LES FRISONS DE PARIS SOUS LE COKSELAT
B est libre ! phrase éinouvaate qui résonne si merveilleusement à l'oreille, que toutes les idées en restent confondues dans un seul sentiment. Libre ! et ce n'étoit plus Olivier Lambert qui le disoit au hasard ; c'éloit l'arbitre presque souverain de ma liberté ; l'homme au-dessus duquel il n'y avoit qu'un homme ! Libre ! grand Dieu ! sans guichets, sans barreaux, sans verrous, sans fers, sans les terreurs de tous les jours, sans les agonies de toutes les nuits ! Libre '. et cette parole vibroit à mon oreille avec une telle sonorité que les autres me portoient tout au plus quelques perceptions confuses, le reproche de mes égarements passés, des conseils pour mon avenir, une vive exhortation à soumettre l'emploi de mes facultés au grand prince qui gouvemoit la France. Prince étoît bien le mot, je l'avois entendu distinctement j je tressaillis. Napoléon n'étoit pas encore empereur. Tout cela se termina par la notification d'un arrêté du grand-juge qtd m'exiloit à Besançon sous trois jours de délai sans plus, et par l'autorisation bénignement exprimée de passer dix jours à Paris, pour m'y procurer des ressources ou y arranger mes affaires, sauf à me présenter tous les matins dans les bureaux de la police. Un commis me délivra l'expédition de l'ordre, et je sortis seul. Je me trouvai seul; j'eus quelque peine à m'assurer que j'étois seul. Je descendis seul l'escalier; je franchis seul toutes les portes; je gagnai seul la rue, aspirant de loin l'air qui m'étoit rendu, embrassant le ciel du regard, le reculant par la pensée au delà des toits et des clochers, pressé que j'étois d'envahir un horizon plus étendu, et me faisant de l'univers, comme Alexandre, une conquête trop étroite. Heureux et fier d'être libre, comme si la liberté n'étoit pas une faculté propre de l'homme que la société ne peut suspendre sans violence et sans crime 1 Mais bientôt ébloui, fatigué, accablé en quelques minutes de cette sensation si nouvelle, mais épouvanté de la porter, et cherchant tout effaré quelque muraille qui bomAt ma marche sans objet, tant