tiopie
168 (1798-1798) lettres
heureux jours de ma vie, ces temps où, ne connaissant point la méchanceté des hommes, je vivais contente et tranquille. Depuis notre séparation, que de maux de toutes sortes n'ai-je pas soufferts ! Que de peines ineffaçables ! Mais votre bonne amitié comme la mienne a triomphé de tout ; Tabsence ne nous a rien fait perdre. Votre lettre, que je garderai soigneusement, m*en est le garant. Soyez toujours la même, ma chère, et votre amie n'aura yas tout perdu. Que je voudrais aller pleurer, m*affliger avec vous; cette teinte de tristesse, qui ne vous quitte pas, me pliait, m'attache, et me rapproche de vous, s'il étai| possible que quelque chose en vous me séduisît plus que vous-même. La perte que j'ai faite dernièrement* a réveillé dans mon pauvre cœur bien des sentiments. Qu'elle m'a été sensible 1 Vous savez, pour l'avoir vue, ce qu'elle fut pour moi.
Pardon, ma chère amie, j'eusse dû, avant de vous parler de moi, me réjouir avec vous du bonheur d'avoir conservé madame votre mère. La Providence, qui, malgré qu'elle envoie beaucoup de peine, n'abandonne jamais, vous devait un soutien ; elle vous l'a accordé. Avec vous j'adore ses décrets et la remercie que, cette fois, elle n*ait pas été sévère. Remerciez madame votre mère de son souvenir et de sa bonté pour moi ; je l'envie d'être avec vous, mais je ne puis me souhaiter à la place où vous êtes toutes deux. Ma chère, je partagerai toujours vos regrets avec toute la sincérité de mon cœur ; je vous remercie du sacrifice que vous me faites'....
Bonne Paule ' ! je suis satisfaite de la pensée qu'eUe est enfin heureuse ; je leur souhaite le bonheur comme il le leur faut ; il est toujours relatif ; chacun le trouve où son caractère le lui montre.
1. Madame la duchesse de La Vallière, grand'mère de la princesse de Tarente.
2. Envoi da portrait de son beau-Arère, le prince de Talmond.