TOUS
— Monsieur Rouelle, lui répliqua M. de Bernis avec son air coquet, personne ne vous dérobera pareille idée pour en user comme du sien : le public ne manquerait pas de lapider le plagiaire!...
Le bon curé de Saint-Elienne-du-Mont ne voulait absolument pas enterrer ce pauvre M. Rouelle ; mais M. T Archevêque en fit donner Tordre en di« sant que le savant professeur de chimie, M. Rouelle, était, non pas un impie, mais un ignorant et un innocent.
M. d*Orlhoux de Mairan, secrétaire-perpétuel de TAcadémie des sciences, était plus habile dogmaticien que M. Rouelle ; et, du resle, il était le dernier des Cartésiens.
A Tiîge de 94 ans, il avait conservé toute la vigueur et la délicatesse de son esprit, ainsi queTusage de ses jambes et les facultés de son estomac. Il allait dîner hors de chez lui cinq fois par semaine ; et , s'il n'avait pas aimé les oronges à Thuile, je crois. Dieu me pardonne, qu'il vivrait encore ! A cela près de son goût pour cet agaric et pour tous les fongiis en général , il élai* ' mp du monde le plus mélicu-
"iC SOUVENIRS
leux et le plus méthodique. M™^ du Chc4telet disait qu'il avait fait une échelle de concordance entre les étoffes et les températures, afin d'établir un parfait équilibre entre son thermomètre et l'effet matériel de ses habits. — Rendu, demandait-il à son valet , qu'est-ce que dit mon thermomètre, ce matin? Hmdu lui répondait: — Monsieur, le voilà qui marque fourrure , pendant qu'il était hier au soir à drap de Silésie : je crois que le temps est devenu fou!
J'arrive un soir à l'hôtel du Chatelet, rue de Varennes, et c'était a la suite d'une averse ; on avait fermé toutes les fenêtres à cause de M. de Mairan, qui m'interrogea d'un air soucieux sur la perturbation qui pouvait en être survenue dans l'atmosphère. Je lui répondis à la manière de Rendu : — Monsieur, habit, veste et culotte de ratine : voilà ma façon de penser.
Ma cousine avait fini par se brouiller avec lui pour le cartésianisme, et c'était à l'instigation de Voltaire, ancien disciple de M. de Mairan tout aussi bien que M'*® du Chatelet^ qui n'en tinrent compte aussitôt qu'ils furent initiés à la théorie du Chevalier Newton. Voltaire avait écrit sur les forces vives, et sous le nom de M"^^ du Chatelet, je ne sais plus quoi qui méritait réplique , et peu s'en fallut que le sage et docte académicien n'y répondit sérieusement.
— N'allez donc pas tirer l'épée contre cette pauvre Emilie ! lui disions-nous.
— Je vous supplie d'observer que ce ne serait pas une épée : il suffirait d'un compas, reprenait-il.
C'est bien assez pour opposer à des coups d'éyentail.
M. de Mairan mourut le plus chrétiennement possible, assisté de M'"' Geoffrin, qu'il avait instituée sa légataire universelle et qui recueillit environ cent mille écus de cette succession. H est vrai qu'elle en a rendu quelque chose à M. d'Orthoux, neveu du défunt ; mais il est certain qu'elle a gardé le reste en disant que c'était pour le distribuer à des gens de lettres nécessiteux.
— Mon Dieu ! comme il a de l'ordre et comme il est rangé , Mairan ! disait souvent M'"® Geoffrin. Je l'aime à cause de cela : l'ordre et l'arrangement sont les diamans de f esprit. C'est une sorte de similitude ou de comparaison que je ne comprends pas, mais les encyclopédistes ont toujours dit que c'était admirable.
Le philosophe M. d'Argens était un Marquis de fabrique et de la même étoffe que MM. de Condorcet, d'Albaret , du Pourcet , de Luchet, etc. Chamr fort avait dit, rudement pour eux, que les bureaux de l'Encyclopédie étaient devenus le Ponl-aux-anes, que c'était dans la salle à manger de M"^*' Geoffrin que se tenait le Marché-aux-veaux , et que le cabinet de M. d'Holbach était la Foire-aux-marquis. II faut convenir que MM. les Ducs ont été bien heureux de ce que le Roi s'était réservé l'application de leur titre, car chacun de ces anoblis n'aurait pas manqué de se faire appeler philosophiquement Monsieur le Duc.
Celui-ci fut porter ses talens, ses lumières et ses autres dignités a la cour de Berlin, où jamais il n'a rien fait qui pût justifier le brevet d^académicien dont l'avait gratifié le roi de Prusse. Voltaire en disait des choses épouvantables, et notamment à l'occasion d'un procès qu'il avait eu dans sa jeunesse et dans le comtat Venaissin. Toujours est-il que ce roi philosophe avait fini par le prier de s'en retourner en Provence avec madame la marquise , laquelle avait été danseuse à la comédie de Francfort. C'était, disait- on, le couple le plus affamé, le plus intrigant, le plus philosophiquement cynique et le plus méprisable de la terre.
Le Roi de Prusse n'en a pas moins fait une belle épitaphe latine en l'honneur de M; d'Argens, qu'il y qualifie son chambellan. Il aurait bien dû lui faire, au lieu d'une épitaphe, une pension de quelques mille florins, et surtout la lui payer sans retenue ; car je vous dirai que le grand Frederick était sujet à l'exercice de la retenue sur ses pensionnaires. Maupertuis ne lui pardonnait pas de l'avoir obligé de contribuer à la construction d'une caserne et la réparation de la citadelle de Spandau pour une somme de mille florins brandebourgeois. Voltaire disait aussi que sur sa pension de deux mille écus on lui avait retenu quatre mille francs pour établir un polygone a Neufchatel.
Nous allons passer brusquement, et sans aucun artifice de transition grammaticale , à Messire
CbArl^s-JeàA-François Hénault, Gheyalier, Seigneur de Belmont , Conseiller du Roi en sa cour des Pairs et de parlement , Président ez Enquêtes dlcelle , Chancelier de la Reine et Surintendant de la maison de Madame la Dauphine , l'un des quarante de TAcadémie française et membre de celle des inscriptions et belles-lettres, lequel était né le 29 décembre 4684, et mourut le 24 novembre i770. ( — Je laisse toujours dire et penser que je ne suis né qu'en 4685, parce que je ne fus baptisé que sept mois après ma naissance, nous disait-il un soir, et c'est toujours autant de gagné pour la perpétuité de ma réputation de galantin. Il avait alors à peu près soixante et douze ans.)
C'était un homme aimable et poli. Son Ahrigi chronologique de l'Histoire de France était le maître fleuron de sa couronne et le cimier de son casque ; c'était avec ce livre au bout du bras qu'il était allé frapper à toutes les portes académiques ; mais j'ai toujours pensé que , si quelque pauvre diable avait composé cet abrégé chronologique, il en aurait tiré douze ou quinze louis d'un libraire , et voilà tout. C'est un ouvrage qui n'est pas dépourvu de quelque mérite, et dont le mérite a toujours été fort exagéré par les amis du Président. Ruihières disait pourtant que ce livre avait élé fort utile à M"* et M. Geoffrin , parce qu'ils en avaient appris qu'Henry IV n'était pas le fils d'Henry III et que Louis XII n'était pas le père de Louis XIII, ce qui les avait étonnés au dernier point.
Ce bon Président Hénault ! je le verrai tonjonn corrigeant , soignant et multipliant les éditioiM ide
son abrégé chronologique. Il y mettait son âme et sa vie ; il y trouvait sa gbire et sa joie. La Gazette de France en parlait avec éloge ; on en parlait dan& l'Année littéraire : il en a passé soixante et six années de sa vie dans un parfait bonheur.
Il avait fait un bel héritage à la mort du Président de Montesquieu, à raison de ce que, dans la so » ciété de la Duchesse d'Anville, on appelait celui-ci le Président, tout court et par excellence, ce qui ne laissait pas de mécontenter le Président Hënault. Mais» aussitôt que le Président de l'Esprit de$lcù fut passé dans la région des esprits, le Président chronologique recueillit la succession du Président législatif. Le Président Mole de Champlâtreux eni desséchait d'envie; mais l'hôtel de la Rochefoucauld tint ferme ; et, lorsque la Présidente Meynière y parlait tendrement du Président, il était bien entendu qu'elle ne pariait pas de son mari.
Sept a huit jours avant sa mort, on nous raconta que Mme du Deffand ( son amie de jeunesse ) était allée s'asseoir auprès de son lit en] lui demandant s'il ne la reconnaissait plus. — En aucune façon , répondit-il ; et tout ce que j'y vois , c'est que vous
me faites souvenir d'une méchante aveugle
M"^^ du Deffand s'empressa de l'interrompre et se mit à lui parler (pour le dérouter) de la Baronne d& Castelmoron, qu'il avait beaucoup aimée. — Ah !" quelle différence, se prit-il à dire, entre la chère Baronne et cette vilaine égoïste du Deffand ! Elle était belle, elle était bonne , celle-là ; elle était fraîche et franche, elle avait des dents superbes et n'avait pas la peau comme du chaçrain... Jamais
DE LA MARQCl^ DE CREQnr. si
elle n'a fait ni mauvab trait de noirceor, si, fem suis sûr, une seule uieoterie... La DochcKe de Choiseul m'a dit que la uiêce du Président Hcnadt, M"*^ de Jonzac {A}, n'ayait pu jamais rêa«:âr a lui faire changer de conversation pendant toute la soirée; quand il avait fini sur le panégyrique , il argumentait sur le parallèle : et M*« du Duff jod se donnait au diable en faisant bonne contenance autant qu'il se pouvait. £lie avait renvoyé son carrosse, et vous pouvez juger de son embarras ! Le Président Héoauit était tombé en enfance dès Tige de 80 ans ; et ceci peut expliquer Tidée qu'il avait eue de me faire un legs de cent louis pour ^afàdltr une bagtu.
Je vous parlerai présentement d*un personnage dont je ne vous ferai pas un grand éloge et pour qui je vous demanderai votre indulgence. Dësiré Bernard, surnommé le Gentil, était un beau garf)r.n robuste comme on chêne et fleuri comme un n>sier; il était franc comme on jonc et doux comme un bon fruit. Mais il était toojocrâ ce qu'on app^rile entre deux vins, ce qui ne rcmpéîibiit pas de o^ritr une contenance et de rester dans une mesure parfaite , et ce qui lui donnait seulement je lïe sais quel
(t) Marie-Françoife-Gertinde Hénaalt d^AmoMta, en 4745 à Pierre-Louis-Joteph d'Esparbès de Lo»i d^ Aubeterre , Comte de Jooiac et YiooiDte de Saûit-Ua Gironde. EU** est morU: de la |»etite Térole en 1779.
(X€U de VÀ^iw:^
air indifférent ou préoccupé qui ne lui messieyaitpas du tout) bien loin de là. Il avait servi sous les ordres de votre grand-père en Italie, et c'était nous qui l'avions fait nommer Secrétaire-général des Dragons, ce qui lui valait 42 mille livres de rente, avec un logement sous la galerie du Louvre et Thabit d'0f6cier. Il avait pris toutes les apparences et les habitudes de la meilleure compagnie , ce qui ne Tempêchait pas d'aller souvent dans la plus mauvaise... Il avait eu des succès inconcevables, autant pour la qualité que pour la quantité ; mais la vanité ne pouvait rien du tout sur sa discrétion , et quand ses amis les dragons l'entreprenaient sur ses bonnes fortunes, il s'en impatientait et se débattait comme un diable. Il avait du caractère de M. de Létorières et de la tournure de M. de Lauzun, mais en plus naïf et plus solide. Je n'ai jamais vu que lui qui fût parfaitement heureux de sa position sociale et pleinement satisfait de sa fortune. Il n'était pas, disait-il, assez pauvrement petié pour ne pouvoir approcher des grands , ni assez grand pour ne pouvoir s'associer avec les plus petits. — Je suis deux fois plus heureux qu'un grand Seigneur ou qu'un petit bourgeois , par la raison que j'ai deux facultés, deux cordes à mon arc , et parce que je vis double, me disait-il un jour ; il y a du plaisir et de l'intérêt pour moi dans la confiance et la familiarité des petites gens : c'est, pour les émotions du cœur et le repos de l'esprit comme une excursion champêtre; et si la fatigue me prend, je monte en voiture : j'ai l'honneur de venir vous faire ma cour , Madame, et j'ai celui de me trouver chez
DE LA MARIÎOCRfi DB GRËQUT. M
TOUS cMè à eftte ftfec M^ le Doc de PeiKhièf re et et M°^ la Landgraye de Hesse. Il n'est rien de tA que de chan^jer de côté, pour éfiter la fatigué el rengout*dm8ement.
Il avait été Tintîme ami de M"^« de Pompadonr avatit sa favenr auprès de Louis XY; et, si elle ne Teût pas fait nommer bibliothécaire du Roi en son château de Ghoisy , personne ne se serait jamais douté que Gentil-Bernard eût été connu d'elle. Il t fait des poésie^ délicieuses et n'a jamais fait impri* mer aucun de ^s ouTrUges ( à l'exception de son opéra de CMotiH PeUuaf^ attendu que ii chose était d'ordonnance et de nécessité rigoureuse ). Il atfltt refusé d'entrer à l'Académie française en disant qu'il n'arait aucun titre pour établir et justifier cette prétentton-lk. Il n'a jamais touIu me lire son poêtna de L'Art d'aimer, qu'il a gardé manuscrit jusqu'à sa mort. La philosophie de ce bon enfant (c'est le mot propre) ne Tayait pas pourtant empêhé de tomber dans une décrépitude anticipée. Toutes les femmes le reprochaient à Bacchus et tous les hommes s'en prenaient à Vénus. Cîomme je] n'étais ni homme ni femmC; j'en accusais l'un et l'autre.
M. Opportun-Daniel Sénac était un vieux Con*sciller de sa Majesté très-Chrétienne en ses conseils d'état et privé, Officier de la couronne et Surintendant des eaux minérales du royaume, et membre de l'Académie royale des sciences , et Chevalier de Tordre de St-Michel avec brevet d'anoblissement
pour lai cùtnme tmsi pour ses hoirs ; le tout en vertu de la charge qu'il exerçait ; et vous en conclurez, s'il TOUS plaît, que l'Office de Premier Médecin du Roi de France est la principale dignité de I'uniyer& médical.
Le vieux Sénac était presque toujours silencieux et sombre comme tin tombeau. Il était savant, mais il ne croyait guère à l'utilité de la médecine, et l'exercice de sa profession n'était pour lui qu'un moyen de fortune, avec le plaisir d'expérimenter et celui d'ajouter à son instruction. J'ai connu bon nombre de médecins pareils à lui, mais a la science près.
Je me rappelle que, lorsqu'il parvint à la charge de premier médecin, il se fit remplacer au Palais- Royal par un docteur de Montpellier nommé Fizes^ qui était un bavard et fut disgracié par le Duc d'Orléans au bout d'un mois. — « Je lui avais M prescrit, nous disait Sénac, d'approcher grave- « ment de son malade, de tâter le pouls, de faire « tirer la langue et de regarder sérieusement dans «r les bassins, de ne point parler, de s'enfoncer Il dans sa perruque et d'y rester un moment les t( yeux fermés, de prononcer son arrêt et de s'en <t aller sans penser à faire la révérence. Au lieu de «r cela , mon imbécile a jabotté comme une pie ; il « a parlé politique et littérature , en disant Votre « Altesse Sérénissime à tout bout de champ. Il n'a « que ce qu'il mérite ; et voilà ce qui doit arriver à tt ceux qui n'écoutent pas leurs anciens ! »
Quant à l'examen des empiriques et la surveillance des charlatans, dont il avait le monopole en
de itetoeffailàtàm Miihiadi à allaioit 3" mari, iBOV(
ibis ftm de ^utre-râft atife ft étût asoôée poar nottae iaos r«aiirE9rBe es b 1^ BMSie pM^re tmfiàdt dci frère» Aoser. «t f 4a sailqœU belie terre de 31aiftidi rme â&fgfifle le prt^l que le» Sésac est tire de ««Ofe ffuuihs fenak.
lao^qni
aree taot de fitnlè. Ccsrt a Ik tfK'<ia frauBC a ^ berlé d^appGqaer cKle TÎhiar ffi-gm— g de Fjmft : • ilêtaitUéBectbloiidcaHBenimd'iifficiC; • ce qœ je n*ai pa vérifier fa > B&ûbe. ^«ea «mmila:*
Je Tooi dirai cette aicalie de f Jlièft -f Etoiugmit aTCc M. I^lendast , qâ tes^l b baufie m jm»' raoo, chez M. Girardia, tfjima0j9i^jbt . et -çic^ To^ant TAbbé » aTaaeer aree ca «n, iu «râ 4b bat
de sa lète et de n Toii iaaolcate et iprEte — Xui^ sieor, je ne tient qne de for. V<A #j^ ^nffi^-w» d'Abbé qui s'approche de fan , tnucrt wa wl puneé da pooœ et de Findei, et qoi va loi bîr» cae '^^ir-f sur le front , en lai dbant cmame %n />vr 4» vor* dres : — MemfMio^ kùwu>, ^^fmlrit 4, <V.., • iivir' TÎeos-toi que ta es an bomme 'i> pr>edf^ H'^/ut i,t reriendras en poadre ! » Je f och nfmrhrii d^ M Se^ nac de Meilfan, qai faifait k« d^iet et fiK^acnV^ de rbôtel de Liaocoart.
Je vous ai déjà dit du Siear de Moncrif (on pro* nonçait Moncri ) , qu'il était Lecteur de la Reine et qu'il était puriste. Il ne faudra pas en inférer que ce fût un pédant, car il était l'homme de France el l'académicien le moins prétencieux^ le plus simple et le plus naturellement agréable. Il me semble que ses poésies fugitives , et surtout ses romances , ne laissent rien à désirer pour la perfection du style et la délicatesse de sentiment. Il ayait fait tin Eésm sur les moyens de plaire qui n'avait pas trouvé eeloî de nous charmer à l'égal de ses poésies. Il écrivait mal en prose, et Yoilà ce que je ne saurais m'expliquer de la part d'un bon versiflcateur. Qu'un prosa*^ tcur habile ne puisse pas bien écrire en Ters, oa conçoit cela ; mais un bon poète qui ne sait pas faire dêt la bonne prose, c'est-à-dire un superlatif sanscom-» paratifet sans positif, je yous avoue que c'est une chose incompréhensible à mon sens tiaturel, A mon instinct mathématique et ma raison grammaticale.
Moncrif avait écrit une Histoire des chats dont Voltaire et tous ses amis ne manquaient Jaikiais l'occasion de se moquer ; mais c'était de parti pria et sans nulle raison, car c'est un recueil de plaisanteries tout-à-fait divertissantes. Voltaire agissait toujours comme un enragé contre les écrivains qui ne Tadulaient pas, et surtout contre les gens de lettres à qui les Communs de Versailles étaient ouverts. Sa préoccupation continuelle était celle d'aller à la cour, et le plus beau jour de sa vie fut sans contredit celui où il reçut de M""® de Pompadour un brevet de gentilhomme ordinaire, honoraire et surnuméraire de la chambre du Roi. Il en pleurait, il
pimait, il en délira ! Mais il ne tarda pas i reconnaître la yanité creuse et la l^èreté de cette qnaKfication sans exercice ; et, du reste, M*® du Chiteiety qui savait le monde et la cour un peu mieux que ralgébre et la géométrie, n'avait pas manqué de m moquer de Fextrême satisfaction qu'il en montrait. C'était pour en modérer Téclat, disait-elle, et pour qu'il n'en restât pas marqué d'un ridicule îoeiTacable . . « . .
— Le voili magnifiquement récompensé pour ta dédicace à celte M'"^ Le Normand d'Étiolés ! iknu di$ait-elle... £t comment trouvez -vous qu'uD si grand homme ait pu solliciter (en cachette de moi) cette misérable place de gentilhomme ordinaire?
— Ne m'en parlez pas I disait la Maréchale de Luxembourg, attendu que j'en suis confondue ; c*est comme un géant dans un entresol !
Quand Voltaire apprit que Moncrif avait obtenu l'emploi d'historiographe de France, il se mité crier : Historiographe? li est impossible que la Rdoe oit voulu compromettre son crédit à ce point-là ! c'est historiogriffe que vous voulez dire. . . .
Je me rappelle encore, à propos de cette Uiftmrt dtg chats, que Âloncrif avait entrepris d'appliquer des coups de canne sur le dos d'un insolent et mauvais poète appelé Roy. Ce dernier, qui était le plus jeune et le plus ingambe , opérait sa retraite à reculons devant son agresseur, bien assuré que celui-ci ne manquerait pas d'observer la convencnee et ne voudrait pas lui porter un seul coup , s'il n'avait pas le dos tourné. C'est qu'on n'aurait pas voulu, dans ce temps-là, s'exposer à frapper avec un bàtoo
sur le visage d'un homme : on n'y pouvait toucher qu'avec la main ; c'était une obligation de charité; c'était une affaire de respect humain; le contraire aurait été considéré comme un crime de lèse-majesté sacramentelle, une sorte de sacrilège anabaptiste; enfin , c'était la règle établie. Mais il y avait une chose dont l'offensé Moncrif , historien des chats , ne pouvait s'empêcher de rire, et c'était que ce plat et méchant faiseur d'épigrammes lui criait encore en s'enfuyant : — Patte de velours , Minet ; patte de velours I
Moncrif avait toujours eu de la piété , de la dignité dans les habitudes et des mœurs irréprochables. . • .
— Mais on m'a conté hier une belle histoire de M. de Moncrif, disait un jour Voltaire, après souper, chez sa bonne amie M™'' Grimod d'Orsay. Il est allé jeudi dernier à l'Opéra , derrière le rideau, après la dernière pièce , et lorsqu'il a pensé que tout le monde devait être sorti de la salle, alors cet honnête dévot s'est approché d'un groupe de nymphes en leur disant discrètement entre haut et bas : « Si quelqu'une de ces demoiselles était « tentée de souper avec un petit vieillard bien « propre, il y aurait quatre-vingt-douze marches à « monter, un petit souper assez bon et dix louis à « gagner. ». C'est la jolie petite M'^'® Vigu, continua riionnête Voltaire , qui m'a dit ceci hier au soir. Elle connaît parfaitement bien ce grand poète, et d'autant mieux qu'elle a déjà grimpé cinq ou six fois dans le haut de son pavillon de Flore, au sommet de son Olympe , ou son llélicon , si vous l'aimez mieux.. . .
DE LA MARQLISE DE CREQCY. 89
— Je pense qu'elle en a menti pour jeudi dernier, interrompit M. de Crône , attendu que M. de Mon* crjf est bien certainement en Normandie depuis plus de deux mois. Il est à Médayy, chez M*^ Thiroux , ma grand'mère ; et j'ai reçu de lui , précisément jeudi matin , une lettre dans laquelle il me prie de faire renouveler son abonnement à TAnnée littéraire.
— Vous dites à C Année lUUraire? Ah ! c'est un lecturier de TAbbé Desfontaines et de cet exécrable Fréron ! Voilà ce que je nesa?aispas. Je ne m'étonne plus de son hypocrisie > de son infâme conduite!...
— Calmez-Tous donc, M. de Voltaire, apaises- Tous donc, s'il ?ous plaît, lui dit le Baron d'Hunoistein qui était un fieux pince-sans-rire. La demoiselle Vigu dont vous parlez Tient de mourir en couches , et je puis tous assurer qu'elle a été enterrée mardi dernier, c'est-à-dire la surreille du jour où elle aurait tu Moncrif à l'Opéra. J'en suis certain, et je puis ajouter que je n'en suis pas fàcbé ; car elle était la maîtresse de mon fils , qui lui donnait beaucoup trop d'argcot. Je crains que vous n'ayez été la dupe de quelque mystification
Ce qu'on découTrit de plus amusant dans tout ceci , c'est qu'il ne s'y trouvait^ un mot de vérité ni de part ni d'autre. Voltaire avait fait un indigne mensonge ; et quand on Toulut éclaircir la chose , il se trouTa que ces deux Messieurs , de Crône et consort, aTaient (sans s'être concertés ni s'être entendus le moins du monde) fabriqué chacun leur histoire , à dessein de se moquer de Voltaiie et de
sa méchante invention. Il en prit la fièTre de colère, à ce que nous dit le Baron.
M. de Moncrif devait avoir au moins cent ans quand il est mort, en 4770. Son père avait été Doyen des Conseillers à la Cour des Monnayes , et sa mère était la nièce du fameux La Calprenède. M. de Maurepas disait toujours à propos de l'âge de Moncrif, dont celui-ci ne parlait jamais, que Moncrif avait appris le manège et l'escrime en même temps que M. de Pontchartrain , qui était le père de M. de Maurepas, et qui était Secrétaire d'état sous Louis XIV, en 4695.
Un littérateur angevin , nommé le sieur de la Place, avait fait , a l'occasion de la mort de ce bon Moncrif, un quatrain dont j'ai pris note et que je vais copier avec plaisir ;
« Réalisant les mœurs de Page dW, « Ami sûr, auteur agréable, « Gi-git qui , yieux comme Nestor, « Fut moins bavard et plus aimable. »
Il me reste à vous parler de l'auteur de Tanzaï, à^Alcibiade et du Soplia, Prosper Joliot, sieur de Crcbillon , lequel était frère aîné de la sauvage Electre et de Rhadamiste et Zénobie , qui sont bien assurément les trois personnages les plussombrement farouches et les plus rudement ineuphoniques de notre scène tragique.
Lorsque vous aurez lu quelques-unes de ses productions , œuvres de licence et d'impertinence, Tons ne manquerez certainement pas de vous représenter
JS, La MAUgftnSE K GKQTV 9.
k fik Grakflln emmiit ne papilioc «oDiltim fcvîiluit «t triomiibBin ât ie imôen? éf: mnWBt i& boMrs . àe tonis Is nas is ge tmàrî ismir . ou invdi-
tonjoim de c-s mfiirniiâsf rniKS:— ic Q«inf r vrope ? naaif vaiî:i i* pnrtran dt : biuput ai ïumut Tra« iw la deiBCiisiebe Be&n^oisii- on. it ?i»iiiiai«sar iH-rsçH -
V ecsuyeu . mt ie ne ^em y» qut w trovs 9 sT^aper arer sow ctia Mami^mr Ls QsmMMkB
• ArriiJft onî dit a CciIkt oik ii i srniB m? irvim^
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• pn-fimkT «H»' t'"ff ■■■ilW MMBMKT' Dl I»**I tt«
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S: t:»tîj' ^fHfr «r.n»riT a* un ".-■njÇ'Er « I'hh ui iac dt la cîtiTBPitouQLiic* dt it Lmjl'^t»»!! h ^ifi» dira, qot « >e.trt r«i!n cir^Tiit cuii» iriir îar* i«r tt
Ce Crt-bliî m i ri an au'juL au."* niv' n- -. «fi i h^i i dan* là awii^ zvut c*îin. c er» *niiii''-*ni '.n i»
desa femaM-. EïT^aii ii*çTi'-i*nT *: i»-.L-v ■— y*»*. oo ût î-*:\ums i»* ^'^«'**?7ifl ot i«' î»'»i.' •*îu' iitiiii^
censure, à l'imprimerie royale, une assez belle personne qui lui dit, entre autres choses, qu'elle avait lu le Sopha, qu^elle éprouvait pour lui, M. Crébil- Ion , Fauteur d'un si bel ouvrage et Censeur royal, un sentiment d'admiration , d'estime et d'amour insuHQontable ; qu'elle arrivait d'Angleterre afin de le demander en mariage , et qu'elle était la iBlle aînée deMiiord Halfort; ce qui était l'exacte yérité sur tous les points (4).
Comme elle était fille majeure , elle devint Miladi Crébillon dans la quinzaine, et l'on ne s'est jamais aperçu qu'elle se soit repentie du choix qu'elle avait fait ; l'auteur du Sopha la rendit aussi parfaitement heureuse que peut l'être une Anglaise avec des révérences.
Il est résulté du Sopha, du mariage et des révérences une grande fille toute noire, qui vient d'é-* pouser je ne sais quel autre Milord , à qui j'en fais mon compliment.
N'admirez-vous pas que l'effet d'un conte libertin, d'un misérable opuscule et d'un mauvais petit livre, ait été de faire épouser à son auteur une fille de distinction, et (pour le plus essentiel au bonheur et l'exigence de M. Crébillon , ) une honnête fille, à la même époque où l'amant de Julie, le délicat, l'ar-
ia) LVdlteur de la Correspondance de Grimm, ainsi que pla- 8 icurf articles biographiques, lui donnent le nom de Strasfbrd , et c'est une erreur. Elle s^appelait Lady Anna Black de Halfort, fille (TÉward Lord Halfort et de très honorable SusannaRus' selL GVst ainsi qu'elle est qualifiée dans son acte de mariage.
( Note de VÉditeur, )
dent^ le passionné St.-Preox, finissait par épouser une infâme servante (1)? Il est à remarquer aosi que Fautenr des Ègaremens du cctur et de l'etfrit a marié sa fille unique avec un Pair d'Angleterre, tandis que Fauteur du Contrat social et du Traité sur réducation d'Emile a fait porter ses quatre oa cinq enfans à l'hôpital des £nfans-trou?és. Mais il est juste d'observer que ce pauvre M. Crébillon n^était pas philosophe, il nefait que futile; et, grâce à la philosophie y ce n'est pas J.-J. Rousseau qui s'est montré le plus raisonnable des deux.
Pour en finir avec les oraisons funèbres, je vous dirai quelques mots sur le sieur de Bachaumont, qui était un imbécile dans le genre de l'historien Suétone, et qui n'a jamais su faire autre chose que d'écouter et d'enregistrer des bruils de carrefour.
Il est mort en MIQ, âgé de 82 ans; les notes manuscrites qu'il a laissées ne commencent qu'à Tannée 4759 et finissent en 4 766 : ainsi les prétcn-
(I) Thérèse Levasseor a fini par épouser un laquais d'Ermenonyille appelé Nicolas Monlretoot ; mais son maître en avait fait un garde-chasse, à cause de son alliance avec la veuve de 1 il- Instre Rousseau , disait-il.
Je ne crois pas qu'il y ait jamais eu dans le monde un niais comparable à ce compositeur d'inscriptions et de points de vue champêtres-, et, sans Tenthousiasme encyclopédique et la pLilanthropie, qui étaient venus s'adjoindre à sa niaiserie naturelle on ne se serait jamais moqué d'un homme autant que de ce M. Girardin.
dus Mémoirei deBachmmmt, qui vont jusqu'à la fin de Tannée 4787 (c'est-à-dire plus de 22 ans après la mort de ce nouvelliste) > sont nécessairement apocryphes. On disait qu'il était fils naturel du Maréchal de Yillars; et, dans tous les cas, il n'avait aucune espèce de rapport avec cet autre Bachauniont, le caudataire du Cardinal de Retz^ l'un des auteurs du voyage en Provence et le compagnon de Paimable Chapelle. Celui dont il est question passait sa vie chezM™^ Doublet de Persan, qu'il avait aimée constamment et sans distraction depuis sa jeunesse; et l'on peut dire qu'il est mort en adoration devant elle. Elle avait de l'esprit, laPrési^ dente Doublet, et, si elle avait en Tusage d'un autre monde, elle aurait été bien aimable. Elle est morte en 4772, à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans, et depuis quarante-deux ans elle n'était pas sortie de sa chambre à coucher. On la rencontrait jadis a l'hôtel de Béthune et chez les d'Âligre, où j'étais fâchée de ne la plus trouver; mais je n'ai jamais pu me résoudre à la voir chez elle : je n'ai jamais pu supporter les bureaux d'esprit, les lectures et les preneurs de notes.
Je vous ai déjà dit que les Nouvelles à la main sortaient de chez M""** Doublet, et voici comme on y procédait régulièrement. Le secrétaire de la Prési^ dente enregistrait les anecdotes et toutes les nouvelles de la soirée ; ses deux laquais (qui devaient absolument savoir écrire) en faisaient six copies,^ ce qui les occupait souvent pendant toute la nuit; on envoyait ces bulletins par des commissionnaires, et dans la matinée, à tous les principaux amis de la
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maisQD, qû éuîest IQL it Mmàrnsm àt Sum. Falœnnel, de Batkaaman^ Jnùùat s Traimm.. Mais ee qui se Bmqcaii |itf â'amr^r «iinaB . c^ctaît que oe§ llcsâfiurï nuoïgiiiiHSii àt: jcmàaaatb . et que leonT^kif n)('^>}iîiLieLi vtsk iniLisui».. Dum i» se fusaient od gro^ beirfsiuifc fsL h^ ditariitniait aia Ambassadeurs, au éirhugen àt uatrqut,. «l juèoifi: à des financiersy se disJ^ii-ii. I. tm nmaàuùi im tracasseries însapporuiiieE : ca fii »«»■■! df» iiif laût^ on cherchait â s'ei|ùiqf»er ; ei luul cnci ^ftuMaaiit |ar Qoe Tisite où i'oo se cihhh It» }iiii^ aizuaiik» liiuH» en ajaDt soin de ite st fou-its àt tmsl.. O qH i] i aTait d'eaoïneBx, c'eil qoe itibùt luyuun a »>commeDcer.
En l7o7, on m'^arail addriiMié «dsuf i» Aumv/ifli à /a nota^ s'enlesd i sxke «pâgrzjiiinKr cc>i:tn: kt Mirréchal de Sonbise, que je iie Toodroif paf (".>pifir « que je n^'arais aasarBOK-iit pa» it'iit . «liei*. dt^iLt nue grande aflaire, et le Lkoten&Ll àt l'-jm-t fi^&it eai- Toyé parier â it^ hMÛfksL ht Bl±Li de Frcriilèy Im le prier de Toaloîr LÂen yt te&ii irMiquIiie aLUfndo qn^il r aTait en doq§— iDfmei &i>s«z d'itutoriiê pctor ne pas aroir besoin àt Is i\^uut. Il se trovrji qof réfâgranime en qoe^tioD n'éiîijt jiiinzris K«iie de cfaex bPrésidenle, et que ceiôjt M. de Minbebo qui Tarait fait ajc»nter ^ar Teieaipi^iire de vju b-jjletin, qu'il avait enTO}é cicrir \t r&yt- Cc»nime oa aTait décidé que je le rectnrais lorMju'il ïiei;dri;t m'en faire eicuâe(l), il eut la gâuclserit itLiiiu^
{hj L'Âoscripim de foD eojh (ur it ii.-u do EtiJ.K i. iU'ij: f-ai
OG SOUMINIRS
une explication à laquelle je répondis par une véritable épigramme en quatre paroles ; il me semble que c'était sur les amis de Thumanité, qui ne sont pas les amis des femmes ; mais je ne me rappelle plus comment je lui tournai ce compliment-là«
Ce n'était pas la première et ce n'est pas la dernière fois qu'on m'ait attribuë^des épigrammes ; et ce qu'il y a de curieux, c'est qu'il ne m'est jamais arrivé de faire des vers qu'une seule fois pendant toute ma Tie, et encore n'était-ce que des boutsrimes.
Il faut que je vous les dise, mes bouts-rimés. J'arrivais des eaux de Forges en 4790; le Chevalier de Boufflers, excité par M™* de Lénoncour, voulut absolument que je leur fisse des vers et me donna ces rimes du diable :
J'ai quatre-vingt-dix-ans , j'arrive — d^Éfidawre ;
Esculape a reçu mon pemier -^Ex-voto.
On aime ses vieux jours autant que son — Aurùre,
Chacun sur mon voyage avait crié — Haro !
L'espérance soutient et le succès — restaure ;^
Me voici rajeunie et presque sans — hoho.
Mon front était ridé , mon teint celui d'un — Jfaufé; /
Quand je parlais , mes dents partaient — ex abrupto,
Une seule restait , servant de — mémento,
A peine ai -je eu touché le serpent qu'on — adore j
Vieille comme Baucis et sourde comme — lOy
Je deviens aussi leste , aussi belle que ^ Laure!
Remerciant le Dieu , j'ai promis — inpetto
Au moins cinq ou six fois d^y retourner — encore.
jusqu'à ce qu'on la trouvât ebex elle. Tel était l'ancien usager en pareil cas. ( Note de VÉditeur» )
DE LA MARQUISE DE CRËQl V. 97
Mon fils, comme je ne feux pas être suspectée par TOUS d^ayeuglement maternel, et de prétention littéraire encore moins , je yais agir a?ec une sincérité parfaite en tous faisant un ayeu pénible : j'ai conseryé presque toutes mes dents ; j'ai, grâce à Dieu, rorcille très fine ; je n'ai jamais entendu dir^ que la nymphe lo fût sourde, et j^a?oue que tout cela sont des licences poétiques. J'aurai la précaution d'ajouter que la particule incidente était indispensable pour la correction de mon aTant-dernière période, et que je n'ai su comment l'y placer. Enfin, mon dernier Ters est doublement défectueux , en ce que c'est par inversion qu'on y trouTe unecheTille; et cette inversion des cinq cm six fois ne me satisfait pas du tout. '
Je vous avab parlé des entretiens littéraires de M"»« Doublet, et je suis bien aise de vous en donner une idée sommaire au moven de cette dissertation critiqne.