‹ Souvenirs de la princesse de Tarente 1789-1792Chapitre 19 sur 31 · Son mari · texte numérisé non relu

Son mari

moi-même en Russie ; nous y sommes tous appelés ; moi en étant le motif, et toute Tespérance, je suis décidée de partir dans quelques semaines. Ce nouvel éloignement m*afflige, mais il n*aura qu*une courte durée, et si c*est maintenant un sacrifice, j'en serai bien récompensée, si je réussis à sauver cette bonne et vertueuse famille des malheurs attachés à une émigration sans terme. Voilà mes motifs ; il n*y a rien de personnel ; je ne voudrai ni ne demanderai rien pour moi ; je ne veux rien que ce que j'ai ; cela plaît à mon cœur, et soulage ses maux, ces maux qui ne doivent jamais finir.

Vous recevrez, j*espère, bientôt une petite gance de mes cheveux pour attacher le cœur que je vous ai envoyé. Recevez-la, ma petite sœur, comme le gage d*une bien sincère amitié, et gardez-la avec quétquç intérêt... Je serais bien charmée de vous entendre parler de Léopold.

Mon intérêt est très réel pour tout ce qui regarde là famille et particulièrement Léopold, que je vous demande d'embrasser pour sa tante.

Je suis fftchée qu'il soit si jeune ; car j'aurais beaucoup de plaisir à le voir devenir deux fois mon neveu *.

Gardez soigneusement ce morceau de ruban, jusqu'à ce que celui qui s'y joint vous soit présenté. Ecoutez cet homme, il est parfaitement honnête et d'une province* qui n'est pas sans intérêt pour votre fils ; il connaissait son père, et a chassé avec lui dans le Parc Chalons. Je vous l'envoie, parce que je le connais et que je sais que vous pouvez vous y fier ; faites-le parler à l'homme qui jn'a si bien servie et à qui je tous prie de faire mes compliments. Dites-lui que mademoiselle La Peyrouse va aller à Paris, et qu'elle le tourmentera pour certain papier ; qu'il fera aussi bien, s'il l'a, de le nier, parce que dans d'autres temps on pourra lui faire justice, sur ce qui lui est malheureusement dû ; car elle ne s'est pas assez bien

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