Mademoiselle de Tourzel
Ma chère, soignez bien Totre fils *. Quoique son éducation puisse en souffrir, ne pensez qu*à lui faire une bonne santô, et vous lui rendrez un grand service. Que je serais heureuse de le voir ! Pauvre enfant, il ne sait rien ^es malheurs de son père. En parle-t-il? Souhaite-t-il de le revoir? Lui ressemblet-il ? Je lui garde sa lettre ; quelquefois je la lis. Quand je la reçus, j'étais folle de plaisir: Tobjet de mon culte n*était pas anéanti >, et le nom que je portais combattait pour elle et son fils.
Adieu, nia sœur chérie ; je vous embrasse avec tout un cœur bien à vous depuis longtemps ; faites des vœux pour moi ; adieu.
Le 9 janvier 1797.
1 y a mille ans, mon amie, que je n'ai eu le plaisir de causer
vec vous. J*en ai souffert, je vous assure, car je vous aime
tendrement, vous le savez, et je compte sur vous de même. Je
ne puis oublier les jours heureux que j'ai passés avec vous,
près de vous. Hélas ! ma chère, dans ce temps combien la vie
valait mieux qu'aujourd'hui, et que la nôtre était douce, quand le matin ensemble les heures coulaient si rapidement