‹ Souvenirs de la marquise de Créquy de 1710 à 1803Chapitre 26 sur 95 · IX · texte numérisé non relu

IX

St4 PIECES JUCTlFlCATlVeS.

Diaprés le rëctt et l'expofé des ineonuBoditéi doal te pleignoit lf« de Creqny» né de Bonrbon^Moatmoreoey, noue iront pro« oédé à rexamen dct pertiet maladet : H noot a aœaté et ooaftMié ce qai toit, pour doiu mettre è portée de remédier, t'il étmt en notre ponvoir, an rétablitsement de ta tante, qoi étoit alort ^n trèt-manvait état, et de le aoolager de plotiesrt ineommodlfét qai mettoient tea fiicultét pbysiqact et moralet et même ta fie dant le plot g^and danger ; nont avont obter? é :

|ft Un enfoneomeBt dei os dn orine , et une loogne el larg« ci* ealrice à la partie moyenne et pottérieure' de la tète, oceationée par on eoap de tabre violent que le malade noot a dit avoir nça en 1771 ; depoit ce temt le malade eit injet ani maai de tète el au étonrdîttement.

i* Le malade a dit aroir été empoitonné phitieort foit dant tet aliment, que ta vie a été plntieart IMs en danger, et qo'il ne l'a coDtervée qu'en faitant utage de contro-polton, mait que ton eatomac et ton appeiit tout déraogét depait ce moment-là.

5« Le malade nont a aril obterver nne deatrice qui t'étend de l'aile droite du net au bord de la lèvre tupérieure; une antre qui ett à la partie tupérieure du dot de la main droite, provenant<l'une plaie faite par un poignard . qui perça cette main de part en part, lertqn*il la mit tur ta poitrine pour préterver let partiet précordialet ; deux dcatricet à la mamelle gaucbe et deux à la droite ; tix citatricet dont plotieurt tout très-longuet et coutidérablet dant l'étendue de la capacité du bat-ventre, lesqnettet ont été preduitet par des plaiet faitet par det coupt de poignard et d'épée, que le malade nous a confetté avoir reçut en différent temt; de plut il nous a fait remarquer un grand nombre d'autres cicatricet dans toute l'étendue det fesses et det cuisses» tant à leurs parties extérieures que postérieures , et nous a prétenté plntieart morceaux de peau desséchés qu'il conserve, ainsi qu'une roulette de fer en forme d'étoile à tix pointet, rouillée et encore teinte de ton tang, laquelle il nont a dit être une des cinq qai composoient la discipline avec laquelle on l'a flagellé une infinité de fois, et qui lai ont fait les plaies multipliées dont il noua a fait voir let cicatrices. Le malade noua a encore fait obterver que tur ta cuisse droite, en devant et sur toute l'étendue de la fesse droite, on voit une espèce de chandelier à sept branches, qu'on dit être nn Créquier de gueules, partie principale des armes de la

PJÊGE6 JUSTIFIGATIVES. 2t&

nalaon de Oequy» et que madame ta mère, ainsi que pkulenra cblrar^ftaiM experts lai ont assuré qoli étoit né avec les susdites marques, ce que nous croyons TéritaUe après les atoir exa*

Âo Nous avons observé une oicitrice en forme de croix qui se trooTe sur le gland, et qui s'étend sur (Nresque toute ton étendue; que le malade portoit au prépuce un anneau d'or à charnière en forqc» de boucle d'oreille, qui le génoit beaucoup, lequel ainsi que deux sntres semblables, desquels il s'étoit déjà fait délivrer, et qu'il portoit aux bourses et au-dessous de l'os sacrum (endroits oà l'on trouve encore les cicatrices), reoevoient et donnoient pa»> sage à une chaîne d'or qui fermait par un cadenas aussi d'or qu'on lui a dit s'appeler sympathiques; le malade nous a attesté que ce fut en l'aonée 1782 qu'on loi fit cette horrible opération , et qu'on lui fit aussi boire un breuvage composé de son propre saug , de cdui d'une jeune fille , de poudres et d'autres drogues que nous ne pouvons noramer ici par pudeur; que cette boisson fut aussi nommée sympathique, le tout afin, disoit-<on, de le priver de la jouissance des femmes et de Tempécher d'avoir postérité , en lui occasionaot la perte rontinuelle et involontaire de laftemence( ce projet a effectivement réussi, car le malade nous a i»>ttfesiié que, depuis ce moment, il étoit sujel è une perte continuelle et Involontaire de sa liqueur prolifique , et qu'il éprouvoit de grandes foiblesses dans toutes les parties génitales).

5'> Le constillant nous a déclaré qu'en février 1774, étant alors détenu prisonnier dans un cachot des prisons de la prévèlé royale de Versailles , le sieur de Blanchefort , soi-disant Grequy , et sa famille , obtinrent nu ordre secret du duc d'Aiguillon , alors minbtre d'Etat, et signé soi-disant du roi, pour le faire mourir, en lui ouvrant les veines des bras et des pieds. Qu'en effet, les sieors Blanchefort et JDaraiid, juges de la prévôté, éUnt présens, le geôlier de la prison , aidé de deux valets , le mit absolument nu, et le lia sur une chaiie de bois , après quoi le sieur Blanchefort , l»i-méme , introduisit un élève en chirurgie qu'il avoit mandé, lui montra le soi-disant ordre qu'il portoit, et lui commanda avec menaces de saigner aux quatre veines le particulier qu'on ln| présenta; le chirurgien tout troublé pratiqua effectivement deux saignées aui bras, mais ne voulut point faire celles des pieds, as-

lit PIÈGES JUSTIFICATIVES,

surantqae ces opérst^ons snffiroient, jugeant le priwnoier/alorr saisi de ftn^eur , en état prochain de mort; le sieur Blaocbefort se retira , alors le^chimrgien qni arait reconnn ses projets in^ fâmes, referma les saignées, et mit tout en usage pour rappeler à la \ie le moribond qui venoit de perdre une quantité considé* rable de sang (le malade nous a dit avoir éprouvé alors des syncopes très fréquentes pendant plusieurs jours , et que depuis ce moment-là, sa santé avait été considérablement affectée). Le cbirurgien alla faire part de cet boriibie attentat à M. le maréchal de Noailles, alors gouverneur de Versailles, qui sur-le-champ fit, de son ordre, transporter le moribond, sons escorte, à l'Hôtel-Diea de Versailles oi^ il est resté jusqu'à parfait rétablissement.

6» Enflu le consultant nous a fait observer que sa mauvaise nourriture dans ses différentes prisons, que l'air malsain et humide qu'il 7 avoit respiré, que les mauvais et incomplets traitemens de ses maladies , et qu'enfin l'ennui et les chagrins , auiquels il étoit en proie dans ces dlfférens cachots, lui avoient donné le scorbut; que dans cette maladie ses gencives ayant été ulcérées, il avoit perdu les dents qui lui manquent effectivement aux deuK mâchoires (les gencives étant encore aujouFdhui affectées^ et plusieurs autres symptômes existant, nous jugeons que M. de Grequy n'est point encore aujourd'hui parfaitement guéri de cette maladie).

D'après l'examen le plus scrupuleux du malade , et d'après l'énoncé qu'il nous a fait de tons les aceidens ci-dessus mentionnés , nous avons procédé à la curation, sinon complète, au moins partielle, des maladies et incooiraodités dont il se plaignoit, et au rétablissement de ses fonctions lésées. Nous avons déjà obtenu les succès suivans : 1*^ Les fonctions de l'estomac so font beaucoup mieux, les douleurs sont moins considérables, et la digestion avec moins de difficulté. 2? L'insomnie et les maux de tète sont moins violens et moins continuels. 5° Nous l'avôus délivré de l'anneau qu'il portoit au prépuce , duquel il n'avoit pu être privé jusqu'à ce jour, et qui lui procuroit des douleurs et une incommodité iusupportables. Nous espérons qu'avec le temps et que d'anrès l'emploi des moyens convenables nous parviendrons à procurer à M. de Grequy , né de Bourbon-Montmorency , une guérison sinon parfaite, au moins la meilleui*e poss ble , et nous tàcberoua

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 2tT

de le délivrer des încominoditéi qui lai rendeot la vie donloareuse et insupportable.

En foi de quoi nous lai avons, sur sa réquisition, déllyré le présent, pour lui servir oe que de raison. A Paris, ce 9 novembre i79< .

Signé, Dufouart f*', et Forestier 2*.

Pour copie conforme à I*origioa!. Signé Pierre.

Enfin , Messieurs et dignes législateurs, vous conviendrez, sans ^doute, que vous ne pourriez sans injustice exiger de moi des preuves ni des titres plus authentiques que ceux que j'ai Thonnenr d'exposer ici sous vos yeux; non sans doute, mais au contraire , vous conviendrez qu'ils sont plus que suffisans pour voua prouver mon innocence opprimée, et pour obtenir des gardes nationaux potir la sûreté de ma personne et une pension provisoire alimentaire, en attendant l'indemnité complète et la justicn si légitimement dues à l'inrortuné pétitionnaire Charles de Bourbon-Montmorency, et qui est prêt à être soutenu et protégé par plusieurs milliers de bons citoyens et bons patriotes qui sont ici présens. Messieurs, pour réprimer, en cas de besoin, l'audace criminelle et punissable de mes ennemis, persécateurs et oppresseurs.

Signé Charles de Boubbon^Morthobehcy,

rue des Bons-Enfans, hôtel de Candie.

Supplément aux Pièces présentées à r Assemblée Nationale de France^ en date du 29 janvier A79%

Je supplie l'auguste Assemblée Nationale de vouloir bien recevoir et de ne point rejeter cette dernière marque de mon zèle et de mon amour pour la patrie, par la donation que je fais de tous mes biens en faveur des pauvres de cette capitale et de tout son arrondissement; ces biens sont, savoir :

D'une part , les douze millions de florins, monnoie d'Empire,

qu2 ma mère apporta à la maison de Crequy , lors de son second

mariage avec Alpho. se de Crequy, l'année 1737, époque de ma

naissance , et avec lesquels deniers elle et Alphonse de Crequy

3 f 8 PI&GES JUSTIFICATIVES,

firtnt les aoi|ai«tions de 99 wiUages à docbers» outre plosieurs petites Tilles et gros boargs, sitars tant en Poitou qu'ea Picardie, ta Champagne , en Boargogoe , en Frandie-Comté , en Alsace* dana ia province da Lyonnois et du Daopbiné.

D'antre parti lesdits biens consistans en trois millioas bidt eent miUe li?res hypothéqués sur la terre de Chantilly et autres dépendances , depuis Tannée 1740 , et que possède actuellement le ct-derant prince de Coudé , sans m'avoir jamais rendu compte d'un seul denier « ni à moi ni à ma mère, depuis ce tempe-là jusqu'à présent,

D'autre part, dix-huit cent mille éons hypothéqués sur la terre de Brnnois, et autres fiefs, dès l'année 1740 ou environ ce tempslà. que possédolt jadis M. Paris de Montmartel, lesquelles susdites terre et leur hypothèque ont été injustement cédées à Monsieur^ frère du roi, pour entrer dans la cabale de mes adversaires , contre moi, pour me perdre.

D'autre part, la maison de Belle- Vue, les terres et châteaux de Chambord, de Becancourt, Dnplessis-Piquet ; une maison de plai* sance située à Passy, moU hôtel de Crequy, situé rue de GreneVe, faubourg St-Germain, à Paris; plusieurs hôtels de Montmorency, aussi situés à Paris^ et encore d'autres terres et maisons de plaisance, dont les noms me sont échappés , et que Louis XV, mon père, et ma grand'mère nous avoient accordés à perpétuité, à titre d'apanage pour ma mère, moi et autres, leurs héritiers, desquels susdits biens , la cabale des Blanehefort et plusieurs dames de Crequy , d'intelligence a?ec la cour et les ministres, cédèrent une bonne partie de tout à

Mesdames de France,

A M. le comte d'Artois,

La maison de Muys,

Aux Dubarris,

Aux Cbevreuses, * - •

Aux Luynes,

Aux ministres d'État, sieurs d'Aiguillon «t de Vergennes, .

ï)e Montmorin, , •

Dnportail

De Lessartj

Du ci-devant marquis de la Fayette,

De M. Bailly , ci-devant maire de Paris , i

Do ileur 1)a?int, juge de la préfôté de l'bôtd de Venallles et eeoteilter d'État

Dci nenr de Sartiee, . « • .

Do sieur Leooir, iientenaot-géoéral de police» et autres leurs eomplices, pour me faire périr. Enfin, d'autre part, mes susdits biens consistent eneore en plusieurs millions de piastres d*E8- 'pagne, de crusades neuves, monooie de Portugal, et antres ricbesses immenses et ioappréciables, que j'apportai en France, en deni difléreos temps, la première époque, en 1771, et la seconde époque au mois de décembre 1773, et dont l'infernale cabale me déponilla, d'intelKgence avec les ministres et autres, leurs cornplifes, en obtenant des ordres secrots de la cour, pour me faire perdre la vie, tant à la Bastille qu'à la pré?été royale de Ver* saîlles et antres forteresses, en me faisant passer pour un contrebandier et un fiiux monnoyeur, moi et tous les gens de ma maison.

A l'époque do mois de décembre 1773, j'étois logé place Saint- Michel, dans le même bôtel où résidoit le pHuce de Ligne avec son gouferneur; maison tenue par un perruquier, tous mes équipages étant placés dans les eoTirons, en attendant que Je Tinsse occuper mon bdtel de Crequy, rue de Grenelle.

Finalement, mesdits biens consistent encore en plusieurs pensioQs que je recevois de la cour, dont

200 louis de la part du roi. « •**..... .

200 louis de la reine défunte . . •

200 1ouisdeM. leDaupIjinaéCunt

100 louis de madame la JDauphina 4é£iBte • • . • » Et 100 louis de défunte ma sœur, la princesse Louise de France, |.our récompeuses de mes services, pour avoir sauvé la ▼ie à tonte la fiamille royale, vers l'année 1764, ou «aviron ee tems; outre encore uoe pension de 300,000 livres à vie durante» qne Louis XY mon père m'accorda dès le mois d'avril 1774» lorsqu'il me reconnut pour son fils légitime, peu après ma délivrance des prisons de la prévôté royale de Versailles, où, quelques jours plus tôt, la cabale de la cour et des ministres, d'intelligence avec Blancberort, mon tuteur, et plusieurs dames de Creqay, AToient résolu de me faire périr, en me faisant ouvrir les veines, comme il a été rapporté ci-devant; mais il plut à Louis Wl,

320 PIÈGES JUSTiFlOÀTIVES.

dès son aTéormeot an trône, qnelqaes semaines après l'époque ci* dessus, et d'intelligence avec ladite cabale infernale, de supprK mer toutf s mes pensions, en me faisant défense, sous peine de la yie, de ne me jnmaii qualifier que marquis de Crequy, ni de ne jamais parler du mariage du roi mon père avec la princesse ma mère; et, pour plus grande sûreté, il résolut, en 1782, de me faire enfermer et périr en la forteresse de Stettin, dans les Etat» du roi de P' usse.

Mon intention est qu'un tiers de tous mes susdits biens sera pour payer une partie des dettes de l'Etat et de la nation ; no autre tiers, pour l'acquit des dettes de toat débiteur insolvable, détenu prisonnier pour dettes ; et que le reste de tous les susdits biens soit employé pour le soulagement des pauvres familles honteuses, et d'autres nécessiteux de cette capitale et de son arrondissement. Mes intentions et dernières volontés étant ainsi. Messieurs, dictées par mon bon cœur et de ma propre bonne vo!onté« en mon bon sens, et sans y être engagé par aucunes considérations, que l'amour du bien que j'ai voué à mes compatriotes ; je vous prie d'avoir la bonté de faire dresser vous-mêmes un acte formel de mesdites intentions et volontés, selon que votre sagesse et vos lumières le dicteront, afin que ledit acte de donation ait force de loi à perpétuité.

P. S. La donation de mes biens est très partienlièrement destinée à prociirer à la Société des jeunes François, établie an Prieuré de Saini-Martin-des-diamps, fondée par jlf. Léonard Bourdon, tout le développement dont cet établissement si prédeux pour la régénération des mœnrs et raffermissement de la liberté et de l'égalité, est susceptible, et pour la fondatinn d'une caisse de bienfaisance dans cbaqne société patriotique, lorsque notre amour et notre zèle sincères poor le bien de la nation et de l'humanité souffrante et gémissante , depuis tant de siècles, nou5 animeront assez. Messieurs, pour en fonder une dans chaque section de la capitale et de son arrundissement, en me réservant pourtant, sur le tout, une pension honnête.

Charles oBBouBBON-MoNTHOBBNcr.

No IX.

Vérités effrayantes concernant Charles de Créquy, ni de Bourbon-Montmorency.

Peisoriib ne peat nier que Charles de Crequy» né de Boarbon- Montmorency» naqait en I757« da mariage secret, mais difalgaé en taot^ de la religion, que contracta Loois XV avec la prinœtse de Sefailzemberg, de Freyberg et da Saint-Empire, fille naturelle de Louis XIV.

Pendant 46 ans il a été la victime du despotisme , des menées infilmes des ministres de- ce temps, d*Âigai!lon (1), Vergennes et Montmorin; eelni-ci' rue Plumet , près leboa1e?ard; ces deux derniers se sont bien mal conduits dans cette affaire, et leurs lettres, restées au comité des lettres de cachet, et qui vont être imprimées» le prouTcront.

C'étoit, à tous égards> des ministres bien feits pour rancien régime, et qui, comme le temps Ta démontré, ne poufoient pas rester sous cekii-ci ; l'opimon publique leur a fait justice.

Pour les dames d& Crequy et le sieur Blaocbefbrt, soi-disant Crequy» tuteur dudit Bourbon, qui demeurent roe de Grenelle» faubourg Saint-Germain, c'est une exécration; ils habitent, tous tant qu'ils sont, un hôtel qu'ils ont usurpé, conmra les biens du Térilable, du seul Bourbon-Montmorency.

C'est un monstre que Blanchefort 1 et la seule preuve sers les marques des coups dé poignard qu'a reçus M. de Bourbon, qui tons lui ont été donnés par lui et par ses complices ; c'est une vérité ettrayante, mais qu^on ne peut, qu'on ne doit pas cacher à rbnmanité du peuple français.

« G'ett une choie étrange, que de lâches ravisseurs habitent paisiblement des hôtels dont les murs ressuent de leurs crimes, tandis que le pur sang des rois est dans la plus simple retraite, rue des BonS'Enfans, hôtel dB Candie. Peuples 1 c'est ainsi que

i^\ Nous étions ennemis iurés de M. d'Aiguillon. { Noie du Marquii de Cré(^, ;

un PIÈCES JUSTIFICATIVES,

(es criminels habitent au miliea de ?oas! Tbabitude des Tices de l'ancien régime, qui n'est connue que de ses nsurpatenrs, leur donne une effronterie qui réclame un bien prompt châtiment.

N'est-ce donc pas assez qu'ils aient par argent, par corrapli«>n de temps, détenu le vrai Bourbon 46 ans dans un afTreux cachot , chargé de fers, du poids de plus de 60 lirres, daoa ces lieux horribles, où l'homme est anéanti dans Thomme qui respire.

Et ce roi des François, tranquille dans son ennuyeux palais, reste sourd an cri de son sang, à celui de la nature i Ne sommesnous donc eotourés que de vicieux, que de trompeurs? Et quand <iono la vérité arracber«-t-elle le masque sacrilège des assassina , lies usurpateurs ?

Je ne parlerai point de tous les autres biens qui lui appartieiH nent, qui loi ont (té ravis, le détail en seroit trop long, et il paraîtra dans l'imprimé qui suivra, et qui se vendra çbes Poiraiif , imprimeur, rue Maiarine, n^'SI.

Il sufflt de démontrer que les sieurs d'Aiguillon, de Vergenoea et Montmorin,ont été traîtres envers un homme paisible. Peuplée, vous le savez, la qualité d'homme est la plus respectable; mais cet homme est un Bourbon bien connu; une inQnité de témoina que vous respectez tous, feront entendre leur voix ; elle épouvantera les Bourbon d'aujourd'hui, et les Blanchefort, qui sa disent Crequy, les Mootmorin, comme eux, ces sangsues des peuples, qui tons aujourd'hui abandonnent Louis XVI, depula qu'il ne leur a plus délivré des pensions; tous les apôtres que ce dieu sur terre a autour de lui, le nomment tous de même; devinez ce nom, cela s'entend» c'est celui de. • . . Judas.

Tous ils le trahissent, ils le trompent; ces agens du pouvoir ecécutif ne pensent et ne vivent que pour eux, faut-U le dire? ne s'engraissent que de leurs rapines sur ces victimes de l'bu* manité.

Comment pourroit-onsonffk'ir plus long-tems de si noires trahisons ? C'est à la justice, c'est à la raison à décider entre eux et Bourbon-Montmorency; lia possédé antérieurement ces biens, et ce sont eux qui les possèdent aujourd'hui. Il faut remonter à l'origine ; en y remontant, on y trouvera la vérité, source du bonheur pour le vrai Bourbon, source du châtiment trop juste, mais afft^eux, qui attend ses persécuteurs.

Quelle tache pour l'histoire, si on y lit jamais : Le peuple finn-

PIÈCKS JUSTIFICATIVES. 258

çaii, si a?ide de gloire, Taioqueurde FescIaTage et de la tyrannie^ a pu voir vivre pendant des années, an mUieu de lai , le sang des Bourbons dans l'obscurité ; la race future, à ce passage, déchirera le feaillet, le Itiasera tomber; mais qae nw oereni tremblent qa*il ne soit ramassé par la génération suivante, qui , en Htant notre déshonneur, s'appréteia à le venger.

S'il faut du respect pour les rois, il en faut pour leur sang, et une nation ne s'honore qu'en respectant cent qui doivent être ses premiers représentans.

Enfin» peuple, vous connolssez les traîtres; le sang qui coule dans les veines de ce Bourbon si populaire dans tous ses écrits , dans toutes ses actions, c'est le pins pur sang de vos ruis. Que les'trattres délogent, et que, sans leur faire mal, on les laisse végéter dans un de ces déserts qui rougiront sans doute de montrer à cens qui viendront après eux la trace de leurs pas.

Il est Bourbon, ou il ne l'est pas, c'est ce qu'il fiint vérifler au milieu de la nation assemblée ou dispersée, et de ses dignes représentans; s'il ne Test pas, qu'il rentre dans la poussière; s'il l'est, que ses persécuteurs soient vonés an mépris, et que leurs noms soient déjà mis en exécration par la génération présente.

Ce peuple si jaloux de la gloire , si Ûet avec raison d'avoir brise ses fers, ne pourra pas réduire en poudre ceux qui ont meurtri tout le corps du vrai Bourbon ; ils sont à Paris , ces fers, on les montrera à vos yeux ; vous frémirez en les voyant, mais Ils disparoltront devant les regards d*nn peuple libre.

n faut écouter, peuple, la sagesse de l'Assemblée; il faut être présent à ce qu'elle décrétera dans cette importante affaire ; elle pent dire qu'elle va décider dn sort d'nn prince mis an cachot avant l'âge de raison, aussi généreux qu'infortuné; d'une affaire qui effraiera tous les potentats, qui les fera réfléchir s'ils sont à lenr place sur le trône.

Albbrt, offlder de Monsieur, cour du Commerce, maison de Af. houlnois. A ses propres frais et dépens.

Charles de Grequy, né de Bonrbon-Umitmoreney, paroltra à l'Aseemblée le 22 et le 29 du ooorant.

Une grande victime du despotisme, à ses coneUogens (1).

GbEBS CONGITOTBRSf

Personne de yoas n'ignore les malheors et les longues détentions d'Alexandre de Greqny-Montmorency* qui tous adresse oe peu de mots, pour tous les rappeler et tous intéresser à son infortune.

Ma Tie qui va bientôt paroitre, et que je dédie aux représentans d'un peuple libre et à tous les bons citoyens, dévoilera, d'uue manière inconnue jusqu'alors, les iniquités et les horreurs qui ont été commises sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, par mes persécuteurs, qui m'ont tenu renfermé et traîné de prisons en prisons, depuis ma plus tendre jeunesse jusqu'à l'âge de 55 ans, en France, en Espagne, en Portugal , eu Empire et en lotisse, et ont fini par me faire détenir, pendant neuf aas, accablé de chaînes du poids de 60 livres, dans un souterrain, sous des noms empruntés, pour me soustraire aux yeux du peuple et me faire périr ignominieusement; le tout pour favoriser les injustes prétentions des usurpateurs de mes biens, qui se les étoiect partagés, après avoir prouvé (par un fiiux extrait mortuaire) an parlement et au public que j'étois mort, et qu'ils étoient mes héritiers, et après mille autres horreurs que je dévoilerai au long dans le courant de mon histoire, et dont j'ai été heureusement délivré, par ordre de l'Assemblée constituante, à qui j'ai £^t sa* voir mes malheurs et les injustices exercées à mon égard.

Elle vous fera connoitre . cette vie, les cruautés inoniea qu'on a exercées sur toutes les parties de mon corps, qui sont encore couvertes de cicatrices des blessures qui m'ont été faites par mes bourreaux et par leurs satellites, et elle ne servira pas peu à vous | convaincre du bonheur dû à la révolution et soutenu par la constitution, en vous mettant clairement sous les yeux toute

(4 ) Mo*e de Monaco m*a remis ceci en prison le 2 janvier ^1 793 . ( J^Tote de M"** de Créquy, )

PIÈGES JUSTIFICATIVES. t25

TinflaeDce det grands conspirateurs qui approcboient le trône» ▼onloient enTahir à la fois les grandeurs, les richesses* et se nourrir anx dépens. des sueurs de ce qu'ils appeloient la populace.

L'Assemblée constituante me fit rendre ma liberté le premier mars 179t« me permit de poursuivre mes persécuteurs de?ant les tribunaux , et d'exposer pidiliquement mes prétentions ; mais alors la cabale de mes ennemis , c'est-à-dire , les ministres , la cour et tons les ci-deyant nobles» dont je découvrirai les noms et les titres évanouis en fumée, ne doutant point qu'une captivité et des souffi ances aussi longues que celles que j'avois endurées, n'eussent affoibli mes organes et ne me rendissent entièrement étranger anx intrigues dont ellem'enyiroona, me fît entourer d'hommes vendus à se» intérêts , qui » prétextant Touloir mon b'en, s'introduisirent chez moi , sous différentes qualités , dès mon arrivée à Paris le 50 août 1791.

Ils ne réussirent que trop, les scélérats , à s'emparer de toute ma confiance , et à me conduire â grands pas vers les malheurs qui ont suivi les démarches audacieuses qu'ils m'ont fait faire auprès des représentans de la nation , et dont toute la France a été instruite; ils me firent entendre et ne tardèrent point à me persuader que je devois prendre hautement le nom de Bourbon- HONTHOBENGT, uom qui Tient de ma mère, mariée secrètement avec Lonis HV, et depuis publiquement avec Charles- Alphonse de Creqny, par ordre du roi , qui , la voyant enceinte d^ 6 à 7 mois , la força d'épouser ce seigneur, par un de ces ordres despotiqoes dont il n'y a malheureusement que trop de victimes ; ce qui , m'ont Ils dit, étoit, à leur connoissance, consigné dans les livres jaunes et ver. s qui renferment les secrets de la famille royale. Je le crns d'autant plus facilement que ma mère m'avoit toujours tenu lemémelsngage; maiss'apercevantqne toutes leurs démarches n'aboutissoient qu'à me faire passer aux yeux du public pour un homme dont la raison étoit égarée par les longs mtlhenrs, ils prirent à tâche de me faire commettre des imprudences et répandirent en mon nom des écrits incendiaires , dont 'e but étoit de faire rendre contre moi un décret qui pût m'ôter pour jamais tous les moyens de faire revivre la justice de ma cause; heureusement l'humanité de quelques représentans du peuple

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