Homme d'albdres
DE LA. PRINGBSSE DE TARENTB 489
ennuyeTi car je m'aperçois que ce voyage et son méchant résultat font de moi une yraie rabâcheuse.
Je suis sûre que M. de Richelieu est trop délicat et trop bon pour se porter à aucune démarche qui pourrait vous nuire. Je vous ai mandé qu*il m*avait dit qu*il était en son pouvoir d'arrêter vos appointements dans les mains du Gouvernement et, au total, qu'il était mécontent, mais sa discrétion et son honnêteté ont été jusqu'au point de ne me pas parler de la promesse que vous lui aviez donnée que je vous acquitterais vis-à-vis de lui, et cela, sans savoir si je le pouvais ou non ; et je puis vous dire, mon cher, que, si vous connaissiez ma véritable position, vous seriez terriblement honteux de votre demande. Il me parait que vous deviez en savoir assez pour être bien sûr qu'elle serait regrettée. Pour quoi me faire ce chagrin-là, qui est doublement senti par un cœur comme le mien? Il est vrai que la cour m'a donné entre quatre et cinq mille roubles en or ; il est vrai qu'elle m'a fait des pensions ; il est vrai qu'elle veut bien me loger ; il est vrai que S. M. l'Impératrice a^u la bonté de 'me très bien fournir de vêtements ; et, malgré tout cela, je ne peux pas venir à votre secours, non plus qu'à celui de la famille* qui a été l'objet et le motif unique de mon déplacement. Cette famille, que j'aime, estime et respecte, n'a pas vingthuit louis par mois d'assurés, mais n'a pas vingt-huit sols I Ah 1 mon cher ami, soyez plus juste et moins personnel, et croyez que, si je pouvais faire tout ce que mon cœur me dit, j'aurais payé M. de Richelieu et satisfait à tous les sentiments qui m'animent. J'ai ici des obligations, et si vous saviez, quand j'ai payé tout ce qui est indispensable, ce qui me reste. Mais je ne puis entrer dans aucun détail de cette sorte dans une lettre qui va par la poste ; on croirait peutêtre que je me plains : non, certes ; je puis m'affliger, et on pourrait confondre; mais je puis encore avoir du bonheur, si,