‹ Souvenirs de la marquise de Créquy de 1710 à 1803Chapitre 23 sur 95 · N« IV · texte numérisé non relu

N« IV

RELATIQN

DE LÀ MORT DU CoMTE DE HoER , Par le plénipotentiaire impérial.

Anssitnst que l'on eut appris la condampnation du Comte Àntboine , on vint me dire qu'il avoit répondu d'une mannière si déréglée devant ses juges, qu'ils auroient dû le juger privé d'une partie de sa raison, mais comme il n'entroist dans cet estât déraisonnable et déréglé qu'après avoir pris son repast du matin en prison, on supposa que son vin pouvoit être drogué de mar nière à produire cette méchante disposition sur l'esprit de »eê juges, car on se montroit acharné à le faire condampner pour

m nÊGES JUSTinCATlVES.

les deux rlUOM de rivsUité et de fiscallité dont J'ay parlé snfB« tamment , et ti les deux suppôts du système ifOieot nu motif» le Prinee en avolst un autre qui Tenoisi aboutir à la rneune resollu* tion avec non moins de mécbant voulloir et de persistance. Pour moj , je croirois seuUement qu'il ayoist la teste folble et troublée par ce que sa disposition naturelle lui pouToist donner d'altération, et par ce que sa situation devant la justice françoise devoist lui fournir de contrariété et de tronble. Les parents et alliés de aa maison se réunirent anssitost pour aller présenter an Régent mie requeste fort bien faitte, afin d'en obtenir la grâce ou tout an moins commutation de la peine en celle de la prison perpétuelle , espérant ainsy qu'à la majorité dn Roy il y auroit meilleure justice à espérer pour une personne de fan^le princière, ^iée de la maison royalle de France et qu'on pouvoist tenir à peu près pour un insensé. Ceux des signataires et snplians qui sont subjets do saint Empire, estoient le Prince de Ligne« le Dnc de Havrecb» le Comte d'Egmond« leVidame de Toumay, le Comte Em. de Bavière, et le Burgrave de Leyden. Lesai*plns estant des Seigneurs françois de la première qualité senllement, vu que le Prince de Ligne avoist faict difficulté de reconnoistre et admettre pour parents de ses neveux ceux qui n'étoieot paa dn premier rang en France et de distinction première, résollutlon qne les meilleurs esprits de la convoquation n'ont pas manqué de combattre et qui estoit grandement impolitique à mon sens. On avoit admis les Dames à signer la mesme requeste et voicy les noms de celles de nostre costé. La Comtesse de Longni Montmorency. C'est une Comtesse de fiom. La Princesse de Croui qui est une Créqni, U Princesse de Nassau, Landgrave de He^sp. La Princesse de Nassau qui est une Mailli, et la Margrave de Berg op-Zoom qui est Ligne-Aremberg. U y a dans les autre» signataires quatre Princes et une Princesse de la maison royalle de Lorraine que je n'ay pu en empescber quoi que j'aye pu faire et dire pour leur faire sentir l'ioeonvénient de cette démarche en réserve sur leur dignité personnelle et en deffiance du resaU tat de pareille démarche où j'anrois estimé que personne de leur maison n'auroist dû s'exposer, pour éviter toute compromission par un semblant de parité de noblesse avec les autres snpliana qui avolent arresté de signer et se présenter en péle-méle, et anaay dana la crainte dn refku de la gréée demandée. Il hat pour-

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tant dire et justement observer qa'one Princesie de Savoye et deux de la maison de Gonzague n'en ont fait aiieone difficulté. Estimant on sufiposant sûrement que pareille action ne sauroit leur porter préjudice et tirer à contéqnenoe. Le Duc de Booincm et Messieurs les Cardinaux ont ëgaliement signé la reqneste au bazard de leur arrivée et sans égard à leurs prétentions de dignité. Quoi qu'il en soit, je n'avais rien négligé pour dédder Messeigneurs de Lorraine à ne point signer ni se produire et commettre eu cette occurrence et de ladite manière, et s'ils ont agi differemeot , c'est contre mes avis el représentations réitérées. auprès de Monseigneur le Prince de Guizej jusqu'à trois reprises eu deux jours, avec la m^ne insistance et toujours autant d'inutilité de ma part; peut-^treseroist-il prudent et convenable de faire sentir qu'on auroist du recevoir différemment les olwervalioos que j'etois en droit de âdre arriver aux parents de Sa Majesté Impériale, et eu égard à mes fonctions de son Pie- ■ipoteneiaire en Cour de France.

Toute cette assemblée de noblesse s'est donc présentée devant le Doc d'Orléans qui les avoit fait prévenir qu'il leur aooorderoit audience dans la soirée du jeudi 21 mars, au Palais-Royal; on les a reçus avec beaucoup de formalités et grande apparence de courtoisie f comme il appartenoit à leur qualité; c'est un des grands officiers de la maison qui leur a fait les honneurs de la salle d'attentCi et comme ils s'étoient mis de grand deuil, il en reanltoit une apparence des plus lugubres et des mieux appropriées •pour le motif de cette audience.

Le Régent a fait dire qu'il les prioit de lui députer seullement leurs commissaires qui etoient le Cardinal de Roban , le Duc de Havrech , le Prince de Ligne, et le Marquis de Crequi, qui bien que le plus jeune etoit de fait et réellement , le chef de laditte commission, à raison du mérite qu'on lui doit reconnoistre, et de son crédit sur l'esprit des autres , comme aussi parce qu'il sait parler juste , et fedUement bien, et fortement quand il convient de le faire.

La discussion s'est prolongée très long-temps et fort avant dans la nuit sans pouvoir rien gagner sur le Duc Régent qui n'a pas voulu se relâcher de la peine capitalle et qui a eu de rudes attaques à supporter et surmonter de la part du Prince de Ligne qui n'est p«s« comme on doit en convenir , un homme ft tempéram-

m PIÈCES JUSTIFICATIVES,

meni et ménage meDs bien calculés. On estime que l'extrême Mdeor da Régeot a tenu prîncipailement à ces brusqueries mal avisées. Cependant il a promis et donné paroUe formelle de faire commuter la peine de la roue en celle de la décollation pure et simple, par égard pour les ramilles et personnes intéressées à ce que les quartiers du nom de Hom ne soient pss diffamés, et pour éviter les nombreux et graves préjudices qui s'ensuivraient dans la fortune de ces mesmes familles , à qui leurs filles et lenra sadets restproient à leurs charges pendant plus d'un siècle à venir, c'est- -dire durant quatre générations, ce qui donne « à trente ans par chaque génération , un total de cent vingt ans, ainsi que Tavoit fait observer le Marquis de Creqni, ce que le Régent témoigna très bien comprendre et favorablement accueillir. Il alla mesme jusqu'à proposer de faire faire Texécution capltalle dans la cour intérifure de la prison du palais, ce qui fUt accepté par le Prince de Ligne et le Due de Havrecb seulement, car les deux autres commissaires s'étaient retirés de foute négociation» lorsqu'ils avaient jugé que le refais de garantir la vie sauve à leur parent , avoit été rejeté sans espoir de rémission. Ce point con* venu pour la commutation du supplice infamant en l'autre peine non pas dégradante, le Duc d'Orléans est venu saluer tons œa membres de l'assemblée de famille, auxquels il a bien voulu ftiire faire force clvillité , protestation de regret, assurances de bon vouloir, et cœtcra. Tout le monde s'est séparé avec une grande et profonde tristesse , et l'on s'attendoit à ce querexëcntion aorott Heu le mardi saint 26 mars de 1h façon que l'a voit promis le Dde «fOrléans. On a su que la Marquise de Parabère et le Duc do Saint-Simon s'étaient chaudement entremis auprès de ce Prince^ mais sans en pouvoir obtenir autre grâce que celle de ladite cook mutation de peine, cette Dame en ayant éprouvé une émotion à laquelle le Prince a eu ses raisons pour ne pas se montrer fort sensible, et le Duc de Saint-Simon a cru pouvoir écrire à un de ces Messieurs qu'on devoi&t s'en tenir pour fermement assuré parce qn il en avoit tiré, de son costé , parolle d'honneur du Duo Régent, lequel avoist judicieusement adopté cette méthode à suivre afhi de ne pas punir non-seulement toute une famille pour un acte de folie d'un de «es membres, mais encore un grand nom« bre de maisons les plus illustres de Tf orope, et notablement 4|e Tempire , et des Cstats du Roy Très Cbrestien.

PlfiCES lUSTmCATIYES. t«ô

On estoft donc en tranquiltité snr le Mi de ta roAe, el Yoa ^aeqnoit doelourensemeot à oes apprêts qni dévoient en tniyre l'exéeotion da mardi, Mfevqo'on apprit le même joor qae le comte Antboine a?oit été rompu \if dea le matin snr cette place qu'on appelle la Gréa ve et où l'on sapplicie et menrtrit d'ordinaire 1^ malfaiteurs de la province de France et du ressort de Paris. Onadjontolt que lesbourreau lui a voit, toutes Ibis» par égard ou charité , administré ie coup de grâce avant de lui briser les membres; mais ce qu'il y avoist de plus borrible à penser, c'est que ce malbenreux patient avoiat été soubmis à la torture BTant d'aller à l'échafand, et ce qu'il y avoist d'inconcevablement dérisoire après les paroUes d'bonneor données par le Duc Régent et les promesses n çues par cette Hante Noblesse, c'eal qu'il avoist été mis à mort coste à coste , avec le scélérat piedmontois qui avoist réellenient commis le meurtre et qni n'étoist qu'un bomme de néant on peu s'en falloit. J'ai envoyé anr-lechamp au lieu de l'exécution un gentilhomme à moy pour estre assuré de la triste réalité des choses, et l'on m'a rapporté que les plus proches parente du Comte Anlhoine s'étoient rendus en grand appareil sur le lieu même, et dans leurs carrosses dont tous les rideaux estoient fermés : leurs carrosses étant rangés coste à coste au nord de la place de la Gresve, où ils ont attendu jusqu'à ce que leurs estafflers les vinssent advertir que l'exécution étoit consommée, et que le témoin judiciaire d'icelle se fkist déposté du lieu qu'il occupait d'ofGce à cette fin de mission. Pour lora de ce que lesdits Seigneurs et Princes ont &it détacher le corps de la roue et fait apporter dans un carrosse à l'un d'eux, et m'a-t-on dit que Monsieur de Grequi avoist tenu mesmement jusqu'audit carrosse une des jambes rompues qui ne tenoist plus que par quelques lasniesres de peau sanglante au restant du corps , ensuite de quoi je me suis rendu ches la Comtesse de L<lngni-IMontmorenci pour jeter de l'eau bénite sur le corps que j'ai trouvé déjà mis an cercueil et déposé dans une chapelle ardente, avec un clergé nombreux qui luichantoit l'office de libéra. U y a en grande afDuence de devoirs rendus pendant les qnaraote-buit heures suivantes, et un nombre infini de condoléancea des plus bienséantes et respectueuses ; j'adjouterai que l'on ne doute point qu'il n'aist été supplicié injustement. On a dit pendant ces deux jours des messes contînnelles à deoi anteli dressés

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dans la memie satle , où j'ay envoyé tous les gentildioiiimet et aatres gens de l'amimMade; ceux-ci en livrées de grand deuil avec i'aigoitietteà mes couleurs seloiri'iisage de ce payi. C'est le Prince François de Lorraine accompagné des Marqua dn Piessix-BeNiesre et de Grequi qui sont allés conduire le œrcoeil et raccompagner jusqu'il Baussignies, où le Prince de Hom avait demandé de l'envoyer comme la senle ^ooosolatton qu'il puisse recevoir dans une si grande amertume, car on ne sauroit se doubler combien il aimoist tendrement son malheureux frère , jusque-là qn*il a eu plusieurs accès de fièvres avec transport, en suite de rinqoiétude que luiavofst donnée son départ pour Paris, estante peioe retabK de son dernier dérangement an cervean qui canaoit au Prince des transes mortelles, non par ce que son frère ponvoit commeitre de punissable, il n'y croyoitpas; mais par ce qu'il pouvoit y avoir de périls à courir pour lui. Getevesnementest sans aucun doute un horrible malheur, et c'est peut-être nn effet de méchanceté bien criminelle. '

Rectificatiok pour la page 253 du premier volume , première édUion , page 255 du mime volume, deuxième édition.

Il résulte d'un grand nombre de pièces qui nous ont été produites et que nous avons soumises à rexamen d'un généalogiste babile et consciencieux, que la parfaite bonne foi de l'auteur aurait été surprise, à l'égard de la famille Le Compasseur de C.-., par des allégations inexactes, infidèles peut-être, et dans tous les cas fort injustes , ainsi qu'on nous a mis à lieu de le vérifier. Nous nous empressons de le reconnaître , en ajoutant que cette rectification est la seule que nous ayons accordée , parce que la réclamation qn*on nous a faite à l'égard de la famille de M. le . Marquis de Coortivron , est la seule qui nous ait paru suffisamment établie.

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Quant à fandeiiiieté de cette fienraUe ongioaireda RoussilloD, «à die était possesaioniiée de la seigneurie de la Tille d*Ope et de «elle d'Eftagel, il suffira de mentionner sommairement 4**, nn titre de GniUanme Le Gorapassor, seigoenr d'Ope, charte latine, en date des noues de septembre en l'année 4 188, où l'on ?o t que ledit seigneur d'Ope eède et transporte à Bertrand de Peyrallos , à sa femme et leurs héritiers on ayans-eaase . rhonorifique des droits féodaux qu'il possédait dans ladite TiUa d'Ope , et oect moyennant la somme de 150 sols malgonniens, qu'il se réserve le droit de leur rembourser avant la fin de ladite année 1188. afin de pouvoir recouvrer la possession des droits qui sont l'objet de ladite cession. On wms a fait observer qu'U existait peu de chartes dCune date aussi ancienne , et peu de familles françaises ou étrangères qui puissent fournir un document de pareille valeur,

2° On nous a fait parvenir la transcription d'une autre charte latine en date du 20 décembre i 590, dont il appert qae Françoise de Sénecterre , femme de Noble Seigneur Bertrand Le Gompasseur. Chevalier, donne quittance de la somme de f ,64f livres 8 sols et i denier tournois, â Noble Seigneur Raymonde de Peyrallos , Vicomte de Rhodes et Sire de Cépbalonie , duquel tiire il résulte aussi que Bertrand Le Compasseur sus-nommé avait cédé par acte du 2 mars précédent , au Vicomte de Rhodes, le château fort et le domaine d'Estagel au comté de Roussillon.

De plus et 5*, sous la date du 13 septembre 1591, on voit des lettres de cédnle en mandement royal de Jean , Roi d'Aragon , de Valence, de Sardaigne, de Mayorque et de Minorque, Prince de Catalogne et Comte de Roussillon , lequel approuve et ralifié ladite cession d'£stagel par le Noble Chevalier Bertrand Le Compasseur, avec tous ses droits de haute , moyenne et b sse justice, mère^et mixte impère , ainsi que ledit Chevalier Bertrand Le Compasseur, les avait acquis et reçus d'Illustre Seigneur, Pierre d'Aragon, d'heureuse mémoire, en son vivant, père dudit roi Jean d'Aragon , Valence et Sardaigne. {Lesdites chartes vidimées,co* fiées et aoUationnées à Dijon , par actes de Vannée 1757).

Enfin et 4% la copie coUationnée d'une sentence de l'année 1491, en faveur de Pierre de Bey, lequel est tenu, réputé et déclaré Noble , par jugement du baillage de la ville de Troyes en Champagne , attendu les preuves fournies par lui relativcment à

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la descendance naturelle et en lignée légitime d« ta femme Mar • guérite de Bray, petite-flUe de Bertrand Le Gompassenr et de Françoise de Sénecterre, ci-dessus mentionnés; lesquels avaient eu pour fils Guillaume Le Gompasseur, mari d'Edmée de Ferrctte , qui furent père et mère de Giles Le Compasseur, ainsi que de Tbevenotte et de Simonne Le Gompassenr, laquelle Simonne avait épousé Jeau de Bray« dont fut issue Marguerite de Bray» femme dudit Pierre de Bey, lequel . en vertu des preuves foorniee par lui sur l'extraction de sa femme, obtint récognition de sa noblesse et confirmation des privilèges y annexés suivant la coutume du comté de Gfaampagne. Cet acte ètabUi suffisamment que tes descendans des anciens seigneurs d^Ope et d^Estagel, étaient venus s'établir au comté de Champagne et qu'ils s'y trouvaient assimilés aux premières famiUes de cette province , oU le ventre annoblissait , c'est-à-dire où les filles de grande race avaient le privilège de transmettre leur noblesse à leurs descendans. Il appert du même jugement que Bertrand Le Compasseur, mari de Françoise de Sènecterre, était né à Elne en Roussillon, vers Vannée

Relativement à Tadjonction des noms de Créquy-Montfàrt k celui de Le Compasseur, il est produit un procès-verbal émané du lieutenant-général au baillage de ladite ville de Troyes, con«t statantqu'à la requête de H. et P. Seigneur, Messire Jacques de Brancion , Chevalier, Seigneur de Vidarjent et autres lieux, et de Haute et Puissante Dame, Madame Marie- Jeanne- Glande- Madeleine Le Compasseur de Gourtivron , son épouse , il existe en Téglise de TAbbaye royale de Saint-Loup de Troyes • ime épitapbe gravée sur cuivre , en l'année 1471, et dont voici la teneur : HIC JACET TANEGUIDUS LE COMPASSEUR A CRE- QUIMONFORT, GUJUS ALIX DE CHAUVIR EY GONJUX EJUS ET ROBERTUS FILIUS HOC POSUERUNT EPITA- PHIUM. MIL CCCG LXXL Les armoiries de Tannegny Le Compasseur de Gréquy-Montfort se trouvent gravées sur la même ' table de bronze, et voici comme elles sont figurées audit procèsyerbal : Parti d'un irait. Au premier coupé, au premier du coupé parti , au premier du parti d'azur aux trois compas ouverts (d'or ou d'argent , car le métal du blason n'en est pas visible), 2 en chef et i en pointe. Au 2'"« du parti d'or au créquier de gueules* Au a"< da coupé bandé d^or $t d'amur, de T pièces. Au 2"'* du

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parti léiieBlre» d^azur à la fasce d'or, accompagnée en chef de 4 Mleites du même . posées l'une en chef des trois autres, et ladiU fasce accompagnée en pointe de trois autres bUlettes dCor posées en fasce,

D est à noter qae la reproduction de ces mêmes armoiries parties de Créqny, et la môme adjonction da nom de Gréqny-Montfort de la part des descendans de Tannegny Le Gompassear, se sont reooDTelées et perpétuées jusqu'à M. le Marquis de Courtivron , chef actuel de cette maison , sans aucune réclamation de celte de Gréquy, laquelle n'a exercé aucun contrôle sur un grand nombre d'actes , ostensiblement pass<^s dans le ressort du Parlemetit de Paris (nota n. ment pour l'érection de la terre de CourtÎTron en Marquisat, comme aussi pourle^ actes relatifs ans mariages de deux Marquis de Conrtifron , du même nom de Le Compasseur-Créquy-Montfort, avec deux filles de la très-illustre et puissante maison de Glermont-Tonnerre). Sans accumuler à cet égard des preuves inutiles et surabondantes^ il est sufDsant d'Observer que dans V Histoire du parlement de Bourgogne, par Palliot, édition de 1649, les armes de Glande le Gompassenr» Cbeyalier et Seignenr bant-justicier de GonrtiTron« s'y trouvent parties des armes de Gréqny, précisément comme on les voit disposées sur l'épitaphe de Tanneguy Le Gompasseur deGréqny- Montrort, à Tabbaye royale de St-Loup de Troyes.

A l'égard de ces denx adjonctions nominale et héraldique dont la date parait remonter à la fin du xive siècle , attendu que Tannegny Le Gompasseur de Gréquy-Montfort devait être sexagénaire à l'époque de son décès , ainsi qa'il doit résulter de l'âge de son fils en 1471 « il ne s'ensuit pas qae l'origine inconnue de ces deas adjonctions puisse invalider un droit acquis depuis plus de trois siècles et toujours exercé sans contestation de la part des Sires de Gréqny, tant» de la branche Ducale entée sur les Sires do Blanchefort que des branches puînées des Marquis de Heymont, des Gomtes de Ganaples et des Seigneurs de Bernienlles.

On en est réduit « pour expliquer l'origine et le motif de cette adjonction des armes et du nom de Gréqny à celles et celui de Le Gompasseur» à la proposition suivante :

n appert des titres provenns du cartulaire du dernier Marquis de Gréquy-Heymont , et recueillis par DomVillevieille, ancien archiviste de l'Abbaye de St-Germaio-des-Prés-les-Paris» lesquela

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documeas ne paraissent pas avoir été eonsnltés par les auteur» de YUisMre des grands Officiers de la couronne » 1° qu'Estheuil de Gréquy« Seigneur de Mareuil , était fils de Baudoin IV, Sire de Gréquy, et d'Alii Dame de Heilly, vivante en 4259; 2*' q.ull avait eu pour fils Thierry de Gréquy-Mareuil , Seigneur de Montfort» lequel eut pour fils aiaé Jeao de Gréqay, dit de Montfort, et oo- Seigneur du lieu de ce nom au dioeèse du Mans; 5* Jean de Gréquy avait épousé Marguerite de Lusigaan , Dame de Montfort en partie , de laquelle il n'eut que des filles au nombre de quatre; savoir : Alix de Créqoy-Montfort , laquelle éppusa Turpin de Champlieu, Sire de Saint-Espin ; Marguerite , alliée à Prudent de la Haye , Chevalier ; Jeanne , Prieure de Sainte-Aldegonde de Haubeuge» et Marie de Gréquy-Moutfort» dont ràlliance est inconnue ; 4° que ladite Marie ne saurait être morte célibataire» ni être entrée eu religion , car il résulte d'un acte de Tannée 4566 » que sa sœur Alix, veuve de Turpin de Ghamplieu, et Dame douairière de la seigneurie de St.-Espin en Touraioe « lègue une somme de 48 livres avec plusieurs joyaux, reliquaires et autrea objets précieux à sa filleule et sa nièce, Jeanne, fille atoée de sa sœur Marie , le tout sans autre désignation de noms de famille ou de qualifications territoriales, ce qui n'est que trop commun pendant le cours du xiv« siècle au xve, ainsi que tous les généalogistes ont eu l'occasion de l'expérimenter.

Goojme l'époque où vivait ladite Jeanne , héritière apparente d'Alix, de Marguerite et de Marie de Gréquy-Montfort , est la même que celle uù le père de Taoneguy le Gompasseur de Créquy- Montfort avait dû se marier, ouest conduit à penser qu'une alliance entre eux a pu déterminer cette adjonction des armes et du nom de cette branche des Gréquy, dont on ne retrouve plua aucun autre vestige à partir de la même époque. G'est l'unique supposition raisonnable qui puisse résulter de l'examen des titres et de l'observation d'un fait enseveli dans la nuit des temps, el surtout dans les profondes ténèbres du xiv* siècle.

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