‹ Souvenirs de la princesse de Tarente 1789-1792Chapitre 22 sur 29 · De Poitou · texte numérisé non relu

De Poitou

père, et a chassé avec lui dans le Parc Chalons. Je vous renvoie, parce que je le connais et que je sais que vous pouvez vous y fier; faites-le parler à Thomme qui m'a si bien servie et à qui je vous prie de faire mes compliments. Dites-lui que M"° La Peyrouse va aller à Paris, et qu'elle le tourmentera pour certain papier; qu'il fera aussi bien, s'il Ta, de le nier, parce que dans d'autres temps on pourra lui faire justice, sur ce qui lui est malheureusement dû; car elle ne s'est pas assez bien conduite pour moi, pour que je n'aie pas un véritable regret d'avoir été si bonne.

Adieu, chère amie, pensez donc quelquefois à celle qui vous aime tendrement.

Wideville, ce l*' septembre 1797.

Précieux moment, ma chère Talmond, puisqu'il est employé à vous dire, à vous répéter, à vous assurer, à vous demander, à vous conjurer, à vous supplier de croire aux battements sentimentalement fraternels d'un cœur qui est tout sœur pour vous, chère Talmond. . .

Quelle folie! En voilà assez, je suis au bout de cette lubie, pardonnez-la à un reste de gaieté. Votre idée, plus que celle de tout autre, peut facilement en rallumer une obscure étincelle, si je m'y laisse aller; la voilà éteinte.

220 (1793-1798) lettres

Moquez-vous de moi , de ma folie ; mais vous me rappelez tant de choses et un temps où notre plus grand bonheur, si nous voulons bien le voir ce qu'il était, était une extrême légèreté et une indifférence parfaite sur ce qui était au-delà du moment qui nous occupait uniquement; car, dès lors, si nous y avions pensé, à part la révolution, se préparait pour nous un avenir bien obscur et bien noir, grâce aux lots, aux tristes lots, que le Ciel nous avait départis. Voyez, ma bonne amie, quel contraste ridicule : une page et demie d'une folie qui va jusqu'à la bêtise, qui est suivie d'une page et demie qui va jusqu'à la raison la plus raisonnable. Adieu, . .

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