IX. la
àenx 8U8 au plus tard) tous mes bicm el titres, que tous et tonte la maison de Créquy possédez, et qui nrapparllenneot légftimelueut, ou biec nous rendre par-devant le roi : car je ne veai point d'auire juge que lui même, s il est possible, et je suis résola de m*en tenir à ce qu'il lui plaira de décider par des arrangemens à l'amiable, et tels qu'ils lui paroitront cooTenaMes à noes inlérèts et aux vôtres. Je tous accorde jusqu'à U fin du mois prochain, pour opter Tune ou l'autre de ces propositions. J'ai l'bonaeur, etc.
P. S. En cas que S. M. refuse d'être notre juge et médiatenr, TOUS consentirez aTPC moi, eu sa présence, de terminer tous nos différends à l'amiable, par-devant telles personnes qu'il plaira à S. M. de nous nommer, pour remplir et tenir son lieu et place en cette affaire.
J'ai en l'honneur de remettre â leurs majestés, lundi, 10 de ce mois, les mémoires ci-mentionnés, avec ma supplique, desquellei J'attends lenr ordre.
Copie de la lettre adtmée à M. de la Porte, Mendant de la liste civile , tei^^ novembre 479< .
MOBSIBUB,
M. de Josselin, intendant de la maison de la reine» m'ayant assuré de bouche et même par écrit, que le roi vous avoit envoyé, le 20 du mois d'octobre dernier, mes mémoires que j'a vois pris la liberté de lui adresser, concernant la justice de mes demandes et réclamations, afin de les examiner, je me suis alors présenté chez vous pour avoir l'honneur de vous voir et vous en demander la réponse; mais je n'ai pas été assez heureux pour vous y rencontrer.
Je m'y suis encore présenté différentes fois depuis» mais n'ayant pas été plus heureux, je me suis décidé à vous écrire la présente, pour vous prier. Monsieur, de vouloir bien faire sentit: au roi toute la justice et l'importance de mes demandes respectueuses, et l'absolue nécessité d'y répondre dans un court délai.
Veuillez donc bien , Monsieur^ observer à S. M. qu'un pins
Mg silemoe bot met trèd- humbles réclamatioâs ne poorroit qn'ailfinenter mes Inquiétudes» et me forcer, ayec là plus vîTe doaieur, de rendre imblici des dits qui ne pourraient que dé- ]Mre âu roi et à toute la ftmiile royale.
Youles-Tous bien» Monsieur, m'accorder nn moment d'audience, et m'indiquer l'heure et le jour de cette semaine où je poorrois avoir l'honneur de vous voir; vous obligerex très-parfaitement celui qui est, etc.
Copie delà réponse à vne lettre que j'adresse à Messieurs, frères du Roi.
Le comte d'Âvaray a l'honneur de faire mille oomplimens à M. le comte de Crequy* Montmorency, abbé de Ruisseauville; il a remis sa lettre à Monsieur, qui est au désespoir de ne pouvoir lui donner qu'un témoignage d'intérêt. A Scbonburuslust, te 8 août 1791.
Copie delariponse de M. deLessart, du^5 oetobretldi •
M. de Lessart aura l'honneur de recevobr Monsiaor Aleiandr» de Grequy, demain dimanche sur les 5 heures.
Copie du biUel de M. Josselin, sans date.
L» placet présenté au roi par le siear Alexandre de Grequy a M renvoyé par S« M. à M. de la Porte, intendant de la liste civU^ le 20 octobre 1791.
IV. B* II est encore bon de dire ici que les ministres, sieurs de MontBorin, de la Porte et de Lessart , lassés de mes importunitét, me congédièrent aussi comme Josselin, en me disant que le roi, bien loin de me pouvoir donner aucuns secours péci?* Bîaires, cherchoit lui même de Pargent à emprunter, à 40 et 50 pour cent, pour soutenir ses tantes, ses frères et grand nombre de ses phis fidèles sujets expatriés depuis les révolntions survenues en France; et que le roi et ^z me oonteilioiint de m'a* dresser à l'Assemblée Nationale.
192 PIÈCJES JUSTIFICATIVES.
D'après la billet du sieur Josselia , je me rendis exademeol tous les jours , et plu|l6t deux fois qu'une , cbez le sieur de la Verte, jusqu'au 31 d'octobre; mais il fut toujours invisible, tantôt sous prétexte de mille affaires intéressantes; puis malade, puis eufin qu'il étoit en campagne et qu'on ne pouToit savoir quand , il reviendroit , quoique les sentinelles m'assurèrent toujours qu'il étoit chez lui.
Réponse de M. de MorUmorin àlI. Alexandre deCréquyy né de Bourbon- Montmorency , Bôtel-Royd de la Marine, rue de Richelieu, n"^ 7i, en date du 5^ octobre i 79>l .
Il est bon d'observer ici que le sieur de Montmorin a adressé jusqu'à présent toutes les lettres qui me concernoient à l'aventulier Besuchet, soi disant de Grequy.
J'ai reçu , Monsieur , les deux lettres qoe vous m'avei écrites les 2 1 et 24 de ce mois.
Vos réclamations contre la maison de Grequy étant totalement étrangères à mon département, je ne pnis m'y inuniscer ni directement ni indirectement, et c'est à tous à déterminer ce qu'il tous convient de fiôre à cet égard.
Quant anx sujets de plainte que vous prétendez avoir , à cause de votre détention , ils sont antérieurs à mon entrée dans le ministère, etc.
Copie du procès'verbal des maitres-ès-^rts en médecine ei chirurgie, déposé à l'Assemblée Naiionak^ le i5 novembre i79 1.
Nocs, soussignés, maîtres ès-arts de Funiversité de Paris» membres du collège de l'académie royale de chirurgie , anciens chirargiens-majors des camps et armées du roi et du régiment des ci-devant gardes firançoises... , attestons et certifions à qui il pourra appartenir, avoir été mandés, le f 0 octobre dernier, pour donner nos soins à monsieur de Cbbqijy, né de Bouibon-Moiit- MOBKRCT, demeurant à Paris, me de Richelieu, Hôtel-Royal de la Marine; lequel se plaignoit d'une prostration complète des forces
et de l'app^H; de foiblesses et raaux d'estomac, et de déraillances; d'une insomnie continuelle; d'étourdissemens et de vio-| 'ens maux de tête , qui le faisoient souTent tomber dans un évanouissement dangereux; déplus, d'un écoulement perpétuel et InToIootaire de la semence; et d'une sensation douloureuse accompagnée plusieurs fois de syncope, toutes les fois qu'il se préseotoit à la garde-robe.
D'après le récit et Texposé des incommodités dont se plaignoit M. de Grequy, né de Bourbon -Montmorency, nous ayons procédé à l'examen des parties malades; il nous a accusé et confessé ce qui suit , pour nous mettre à portée de remédier, s'il étoit en notre iponvoir, an rétablissement de sa santé, qui étoit alors en très-mauvais état , et de le soulager de plusieurs incommodités qui mettoient ses facultés physiques et morales , et même sa vie , dans le pins grand danger; nons avons observé :
Premièrement. Un enfoncement des os du crAne et une longue et large cicatrice à la partie moyenne et postérieure de la tête, occasionés pur un coup de sabre violent que le malade nous a dit ttvoir reçu en l'année 1774. Depuis ce temps le malade est sujet aux maux de tête et aux étourdissemens.
Secùniement, Le malade a dit avoir été empoisonné plusieurs fois dans ses alimens ; que sa vie a été plusieurs fois en grand danger » et qu'il ne l'a conservée qu en fidsant usage de contrepoisons, mais que son estomac et aon appétit sont dérangés depuis ce moment-là.
Troisièmement, Le malade nons a fait observer une cicatrice qni s'étend de l'aile droite du nez au bord de la lèvre supérieure, une antre, qui est à la partie supérieure du dos de la main droite; f proTcnante d'une plaie faite par un poignard , qni perça cette main de part en part , lorsqu'il la mit sur sa poitrine pour préserver les parties précordiales, deux cicatrices à la mamelle gauche, et deui à la droite;.... six cicatrices, dont plusieurs sont très-longues et considérables dans l'étendue de la capacité du bas-ventre , lesquelles ont été produites par des plaies faites par des coups de poignard et d'épee , que le malade nous a confessé avoir reçus en différens temps. De plus, il nous a fait remarquer un grand nombre d'antres cicatrices dans toute l'étendue des fesses et des cuisses, tant A leurs parties antérieures qae posté-
' rienres, et nous a préseaté p^nsiears morceanx de p^aa é^m6ché^ qu'il conserfe ainsi qu'une roulette de fer en forme d'étoile à six pointes , rouillée et eocore teinte de son sang , laquelle il nooa a dit être une des cinq qui composoient la discipline avec laquelle on l'a flagellé une inAnité de fois , et qui lui ont fait les plaies ninliipliées dont il nous a fait Toir les cicatrices.... Le malade nous a encore fait observer que sur sa cuisse droite en devant, et sur toute l'étendue de la fesse droite , on y volt une espèce de chandelier à sept branches qu'on dit être un créqiiier de gueules » partie principale des armes de la maison de Crequy , et que madame sa mère, ainsi que plusieurs chirurgiens experts , lui ont assuré qu'il étoit né avec les susdites ntarques , ce que nous croyons véritable aprèf les avoir examinées.
Quatnèmement. Nous avons observé une cicatrice en forme de croix qui se trouve sur le g^and et qui s'étend sur presque toute son étendue; que le malade portoit au prépuce un anneau d or à charnière, en forme de bouc e d'oreille qui le géuoit beaucoup, lequel, ainsi que deux auires semblables, desquels il s'étoil déjà fait délivrer et qu'il portoit aux bourses et au-dessus de l'os sacrum ( endroits où l'on trouve encore les cicatrices) recevoient et donnoient passage à une chaîne d'or qui fermoit par un cadenas aussi d'or que l'on lui a dit s'appeler sympathiqries : le ma- Udtf nous a attesté que ce fut en l'année 1782, qu'on lui fit cette horrible opération , et qu'on lui fit aussi boire un breuvage composé de son propre saog, de celui d'une jeune fille, de poudres et d'autres drogues que nous ne pouvons nommer ici par pudeur; que cette bo'sson fut aussi nommée sympathique. Le tout afin , dfsoit-oo , de le priver de la jouissance des femmes, et de Vtmpécher d'avoir postérité, en lui occasionant la perte continuelle et involontaire de sa semence (ce projet a effectivement réussi , car le malade nous a confessé que depuis ce moment il étoit sujet à une perte continuelle et involontaire de sa liqueur prolifique, et qu'il éprouvoit de grandes foiblesses dans toutes les parties génitales).
Cinquièmement. Le consultant nous a déclaré qu'en février 1774, étaiit a'ors dé enu prisonnier dans un cachot des prisons de la prévôté royale de Versailles, le sieur de Blanchefort, soi-diaot jds Crequy , el sa famillei* obtinrent un ordre secret du duc d'Ai-
PIECES JUSTIFICATIVES. ii)S
gaillon» abxrs ministre d'état , et signé soi-disant du roi , poar le faire moqrir en lai ouvrant les yeines des bras et des pieds;.... qn'en effet les sieurs de Blaoehefort et Davaud, juges de la prévôté, étant présens, le geôlier de la prison, aidé de deux valets, le mirent absolument nu tt le lièrent sur une chaise de bois , après quoi le sieur de Blanchefort lui-même introduisit un élève en chirurgie qu'il avait mandé, lui montra le soi-disant ordre qu'il portoit, et lui commanda avec menaces de saigner aux quatre veines le particulier que l'on loi préseota. Le chirurgien tout troublé pratiqua effedivfment deux saignées aux bras, mais ne voulut point faire celles des pieds, assurant que ces opérations sofGroient, jugeant le prisonnier, alors saisi de frayeur, en état prochain de mort; le sieur Blanchefort se retira; alors le chirurgien, qui avoit reconnu ses projets infâmes , referma les saignées et mit tout en usage pour rappeler à la vie le moribond qui venoit de perdre one quantité considérable de sang.... (Le malade nous a dit avoir éprouvé alors des syncopes très fréquentes pendant plusieurs jours , et que depuis ce momenl-Ià sa santé avoit été considérablement affectée.) Le cbirurgien alla faire part de cet horrible attentat à M. le maréchal de Noailles, alors gouverneur de Versailles, qui sur le champ fît de son ordre transporter le moribond sous escorte à l'Hôttl-Dieu de Versailles où il est resté jusqu'à parfait rétablissement.
Sixièmement. Enfin le consultant nous a fait observer que sa mauvaise nourriture dans ses différentes prisons , que l'air mak sain et humide qu'il y avoit respiré, que les mauvais et inoom^ p'ets traitemeus de ses maladies, et qu^'enGn Tennoi et les chagrins auxquels il éioit en proie dans ses differens cachots , loi avoient donné le scorbut; que dans cette maladie ses gencives ayant été ulcérées, il avoit perdu les dents qui lui manquent effectivement aux deux mâchoires. (Les gencives étant eocore aujourd'hui affectées, et plusieurs autres symptômes existant, nous jugeons que M. de Grcquy n'e&t puiat encore aujourd'hui parfaitement guéri de cette maladie.)
D'«près l'examen le plus scrupuleux du malade, et d'après l'énoncé qu'il nous a fait de tous les accidens ci-dessus mentioonés; nous avons procédé à la coration, sinon complète, au moins partielle , des maladies et incommodités dont il se plaignoit ^ ao rétablissement de ses functious lésées. Nous avons
(léjA obtenu les snccèa soivans : 1« Les fonctions de restomac se font tieaacoup mieux, les douleurs sont moins considérables, et la digfestion s'opère avec moins de difficulté; 2 l'insomnie et les maux de tête sont moins Tiolens et moins continuels ; S» nous TaTons déiiTré de l'anneau qu'il portoit au prépuce , dnqiiel It n'aYOit pu être priré jusqu'à ce jour, et qui lui procuroit des don. leurs et une incommoiité iasupportabtcs; nous espérons qu'avec te temps , et que d'après l'emploi des moyens couTenaMes , nous parviendrons à procurer à M. de Greqny , né de Bourbon -Montmorency , une guérison , sinon parfaite , an moins la meilleure possible; et nous tâcherons de le déliyrer des incommodités qui lui rendent la vie douloureuse et insupportable.
En foi de quoi nous lui avons, sur sa réquisition, délivré îe présent pour Ini servir ce que de raison. A Paris, ce neuf novembre Dsil sept cent quatre vingt -onze.
Signé Dupouart, \^f, et Forestieb, 25.
Pour copie conforme à l'original. Pibbrb»
Cet ouvrage se vend à Paris, chez Libooi, Libraire an Palals- Koyal, n. 188, et chei ton» les Marchands de I>ioaveaatét.
N^ VIIL
Mémoire pour servir (T observations propres à éclairer et guider M. le rapporteur du Comité de législaliou , dans l'affaire, sur la demande m pétition à la fin de pension provisoire, alimentaire, de sire Charles de Bourbon-Montmorency. On y trouve aussi un abrégé historique de son infortunée vie, et la liste des noms, titres, qualités et demeures de toutes les personnes qui doivent et qui ont attesté ses malheurs et ses droits .
MONSIIUB LB RaPPORTECI»
Ma pétition du dimanche f3 novembre 179f , a dévoilé A TAsseniblée Nationale de France, ma naissance, mon nom, mon étal
penoDoel et mes droits, et lai a iodiqnë et démontré l'Intérêt de nues pnissaos ennemis à ro'anéantir, et par conséquent la canse de mon oppression de lenr part. Cet intérêt » quoiqne soigneusement dissimulé, n'est point doutenx, non plus qne la persécution constante du despotisme du gouyernement ministériel <le France, pour m'effacer du nombre des vîTaos, en me snppliciant aussi cruellement qu'injustement, pendant tant H'années.
Il est acquis pleinement, il est à la connoissance de l'Assemblée Nationale de France, à laquelle je dois le tribut d'une éternelle reoonnoissance, pour m'avoir rendu la Tie, la liberté et ma pairie, il lui est indubitablement connu qne, précipité par le gouver^ nement despotique et ministériel de France au fond d'un cachot, dans une terre étrangère, au fort de Prusse, n Stettin ; l'auguste Assemblée Constituante m'en a tiré par son humanité et sa justice, après neuf ans de supplices dans cette horrible captivité, chargé de chaînes du poids de 60 liyres.
n n'est personne qui en ait entendu le récit, sans frémir, et qui, au prix d'un million, eût consenti à subir nn tel supplice.
La cause de cette affireuse nécessité est sensible; l'intérêt d'anéantir mon existence en fat le secret motif. La réclamation de tons mes droits, celle de mon état personnel, la qualité de fils d'un roi, époux de ma mère par nn mariage antérieur, étoient de puissans motifs pour me précipiter au tomt>eau.
Cette dernière captivité de neuf ans, de la part du gouvernement despotique et ministériel de France, qui même avoit constitué en Prusse; à Berlin, une rente de 600 livres à cet effet, et pour attendre mon extinction dans ce cachot étranger, charge et rend absolument responsable ce même gonvernement de France de toute l'étendue des réparations et indemnités qui me sont dues.
L'Assemblée Nationale constituante a mis à la charge de l'état les dettes des frères du roi, en 1790, sans y être tenue légitimement ; j'ose dire qu'il n'est pas de proportion de légitimité entre les dettes de cette nature, et la juste réparation et indemnité qui m'est due par le gouvernement de France, en raison d'une aussi injuste captivité de neuf ans.
La provision est due au titre. Le mien est celui de persécuté, d'opprimé, d'outragé, de supplicié et dwnmagé injustement dans tous mes biens et droits personnels , réels, civils, temporels et spirituels.
198 PIECES JUSmiGATIVES.
La certitade de ce titre est iocoDtestable et de notoriété pnbljque, de fait et de droite notaminent cette dernière et affreuse • captivité de neuf ans, dont le bienfait et la justice de l'auguste Assemblée m'ont heureusement délivré le premier mars 1791.
L'Asseoiblée Nationale prenant donc en considération toute la justice ei Ja lègii imité des réparations et indemnités qui me sont dues, de telles atrocités, vexalions et oppressions, et indignée de l'horreur des supplices endurés pendant une si longue et si affreuse captivité, pratiquée par les intérêts, les vues , les desseins et ioteatiouâ criraiaelLes qui la déterminèrent ; j'ose espérer que cette auguste Assemblée Tondra bien, dans sa justice, estimer, apprécier et proportionner l'indemnité aux maux inouïs que j'ai soufferts ; considérer le péril continuel de mort et de désespoir auquel j'ai été exposé pendant neuf ans, et peser tout daa$ sa profonde sagesse. Elle aura sans doute égard à mon état.urgent, comme aux circonttances de privation totale où cette horrible vex»tioa m'a réduit; son humanité, sa justice, n'hésiteront pas de prononcer et d'ordonner qu'il me soit payé une somme compétente de provision, en amendant l'indemnité qui m'est si justement due, attendu la privation entière de tous mes biens et titres» ^ la réclamation desquels le despotisme m'avoit si injustement aonstrait, et dont j'attends et poursuis la rentrée ; c'est le motif de mes pétitions, prefit'iitées depuis le iS novembre dernier jusqu'à ce jour.
Mais, pour prononcer plus éqnitablemeot sur cette matièro. d'indemnité et provision, que chacun veuille bien se dire à soi- «Déme : Voudrois-je, pour cent mille écus, consentir que telle Texation hi»rrible fût exercée contre moi , pendant uae aonéç seulement?
C'est ainsi que les droits de l'homme doivent être ooniidéréfr appréciés, gardés, soutenus et remplis, et c'est en comparant ce qne l'on voudroit équitabJement être fait pour soi, que l'on sent mieux ce que Ton doit faire pour un autre citoyen.
La constitution françoise, dans sa déclaration des droits de rhomme, les a pronorjcés et assurés, art. I, II et XVIÎ ; et l'Assemblée Nationale actuelle en a juré Texécution an soutien des droits de l'homme et du ciioyen, suivant l'art. VI du titre 11 L ihap. premier, section V.
I^Ciuiuous sur ma demande proyis'n're.
Iji proTîsioD est dne aa titre, j'ai c*'luî d'une captivité lojiiste de ueuf ans, par le fait du deNpotisne du ^ouTernf-meDt ratQiitériel de France^ et ce titre foode ma demande provisoire.
La certitude de cet attentat est acquise à l'Assemblée Natioraie. La réparation et rindemniîé en sont dues par le gouTeroenient, des dettes duquel l'état s'est chargé ; j'ai donc ie droit de demander une provision à l'Assemblée Nsticoale, à coraple snr cette indemnité. Les circoostanoes où je me trouve sont urgentes et nécessitantes, et ma pétition, à cette fin, est juste.
Le rapport, sur ces principes, est donc simple et facile , ainsi que le décret à motiver et rédiger.
' L' Assemblée Nationale, pi-enant puissamment en considération toute 1 injustice de l'horrible vexation indignement exercée contre la personne de Charles de Bourbon-Montmorency, par Is captivité de nenf ansqn'ila soufferte en Prnsse, de la part du gouvernement ministériel et despotique de France / d'où l'Assemblée Constituante l'a retiré pour lui rendre la liberté , le rendre à sa patrip, et lui procurer les moyens de réclamer ses droits en France, décrète qu'il lui sera payé, provisoirement et h compte, sur l'iodemnité qui lui est due, résultante de ladite captivité, par
la caisse nationale, la somme de à titre de provision, l'état
étant chargé des dettes du gouvernement.
Les pièces justiBcatives ci-jointes doivent être plus que suffisantes, dans le moment actuel, pour mettre le dernier sceau à la légitimité des demandes que j'ai l'honneur de vous faire. Messieurs, pour qu'il vous plaise décréter qu'il me sera accordé des gardes nationaux, pour la sûreté de ma personne, dont vous devez. Messieurs, reconnoltre tout le danger, aussi bien que la justice d'une pension provisoire, en attendant qu'entière indemnité et justice me soit rendue.
Pièces justificatives, et liste des personnes qui doivent attester les droits et les malheurs de Charles Bocrboi!- MoNTMOttENCT, dit Alexandre de Créquï , et dont fa plupart sont ici présent , tant en personne que par leurs certificats et attestations ci-jointes,
M.deFouDiis, aclueliemerit capitaine des vétérans, et che-
ÎOO PIÈCES JUSTIFICATIVES,
valier de l'ordre royal et militaire de Sainf-Louis , demearant rue SaiDt-HoDoré , au coin de la rae SainUFIoreotin , lui et toute sa famille et parenté, m'ont connu dès la mamelle , comme flis léiHtime du premier mariage secret de Louis XY avec madame de Bonrbon-Montmoreney, fille naturelle de Louis XIY, princesse de Schif zemberg , de Freyberg et du Saint-Empire , lequel mariage secret fut contracté l'année 1722 , par un pur écrit fait et fiigné par la propre main de Louis XV, et avec son propre sang ; mais ledit m'iriage fut fait en bonne forme l'année 1723, dans la chapelle de M. l'archeYéque de Reims, en présence de tous h s témoins se trouvant ci-après nommés, et à savoir :
Les séréoissimes seigneurs et dames de Bourbon-Gonty, de Montmorency, de Luxembourg , de Luynes, dé Roban Cbabot, de Laval-Montmorency, de Rohan-Guémeoée , de Soubi&e, d'Esterazi,de Rohan-Montbason , de Clerroont-Tonnerre, deCiermont-d'Amboife, de Flavacourt, de Lauragais, de Feniele, Dandelot, deValbel, dei Deux-Ponts, de la Tour-d a-Pin, de Crequy, etc.
Et ledit contrat de mariage fat rafraicbi et renouvelé chaque année, depuis 1725 jusqu'en 1757, époque de ma nalssauce.
Le susdit sieur de Fondras et toute sa parenté, et la plupart des autres personnes ci-après dénommées et comparantes eo e**. procès-verbal , tant en personne que par leurs certificats et attestations, en bonne forme , faites sur papier timbré ; toutes lesdites IMTsoours, eucore, savent très bien, et sont prèles à atteste», non-seulement les choses susdites, mais encore elles attesteront aussi, que, pour me soustraire anx cabales de la cour, qui, diuteliigeoce avec la' princesse Lezinska de Pologne , pour lors reine de France . quelques années après ce susdit mnriage secret, avoit résolu ma perte , aussi bien que celle de tous mes frères et sœur.*, provenant du roi mon père; ma mère fut obligée de me déguiser en fille, sous le nom de mademoiselle de Créquy, dans tontes les différentes pensions où elle me mit, par ordre du roi mon père , et à tes propres frais et dépens, depuis mon berceau, jusqu'à l'âge d'environ seize ans.
Ils savent aussi tous , ou pour la plupart d'eux, que Louis X Vf, en 1782 , me reconnut, mais qu'il me fil défense , sous peine de la vie, ou de prison perpétuelle, de ne jamais me nommer autrement que marquis de Crequy, ni de ne jamais parler du susdit
PIÈCES JUSTIFICATIVES. ÎOI
mariage secret de Loals XV avec ma mère; ils savent de plus, que Jacques- Cbarles-Âlphonse , marquis de Crfqay, IteatenaDtgéoé'-al des armées du roi, grand'-croix, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saiot-Loais, ambassadeur de France à la cour de l'Empire et premier chambellan de H. le duc d'Orléans (1) , lequel marquis de Creqny, étant devenu, par ordre du roi, second époux de ma mère, l'année 1757, époque de ma naissance; le roi, en le comblant de bienfaits, exigea de loi, que tous les enfans présens et à venir , de ladite princesse, ma mère, seroient reconnus pour légitimes enfans et héritiers dndit mar- ^ quia de Grequy, jusqu'à ce qu'il plût au roi d'en disposer autrement à l'avenir, parce que tous les biens provenoient du roi et de ladite priocesse , qui avoit apporté d'Empire plus de huit millions comptant , et que c'est en vertu de cela que ledit marquis de Grequy, second époux de ma mère, quoiqu'il sut parfaitement que j'étois flls de Louis W, ne laissa pas que de me reconooitre pour son propre flls, et m'assura nue pension de trois mille livres, avec promesse faite par main de notaire , de me rendre tous les biens de ma mère, lorsque j'aurois l'âge de majorité ; tout cela se passa dans le même temps que j'étois en pension ches M. i'abbé de (boudin d'Àrostay, pour lors demeurant maison de M. Loriot, marchand pelletier» rue Saint-Antoine , au coin de la rue Percée. Depuis environ l'année 1748, jusqu'en 1766, que je restai dans la peosioo susdite , quoique en différentes sorties et rentrées dans ladite peosion , par rapport aux persécutions et cruels traitemens de Blancherort, soit-disant Grequy, et ses complices, lequel, ainsi que son père , éloit alors mon tuteur; le ci-devant comte de- Blanchefort , et le ci-devant marquis de la Tour-du-Pin, ayoieot été nommés par le roi et par ma mère, pour être mes tuteurs et curateurs , lesquels sieurs de Blanchefort , soi-disant Grequy, occupèrent dès lors mon hôiel de Creqoy, rue de Grenelle , faubourg Saint-Germain , et avoient résolu de me faire périr dès mou enfance , ou de me faire moine par force , pour s'approprier et se partager impunément tous mes biens ; j'avois en< ore dans ladite pensiou, un sous-gouverneur, yers l'année 1758 ou 1759 qui se nnmme M. l'abbé Magnier, actuellement habitué au temple Sainte-Marie, à Paris. J'avois encore dans ce même temps, et
(4} Personnage qui ifa jamais existé. {Note de M*^ de Cre'quy.)
depuis Tannée 1750, on enYlron ce temps , nn maître pour Yéeriture et la langue françoise , qui se nomme M. Vettier, lequel demeure actuellement rue de la Harpe , maison du buraliste, n» 5. Les susdits sieurs abbé Magnier et Yettier existent encore tous deux p et il sera encore parlé d'enx par la suite. Le mén^ sieur de Fondras, dont il est encore question m, et toute sa parenté, ont contribué qustre fois à me sauver la Tîe, à me fabre rendre ma liberté, relever à leurs propres frais et dépens tous mes titres et papiers, pour prouver mon innocence opprimée, aussi bien que ^mon état et mes droits légitimes ; ils sont prêts à attester que cela est arrivé quatre fois de suite, en leur parfaite connoissance, dans quatre différentes arrestations , dans ma jeunesse , dont denx fois au châteaa de Pierre*en Scise , à Lyon , une fois aux p^^ea de l'Observance, et une fois dans la peUte maison des Jésoitea , située à Ecuilly, près de Lyon , le tout par les nobrs complots et les atrocités de la maison de Blancbefort , mon tuteur, des dames de Grequy et antres, leurs complices, qui , d'intelligence avec les ministres de France, du temps de l'ancien despotisme, avoient obtenu différentes lettres de cachet , sous différens noms et crimes qu'ils me supposèrent, pour me faire périr sous les coups de verges , à nu sur mon corps , dans un affreux cachot souterrain , sans feu, sans lumière, presque du , sur la paille, nourri au pain et à Tenu, des fèves, des pois, des haricots, et chargé déchaînes, pour me soustraire à tous mes droits légitimes.
Louis XV me reconnut au mois d'avril 1774, après avoir survécu et échappé ft tant de malheurs , et il m'assura un apanage sons le nom de Bourbon-Montmorency, avec une pension de trois cent mille livres à vie durante , dont la première année me fut payée d'avance entre les mains du duc des Deux-Ponts , mon parrain , pour monter ma maison en 1774. On peut s'assurer de la vérité de tout ceci , non-senlement par l'attestaiion du grand nombre des respectables témoins ci-mentionnés , mais encore on trouvera des renseignrmens dans les livres rouges et verts qui c 'Utiennent et renferment les secrets de la cmr et de l'Etat; c'est précisément là la raison qui fit que Louis XVI et M. Necker s'opposèrent à ce que l'Assemblée Nationale consiituante ne prit con noissaoce des secrets renfermés dans les susdits livres qui sont au nombre de quatre , dont trois rouges et un vert. Louis XVI , actnellement régnant, se rappela , et il convint très bien de tous
PIÈCES JUSTIFICVTIYES. JOÎ
on faits; cor feus rhonnenr de les lai prouver en f 782} mais il me refusa la coutinuation de toutes mes peusiODS de Louis XV, et des pensions de bnit cents louis que m'avaient encore assurées A perpétuité, savoir : la reine défunte , deux cents louis, Louis XV, deux cents louis , M"* la daapbine défunte , cent louis , M"* la princesse Louise défunte , ma sœur, cent louis , le tout pour récompense de ce que j^avois sauvé la vie à la susdite reine, ainsi qu'à M. et M"« la daupbine, et toute la famille royale qui existe aujourd'hui , et cela , par un complot qui avoit été tramé contre eux, et que je leur découvris alors; cet événement étant trop long et inutile à rapporter ici , je me tai«. — Louis XVI , en me privant de toutes mes pensions, me défendit aussi , sous peine de la vie, de ne jamais me qualifier autn ment que de marquis de Grequy; c'est pour cette raison que dans mii première pétition , je n'y ai pris que la qualité d'Alexandre de Creqny .
La RiiNE actuellement régnante ne pourra pas se refuser d'attf ster qu'elle m'arracha elle-même de la main de mes tyrans , de mes bourreaux, lorsqu'en 1768 ou 1769, ils m'avoient emirilonoé à Cbàlonsen Champat^ne, d'intelligence avec M. de Juigné, évêque dudit diocèse , M. Rouillé d'Orfeuil , intendant de ladite ville, et son secrétaire , le sieur Gauthier, pour me faire mourir innocemment, ou m'envoyer aux lies , pour se débarrasser de moi ; ladite reine protesta la mort de tous mes tyrans et persécuteurs; c'étoit lors de son passage en ladite ville, et même année ci-dessus dite , pour aller épouser Louis XVI; mais lorsqu'elle fut une fois en cour de France, et surtout depuis qu'elle est sur le trône, elle oublia toutes ses promesses, et abandonna l'infortuné Bourbon-Montmorency à son malheureux sort; elle fit plus encore, car elle se joignit , elle , et le comte d'Artois , à mes perg
sécuteurs MM. les ci-dçvant marquis de Bagueville, M. de
Ërock , grand prévôt de la maréchaussée de Châloos-Ghampagne, et entres illustres témoins dignes de foi , attesteront ce fait.
Messibubs, frères nu roi , la maison d'Obléank, la maison de CotiTi , la maison de Guéhenéb , les maisons de Rohan, et nombre d'autres illustres maisons, contribuèrent plusieurs fois, et en différens temps, à me faire arracher des cachots, et de la main de mes bourreaux, où la cabale des Blanchefort, des dames de Creqny et lehrs complices , d'inteil'gence avec les ministres d'Etat, avoient résohi d« me faire ptrir, tant en France, que hors du
royimme , comme par exemple, en Espagne, en Portugal, en empire d'Allemagne , en PruKse, et particulièrement à la Bastille» à Paris; au cbâtcan de Vinceones; à la maison de Gharenton , à Bicétre, chez les pères Augustins de Paris , au;L pères de St-Lasare, à Cbâlons en Champagne; à Pierre-en-Scise, près Lyon; à Marseille, à Toulon, à DÔIe, en Franche-Comté, à Besançon et autres lieux encore , pendant le cours de quarante-six ans de persécutions et de tyrannie les plus atroces dans toutes les susdites prisons ; je n'ai pourtant actuellement que cinquante-quntre ans. Je ne puis me rappeler de la date de chaque arrestation , mais elles furent successives depuis 1745 jusqu'en i79f .
M. Dandelot, ancien brigadier des armées du roi , chevalier de Tordre royal et militaire de St-Louis, et l'un des quatre premiers gentilbommes dn St Empire, lui , et toute sa parenté, rcsidant à Landau en Alsace, ou en conr de France.
Le ci -devant comte de Rochefobt, lui, et une bonne partie de sa parenté, résidant à Rocbefort, ou en cour de France.
Les ci-devant ducs , comtes et comtesse de Beacfobt, résidans à Oôle , en Franche-Comté.
Le ci-devant marquis de la Toub dd-pin. Lui-même et plusieurs de sa parenté; il étoit ci-devant gouverneur de Dijon et l'un de mes tuteurs ; sa rés dence est rue d'Enfer â Paris , ou à son gouvernement à Dijon.
Le ci-devant marquis de Rochegune. En son hôtel me du Mail, près la place Victoire A Paris.
Le ci-devant doc de Laval-Morthobbnct. A Versailles, ou en cour de France.
Le ci-devant marquis de Roghbbâboii. Gonvemenr et Commandant de la ville de Lyon , lui et toute sa parenté, à Lyon.
M. le ci-devant comte de Villabs. Mon premier gouverneur chez ma mère en Empire , avec les demoiselles Neceh*odes de Hooque-Portes, ses gouvernantes. Le susdit comte de Villars a été fait chanoine et comte de Lyon.
M. le ci-devant marquis de Montgefoo. Depnis cnré et abbé de l'abbaye d'Enée, à Lyon.
La ci-devaot comtesse de Gbolê. Elle et tonte sa parenté.
Les ci-devant comte et comtesse des Coasses. Résidans à Écuillyf à LyoD.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. ?mS
Les ddenat baron et baronne de Lorhb. Résîdans rne Saint- Lonia, an Marais.
Le d-devant cardinal de Tarciii • arcbeyéque de Lyon. Et tonte sa parenté.
Les messieurs et dames de Pont-Ghâbtrahi .
Les messieors PiaiCHon, d-deyant échevins de la ?Ule de Lyon.
M. PAGBiVT, notaire à Lyon.
M. RiTOiBoif , hnîssier à Lyon^
M. Bassinit» procureur à Lyon.
Les ci-detant comte et comtesse Faotbikrb. Résidans à Tre- ▼onx.
Les d-de?ant comte et comtesse de St-âbour. Résidans en leur terre en Franche-Comté, entre Tille de Dôle et Dijon.
Les d-derant marquis et marquise de Flàtacoobt. Résidans à Paris on en cour.
Le d-devant maréchal duc de Rigbblieu. Résidant à Paris ou à Bordeaux.
Le d-derant Cardinal duo de Cboiseoil» arche?éqne de Besançon. Résidant à Paris ou à Besançon.
Le dHleTaot cardinal de Lut nés, archevêque de Sens en Boorgotme. Résidant à Paris ou à Sens en Bourgogne.
Les d- devant duc et duchesse de Lauragais. Résidans en cour.
Les d-devaot baron et baronne de Fembllb. Réstdans à Vnns^ on à r«oyoo en Picardie.
Les ci-devant marquis et marquise de Yalbbl. Résidans h Paris on en cour.
M. Albbbt , officier de Monsieur , frère du roi. Résidant cour du Commerce, faubourg St-Germaio, à Paris.
M. de RiciiT. Résidant rue des Martyrs, près l'abbaye Montmartre, ayant été envoyé par ordre de la commune de Paris, pour faire des rechercbes de tons les piiisonoiers d'État qu'on t«'noit cachés dans ks cachots de la Bastille, il trouva une pierr<$ 6ur laquelle j'avois gravé, avec une machine de fer, un vers pour reprocher ma mort à mes tyrans , et à la foibiesse du Roi Louis XV, lorsqn'en 1770 les Blanchefort, mes tuteurs et cura* teur8,avec plusieurs dames de Crequy , d'iotelligence avec les ministres d'Etat, surprirent un ordre du roi pour me faire Irao-
ofaer ta tête dans mon capbot; Louis XV ignorant alor» qi|e c'é-
toit son fils quMl condamnoit ionocemment à mort,
M. Maruei., syndic de la çommnae de Paris, rue 3erpente.
M. Thorillon. Juge de paix et député à TAssemblée I^atioo^le^ me des Fossés-St-Marcel , n» |2. Le frère dudit sieur Tborillon et son camarade étant exempts de VïUtWi du roi h Yci saisies, furent lever tous mes titres tant à Lyon qu'à Paris, et forcèrent mes tyraos à me rendre ma liberté, avec promesse de me restituer tous mes bieni, lorsque Blaochefort, soi-disant Qrequy , qui étoit mon subrogé tuteur, lui et plusieurs dames deCrequyi d'inteiligeoce avec le duc d'Aiguilloo, alors premier ministre d'État, et plusieurs autres ministres, leurs complices, m'avoient fait eu-^ fermer par lettres de petit-cachet, le 27 janvier i 77 4, en la prévôté royale de Versailles, d'abord avec le premier desseio de m'y fair^ mourir de misère, et sous les coups; puis après et par réOexioQ pour se débarrasser de moi plus promptement,. ils subtilisèrent un ordre signé Loui» XV, pour me faire ouvrir les veioes, en me donnant un faux nom , et me supposant de faux crimes ; une espèce de miracle trop long à rapporter ici , me sauva te vie , et le maréchal duc de Noailles, pour lors gouverneur de Vers^illes^ ayant été instruit de ceite atrocité et de la complicité du juge, sieur Davant, et son grefOer, avec toute la cabale deBlanchefort» et des dames de Creqny pour me faire aussi inpocemment périr ^ le susdit duc ayant déjà été averti de ce fait , dis je, par le chirurgien qui avoit été ordonné pour m'ouvrir les veines , S envoya aussitôt un ordre avec dts gardes et une chai8e-à-p<9rteur pour m'enlever de force d'entre les mains de mes bourreaux , on me trouva moribond, et en vertu dudit ordre, les gardes et Le sssdit chirurgien me firent transporter en la maison de la charité hospitalière de Versailles , où l'on me rappela heureusement à la vie; et après parfaite guérison, le prince duc des Deux Ponts, mon parrain , d'intelligence avec les dames hospitalières et plusieurs gardes-du-corps qui étoient comme moi, convalescens en la susdite maison de charité , me firent passer en Ângleterree , en me déguisant d'abord sous l'habii de fille, puis sous celui de juif, afin de tromper les espions qu'on avoit mis après moi ; c'est en cet état que j'arrivai à Londres adressé au juif sieur d'Acostat, Joseph Abraham, au lord Maire, an comte Desland, et antres grandi de la cour d'Angleterre, ainsi qu'à M. rAiut>ass8deur de
PIËGBS JUSTIFICATIVES. 207
tVaiioa de 6e tettips-Iàs é'étoit à Yeatrét 4a moU d'avril 1774 ^ pea mjmd qae le roi mon père me reoomiut et m'assignât l'apanage 9ï pensioa dont il a été qaestion oinlevant , iKmbear qui ne n'anita que par l'entremise da prince d«s DeuvPonts, mon parrain, qui fit conool tre an roi qu'il avoit manqué faire périr inno- ' oemment son propre fils, par sa trop grande légèreté à signer des lettres de cachet, sans auparavant être bien instruit des crimes ou de nnaoccnca des Tctimes contre lesquelles on les eipédioit. Les siears Mondsy, Deicamp et Hombert firères« au Hafre de Gnce» attesteront «ncore ces faits.
M. l'abbé Bibtbblot, Instituteur da roi, confesseur et confident de ma mère f t de ma grand'mère, madame la mapéchale duchesse de Luxembourg, qui réside à Versailles s c'est lui-même qui, en 1774, quelques jours après que je ftu déliyré pour la première foie de ma première arrestation en la prévôté de Versailles, m'apporta, en présence de M. le duc de LaTsl-Montmorenc)', de M. le comte de Graoze , de M . le baron de Mezery , du révérend père Hélène, du séminaire des Lazaristes de Versailles, de M. le chevalier de Raymond , pour lors garde-du>^orps de M. le romte d'Artois ; de MM. les comie et baron de Behague de Montcove et Behague deCaotereone ; ledit ebbé Bvrtfaelot m'apporta, dis-je, en présence de toutes les personnes susdites, de la p^rt de ma mère, une lettre écrite et signée de sa propre main, cachetée avec ses armes ordinaires, à mon adresse, nom et titres de Bonrbon de Montmorency , et marquis de Crequy , laquelle lettre ledit abbé Berthelot me remit en propres nains , en présence des susdites personnes, avec une chaloutile ou petite cassette carrée longue de bois de Sainte-Luce , qui étoit couverte de galuchat vert , bien cachetée de ses armes en cire rouge et en plusieurs endroits, tant par devant que sur les cdtés de ladite chatouille , lesquelles armes étoitent imprimées ou empreintes sur des petits rubans verts cloués avec des petits clous d'argent doré : ladiie chatouille étuit aussi garnie de plusieurs plaques d'argent doré dans tous les points ; au milieu de ladite chatouil'e étoit encore une très grande plaque du même métal , sur laquelle étoieot écussons représentant It-s armes du roi mon père, et celles de ma mère; ledit abbé me remit aussi la clef de ladite chaiouille avec la susdite lettre, après que les personnes lui eurent ÊMMié et prouvé par les marques que f ai sur le corps, que j'étois
efrectiTement le flU de Louis XV, et de ladite princesse me mère; je fis alors ouyertore de la chatouille, en présence de tontes les personnes susdites, et i*y trooTai d*abord dedans douze cents louis en or, ayee l'assurance de ma mère de recevoir annuellement pareille somme et pension cbes M. Foolon-des-Murt , feriDier-général des finances de France, qui m'assuroit da secours encore plus considérables, si j'en atois besoin, et que je voulusse suifre le conseil qu'elle me donnoit : je me tais ici, parce que ce aoiil Ut secrets de VEiat , et que ne puis et ne dois révéler à personne « à moins que TAssemblée Nationale ne me l'ordonne; je trouvai aussi dans ladite cbatonille tous les titres , lettres et autres papiers néeessaires pour me faire reconnoitre fils légitime de Louis XVson premier époux secret, ou bien i our celui du marquis de Gre. quy« son second époux conventionnel^ le tout selon que la prudence et les circonstances me le dicteroient ; j'y trouvai aussi l'or* dre du Saint-Esprit, que le roi mon père nous a voit envoyé ches ma mère en ses terres en Empire , dès le jour et moment de ma naissance ; enfin j'y trouvai aussi toute l'histoire de la vie et les aventures de ma mère, et laquelle je vais faire imprimer ineee^ eamment pour la rendre publique.
M. MoRBAO , capitaine des invalides, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis, me de Sève, vis-à-vis la rue des Brodeurs, maison d'un serrurier, m 1274.
M. Rr , ci devant secrétaire an comité des lettres de cachet» et actuellement à celui de législation.
M. l'abbé Magniir, habitué au temple Sainte-Marie; H est le fillenl d'une dame de Greqny, il me connott dès l'année 1758 ou 1759, qu'il fut* nommé par ma mère, pour être m >n sous-gouverneur , du temps que j'étois en pension chez M. l'abbé Goudin d'Arostey, demeurant maison de M. Loriol, marchand pelletier, me St-Aotoine, au coin de la rue Percée, à Paris ; ledit abbé codnott d'autant plus mes malheurs et ma naissaooe, que, pour avoir pris ma défense en 1782, il fut mis lui-même dans un profond cachot des prisons de Troyes en Champagne, par ordre du tomtede Vergennes, pour lors ministre d'état, qui étoit d'intelligence avec mon subrogé tuteur, le sieur de Blancbefort, soi-' disant Crequy, pour me faire périr , moi ;et tous ceux qui oseroient prendre la dérense de mon innocence opprimée et de mes dfoits usurpés par eux.
M« BocBRinT, procureur-syndic de la commune de Vensillef/ à VemUles.
M. BiaAODB de Mortgovb.
M. Bbbagi» de Ganteriii m , et H. l'abbë Bbeacui, leur frères curé et prieur de Mêle , près Mogeat. Ils résident tous trois à Mêle, près Nogent-sur-Seine.
Les sieur et dame Élot, me des Jardîns-St-Paul, n. 6 ; ils ont connoissance de mes malheurs depuis 23 ans.
M. le curé de Mériot, résidant au Mériot, près Nogent-sor- Seioe.
M. VfiTTiBB« rue de la Harpe^ maison du buraliste, no 5; il fut nommé pour m'enseigner la langue et l'écriture françoise, depuis environ l'année i750, lorsque j'étois dans la pension de M. l'abbé Goudin, rue St-Antoine, dont il a été parlé ci-deTant; il fut aussi nommé pour être mon secrétaire et homme d'affatres; ilme perdit de vue par mes malheurs innombrables ; il me rerit et me reconnut en 1782, et reprit sa charge près de moi ; il me perdit encore de vue par ma dernière arrestation à Stettin, en Prusse; puis il me reyit et reconnut encore après ma déliTranoe et mon retour à Paris, au nx)i8 d'août 1791.
M. Gbaqx, maréchal-des-logis de la gendarmerie nationale, résidant à Senlis.
M. Legraux, inspecteur des fabriques d'azur et fonderie des mines des Pyrénées Françoises et Espagnoles, résidant cbei madame Legraux, marchande lingère, rue Jean-de4'£pin^ près la Grèye.
M. de YiBCBiux, hôtel de Candie, ruedes Bons-Enfàns; il a connu mon nom et mes malheurs dans la prison de Stettin» en Prusse.
M. RiGAVDBAc, maître tailleur, rue du Goq-St-Jean, prèf la Grè?e, la première porte cochère à droite, en entrant par U rue de la Verrerie. II me connolt et a fourni ma maison depuis plus de dix ans.
M. Petit, ancien marchand de bois; il me connott depuis environ l'année 1750, ayant toujours fourni notre maison, et celle de M. Gk)ndin d'Arostey, où j'étois en peijsion; ledit sieur Petit demeure à présent rue de la Licorne, no 14, à Paris.
Madame Mailubd et madame Teuye Globia, demeurant au h jut de la rue des Vieilles-Tuileries, au café du Gherahe-Midi.
*sttr le Baiile?ard» vU-à-vifi le rendes- yous de Yangirard ; cStes ont été toutes deui femmes de charge et de garde-robe cbei ma mère etches moi, depuis l'année I737« époque de ma naiteanee, jusqu^ed ran&ée I782> quoicfae en différentes reprieea.
BL Glbwest, cbarpentier, menuisier et ébéniste # me Sl-Lcois an Marais, ayant fourni la maison de ma mère, celle de ma peulion« cbeK ledit abbé Gotidiâ, et enfin, aussi ma propre maison, depnis l'année 1740 jusqu'en I7tô.
M. et madame DasaiTis, brodeurs en or et argent, me des Marmouzets, maison et allée du boucher, au cinquième ; ils foni^ niBsent noire maison depuis 1740, et m'ont coenn très-pertieoiièrement dans médite pension , rne St^Antoine, ohec l'abM Goudin.
MM. et mesdames DcspaananiL, et M. le président de DfWtftut, eh«s M. l'abbé Magnier, au temple Sainte-Marie.
Efienue Rieourn, ancien cocber du sieur Blancbeffort, sof>> disant Gréqny, demeurant me Feydeau, près le théâtre de Monsieur.
MM. HOLitnt père et fils et tonte là famille, résidâûs me do ebemin de Mesnil-Montant, u^ 61 .
AoTB n ckmkfîùn de mon mariage en Prasse, qtd proute et constate mon état, puisque c'est à l'ordre, et par les conseils du mi de Pfusse défimt» que j'ai contracté cette alliance, le roi m'ayautpa-snadé, qu'une fois que je serois domicilié dans sfs Etats, par le susdit mariage , il m'accorderait sa protection, eomme me regardant censé son sujet, et m'honoreroif de ses lettres de recommandation et de se6 ordres fayorables, près de son ambassadeur en cour de France, pour y rédamer et poursuivre, en son nom et autorité royale, tous mes droits et prétentions légitimes ; C'est ee qtfil effectua en eiftt, en f ?8i, mais Louis XVI et ses ministres, loin d'y avoir égard, formèrent le complot de me faire retourner en Silésie, et trouvèrent les moyens de me fabne plonger dans un affirenx cachot de SCettln, en Pmcse, chargé de chaines, du poids de phii de 60 livres, sous un fiinx nom qu'ils me donnèrent, et de feux crimes qu'ils me supposèrent,
nËGES JUSTIFICATIVES. 2 1 1
pour m» ftiire périr, en m'aMoraot pourtant nne paulon an-^ DoeUa d« 600 KYres^ et recevant tontes mes quittances sous mon nom et titre de marquis de G^ay ; eela leur réussit, parce qu'ils avoient trouvé le moyen de eorrompre» à force d*or et d'argent, les ministres prussiens, conmie les ministres de France^ et c'est dans ce emei état que j'ai gémi depuis l'année 1782, jus* qn'an ptemier mars 1791 « ^ue l'Assemblée nationale Gonsti*' liuiDte, parfaitement convaincue de mon innocence opprimée^ de mes justes prétentions et des atrodtés de la cabale de la cour^ et des ministres^ d'intelligence avec Blancbefort et ses complices, me it reedre ma liberté, et me procura les moyens de reyenir dans ma patrie, le 50 août 1791, avec assurance qu'une prompte et équitable justice me séroit rendae, et c'est ce que je sollicite et espère encore aajoard'bw«
COPIE des actes des Bourgumestres et juges dé Wdlhùu en Silisie , traduite par M« Batré, juge de Stettin , .pour l'acte de cassation du martage contracte en Pruese, entre Charles de Boufban-Montmoreneyj eidevant marquis de Crequy , et demoiselle GùUdin BalanzaCy l'année 4784 .
Mous, Baurgnemestres etSchevins du roi, résidans à Wolhau, dans le ducbé de Silébie Prussienne, savoir faisons par ces présentes, que l'épouse de M. Cbarles-Alexandre-Stanislâs-Angnste de Buurboo-Montmorency, marquis de Grequy, dame Marie- Elizabetb, née de Goudin-Balanzac, comparue par-devant nous en personne, assistée, pour cet effet, de son curateur, le négocia ntJean-Tbéophile Moller, laquelle dame nous a déclaré que, vn que son époux, pour effectuer un procès de réclamation de biens de famille, qu'il a en France, lui a demandé le consentement volontaire de la cassation et séparation pléniëreda mariage qui a subsisté entre eux jusqu'à ce jour, et que, ne pouvant es» pérer pour Tavenir, dans la situation actuelle des cboses, et après l'acquisition des titres et biens appartenans à sondit époux, la continuation de cette union matrimoniale; après une mûre déli-
2 1 3 PIÈGES JOSTIFIGATIVES.
bération ftûte de toutes les cinxmstaiicet qui sobsisteiit aetortlement» elle oonseot ToloDtaireiiieot , suivant le de>ir en snsciit II. soQ époux, à la cassation de leur mariage, saus réserre aucune, renonçant expressément à tous les droits, prérogâtiTea , titres et prétentions dont elle a joui en qualité d'épouse-, tenant M. son époux quitte des obligations qu'il a coniraelées avee elle , en qualité d'époux, et le déclarant libre pour sa personne, dès ce )our et à perpétuité» nous suppliant de Touloir recevoir cette petite déclaration volontaire de sa part, d'en domieracte, et d'en délivrer une expédition sons les formalités authentiques, pour valoir partout où il an[>artiendra; déiërant à cette demande fafte par la dame comparante, et ne pouvant y rien objecter, nous avons fait dresser le présent verbal, et l'aTons fait expédier anr l'original, selon les formes reqnises, mmi du soean de notre ville et des signatures ordinaires.
Fait et passé â Wolbau, dans la Basse-Silésie» le 16 juin 1791 .
Le magigtrat de laàUe fnUe.
Signé, Goppin, Sander, Irroner, Reichel, Granszel.— Tradnit sur l'original. Signé» Batré, assesseur ds la justice rùyale» à Stettin.
CERTIFICAT de M. Raymond, adressé à sire Charles' de Baurbon-MorUmorency, hôtel de Candie, rue des Bons-Enfants, à Paris.
Jb, Jean-Baptiste Raymond, capitaine de cavalerie» Certifie à tons ceux qu'il appartiendra, avoir pleine et parfaite connoissance de tous les malheurs et atrocités commises, tant sur la liberté que sur la vie et corps de très-illustre et très-booorable personne, sire Charles de Bourbon-Montmoreacy, ci-devant marquis de Grequy, et ce, par les ministres et le sieur Blanchefort, soi-disant Grequy, et qne je l'ai toujours connu dès sa plus tendre jeunesse, marquis de Grequy ; que toutes les fois qu'il a été détenu prisonnier en différentes prisons et forteresses, tant en France qu'en pays étranger, par les fausses accusations des ministres d'Etat et de Blanchefort, soi-disant Grequy» il a toujours
PÎÈCBS JUSnFIGATIYES. 313
rMaméf et je loi ai tonjears aœordé mes oertifleirti et téoiolgnage, pour coBtribner, comme de jnstc et de ration, à sa jiistllieatioB et reooavremeot de sa liberté/ et qoe je sois encore prêt è le faire» tontes fob et quand le cas et jostice le requerront; en foi de quoi j'ai signé le présent certificat, à Saint- Victnmien, ce premier décembre 1791. À'igné, le cheTalier de Raymond, capitaine de cavalerie.
Noos soussignés, ftiisaot les fonctions des ofAders-conmiis* saires-monicipaas, certifions à qui il appartiendra, que le seing d-dessns apposé est c«lai de Jean-Baptiste Raymond, capitaine de cavalerie, citoyen de notra bourg, et que foi y doit être ajoutée, à St-Yictoraien, du département de la Hante- Vieone, et district de St-Junin, lesditsjonr et an que dessus. Signé, Armant, procureur, Meriin-Olessibart, officier mnniciptl. Négrier, Rochebrune, procureur de la commune.
Cùpie du proeès'-verbal de» mMre»'è$*arts en médecine et chirurgie, déposé à l'assemblée /é 13 novendre 4791 , pour servir de justification à l'exposé des pétitions du sieur Charles de Bourbon-Montmo^ rency.
Nocs, soussigné maître èi-arts en Tuniverdlé de Paris, membra du collège de racadémie royale de cbinirgie, ancien chirurgienmajor des camps et armées du roi et du régiment des ci-devant gardes Fraoçoises : attestons et certifions à qui il pourra appartenir, avoir été mandé le 10 octobre dernier, pour donner nos soins à M. de Grequy, né de Bourbon-Montmorency, demeurant à Paris, rue de Ricbeliea, hôtel royal de la Marine, lequel se plaignoit d'une prostration complète des forces, d'appétit, foiblesses, maux d'estomac, défaillance, et d'une insomnie continuelle, d'étonrdissemens et de violens maux de tête, qui le faisoient souvent tomber dans un évanouissement dangereux; de pins, d'un écoulement perpétuel et involontaire de la semence et d'une sensation douloureuse , accompagnée plusieurs fois de syncopes toutes les fois qu'il se présentait à la garde-robe.