucher par cinq ou six grandes pièces, et notamment par la salie à manger ou Ton trouvait toujours des gens qui réfectionnaient soit au buffet, soit sur de petites tables, en cotterie si ce n'est en famille, et le plus silencieusement possible. On ne s'y parlait qu'à voix basse et jamais sans nécessité, c'était l'étiquette convenue ; et durant les repas généraux, il y avait une demoiselle de compagnie de M"^ de Tessé qui venait faire la lecture de quelque livre moral et attendrissant : c'était, je crois bien, les Délassemens de niomme sensible, ou les Epreuves du sentiment de M. d'Arnaud-Baculard? Enfin les personnes les plus considérables ou les plus favorisées jouaient au loto dans la chambre de la malade , et les choses en étaient là pendant notre visite au château de Luciennes.

M"™® de Castellane ne manqua pas de me demander si je n'allais pas souvent chez M™® de Mauconseil? — On y va de chez moi, répondis-je, environ tous les huit jours. Je ne la connais guère, et j'ai déjà pris mon parti sur tout ce qui peut résulter de $a maladie.

Grande surprise ! et voilà que M™*^ de Lévis se met à dire à M. de Laval : — Et vous. Marquis, vous allez sûrement y faire des reversis avec tous vos partenaires habituels?

— Pas du tout. Quand je fais tant que d'aller chez des malades , ce n'est pas pour y jouer aux cartes et pour y manger des faies de lottes. Rien que de voir passer l'apothicaire ou le chirurgien ce serait dans le cas de me faire rendre gorge ou de me faire gorger un Q^llnola !

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On entreprit de le pousser à bout d'argumentations ; mais comme il pensait a ce qu'il avait à dire, je ne saurait vous exprimer avec quelle fermeté d'intelligence et quelle solidité d'esprit il déjoua tout ce monde! 11 se mit a persifler ces bonnes dames en faisant ressortir la ridicule et choquante affectation de ces niomcries sentiui en laies el de ces dévouemens sans la moindre utilité, si ce n'était de faire proférer certains noms tout d'une haleine avec

celui de M*"" de Poix, ou celui de Turenne

— Dans le fait , ajouta -t- il, cel|p-ci est une Landgrave de liesse, elle est cousine-germaine de rimpératrice , et ceci peut expliquer bien des choses

— Il n'entend rien à rien , me dit M"*' de Blot avec un air de compassion dédaigneuse.

Il était arrivé , dans l'aprës-diner , beaucoup de* monde au Château de Luciennes, et quand il fut question de nous en retournera Paris, il se trouva que le Marquis de Laval était le seul homme de la compagnie qui eût assez d'indépendance dans le caractère, avec un assez grand fonds de jugement et de bon esprit , pour ne pas fléchir et tomber dans une vogue absurde, et pour ne pas vouloir aller souper et faire sa partie chez M*^® de Mauconseil.

£lle en réchappa, grâce à Dieu! car je ne sais quelle furie d'extravagances on n'aurait pas faite à ses funérailles! On envoya du faubourg Saint- Honoré des charretées de lampions dans le quartier St.-Denys, pour illuminer une vilaine et vieille petite rue qui porte le nom de Mauconseil : on

délÎTra yingt-cinq prisonniers qui devaient des mois de nourrice, et c'était ce qu'on pouvait faire de mieux ; enfin, on célébra la guérison delà vieille Marquise et le parfait bonheur de la Princesse sa fille, par une espèce de comédie champêtre , où Dugazon et Michut dansèrent des rondes en sabots et chantèrent des hymnes en patois (\), Tout le monde en pleurait! et lorsqu'elle mourut six mois après , on n'y prit pas garde. Il parait qu'elle avait cessé d'être à la mode, «t l'on n'apprit le retour de sa maladie qu'en recevant son billet d'enterrement.

Retournons au fils du chirurgien Maréchal , qu'on avait fini par appeler sérieusement M. de Bièvres et qu'on avait fini par adopter dans le monde , en dépit de M"*® de Montesson et de M™* Necker dont il se moquait a la journée , et peut-être aussi pour faire déplaisir à M. le Duc de , Chartres qui ne le pouvait pas souffrir (2).

Quand on avait eu le malheur d'encourir la disgrâce d'un Prince du sang royal , il était d'usage et de précepte rigoureux , dans ce temps-là , qu'il ne fallait jamais rester dans une chambre, dans un cercle, ni même dans une compagnie si nombreuse qu'elle

(^) Voyez les détails qui se trouvent rapportés daas la Correspoopance de Grimm , vol. III , pages ^^2 et suivantes.

{NoIedeVÉditeur.)

(2) Je vous ai déj2i fait remarquer autre part que M. de Bièvres n^ avait jamais pris volontairemeut et sérieusement la qualification àe Marquis. 11 était devenu seigneur de ce Marquisat ainsi que feu M. Gobelin Pavait été du Marquisat de Brinvilliers. Les petites gens pouvaient s^y tromper dans la rue, mais ceci n^arrivait jamais jusqu^à nos aulichambres.

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îùi, 011 Ton voyait arriver un pareil antagoniste. On 8*es(]uiviiil poliment en le voyant paraître; c'était une affaire de convenance ; mais voila ce que M. (le Bièvres ne faisait jamais pour le Duc de Chartres, et personne ne Ten désapprouvait. On avait coninicncé par se libérer de cette sorte d'obligation envers M. le Prince de Conly, parce qu'il ge forgeait continuellement des sujets do brouillerie avec tout le monde. Ëtiez-vous en procès avec la chancellerie de ce Prince, ou vous étiez-vous moqué de M"*^ la Comtesse de Doufflers? le Comte de Boulainvilliers venait vous faire une salutation profonde, en vous disant: — Monsieur le Marquis, ou Monsieur TAbbé , j'ai Thonneur de vous prévenir que 8on Altesse Sérénissime est ici (I). C'était la formule d'exclusion suivant le protocola usité par ce Capitaine des gardes , et ce fut M. de Craon qui s'en alTranchit le premier. Il s'était rencontré avec M. le Prince de Conty chez deux personnes dans la même soirée. H répondit au premier avertissement qu'il en était bien aise , et il déguerpit , mais pour éviter la deuxième sommation de M. do Boulaiavilliers, il alla lui dire avec un air affairé:^* Monsieur, vous me feriez plaisir d'avertir votre Prince que je ne suis plus amoureux de la Vicom«

{i ) Henr)' de Boulainviliicrs , XW" du nom, Comte de Saint* Sayre et de Llauroy-sur-Somme. Il ne faut pas le confondre avec M. Bernard de Boulainvilliers , prcvosl de Paris, dont la mère était rhéritière de la branche atnée de cette ancienne famille , et pour lequel on avait érigé la Cbâtelaioie de Boulaiuvilliers en Vicomte. ( f^Qtc de VÀuteur, )

tesse de Rouault. C'était le sujet de la colère de Monseigneur, et tout le monde en rit sous cape.

M. de Bièvres était donc en disgrâce complète auprès du Duc de Chartres qui ne pouvait TenYisager de sang-froid , ce que l'autre affrontait sans la plus légère émotion et sans autrement s'embarrasser de ses airs d'hostilité ni de ses dénigremens. — Comme il est désagréable et ginguet! je le trouve Uid ! mais c'est qu'il est véritablement laid I murmurait le Duc de Chartres en rougissant de colère. Aucun des siens, et si plat valet qu'il fût, n'aurait osé faire sa partie dans cette manière d'im^ précation ridiculement sotte, car celui dont il parlait en ces termes était visiblement de la plus jolie taille, la plus agréable flgure et la plus charmante physionomie du monde. C'était le visage régulier d'un jeune Grec sous un minois français, avec des vivacités contenues , de curieux sourires et des regards discrets qui disaient tout; il avait une tournure élégante , avec des mouvemens légers et souples ; enfin , c'était la bonne grâce de France et de Paris personnifiée. 11 n'est pas difficile de trouver de plus*beaux hommes que les Français, mais rien n'était si joli qu'un jeune Parisien de i^ temps-là.

Celui-ci disait avec un air de modestie respectueuse: — Si j'étais aussi laid que le dit M. le Duc de Chartres, il ne m'en voudrait peut-être pas auautant

U avait fait en quatre ou cinq pages d'écriture

. une plaisanterie qui ne fit aucun plaisir au Duc de

Chartres et qui réussit à merveille dans la société

de Paris. Comme on n'osa pas Timprimer pour la débiter sous le manteau , je vais la faire copier.

DITE&TISSEMErVT À LÀ MODE.

a Moi , je suis gai ! je suis gai comme un pinson ! vous n'avez pasd'idée comme je suis gai? J'aime à rire, à jouer des tours , a faire des farces , et c'est vous dire assez que je suis le meilleur homme delà terre, j'ai fait bâtir un pavillon , j'ai fait dessiner et planter un jardin superbe à Mousseaux; j'y donne des fêtes , ail quelles fêtes ! c'est pour en mourir de rire , alit ah I ah! ah! Imaginez que j'avais fait prier à diner un jeune vicaire de St-Phi* lippe-du-Roule, et que nous étions servis à table.... ah ! ah ! ah ! ah ! servis à table par des négresses....

ah! ah! ah! ah! par des négresses toutes nues

ah! la rate! ah!.... c'est pour en mourir de rirel ce garçon-là n'osait pas lever les yeux, il ne voulait pas manger, mais nous l'avons fait boire.... — ah! sacristie ! sacristie!., disait-il en pleurant... C'était à se tenir les côtes ! vous pensez bien qu'il est allé s'en plaindre et que nous avons soutenti qu'il était un menteur , un imposteur ! et ce qu'il y a de plus charmant, c'est qu'on Ta mis en pénitence dans un séminaire, pour lui apprendre à calomnier un prince ! un prince qui donne sa parole d'honneur ! un prince enfin, qui avait eu la bonté de lui donner à diner dans son pavillon de Mousseaux ! ! ! Il en a pour six mois de prison , et j'en rirai jusqu'à la fin de mes jours! Ensuite il faut vous dire que je donne des billets pour se promener dans mon parc a des

gens que je ne veux pas prier à dîner, car vous vous doutez bien qu'on ne peut pas donner à dîner à tout le monde? mais vous allez voir que ceci n'est pas le moins divertissant. Il y a d'abord des pièges (on dit que c'est pour prendre des loups , jugez un peu, des loups à Mousseaux ! faut-il que les Parisiens soient bêtes pour avaler des pilulles comme celleslà, sans les mâcher) ! Il y a donc des pièges tendus

contre les loups et les voleurs Ah! oui, des

voleurs, je t'en souhaite 1 Allez vous promener de ce côté là pour voir les sottes bourgeoises et ces benêts de maris que nous y faisons conduire comme si de rien n'était, et qui s'y prennent les jambes I et qui

font des cris, et qui saignent Mais c'est qu'ils

saignent d'une manière inconcevable ! et vous jugez comme c'est amusant de les entendre crier en les voyant saigner? Ensuite nous avons notre grotte où l'on est saisi par les bras et par les jambes en s'asseyant, et quand c'est des femmes? et quand nous sommes cachés dans la grotte où nous fermons la porte? ah ! mais c'est qu'il faut voir les méchancetés

infernales et les i ndignités que nous leur faisons I

Enfin je vais vous dire encore autre chose, et voilà ce qui m'amuse le plus. Nous avons un pont... ah I ah! ah! ah! .. Ily passait hier unmarchanddelarue Grenier-St-Lazare... avec sa femme... ah! ah! ah!... avec sa fille et puis un enfant de quatre ou cinq ans.... ah! ah! ah! ah! (voilà le point-de-côté qui me reprend).... Je ne sais pas si je pourrai vous

dire ah! ah! ah! ah ! ah! ah ! ah! ah!....

ah ! si vous aviez vu tout cela se débattant dans la rivière Je les ai fait repécher pourtant. Le père

avait la jambe cassée et la jeune 611e donc ! Ahl

la jeune fille , quand nous Tavons retirée par la jambes avec ses jupons par dessus la tète...... et

qu'elle criait comme une orfraye» et qu'elle s'est mise à dire que son pierrot de taffetas rose était ahimé ! non jamais ! jamais je n'ai tant ri de ma vie ! La mère était comme une momie toute eouTerte de yase, et Fenfant, ma foi , j'en suis bien fdchè, mais l'cnfant était tombé sous les autres à ce qu'il parait ; il n'avais pas eu la force de se débattrei 9t on n'y pensait pas du tout, quand le père et la mère que j'avait fait mettre sur une charrette pour les renvoyer chez eux, se sont mis à crier : -<» Le petit! — et le petit ! — Ah oui , où est donc le petit? a dît la jolie fille, qui s'est mise ensuite à nous dire dei sottises en nous reprochant les rires que nous faisions.... — Voyez un peu cette petite salope i qui

nous avons dit : — Mademoiselle, nous ne pooYOOi

pas nous empocher de rire parce que vous avei

ail ! ah! ah! ah! ah! parce que vous aves quelque

chose |)arce que vous avez quelque chose d^ci-

traordlnairc parce que vous avez quelqoe

chose d'extraordinaire entre les hanches... Ensoile il a Talhi prendre son sérieux. On leur a dit qu'on était bien désespéré de leur accident , mais que c'était de leur faute ; mais la vérité que je vous dirai, c'est que c'ciit un pont à bascule, et tout aussitôt qu'on y met les pieds , patatras ! Ensuite on leur a péché ce crapaud d'enfant qui avait la této enbrîu- ^nies et Tcstomac défoncé. Il parait que son père et sa mère avaient marché dessus. Nous avons fait semblant ({'(jH plonrcr ; lunis quoiul iU ont clé parti»

sur la charrette , ah! tonnerre de DienI peut-on rire comme ça ? C'est pour en mourir ! on en crève I » Le petit de Bièvres était de la première force au jeu d'échecs ; M. d'Angivillers se trouvait obligé d'en convenir, et Maréchal allait deux fois par semaine à Versailles afin d'y faire la partie de M. le Surintendant. Votre père m'a conté qu'il y jouait une certaine fois (le jeune de Bièvres) de toute sa force, mais que le vieux d'Angivillers n'en avait pas moins l'avantage sur lui. On entendit annoncer coup sur coup, dans le même salon de la surintendance, M. le Comte d'Estaing, M. le Vicomte de Melun, M. le Marquis de Nesle et M. le Baron de Montmorency. Il y avait peu de monde ; et comme ces quatre personnages étaient brouillés k couteaux tirés, ils ne restèrent pas plus de cinq à six minutes en regard les uns des autres. Ceci ne manqua pas de fournir sujet à M™* la Comtesse d'Angivillers pour en disserter ; et comme elle avait l'habitude de citer incessamment, elle entreprit d'appliquer à la quadruple inopportunité de cette rencontre fortuite un ou deux vers de M. de Voltaire, dont il ne lui fut jamais possible de se rappeler la fin.

« Je combattais , Seigneur, avec Montmoreicy, a D^Estaing, Melun, de Nesle »

Et chacun répétait continuellement , sans rien trouver, d^Estaing, Melun, de Nesle

— Et ce fameux coup-dl poursuivit M. de Bièvres en appliquant son cavalier pour amener échec au roi; ce qui lui ramena la partie tout-à-fait déses-

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pérée, et ce qui terminait ijiistenient la citation de ces \ers de Zaïre que tout le monde cherclinil, et dont le <iernier héniisliche était ir fttmeux Coucy!

(lefut, on est ol)li(>é de Tavoner, un lieureu!^ et curieux Calembour g. C*e.st ainsi qu'on s'obstinait à nommer ces sortes de jeux de mots (I).

(I ) TouIps Ut |ilai<iaiiloi-irs de M . Maréchal de Kivvret nVtaient n.is d'aussi bon (;oiU ; ji* me rapiiellc en avoir entendu conter une ou deu\ «|iit' je n'ai p.iR enre|;istiéi*s el dont j<* n^auraîi pai dû |;.irdiT le souvenir; mais le ridicule y domine tellement lur le reste, que jVn prends mon parti. Je les mettrai seulement ù pnrl dosaulrei , en lireLis ^aleuseï et hors de IVtable.

l)n n'aviiit pu sVmpèclier d'entendre parler d'un certain M. Diinioncel , habile iiitp'nieur et ^vwn maiifjenr ^ qui ne se retenait et ne te reriisait h ri>'ii pour se procurer toute sorte de soulagement. Il avait Tait (;rand bruit et sVlait fait chasser du parterre tle rOpéra , parce qu'il était sourd . et tant il était malpropre. — Mais, Mimsienr. fut hii dire rc drôle de ([arçon, à propoi «le ce qu'il vt-nnit d'entciidi-e ni niarcbaiit derrière lui sur le l'ont-Uoyal , mais , monsieur rin{r<'*nieur des ponts et chaussa ^ c'était avec un Ion de reproche) , à quoi servent donc les parapets?

L^autre bislorictle consiste en ce qu'il avait composa la ma- «ique et les paroles d'un trio chromatique qu'on devait eiécuter cliex une précieuse de Genève, appelée Mme Siamondi. Il y «Tait dans cette cantate des vers d'opéra tels que ceax-d , par «temple :

« As-tu pu trahir tes scrmens?

« Ah ! je sens palpiter mon cœur I 4 Ah ! vous empoisonnez ma vie !

Et ceci notait nt jnoins lyrique , ni plus mauvais qae toute niltrc chose qai ne vaudrait pas mieux ; mais il se trouTa qu^il -«rait ajusté tout cela de manière à ce qu^on fût oblige déchanter

|>ar intonations entrecoupées. — As tu pu Ab t je sens

Ah! TOUS empoisonnez! etc.

Jugez du trouble et de la confusion qui s'ensuivit chez Mine Sisniondi la pédante, et pour le jour de sa fête, en présence de M nne N«cker ? L'irritation patriotique des Genevoises en fut à son comble, et Ton disait que si M. de Biëvres avait eu la fantaisie d'aller à Genève , on aurait pu lui faire un mau- Tais parti.

C'est qu'elles ne plaisantent pas , les personnes de Genève ! On sait que M. de Voltaire avait appelé Genève une république qui s'agite auprès de mes terres ^ et ce qu'il en est résulté, -cVst qu'il n'y a eu ni Genevois ni Genevoise qui ait voulu prendre part à cette souscription ouverte par les Necker , afin de lui «riger une statue! On est all« jusqu'à dire qu3 M"^e Necker en avait été blâmée très ouvertement. ( Noi£ de V Auteur. )

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