‹ Souvenirs de la Révolution et de l'empire (volume 2)Chapitre 4 sur 50 · LES P&U0M8 DB PAIIB SOCS. LE CONSULAT · texte numérisé non relu

LES P&U0M8 DB PAIIB SOCS. LE CONSULAT

toit un homme de bonnes tnaniëres et de bons procédés, qui se présentoil fort bien, et rempltssoit avec toute la politesse requise sa pénible mission. Il s'est chargé trois fois de la méoie opération à mon égard, et deux fois au moins par une sorte de bienveillance, pour m'épargner les formes acerbes et grossières de ses confrères. Anivé dans ma chambre, il dtsoit à ses acolytes : i Retirez-vous, « messieurs, je réponds du prisonnier corps pour corps; » et nous échangions quelques paroles amènes et gracieuses, qui aboutissoient toujours de sa part à de vives offres de service, de la sincérité desquelles je n'ai jamais douté. La première fois, indigné d'être palpé de ta manière la plus indécente par deux agents qui me fouilloient pour s'assurer que je ne dérobois ni papiers ni armes, je les étendis sur le parquet, et un des soldats qui faisoient briller leur sabre nu à ma porte n'en attendit pas davantage pour se persuader que i'étois en flagrant délit de rébellion. Mon sang coula. M. Veyrat congédia ia garde, et voulut me panser lui-même avec sa cravate. Si j'avois encore à être arrêté, il est probable que je regretterois M. Veyrat.

L'automne de 1803 étoit fort avancé. Le jour commen- • çoit à peine à poindre quand je fus introduit au Dépôt de la préfecture, c'est-à-dire dans une salle basse, placée sur les limbes des bureaux, au cAté gauche de la grande cour; la lumière, qui y pénétrait plus rare encore à travers des vitres presque opaques et garnies de grilles épaisses, me permit à peine de distinguer, dans cet Ërèbe, quelques formes confuses et ef&ayantes. Je crus remarquer un mouvement en face de moi : c'étoient des têtes qui se soulevoient et retomboient périodiquement, comme si elles avoient obéi à un ressort. Je fis un pas, et je fus arrêté par nne longue traverse de bois qui occupoit la salle dans toute sa largeur : j'allongeai la main, et je touchai un sabot ; je la retirai, et elle tomba sur un escarpin. Je compris que c'étoit là un lit de camp, et que le bruit du verrou, qui aononçoit mon arrivée, avoit réveillé quelqu'un.

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