‹ Souvenirs de la marquise de Créquy de 1710 à 1803Chapitre 24 sur 95 · N* VI · texte numérisé non relu

N* VI

PàUion d Pièce pré$entées à CAssmbtée Nuiiùnatè , k 1 3 novembre ^ 79i , par l'infortuné Charles de Bourbon-Montmorency, connu sous le nom c^'Aleiandre de Créqdy, détenu 46 ans en différentes prisons et forteresses , par lesquelles il dévoile à la nation le comble des horreurs , de la tyrannie et du despotsioke» sous les règnes de Louis XV et de Louis XVL Cette pétition a été généralement applaudie de l'Assômbléc nationale et du public.

BIbssibqbs ,

Je manqae d'expressions pour rendre la vivadtë et l'étendue de la reconnoissance dont je suis pénétré et tributaire enTcrs l'Assemblée Nationale de France qui m'admet à Thonnenr de parler dans son sein , après m'avoir rendu la Tie , la liberté et ma patrie.

J'apporte devant tous , Messieurs , un grand intérêt, Tiutérét général de tous citoyens et la preuve complète des abus excessifs du despotisme ministériel » arbitraire et déprédateur sous les règnes de Louis XV et Louis XVI ; tse qui nécessita la oonyocation de l'Assemblée de la Nation. Vous avez sous les yeux une victime rare et peut-être unique par ces circonstances, aussi yotre compétence est exclusive pour en connoitre.

Ce ne fut point le destin delà fatalité qui me persécuta si cruellement dès le berceau; ce fut uniquement l'iniquité , la perversité, la scélératesse des hommes en places ministérielles , oppresseurs et déprédateurs dont la Providence divine m'a sauvé. Elle me présente aujourd'hui et me donne en spectacle à l'univers que j'ai le droit d'étonner et d'intéresser par me« malheurs, mes souffrances, et pour avoir survécu à tant d'horreurs et de suppUcet.

ns PIÈGES JUSTIFICATIVES.

EnYirOD quarante réclusions on emprisonnemens ont partagé el presque rempli l'espace et les époques de ma yie; la dernière est une captivité de neuf ans , dans une terre étrangère, au fort de Prusse, près de la ville de Stetiio , tombeau où je fus desœudu tout vivant, chargé de fers du poids de plus de soixante livres, . au pain et à l'eau, privé de la lumière, sur la dure «destiné à y périr, le tout aGo de me soustraire à la réclamation de mes droits et biens usurpes par le nommé Blanchefort, se disijnt Creqay ; et ses participaos. C'est de cet horrible tombeau que l'Assemblée ^'ationalede Frnnce, par sa justice et son humanité , vient de m'arracher et me rendre à laluadëre, à ma patrie et à mes droits.

Dignes législateurs de la plus grande Nation du monde, j'invoque votre sagesse et vos lois I Vous êtes exclusivement compétens ; mon intérêt est le naiional même, et celui de tous citoyens, il est de plus lié au gouvernement despotique, qui m*a victime, sans égard à la justice ni des hommes ni de Dieu. Mes droits sont sacrés, ils ont été violés par des hommes en place , contempteurs de l'humanité et de la divinité. Votre tribunal seul demeure compétent.

Mais encore, quels furent et purent être les premiers motifs qui me vouèrent à la haine et à l'oppression ?

Cette question remonte aux auteurs de mes jours et m'oblige d'indiquer ceux mêmes qui m'appelèrent à naître. Souffrez donc, auguste Assemblée, le récit et le précis nécessaire de ma naissance et de mes évèoemens, vous jugerez ensuite des causes secrètes et clandestines qui me vîctimèrent sans nul respect pour mon innocence ni mes droits.

Elisabeth de Montmorency, dite princesse de Freybergetde Schitzemberg, me donna le jour et m'apprit que je suis le fruit de son mariage secret avec f .ouis XV, antérieurement à celui qu'il fit en pu!)lic avec la princesse de Lezinski. Ma mère retourna dans ses états deFreyberg en Empire. Là, elle fut recherchée en mariage par Jacques-Charles-Alphonse de Crequyi envoyé extraordinaire de France à Tienne, et qui ignorait le susdit mariage secret. Le roi Louis XV s'y opposa et ne permit cette alliance qu'en 1756, mais sous des réserves insolites et politiques à expliquer en temps et lieux. Ceci se passoit à Paris.

La {Hinoesae de Montmorency de Freyberg et de SchitMm-

berg» diigradée de la cour de FraDce et mécontente de Hncoodaite d'Alphonse de Crequy, se retira dans ses états en Empire , près de Vienne. Ce fat à cette époque, 1737, qae je naquis et fut

Ma mère repassa en France aui ordres de Louis XY, vers l'année 1748 ou 4749 : Alphonse de Grequy avoit été aux portes de la mort ; et comme il avoit reçu la dot de ma m^re qui absorboit de beaucoup tout ce qu'il possédoit, en réparation il me déclara son unique héritier par son testament. Il fut fait ensuite un autre acte devant notaire, à Paris, qui porte mon signalement par la singularité d'une empreinte que la nature m'aToit imprimée ineffaçablement. Par cet acte, je suis pensionné par Alpbonse de Grequy pour mon éducation sous la main de l'abbé Goudin d'Arostey, résidant lors à Paris. L'on me pourvut ensuite, par le même acte, d'un subrogé tuteur qui fut filancbefort, père del'aotuel, mon persécuteur, qui se dit Grequy.

Ma mère fut placée par ordre du roi dans une maison de retraite: dès ce moment je la perdis de vue, je la crois vivante, n'ayant aucune preuve de sa mort. .

Alphonse de Grequy ayant vécu concnbinairement avec une demoiselle précédemment , pendant nombre d'années, continua ses égaremens avec elle, qui le sollicitait à me haïr et persécuter.

La persuasion où était Alphonse que je n'étais pas son fils, maia celui de Louis XY, l'instiguoit à me faire moines je résistais on me mit dans un couvent pour m'y contraindre par violences on vouloit au moins que je fusse ecclésiastique, et l'on me tonsnra, rapportant là toute mon éducation. Je m'étois échappé des mains d'Arosteys je fuis également du cachot monacal. J'avois «lors environ Tingt ans. Enfln, pour me soustraire à mes persécuteurs, je voyageai chez l'étranger, où j'appris la mort d'Alphonse de Grequy, décédé en Poitou dans sa terre, en 1771. Je rentrai en France, où j'appris qu'il avoit testé de nouveau; je me procurai son extrait mortuaire et copie de son testament, et vins trouver Blancbefort le flls, qui avoit succédé à son père dans l'administration de mes biens pupillaires.

Ce testament portoit : que le testateur avoit un fils par le monde, à qui appartenoient et il laissoit tous ses biens ; en cas qu'il reparût, ils lui seroient remis, et que où il ne reparoitroit, audit Blancheliort fila. Ce testament portoit de phis que l'on re-

connottroH rhéritfer anx marques indélébiles qnll portoit , et Toilà le dénoaeroent anssi et la cause des criminelles persécationt qne j'ai essayées de la part de ce Blanebefort et ses complices.

A mon apparition, sm* la fin de 1773, cet administrateur de mes biens me méconnut, me traita de faussaire, d'imposteur et d'a\enturier, et sur ma demande formée contre lui à la prévôté de Versailles , où il résidoit, étant attaché à la maison de Monsieur, il m accusa et dénonça comme tel, et conclut à mon arrestation. Je fus emprisonné, mis au cachot, dessaisi de tous mes titres, qui furent livrés à Blanebefort, sous prétexte d'examen.

Par un coup du ciel, je me procurai l'acte ci-devant mentionné ; il portoit mon signalement et prouTOit mon identité. La main qui le remit en imposa au juge complice; et on me rendit la liberté, et j'en sortis sous le nom de Grbqut, comme j'y étoia entré.

Un jugement m'étoit dû pour m'absoudre et réparer, ou me condamner. Le juge complice n'en rendit point.

Forcé de me reconnoftre, Blanebefort s'excusa et me caressa pour me surprendre de nouveau. On imagina ensuite la calomnie de dire que j'étois complice de Lally dans l'Inde, où je ne fus jamais; la calomnie fut reconnue, le roi fut détrompé et je sortis encore de ma prison.

Le roi meurt en mai suivant ; le prince des Deux-Ponts, mon parrain et protecteur, meuri bientôt après. II m'avoit conseillé de voyager encore tandis qu'il me vengeroit; sa mort me laissa désespéré. Je m'éloignai de mes ennemis , dont la persécution mesuivoit; je passai en Pologne, où j'y pris de l'emploi militaire. De retour en Silésie, je m'y mariai en 1781. Je revins en France en 1 782. Je présentai des niémoirss au roi pour lui de* mander justice et protection ; je lui rappelai les promesses qu'il m'avoit faites sous la Vanguyon ; il s'en souvint, et promit encore ; il me fit dire ensuite de me pourvoir au parlement pour mes droits et réclamations.

Le despotisme ministériel de France me persécuta; des circonstances me rappellërent en Silésie ; les mêmes persécuteurs et Goa\pUce8m*y poursuivirent; on m'y arrête sous calomnie; je me justifie et je suis rendu libre. Le despotisme ministériel de France sert Blanebefort par complicité ; on m'y crée une pension

de six cents liTres de rente yiagère« par le fond constitué de dooze mille liyres, consignées à la banque de Berlin, et l'on me descend tout vivant dans un cachot pour y pourrir et périr, et me soustraire à mes réclamations de biens et droits en France.

L'Assemiilée Nationale de France l'apprend, après neuf ans de supplice dans cet état affreux ; sa justice et son humanité m'en arrachent et me rendent ma liberté et ma patrie.

Le supplément historique de mes malheurs est sous la presse, fl doit paroitre et instruire Tunivers des supplices et abominations pratiquées contre moi, et étonnera les nations qui apprendront comment j'ai pu y survivre.

11 existe aussi des preuves confirmatives de mon état personnel et naissance, el es sont au secret des registres de cette famille régnante. Les livres refusés, parce qu'ils renferment les secrets de Louis XV et de l'état, les contiennent. On doit trouver aussi les pensions et les ordres dont je suis décoré^ et il n'est aucun prétexte de refuser aux représentans d'une nation ce qu'elle a droit et intérêt de ne pas ignorer. 11 n'est aucun livre rouge, ni vert, ni de couleur quelconque, qu'elle n'ait le droit d'exiger et de voir, surtout quand le motif est comme ici de toute justice; et ie conclus et le demande contre le prétexte même qu'allégua, si injustement, le ministre I^ecker, pour ne pas éclairer la nation sur tout ce qu'elle a droit de savoir, et principalement en matière de justice étroite, comme ce cas-ci le requiert, que l'Assemblée Nationale doit se faire rapporter et ouvrir les susdits livres.

En attendant. Messieurs, cette représentation de droit que je demande, j'exige, i» que Blauchefort soit contraint de représenter le titre d'administration desdits biens pupillaires par lui administrés, par lequel titre son père et lui» successivement, les administrèrent, et dont ils me doivent la restitution plénière et les comptes de leur gestion. Ce titre même indiquant le pupille et l'administrateur^ ainsi que le tuteur de la personne et biens dudit pupille, dont ils sont personnellement responsables, la rÇr présentation en est de droit étroit et de nécessité.

2o Je demande que le même Blanchefort soit également contraint de représenter l'acte testamentaire qui défère et conserve lesdits biens au pupille au cas qu'il reparoisse, et à défaut de laquelle reparition ou retour, les délaissent et abandonnent auxdits administrateurs y dénoncés.

Par oe titre second, on verra comment, de simple administra* Ceur, Blancbefort a pn devenir propriétaire desdits biens.

C'est d'ailleurs le devoir du tuteur de représenter au pupille les titres de la tutelle personnelle et réelle, et surtout ceux dont moi-même, ce pupille, étois muni, lors de mon arrestation à Versailles en 1774, et dont je fus indiiement dessaisi, pour les livrer» par le juge complice, audit Blancbefort et persécuteur.

Pourquoi donc ces titres ne me seroient-ils pas par lui représentés ? Le refus de Blancbefort feroit sa conviction, comme leur représentation assure aussi victorieusement le succès de mes conclusions, prétentions et réclamations.

J'observerai que les indemnités qui me sont dues par le gouvernement, pour raison de l'oppression et suppliciation de ma personne et de la privation de mes biens , le tout par la complicité du despotisme ministériel et afin de me soustraire à la réclamation de tous mes droits; ces indemnités sont nu objet sur lequel r Assemblée est seule compétente de prononcer, puisque c'est d'entre le gouvernement du despotisme ministmel et moi.

Sages législateurs, vous dans les mains desqnels est la destinée de l'empire, qu'il me soit permis de réclamer l'exécution de votre sublime et immortelle constitution , qui 'fait l'admiration des nations qu'elle va régénérer. L'exécution , surtout , de ses décrets , qui sont les bases et les fondemens de l'état socinl , tels entr'autres le premier décret de ce cbef-d'œuvre constitutionnel, celui qui rétablit l'bomme dans sa dif^nité originelle par la reconnoissance, le rétablissement et la promulgation de ses droits naturels, sacrés, inaliénables, inamissibles et imprescriptibles. L'article 17 en est encore une base fondamentale et constitutionnelle. Il assure et conserve absolument les propriétés et les droits des citoyens. J'en demande également la pleine et prompte exécution en tout ce qui m'appartient et concerne : ma demande est donc essentiellement juste, puisqu'elle est constitutionnelle et digne de toute l'intégrité qui vous caractérise et que je me propose de célébrer toute ma vie.

GOi^LKS DE BOUBBOIf-MORTHORBNCT BT OB CflBQUV.

PIÈCES JUSTIFICATIVES. ITT

Supplément de la pétition et requête présentées à l'Assemblée Nationale y le iZ novembre 4 79^1. Précis de mes démarches près de l'Assemblée Nationale, et de mes réponses de la Cour et des Ministres , en vertu de mes Requêtes présentées depuis le 50 Août 1794 , qui étoit te septième mois diaprés le recouvrement de ma liberté j aux ordres de l'Assemblée Nationale de France et du Roi des François , le même jour de mon retour en cette capitale. Dédié à l'auguste Assemblée Nationale acttieUement en fonctions , et séante à Paris.

MiSSIBDBS,

Le premier mars 1791 , Il plut à TÂssemblée Nationale constitiiante, et au Roi, de faire briser mes chaiaes en Prusse, et me faire rendre ma liberté, malgré toutes les noires instigations et mauTaises préventions que mes ennemis ( d'intelligence avec les sieurs de Yergennes, de Breteuil. d'Entraiguos, de Montmorln , de Monstier» d'Hertzberg et d'Eskdbeck) s'étaient efforcés de leur donner pour me perdre, et pour perpétuer ma détention injuste en Prusse; mais mes ennemis firent tant par leurs cabales avec les sieurs de Montm )rin, d'Hertzberg, de Moustier et d'Eske'beck, qu'on ne me donna point les fonds que le Roi et l'Assemblée Piationale constituante avoient ordonné à M. de Montmorin de me remettre à la sortie de ma prison , tant pour mevétir et pouvoir revenir dans cette capitale y réclamer et poursuivre mes iostes plaintes et prétentions, que pour acquitter toutes les dettes que j'avois été forcé de con'racter pendant les neuf dernières années de ma détention injuste en la forteresse de Steitin, dans les États du roi de Prusse ; de manière que cette dernière injustice des ministres, sieurs de Montmorin , d'Hertzberg, d'Eskélbeci^ et de Moustier , fut cause que le défaut d'argent et les longues maladies que j'essuyai à la sortie de ma prison, ne me permirent point de partir de Stettia que le premier juillet dernier, IX. 11

ns PIEGES JUSTIFICATIVES,

et mes ennemis trooTèrent encore les moyens de me feire arrêter» et plonger dans les cachots des prisons de Donay« par l'instigation de leur ami , le ci-devant marquis d'Eskelbeck , lors de mon passage en ladite ville de Donay, sur la fin du mois d'août dernier» et de là , ils me firent coiiduiie de brigade en brigade, par les cavaliers de la gendarmerie» comme un criminel, Jusqu'en cette capitale » où ils espéroient encore me faire gémir et périr dans les c^cbo's de l'hôtel de la Force; mais l'Assemblée Nationale ordonna à M. de Lessart de me libérer entièrement» et avec permission à moi de lui adresser mes justes plaintes et demandes par une pétition ; c'est ce qui fut ponctuellement exécuté le 50 août 1 791» et ma pétition fat présentée quelques jours après à l'Assemblée Nationale constituante; mais comme elle étoit alors sur la fin de sa législature » et trop occupée de mille affaires précieuses pour le bonheur de l'État et de la nation» je fus conseillé de représenter de nouveau ma pétition» aussi bien que mes justes plaintes et prétentions» par devant la nouvelle légisbiture actuelle; et en attendant, ce retard m'engagea d'adresser au Roi» à MM. ses frères» à la Reine» à MM. de Montmorin» de Lessart et Blancbefort soi-disant Crequy» toutes les requêtes et lettres que j'ai l'honneur d'exposer d-joint k vos yeux» afin de ne vous rien laisser ignorer» Messieurs» de mes démarches , puisque j'ai l'honneur de vous regarder comme mes juges équitables autant que comme mes libérateurs» mes protecteurs el défenseurs démon innocence opprimée» aussi bien qus mes justes plaintes» droits et prétentions légitimes.

Je supplie l'auguste Assemblée Nationale» toute la natioa fra»* çoise et l'Europe entière de vouloir bien considérer que :

Si dans mes premiers et derniers mémoires imprimés» je n'y al point fait mention de mes vrais titres» nom et qualités de Roua- Boa-MoiTTHOBBiicT » ct fils légitime du premier mariage secret df Louis Xy avec Madame de Montmorency, par contrat» en date de l'année 1722» et renouvelé les années 1723» 1724» «725» 1726« 4727» 1728» 1729» 1730» 1731» 1752» 1753» 1734» 1755» «756 et 1757» signé du roi et dame susdite» en présenre de plusienra témoins dignes de foi» et qui ont aussi soussigné avec le roi et ladite dame de Monbnorency» mes légitimes père et mère ; et ai je n'ai aussi point dit que bidite dame ma mère avoit été obligée

(par ordre de Lonis XV, mon père) d'éponser eu secondes nocet, Jacqaes-Charles-Alpbonse , marquis de Greqny , environ ITaonée 1724; et avec ordre aadit marqaisde reconnoUreponr sesenfiini et pour ses légitimes héritiers tons les enfans nés et à naître, présens et à venir, que pouvoit avoir eus et que ponrroit encore avoir ladite princesse de Montmorency, etc. Si , dis-je encore, je n'ai point fait mention de ton*es ces choses, non plus que des rai« sons qui engagèrent la princesse de Schitzemberg et de Freyberg en Empire, d'adopter ma mère pour sa fille et son héritière universelle ; voici en abrégé , les légitimes raisons de mon respectueux silence sur toutes ces choses :

Premièrement , c'est que Lonis XV me reoonut et me légitima l'année 1774, an mois de mars, en m'assnrantun apanage et 500,000 liv. de pension; mais Louis XVI, quoiqu'il me reoonnût' eo 1782 , m'ordonna pourtant , de bouche et par écrit , de ne me qualifier que du nom de Crequy ; de réclamer mes biens peterods et maternels sous ce nom ; puisque Louis XV, mon père, Bvoit ordonné à Jacques- Charles-Alphonse marquis de Crequy et second époux de ma mère, de reconnoi re pour ses légitimes encans et héritiers, dès les années 1724 et 1737, tous les enfans présens et à venir de ladite princesse de Montmorency, ma mère, vu que tous les biens proveooient d'elle et du roi mon père; le tout sous peine de toute Tindiguation de Louis XYI et de la perte de ma vie ou de ma liberté; ce furent les propres termes et menaces de Louis XVI et du maréchal duc de Noailles , ainsi que du duc d'Orléans et de Madame de Montmorency - Luxembourg , par ordre exprès de Louis XVI , aux mois de mai , juin et juillet de l'année 1782, que je me rendis en cour de France et au parlement de Paris, pour la réclamation de mes dioits, titres, biens, états et antres préten tiens légitimes.

Secondement , que mon obéissance et soumission aveugles anx ordres de Louis XVI, et vu les flatteuses et justes espérances que ce monarque me donna alors , m'ayant paru comme sacrées et inviolables (vu le despotisme ) bien que je pourrois me plaindre et prouver que le roi, ses frères et la reine, ont abusé de ma trop grande confiance et bonne foi, puisque, quelques semaines après, ils se liguèrent avec mes ennemis pour me foire périr dans un cachot affreux en Prusse , chargé de chaînes , sous un nom emprunté qu'ils me donnèrent et de faux crimes dont ils me couvri-

reot , pour aHeui cacher aa public leurs noirs complots pour me perdre : malgré toutes ces horreurs dont le ciel et la terre frémissent, daignez, Messieurs, jeter les yeui fur mes mémoires imprimés et sur les requêtes ou placets que j'ai présentées au roi Louis XYI, à la reine et aux ministres, ICi sieurs Monimorin, de Lessart, de la Porte, ainsi qu'au sieur de Blanchetort, soidisant Crequy, mon principal adversaire ; et tous verrez , Messieurs , avec quelle délicatesse j'ai cherché à menag. r (e roi , ses frères , la reine , les miuistres et tous mes plus cruels ennemis; mais si tous daignez, surtout, vouloir je:er les yeux sur l'histoire de mon inforiunce vie et aventures, vous y trouverez, Messieurs, qu'outre que mes ennemis, les sires de Grequy et de Blaochefort^ subtilisèrent des lettres de cachet pour me faire périr de maoière ou d'autre, en 38 en 40 prisons et forteresses différentes, Louis XVI, pour me frustrer des apanages que Louis XV et luimême s'étoieut crus. obligés indispensablement de m'aecorder^ ils donnèrent snccessivemeot leurs ordres pour s'emparer de tous mes titres et papiers , puis pour me faire empoisooner dans ma prison; puis une autre fois, pour me faire trancher la tête secrèiement entre les deux guichets à la Bastille, vers l'anée 1770.

De plus, eu 1774, ils me Greut ouvrir les veines dans la prison de la prévôté royale à Versailles; que finalement en 1782 ils se contentèrent ( d'intelligence avec les Grequy , les Blancbefort , le comte de Vergennes, ministre d'état, lebaron deBreteuil, Je marquis d'Entraigues, ministre de France en Saxe, Duportail^ de Montmorin, ministre des affaires étrangères, de Moustier» ministre de France à Berlin, et le marqnis d'Eskelbeck, vice-président an département du ^ord); de concert ensemble, dis-je encore, ils se contentèrent de me faire mutiler aux parties nobles de mon corps et me plongèrent pour la vie dans un cachot en Prusse, chargé déchaînes du poids de plus de 60 livres, réduit à faire tout sous moi , dans un affreux petit cachot souterrain , n'ayant qu'un peu de paille pour lit et vêteouens, sans feu et sans lumière, et n'ayant que du pain bien noir, des fèves, des pois et des haricots cuits à l'eau pour toute nourriture, en payant une pension annuelle de 600 liv., outre qu'ils payoient aussi très régulièrement une garde, composée d'un ofGcier et de neuf soldais, pour empêcher que je ne m'échappe, que je n'aie corres-

pondaneB afec penoone » et qu'on ne me tende aucun secours humain.

Enfin, Messieurs* en Usant l'htstoire de mon infiirtunée fie et aventures tragiques, yons y trouverez des preuves plus quo suffisantes de tout ce que j'ai Thonneur de vous exposer; et les eris du del , de la nature et de l'univers entier, se joignant anx vôtres, vous ne pourrez vous dispenser de me rendre jusUœ el de m'accorder quelques secours pécuniaires à titre de prêt ou eomme pension alimentaire et provisoire , en attendant que justice me soit rendue ; cependant , Messieurs , j'aime à me persuader que tous les crimes ou les torts des rois Louis XY et Louis XYI à mon égard, ne sont sûremrat autre chose que les effets des ruses, artifices et horribles complots des ministres et , de Blanchefort, soit-disant Crequy, qui ont trompé et abusé indignement de la bonne foi des deux monarques de France pour me perdre.

P. S. Ma cause est celle de l'État et de la nation, elle ne peut être jugée que par vous. Messieurs, qui en êtes les représentans ; et si l'on ouvre les livres rouges et verts, qui sont au nombre de cinq , dont quatre rouges et un vert , qui me sont connus , f ose assurer qu'on y trouvera des renseignemens qui me seront favorables; mais par respect autant que par ménagemcùt poor le roi et tonte la famille royale, je me tais sur tout le reste , et ne parlerai que lorsque l'auguste Assemblée Nationale me l'ordonnera.

Au reste, je ne demande autre diose, sinon que celui qui, d'entre moi et mes accusateurs on délateurs, sera convaincu de fourbe et imposteur, soit foulé aux pieds du peuple et de cette auguste Assemblée : et que celui qui sera reconnu innocent et juste , rentre dans tous ses droits légitimes. Que les ministres et tous mes autres adversaires paroissent id ; et daignez. Messieurs, prononcer l'arrêt irrévocable, par leqnd le del et votre sagesse, lumières et justice incorruptible et impartiales, doivent, en cette occasion , immortaliser votre honneur et gloire , autant que le bonheur et la félidté de l'Ëtat et de toute la dière nation françoise.

Ce sont les vcrax très sincères de votre très obdssant serviteur <

SU/né ChULIB m BOOBBOR-MORTHORUfCY-CaaOlIY»

RtpQifSBs do roi , delà reine» de messieiirt sci flrères et dee

noiniatres.

M. Thiéry , valet de ehambre da roi , me dit de m'adrester à M. de la Porte, intendant de sa majesté.

M. de la Porte me dit de nfadresser à H. de Josselin, intendant de la maison de la reine, on bien à M. de Lessart, ministre de riîitéricnr.

MM. de Lessart, de la Porte et de Jossélin, après m'avoir renvoyé de Pilate à Hérode , dirent que mon affaire étolt ou dev oit être renvoyée à M, de Montmorin , vu que ma cause et mes demandes étoieot une affaire d'État; que cependant ils rafrateliiroient la mémoire au roi et à la reine, touchant mes justes plaintes et demandes; mais qu'ils me oonseilloient, en attendant, de voir souTent M. de Jossélin.

Enfin, après m'avoir renvoyé de Pilate à Hérode, comme cidevant dit, M. de Jossélin me dit de bouche, en présence de témoins , que le roi , et encore moins la reine, ne pouvoient guère avoir égard à mes demandes pécuniaires, vu que la reine ne poii- Tott plus ce qu'elle avoit pu autrefois; que le roi, ayant été obligé d'envoyer dans les pays étrangers, plus de 18 millions pomr le soutien de ses tantes , de ses ft>ères et de plusieurs milliers de se» plus affidés sujets , pensionnaù'eB et expatriés, étant obligé de fure encore de plus grands emprunts pour les mémei causes , il se lui restoit que sept millions de revenu, et la douleur de me renvoyer à l'Assemblée Nationale , qui avoit pris sur son eompte toutes les dettes de l'État , de lui et de ses frères , et dont mes demandes faisoient partie.

Quoi , Monsieur, lui dis-je , n'ai-je pas plus de droit aux biea- Caits du roi, quêtons les émigrans dont le roi et vous, parles! M. Jossélin, avec feu : — mais. Monsieur, les émigrans ou aristocrates ( tels qu'il vous plait de les nommer avec le reste de la crapule françoise) sont pourtant les plus zélés et seuls vrais fidèles sujets du roi; ainsi, souffrez qu'ils aient la préférence sur vous aux bienfaits du roi et de la reine, etc. Sur cela , il me donna le billet qu'on trouvera ci-indus^ et me conduisit assez brusquement a la porte.

iVoto. Tontei ans lettcea et reqoâtei» ainsi que les répooaes, soat ci-après.

Copie de la première requête présentée au roi, le ^0 octobre \79i.

Les mémoires imprimés , ci-joints , par conseil de plusieurs inembres de l'Assemblée Nationale , seront plus que suffisans pour faire connoitre à Y. M. toute l'étendue de mon triste sort; mais^ comme mon affaire est renvoyée à la nouvelle législature, ce retard me force de supplier V. M. de daigner vouloir me tendre une main seconrable, pour m aider à subsister jusqu'à ce ^ue justice me soit rendue , et mes vœux s'élèveront au ciel , comme l'encens « pour bénir les jours et le règne de V. M., qui seront toujours infiniment précieux à tous les François , et particulièrement à celui qui ose se dire , avec le plus profond respect et parfaite sincérité , Sire, de Y. M. le très humble et très soumis serviteur et sujet :

Signé Alexàndrb de Cbequt, né de Bourbon-Montmorency , fils du roi Louis XV et de la princesse de Montmorency , logé rue de Richelieu, hôtel royal de la Marine /n^ 71 .

P. S. Si S. M. daignoit m'bonorer d'un moment d'audience particulière, j'aurois rhonneur de lui prouver que, bien loin d'avoir jamais été capable d'exécuter, ni même de penser à commettre l'horrible crime d'attenter aux jours de S. U., comme mes ennemis ont osé le persuader aux cours de France, d'Empire et de Prusse, pour me perdre; je prouverois, dis-je, au contraire, qu'au préjudice de ma fortune et de ma propre vie , j'ai sauTé et conservé la vie et la couronne que possèdent encore aujourd'hui V. M. et ses augustes frères, et que c'est en vertu et pour récompense de cet acte héroïque, qu'il plut à Lom's XV, à la reine, à madame la princesse Louise , ainsi qu'à monseigneur le dauphin et à madame la dauphine, vos augustes père et mère de glorieuse mémoire , de m'accorder les dignités de commandeur de l'ordre de Saint- Louis et de lieutenant général de vos armées en sur?iyance, outre les pensions , depuis cent jusqu'à deux cents louis d'or , que chacun d'eux m'assura , ma tie durant, et qui m'oot

184 PIÈGES JUbTIFICATIYES.

été , ponr la plus grande partie > exactement payés jmqa'à l'année 1777, que l'iDJastice des ministres d'étiit, Blancihefort» et M. Fonlon-des-Mnrs , fermier général , me frustrèrent entièrement.

Je ne joins point ici les preuves de ce que j'avance , parce qae • ce «ont des choses et des faits que je ne puis avoir l'honneur de communiquer qu'à V. M. même; et, si elle daigne m'honorer d'un moment d'audience ci-demandée, j'aurai encore l'honneur de lui prouver que , si jamais j'eusse voulu être assez malheureux que de former le projet de lui être préjudiciable , à lui et à toute la famille royale, je le pouvois, quoique du fond de mon cachot à Stettin ; je te pouvois encore mieux au moment que j'ai recouvré ma liberté; je le pouvois encore plus particulièrement, lors du départ précipite^ de S. M., puisque j'étois environné de ses propres ennemis ; en6n , je le pouvois et le pourrois encore depuis mon retour dans cette capitale ; et , ponr ce faire , il me snfSroit de produire et de rendre publiques, l'histoire de la vie de ma mère , toutes les lettres de S. M. Louis XV, celles des correspondances secrètes de madame la danphine , votre augoste mère , de glorieuse mémoire, avec ma mère et son époux, le mar< qnis de Crequy, outre encore plusieurs antres pièces authentiques; mais bien loin d'être capable de ce, j'ai gardé jusqu'à présent un silence inviolable , qui me seroit funeste , si S. M. ne daignoit y avoir égard ; et, pour m'en rendre digne, je viens, avec toute la sincérité possible , lui offrir ma fortune, mon sang et ma vie , s'il les faut , pour la conservation et la défense de s&s jours et de ses droits.

Zopie de la seconde Requête présentée au Roi des François y le \ S octobre A79i , par M. de Lessari» Ministre de l'intérieur.

SlRB,

J'ai l'honneur et le malheur tout à la fois d'être cet infortuné de BoDBBON-MoNTMOHENCY, counu SOUS le nom d'Alexandre Cbb- QVi, et qui eut l'honneur de faire remettre à Y. M. par M. Tbiéry,

PIÈGES JUSTIFIGAHYES. 18'

ie lundi 10 de œ mois , un mémoire imprimé et une requête don j*ai liionnear de joindre ici les copies; j'aime à me persuader» Sire , que tous ne souffrirez pas qu'un Iiomme qui ose se dire et qui s'offre à prouver qu'il a l'honneur de tous appartenir de très près, et qui a même sauvé vos jours, soit réduit à ces trois emelles extrémités « ou de n'avoir d'autres ressources pour sub^ sister que les honteux et hnmilians secours de ses propres domestiques (c'est mon état actuel depuis le premier mars i79 1 qu'il plut ê l'Assemblée Natiooale et à Y. M. de faire briser mes chaînes), ou bien de s'ôter la vie pour cacher au public sa misère et sa honte;

Ou enfin de se voir forcé d'adresser au public et à l'Europe entière, ses soupirs , ses larmes et ses justes plaintes.

Daignez • Sire, m'épargner cette douleur; vous le pouvez^, en m'honorant d'une audience particulière ; votre gloire autant que fos intérêts et les miens l'exigent de votre justice ; mes ennemis , pour tromper V. M., lui diront , peut-être * que je suis un fou; mais qu'elle daigne m'éoonter avant que de me juger.

Il se peut que dans mes mémoires imprimés et mes requêtes présentées à Y. M., il y aurait peu de bon sens , même des expressions vives ; mais je vous supplie de ne m'en point attribuer la faute , et de vouloir bien ne les regarder que comme émanées et dictées par la vérité simple et naive d'un homme qui n'a pas eu toat le temps de la réflexion , et dont la mémoire et les esprits ponrroient bien être affoiblis par la longueur d'une injuste détention , et qui manque encore acyourd'hui des secours les plus nécessaires à la vie.

J'ai l'honneur d'être , avec un très profond respect. Sire, de V. M., le très humble, etc.

Cofie de la lettre adressée à M. de Monlmorin , le2\ octobfe i79i.

MORSIEDB,

Yos intelligences , tant publiques que secrètes , avee M. de Yer • gennes, M. de Moustier et M. de Blanchefort, soit-disant Crequf» Mtre les lettres écrites de votre propre main à la cour de Berlla

t^ PIECES JUiniVlCATlVES.

ainsi qu'à TAMeniblée Nationale et bux comités des recherches et des lettres de cachet, contre moi , ou dans l'af taire qui ftat le si:^et de ma détention , m'avaient paru plus que suffisantes pour me donner de tous la plus noire impression ; et c'est ce qui fut cause que , ne me croyant p'us obliiJ[é du moindre ménagement envers TOUS, j'ai fait sentir dans plusieurs milliers d'imprimés, destinés pour la France et l'Europe entière, mon juste ressentimeat; plusieurs lettres répandues dans les pays étrangers (et par vos adversaires , sans doute) sembloient vous couvrir et vous ooovaincre de la plus haute trahison envers la patrie , et autoriser ma haine et mes préventions contre vous.

Cependant oomme j'ai le cœur et l'âme justes et incapab!es de condamner personne ni de compromettre sou honneur, sa gloire et sa réputation , sur des clameurs publiques; c'est ce qui m'engagea à me faire délivrer ks copies de tuntes les lettres qae vous aviez pu écrire pour $t eontre moi ; les ayant examinées avec la plus scrupuleuse attentioti , j'ai cm y remarquer et y trouTerque tout Totre crime pouvoit bien n'être autre chose que les malignes instigations de mes ennemjs près de vous , Monsieur, aussi bien que près de leurs majestén et des ministres de France et de Prusse pour me perdre. D'après cette prévention dernière en votre £i* ▼eur, et que j'aime à me persuader être juste , j'ai cru qu'U seroit ftœile de vous désabuser et de vous prouver (si vous êtes oel homme juste et intègre que je tous suppose) , que je suis pins digue de tonte votre estime que non pas de ^otre courroux « et encore moins de vos persécutions; d'après ce, jetés eocore les yeux sur les imprimés et écrits ci-joints, et mettant la main sur votre conscience, dites-moi vous-même (de bouche ou par ^erit) ce que je dois penser de vous ; ce que j'en dois dire à la postérité) et enfin, si vous voulez être mon ennemi ou mon protecteur. La noble et haute opinion que j'ai conçue de vos vertus et mérites personnels font que j'aime à me persuader que vous ser«9 assez juste pour prendre le dernier parti; mais je vous prie de m'honorer d'une réponse décisive pour la fin de cette semaine, afin que je sache à quoi m'en tenir ; sur ce , j'ai , etc.. Monsieur, voire très humble , etc.

■ P.S.Efk attendant Totre réponse, j'ai sursis tous mes imprimés et mes écrits.

Copie de la deuxième lettre à M. de Montmorin , le 2A octobre i7Q^ .

MoRSinjB ,

Par ma dernière et première du 21 couraot, j'eus donneur de ▼0U8 faire oonnoitre positivement que j'avois besoin de toute votre justice et puissante protection pour rentrer dans toutes mes justes prétentions; ou de toute votre baine et vos persécutions pour rentrer dans mon affreuse prison , y cacher et ensevelir mon nom , mes prétentions autant que ma misère et ma confusion, qui sont au plus haut comble et sans expression, depuis le recouvrement de ma liberté et la perte de mes pensions : daignei donc vous décider sur le choix du sort que votre justice vous inspirera de décider pour moi. Je viens en personne la solliciter, afin de vous convaincre plus parfaitement de la respectoanse et fincère confiance de votre très humble « etc.

P. S. Tons mes imprimés et écrits resteront encore snriis josqn'è la fhi de cette semaine.

Copie d'une lettre adressée à M. de Lessart , te i A octobre i79^.

MossiBuaf

Je prends la respectuense liberté de vous adresser la présente , pour vous supplier d'avoir la bonté de m'aooorder on moment d'audience en particulier, et de vouloir bien me msnder le jour et rbenre de votre commodité pour cela , ayant des choses de la dernière conséquence à vous communiquer et qui intéressent vivement S. M. et toute la famille royale, autant que moi-même, qui ai l'honneur d'être avec la plus respectueuse considération et eonflanee. Monsieur, votre très humble, etc.

Copie d^une deuxième lettre envoyée à U. de Lessart, le\S octobre \79\.

Bf OHSIBOR ,

Si je n'ai pas en l'honneur de vous rendre ma visite depuis que vous m'honorâtes de la première audience à mon arrivée comme

encore inrisonnier dans cette capitale, je tous snpptie de croire qne ce n'est qne parce qne j'appréhendois de tous trop impiurtnner, tu que je sais qne tous êtes accablé de mille affaires précieuses dont TOUS yons acquittez avec nne ponctualité, une vivacité, nne sagesse et intégrité , qui font Tadmiration de toute l'Europe et la mienne en mon particulier.

Les affaires de conséquence qui intéressent TÎTement le roi» et que je voulois avoir l'honneur de tous communiquer, sont les leules raisons qui m'ont fait prendre la liberté de me rendre trois ois chez tous à l'honneur de Totre iuTitation; mais ne tous ayant jamais trouTé libre, et presque toujours comme iuTisible, j'ai pris, quoique à regret, la. résolution de ne tous plus importuner de ma Tisite, et de me contenter d'exposer à vos yeux et sages lumières, le paquet ci<joint, pour tous supplier de le communiquer au roi.

Je crois que l'afËaire est (et tous paroitra, ainsi qu'au roi) d'assez grande conséquence pour oser espérer que S. M. et tous. Monsieur, Toudrez bien m'honorer d'une réponse faTorable dans le courant de cette semame, pour m'éTiter la douleur de rendre publics les milliers d'exemplaires imprimés, pareils aux inclus, et que je tiens tout prêts, en cas du refus ou d'un plus long silence à mes très-humbles et justes demandes; sur ce, j'ai l'honneur, etc.

Copie d'nm lettre à M. de Lessartf k 2^ octobre i79^.

Charles de Bonrbon-Montmorency, connu sons le nom d'Alexandre de Crequy, prie M. de Lessart d'aToir la bonté de lui faire savoir s'il a quelques nouvelles à lui donner de ses demandes autant respectueuses que justes en cour, près du roi et de la reine, touchant les affaires de conséquence que M. Charles de Bourbon-Montmorency eut l'honneur de communiquer à M. de Lessart, et de Touloir bien lui assigner le jour et l'heure qui lui paroitra le plus libre et commode pour une nouyelle entreTue selon l'offre de M. de Lessart. du 30 présent mois; car Charles de Bourbon-Montmorency, dit Alexandre de Crequy, a l'honneur (et se croit obligé) de mander en ami sincère à M. de Lessart, qne s'il ne reçoit pas une réponse également digne du roi >et de lai, il ne sera plus la dui^;.*des politiques, ruses et mauTaise foi

PIECES JUSTIFICATIVES. I«î)

ie la cour et des ministres, et que son juste ressentiment édalera dès la semaine prochaine dans tonte la France et l'Europe entière.

Copie de la lettre adressée à M. de Blanclufort ^ soi-disaiiU Criquy, attaclU à la maison de Monsieur, k 29 octobre i79\.

Quelque peu digne, Monsiear, que voin dévies tons reoonnoitre du moindre ménagement, noa» et tous ceux qui avei ca> balé pour me perdre, il répugoeroit à mon caractère de ne pas tenter des votes de conciliation; car les persécutions que j'ai essayées, bien loin de m'ezciter à la vengeance, n'ont fait que me rendre plus humain ei plus généreux : voules-vons sauver votre honneur on vous perdre sans ressources? Je vous en donne le choix* J'expose à vos yeux et à vos remords ie mémoiae ci-joint; plusieurs milliers d'exemplaires de cette lettre et de ce mémoire sont prêts à être distribués, si vous m'y forcez, non-seulement dans le royaume, mais dans tonte TEurope, afln que, ni vous, ni personne, ne puisse ignorer de la justice de mes plaintes et de mes prétentions; j'y joindrai, comme vous devez bien vons y attendre, l'histoire de ma vie infortunée ; ces écrits doivent vous couvrir à jamab d'une honte immortelle ; il se peut même que tontes vos iniques manoeuvres, bien éclairdes, soient capables, en me procurant la restitution de mes biens, de vous conduire à l'échafand.

Vons sentez parfaitement. Monsieur, qu'il vons seroit inniile d'oser vons flatter encore de pouvoir rien attenter contre moi, et encore moins de corrompre les jnges (car ils sont incorruptibles actuellement), et tous les forfaits que je dénonce, et que je dénoncerai contre vons, seront attestés par plus de cent personnes illustres et dignes de foi, aOn qne vous n'affectiez plus de douter de mes justes droits.

Ce ne sera que votre réponse ou votre silence, qm' me décideront à vons poursuivre selon tonte la rigueur de la justice et de la loi : pour vous y soustraire, comme je le désire, je vous donne le choix, on de m'assurer une pension annuelle de deux cent mille livres, en attendant qne vons me restituiez (ce qui doit être dans

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