‹ Souvenirs de la princesse de Tarente 1789-1792Chapitre 3 sur 31 · ET 17 JUILLET · texte numérisé non relu

ET 17 JUILLET

M. de La Fayette accepta le commandement de la garde nationale de Paris sans que le Roi y eût consenti. Il fut proclamé commandant général à THôtel* de- Ville» le 15 juillet. La garde fut à Tinstant organisée et Tordre rétabli dans Paris. Il fallait déjà montrer au peuple son roi humilié ; le maire de Paris Toblige d*y venir; le Roi sans prévoir le sort qu'on lui destinait quitte sa famille, le 17 juillet, dans la matinée, suivi de quelques sujets fidèles et de ses gardes. L'assemblée lui envoya une députation à la barrière de la Conférence ; il y trouva le maire qui lui fit un discours, où ces mots furent remarqués : « Henri IV conquit Paris et aujourd'hui cest Paria qui conquiert son jRoi. » Les gardes du corps furent

obligés de rester à la barrière ; le Roi ne devait plus être gardé que par Tamour de son peuple révolté. Les officiers des gardes restèrent avec le Roi, mais on ne leur permit pas d*approcher la voiture ; ils furent à pied à la hauteur des chevaux. La députation suivit le Roi à THôtel-de-Ville. Il traversa la ville au pas, au milieu d*une populace immense en armes. Le plus profond silence fut observé par Tordre de M. de La Fayette, qui fit précéder la voiture du Roi par un homme appelé Michaud, qui ordonnait de ne donner aucun signe de joie sur le passage de Sa Majesté. La voiture fut précédée et suivie de pièces de canon. A THôtel-de-Ville le Roi fut obligé de confirmer les nominations du maire et du commandant général. Il fut accompagné de la môme manière à son retour. A la hauteur du chemin de Saint-Cloud, il fit donner Tordre à ses gens de le mener par Saint-Cloud et d*aller vite. Le Roi n'était plus maître de faire aller sa voiture comme il voulait ; son postillon fut couché en joue ; il fallut passer par Sèvres ; la route se fit au pas jusqu'à Versailles, où il arriva à onze heures.

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