‹ Souvenirs de la Marquise de Créquy de 1710 à 1803 (volume 3)Chapitre 19 sur 36 · OBSERVATIONS SUR L'HISTOIRE DE M»'^ D'AUBANS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS SUR L'HISTOIRE DE M»'^ D'AUBANS

UOETB A YITRT PRÈS FAKIS, EN 4771.

// est bon quelquefois d'écrire des faussetés et des indignités ; elles peuvent donner lieu à mettre dans leur jour des faits que la vérité et la sagesse n'auraient pas éclaircis, sans être provoquées par la sottise. On veut parler id de l* histoire d'une dame française à laquelle on ne saurait nier que de grands personnages n'aient témoigné les plus grands égards; mais comme ce libelle est un tissu d'assertions calomnieuses, une main auguste n'a pas dédaigné de faire les remarques suivantes sur ce conte, à qui il arrive, par cette réfutation, plus d'honneur qu'il ne mérite.

M 4° L'épouse du fils de Pierre-le-6rand n'était « point du tout belle, mais bonne et honnête; elle « était extrêmement marquée de la petite vérole, « grande et fort maigre. Quoique son époux fût a d'un caractère bizarre, il ne poussa jamais ses « emportemens jusqu'à des brutalités et des atroci- « tés pareilles à celles dont on l'accuse.

46 aOUYEMlRS

« 2* De ce mariage naquit Pierre II et une « Princesse nommée Natalie, morte a dix-sept ans « pendant le règne de son frère.

<c 5® L'épouse du Césaréwitz, après ses se- « condes couches, mourut d'une maladie de poi- « trine à Sl.-Pétersbourg, en présence de l'Empea reur, qui ne la quitta presque pas pendant « les derniers jours de sa maladie. Il assista « même à l'ouverture de son corps; elle fut em- « baumée et enterrée à visage découvert, exposée a très longtemps dans une salle de son palais, d'où « elle fut transportée dans Féglise de la forteresse ff de cette ville, tombeau des souverains, et où a Pierre-le-Grand est inhumé lui-même. Voilà donc « qui constate cfueM'"® d'Aubans,si elle s'est dite « être cette Prmcesse, n'était qu'une aventurièrei «r ou bien son historien a joué d'imagination.

«r 4^ Cetle princesse avait mené avec elle sa confl sine ta Princesse d'Ostfrise, qui s'en retourna, a apr^ avoir reçu ses derniers soupirs, en Alle- « magne, où elle épousa un prince de Nassau.

tt 5' La Comtesse de Eonigsinarck,. mère do « Maréchal de Saxe, n'a jamais été en Russie, et le ff Maréchal n'y est venu que longtemps après la a> mort de l'épouse du Césaréwitz.

« 6"* La Princesse était née, élevée et mourut R dainâ la religion luthérienne, et M"^^ d'Aubans fl était fi bonne catholique, selon son historien, « qu'elle se mit on voulut se mette dans u«k csou** ff vent. Au tmnin^ aorait-il dû m>us dire le Ikii de « sa conversion, ce qti'on n'a pas fait el ce ftt'on « n'avait garde de faire. »

DE LÀ Marquise; de créquy. 47

Vous voyez que la souvevaiae et la chaBcellerie

de Pétersbourg ne s'étaient pas mis en grands frais

de logique , et Toiei éomme on répondit à la Cza-

rine, en la suivant pas à pas dans ses démentis.

a 4^ On n'a jamais dit que M"*^ d'Aubaps 4vait « été belle , et toutes les personnes qui Tonl yue n'ont pas manqué d'observer qu'elle était , non pas extrêmement mais un peu marquée de la petite vérole; si l'on osait demander 4 S. M. rimpératrice de Russie s'il est vrai que son mari la maltraitait, elle n'en conviendrait peut-<étre

« S® On n'avait rien a dire et nul besoin de parler des deux enfans que M™^ d'Aubans aurait eus du Czarowitz , et non pas Càaréwitz^ car Czar et Caesar sont deux choses distinctes , et voilà la seule observation que mérite ce deuxième article.

« 5® S'il était question de la mort du Czar Pierre III, mari de S. U. présentement régnante, on pourrait nous affirmer qu'il est mort d'apoplexie ; qu'il a été exposé et enterré publiquement ; qu'il est inhumé dans le caveau de l'église de la Forteresse , où Pierre-Ie-Grand se trouve enseveli , parce que c'est la sépulture de sa famille ; mais qu'est-ce que cela prouve? , . . .

« 4" Il est vrai que la Princesse Charlotte-Louise- Christine-Sophie de Brunswick était arrivée en Russie accompagnée d'une Comtesse et non pas Princesse d'Ostfrise ; mais cette jeune personne ne resta que 48 mois à Pétersbourg, et son mariage

« avec un Prince de Nassau n'ajoute aucune força

« à la réplique négative.

« 5° On n'a pas dit que la Comtesse de Kœnigs- « mark , mère du Maréchal de Saxe, ait jamais été « en Russie ; on a dit que c'était la Comtesse de « Warbecb, née EcBnigsmark, laquelle était grande-- « maîtresse de la Princesse Charlotte et tante du « Maréchal de Saxe, ainsi qu'il est aisé de le véri- « fier dans tous les almanachs du temps; et, da « reste, on ne saurait douter que le Comte de Saxe < n'ait passé les premiers six mois de l'année 4745 « à la cour de Moscovie.

« 6" Venons à l'article de la religion de cette f Princesse, qu'on nous dit avoir été élevée et être « morte dans la religion luthérienne, quoiqu'elle « fût née calviniste et qu'elle eût embrassé la re- « ligion grecque en arrivant en Russie. Quant à « sa dernière abjuration pour rentrer dans l'unité « catholique, il est suffisant d'en référer a cette « lettre de M. de Montmorency-Laval, Évéque de A Québec, à M. le Comte de Maurepas, ministre de a la marine en 4759, etc. »

Le mémoire est terminé par la lettre du saint missionnaire, avec un grand nombre de pièces à l'appui du système affirmatif. Il y a de bons esprits qui sont convaincus de l'identité ; il y a d'habiles gens qui n'y sauraient croire , et je vous dirai , quant à moi , que je ne sais qu'en penser, non plus que de la disparition de la Comtesse de Saulx. M"*^ d'£gmont ne doutait pas que M""' d'Aubans ne fût la bru du Czar Pierre, et sa persuasion devait être appuyée sur l'opi-

nion de son père, M. de Richelieu, qui ne s'amusait pas à la tromper. M*"^ de Luxembourg a toujours soutenu que c'était un roman ; tous pouvez choisir en toute liberté, pour peu que le doute toos fatigue.

ic d'idée, pas même ceux qui m'y ont réduit, me « force à entrer dans les tristes détails que je vous fc adresse et que je compte publier par la voie des « journaux de France et de Tétranger.

<c Ma femme est malade depuis longtemps, et le a progrès de son mal, qui la met hors d'état de soi- « gner son petit ménage, lui rend les soins d'auff trui nécessaires pour elle-même, quand elle est « forcée de garder son lit.

ff Je l'ai jusqu'ici gardée et soignée dans toutes a ses maladies : la vieillesse et la faiblesse qui la « suit ne me permettent plus de lui rendre les mêmes « services; d'ailleurs, le ménage du pauvre, tout et petit qu'il soit, ne saurait se faire tout seul : il Il faut se pourvoir au dehors des choses nécessaires « à la subsistance; il faut les préparer; il faut mainte tenir la propreté dans sa maison, et ne pouvant « remplir ces soins à moi tout seul, j'ai été forcé, « pour y pourvoir, d'essayer de donner une servante « à ma femme. Dix-huit mois d'expérience m'ont « fait connaître les inconvéniens inévitables de cette « ressource dans une position pareille à la nôtre, et cf nous avons éprouvé que la corruption descendait et jusqu'à mendier le secours d'une servante afin de « nous trahir avec plus de suite et plus de sûreté.

ce Réduits à vivre absolument seuls, et néanmoins « hors d'état de nous passer du service d'autrui, il « ne nous reste, dans les infirmités et l'aban'don. « qu'un seul moyen de nous soutenir pendant nos « vieux jours; c'est de trouver quelqu'asile où nous « puissions subsister à nos frais, mais exemptés « d'un travail qui désormais surpasse nos forces,

€ et de détails et de soins dont nous ne sommes pins

ce capables (i).

« Du reste, de quelque façon qu^on me traite, « qu'on me tienne en clôture formelle ou en apte parente liberté, dans un hôpital des paut res, dans a un hospice des fous, ou dans un désert, avec des « gens doux ou durs, faux ou francs, si de ceux-ci « il en est encore, je consens à tout, pourvu qu'on « rende à ma femme les soins que son éiat réclame, « et qu'on nous donne le couvert, les vétemens les « plus simples et la nourriture la plus sobre, sans ft que je sois obligé de me mêler de rien. Nous don- • nerons pour cela le peu que nous avons d'argent, « d'effets et de rentes, et je pense que cela pourra « sufGre pour des provinces où les denrées sont a « bon marché, ou bien dans les maisons destinées à « cet usage, où les ressources de l'économie sont « connues et pratiquées avec intelligence.

• Nous nous soumettons de bon cœur à toutes

(I) M. le Begae de Presle , censeur royal et docteur en médecine, était un ancien ami de Rousseau , et le médecin de ma belle-fille. JI nous a conté quMl était allé voir Jean-Jacques è ErmenonyiUe , environ quinze jours avant sa mort, et qu'il l'avait trouvé portant une dame-jeanne remplie de gros vin rouge , et remontant péniblement l'escalier de sa cave : — Gomment prenez-vous cette peine-la , mon ami ? — Mais je n'ai

personne — Et Mme Rousseau qui se porte si bien?... —

Que voulex-vous, quand elle va dans la cave, elle y reste,..

(Note de l'Auteur.)

L'éditeur de la Correspondance de Grimm a cité la même anecdote , en a'appuyant sur l'autorité du Docteur le Bègue.

( Note de l'Éditeur. )

« les privations qui sont devenues de néoessité pour « nous {\). »

— Rousseau, mon ami, lui répondis-je, agitation nerveuse, infirmité naturelle, et peut-être arti« ficielle! Votre femme n'est pas tellement malade, qu'elle ne puisse aller journellement de l'Ermitage à Montmorency en se promenant, et quelquefois jusqu'à Sarcelles, afin d'en gagner plus d'appétit, dit-elle aux passans. Si vous publiez une lettre pareille à celle-ci, que ne dira-t-on point sur la puérilité cje votre circulaire, où Ton verra de la vanité dolente, avec une sorte de prétention cynique? excuses ce mot-là. Vos ennemis diront que vous n'avez pas eu l'esprit de trouver une bonne servante, ou bien que vous êtes si mauvais maître et si défiant , que vous ne sauriez la garder. Pourquoi n'avez-vous pu garder la sœur de ma laitière de Jossigny, qui est la plus honnête et la meilleure fille de la terre? ne me direz-vous pas aussi que vingt écus de gages étaient ruineux pour vous, ou que cette fille était payée pour vous trahir ? mais trahir sur quoi ? payée par qui? voila ce que vous ne sauriez dire, et pour l'amour de Dieu, n^allez pas nous attirer l'embarras de répondre à ces deux questions-là ! Ce serait donner la partie trop belle à ceux qui vous guettent et dont vous attisez continuellement l'inimitié. Je

(I) Cette lettre a été imprimée dans les Œuvres de Roiwteaa , d^aprèa one copie qa'on avait trouvée dans ses papiers, mais ces deux versions sont un peu différentes.

INotedeVÉdUntr.)

DE LA MARQUISB DE CRËQUY. hS

TOttfr coDJure et vous supplie, mon cher ami, de ne rien publier sur un projet qui me parait déraisonnable, avant qae nous en ayons causé raisonnable^ meni, si nous pouvons ; je vous conjure et vous supplie encore une fois , mon bon Rousseau , d'aller vous établir à Jossîgny où vous serez seigneur et maître, et pour entrer dans les menus détails, je vous répète encore une fois que vous y trouverez d'excellens vins dans la cave , et des sucreries à l'office , avec de belles fleurs au jardin, de bons légumes au potager, des fruits au verger, des oiseaux dans la volière et force volaille à la basse-<:our ; il y a toujours de la vaisselle d'argent, des bougies, des cristaux, du linge, et de la glace avec du bois de chauffage^ ainsi que toutes sortes de provisions, jusqu'à des chandelles ; ainsi vous n'aurez besoin d'y porter autre chose que vos livres et vos habits. J'irai chercher votre réponse au premier beau jour, el je. vous demande en grâce de vous décider pour Jossigny (\).

Rousseau ne me répondit rien ; quand il revint à Paris , j'étais absente, et avant que je ne le pusse

{i) Gechâtelet, qai oi^aTait été légué par ma grand^mère, avait été célébré par un digne liomme appelé Messire Jacques Levaueurj chanoine de Noyon, lequel était Aaniônier d« Mnn« de Froulay. Il y composa deux poëmes iutituiés : le Bocage de Jossigny, et le Rosier des Vierges , où se trouve compris le Verger des Nymphes, ({ui fait mes délices.

• Jossigny m'a sauf é la vie en son séjour,

« Et le gai Jossigny fait Tbonneur de la Brie ! ■

(Note de l'Auteur, )

aller voir, on apprit qu'il était parti poor Ermenonville, où les Girardin avaient fait disposer un logement pour lui dans un bâtiment de service attenant a leur château. Il était logé fort à l'étroit, m'écrivait il au bout de six mois; et, sur toute chose, il était incommodé par l'humidité de sa chambre et par le voisinage de la basse-cour.

J'appris sa mort inopinément, en sortant de la messe, aux Jacobins, et ce fut par M™« de Tingry qui ne ménagea pas les termes (i). Je lui dis de m« laisser renirer dans Téglise afin d'y prier le bon Dieu pour ce pauvre philosophe, et je ne pouvais m'empécher d*y larmoyer sous mon coqueîuchon. Il était mort le 2 juillet 1778, environ six semaines après Voltaire, et ce fut par un coup d'apoplexie, en rentrant de la promenade, et vers onze heures du matin. iPétait né le 28 juin >l7lâ, à Genève, où son père était horloger-mécanicien. 11 a luissé des Mémoires, où, ce me semble, il y aurait beaucoup de retranchemens à faire pour l'honneur de sa réputation ; mais il éiait devenu si bizarrement fou, qu'il ne m'est pas démontré que tout ce qu'il y dit contre lui soit exactement vrai. Il avait, sur une vilaine histoire de sa jeunesse, plusieurs versions de rechange, et je ne sais à laquelle de ces deux ou trois variantes il se sera définitivement arrêté? Quand il en relisait devant moi des paragraphes et

(4) A. J. des Laureos, marié t^n 1769 à Joseph-Maniice- Annibal de Montinorency-Boutevilie^ Prince deTiiigry, Marquis de Brevet et Gouile de Beuumont. Il était stupide au point d'en impatienter sa femme , et c^est beaucoup dire. (NoUdê VÀui. \

que je Ty prenais en fraude , il me disait en rougissant qu'il avait peur d'en agir envers lui-même avec un ménagement injuste, et qu'il aurait honte de paraître meilleur qu'il ne l'était véritablement. — Mais, lui répondais-je, s'il est criminel et honteux de calomnier les autres , il ne doit pas être permis de se calomnier soi-même en écrivant les mémoires de sa vie ; on s'expose à donner mauvais exemple, et tout au moins du scandale; enfin, comment avezvous pu varier et vous tromper sur un article pareil à celui dont il s'agit?... et c'était principalement làdessus qu'il entrait en impatience au point de m'en impatienter. Je sais positivement qu'il existe deux copies des Mémoires ou Confessions de Rousseau qui ne sont pas semblables, et Fun de ces deux ma* nuscrits contient des révélations tellement fâcheuses contre la secte philosophique , que je ne doute pa8 que les coryphées de ce parti n'emploient tous leA moyens pour le soustraire a la curiosité du public (4).

{{) Les ConfesHons de J-J. Roasseaa ont été putifiées en 4784; le Chevalier de Boiinivard , neveu de Mm«* de' Warrens , n^a pas manqué de faire démentir les infamies que leur auteur avait accumulées sur cette malheureuse femme. Ce mémoire justiBfatif , que tout le monde peut lire , est torminé par une lettre de Claude Anet qui vivait encore an mois de juillet 4786 . à Coutamines-snr-Arve , en Savoie; ainsi tout ce que Jean-Jacques nous a conté su** le mouvement de joie qn^il n'avait pu s'empéeher dVprouver à la mort de son ami Claude Anet, en pensant quMl allait hériter de son bel fiabit notr, qui lui avait donné dans la vue^ est nue fau»se confession , uo avea mensonger , une invention calomnieuse à IVgard de luie j ainsi , ju|j[ei du reste ? ( Note de l'Auteur, )

M. Girardin ii*avait eu garde de laisser venir un prêtre auprès de ce malheureux Jean-Jacques , et Dieu sait pourtant qu'il aurait trouvé Rousseau dans une disposition qui n'avait plus rien d'hostile à notre sainte religion. Je puis vous assurer qu'il était allé, sinon précisément se confesser, au moins conférer religieusement et fort humblement avec M. du Lau, Je nouveau curé de Saint-Sulpice, environ sept a •huit jours avant de quitter Paris. Il est inhumé comme un chien danois , au milieu d'une grenouil 1ère et sur un tlot, dans une manière de sépulcre à la hauteur de trois ou quatre pieds. M. Girardin vient d'y faire graver la plus substantielle et la plus concise de toutes ses compositions : Ici repose^ l'homme de la nature et la véUél Voilà son chef-d'œuvre en fait d'inscriptions lapidaires. — Mais puisqu'il est en si :belle disposition d'enthousiasme pour la nature et la vérité , nous a dit mon fils , pourquoi ee fait-il appeler le Marquis de Girardin?

Monsieur, frère du Roi , se mit un jour à me raconter (je ne savais pourquoi?) qu'il était allé chasser dans la capitainerie de Chantilly, et qu'ayant suivi le cerf à grand renfort de princes et d'officiers» de sonneux , de piqueux , de limiers et de valets de chiens, on déboucha par un gaulis qui longeait une mare où la bête alla se jeter aux abois , pour de la grimper sur un tertre entouré d'eau , ce qui n'empêcha pas les chiens de la poursuivre a la nage et les chasseurs de s'y rendre à gué sur leurs jambes , en barbottant dans l'eau trouble , attendu qu'on voyait du bord que deux ou trois chevaux n'y sauraient tenir, parce que c'était une manière d'ilot

gros Gomme le poing. On y tue la bête , on Tétend sur une grosse pierre , on Téventre , et — Tayaut ! Tayaut! Tout-beau, Miraut, Ton-ra-haut! Mi-rahaut! — Quelle est cette vilaine maison-là? demanda quelqu'un. — C'est le château d'Ermenonville. — Gomment donc, serions-nous dans la fameuse île des

PeuplienP — Imaginez que, sans se douter de

rien , poursuivit Monsieur d'un air hypocrite et malicieux , on avait fait la curée sur le tombeau de l'illustre Jean-Jacques! M""^ de Simiane, à qui j'ai conté cette profanation , s'en est évanouie d'émotion philosophique et de chagrin. Je sais que vous avez protégé Rousseau, reprit-il en sous-œuvre, mais je ne vous crois pas de ces pèlerines à Ermenonville qui vont y chanter la complainte de la rosê sur le monumerd; comment trouvez-vous notre aventure? — Monseigneur, il est très vrai que j'affectionnais Rousseau , lui répondis-je avec un sérieux qui l'étonna ; mais je n'ai pas bien compris ce que m'a dit MoRsiEïïa; je n'entends rien aux finesses de vénerie non plus qu'aux termes de chasse , et je n'y saurais trouver le mot pour rire.

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