Son mari
218 (1793-1798) lettres
laquelle j'aie des droits naturels? — Sûrement, ma chère, elle vous aura dit quels sont aujourd'hui mes projets. J'essaie par un grand sacrifice de donner quelque prix à mon existence, en me servant de la honte et de la sensihilité de l'Empereur et de l'Impératrice de Russie, pour assurer un sort favorable à la famille d'Uzès. Je vais moi-môme en Russie ; nous y sommes tous appelés ; moi en étant le motif, et toute l'espérance, je suis décidée de partir dans quelques semaines. Ce nouvel éloignement m'afflige, mais il n'aura qu'une courte durée, et si c'est maintenant un sacrifice, j'en serai hien récompensée, si je réussis à sauver cette bonne et vertueuse famille des malheurs attachés à une émigration sans terme. Voilà mes motifs ; il n'y a rien de personnel ; je ne voudrai ni ne demanderai rien pour moi; je ne veux rien que ce que j'ai; cela plaît à mon cœur, et soulage ses maux, ces maux qui ne doivent jamais finir.
Vous recevrez, j'espère, bientôt une petite gance de mes cheveux pour attacher le cœur que je vous ai envoyé. Recevez-la, ma petite sœur, comme le gage d'une bien sincère amitié, et gardez-la avec quelque intérêt... Je serais bien charmée de vous entendre parler de Léopold.
Mon intérêt est très réel pour tout ce qui regarde la famille et particulièrement Léopold, que je vous demande d'embrasser pour sa tante.
Je suis fâchée qu'il soit si jeune ; car j'aurais beaucoup de plaisir à le voir devenir deux fois mon neveu ^
Gardez soigneusement ce morceau de ruban, jusqu'à ce que celui qui s'y joint vous soit présenté. Ecoutez cet homme, il est parfaitement honnête et d'une province ' qui n'est pas sans intérêt pour votre fils; il connaissait son