S6 SOUVENIRS
« jet que de préparer plus sûrement Texécution de* « articles secrets. M. de Gueryiile nous rapporta « cet écrit, qui semblait exiger une confiance en- « iière de notre part.
« Les articles secrUs dani l'ea^éaUion définitive est « fixée au 25 prairial proeimnj auront leur plein H et entier effet. Le comité de salut public prend les <f mesures nécessaires à cet égard. Les sacrifices qu'il « est forcé de faire aux apparences ne le rendront que « plus scrupuleux à tenir les paroles données. Elles n sevofU religieusement gardées. Signé Gbénot, Guer- '< MEua, GuÉNO. Rennes, 9 floréal an III.
ff Le 27 mai, sur quelques indices qui nous firent <c craindre que le comité de salut public ne cher- « chat à éloigner l'obseryàtion du traité, nous en- « Yoyâmes M. Chatellier à Paris, après en a?oir « communiqué, le 24, avec le soi-disant représen- H tant du peuple Grénot. Nous chargeâmes M. Chair tellier de demander {^élargissement provisoire du ff Roi, tant pour nous convaincre de la sincérité « des promesses faites par le soi-disant comité, que « pour faciliter le moyen de faire sortir de la capi- « taie cet auguste enfant et sa sœur, qu'une garde « nombreuse entourait au Temple.
ce Le 4 juin {A6 prairial), il fut convenu que « Louis XYII et sa sœur seraient conduits le len- « demain à Saint-Cloud : Doulcet, Talien, Camba- « cérès, Treiilard, Rabaud, Syeyes, Rewbell, Guillet « et Roux, en signèrent la promesse. M. Chatellier, ff que les membres du soi disant comité de salut ff public cherchèrent à retenir quelques jours à « Paris, afin qu'il jugeât par lui-même de la
« loyauté avec laquelle ils procéderaient, quitta
« Paris le soir même, d'après les ordres qui lui
y avaient été donnés d'être de retour le 7 au plus
« tard; il arriva ici le 8 au matin. Nous nous dis-
« posâmes aussitôt à concerter, avec les représen-
• tans du peuple, les moyens d'envoyer des per-
« sonnes d'une fidélité et d'une bravoure éprouvées
« dans les environs de Saint-Cloud. Dans ce même
« moment, Louis XVH expirait dans la prison du
« Temple; dans ce même moment des ordres écrits
« étaient donnés pour faire avancer des troupes
« dans nos provinces; dans ce même moment on
« méditait Tarrestation de vos chefs, le massacre
V de vos femmes et de vos enfans. La lettre que
« nous avons interceptée le 10, auprès de Château
« giron, a découvert la profonde scélératesse du
« soi-disant comité de salut public. Cette lettre sera
« un monument durable de la plus atroce perver-
« site : vous allez connaître, braves Vendéens et
ir Chouans, les hommes qui nous offraient la paix,
ff les hommes qui régnent aujourd'hui sur notre
«r malheureuse patrie, et qui la tiennent enchaînée;
ff les hommes qui ont assassiné deux Rois de France
« en moins de trois années. {Cette lettre est la note
« ci^essus rapportée).
« Vous le voyez, braves camarades, le crime se
« dévoile aujourd'hui dans toute son horreur. La
ff Convention n'ayant pu nous vaincre, a cherché à
ff tromper notre bonne foi et a abuser de notre
« loyauté. Elle nous portait des paroles de paix, et
« elle ordonnait encore des massacres et des as-
a sassinats. Elle parlait de justice, et elle méditait