LEB PRISONS DE PARIS SOUS LE CONSCLAT. (S
DOmène dont nous cherchions ïs secret avec tant de peine'. Les événements ont parlé depuis. Notre révolution, toute faite contre la noblesse, a triplé les rangs de (a noblesse, et un franc révolutionnaire n'y trouveroit pas à redire ; car en influences délétères, il en est des privilèges comme des substances : plus ils s'étendent, moins ib font de mal. De la Vendée au Morbihan, le peuple a retiré au contraire un véritable avantage moral de son intervention inopinée. Il s'est élevé d'un élan au niveau des droits usurpés de la naissance, et on vous montrera dans ce pays-là la chaumière du voiturier Gathelineau avec autant de respect que les tours féodales du connétable de Clisson. li est vr^ de dire que ce qui grandit les nations dans leur iatérieur, ce ne sont pas les coups d'Etat de cabinet, les enthousiasmes de ciub, les ovatiogs de café, les grandes victoires politiques remporta à coups de discours : ce sont les guerres civiles.
Deux ans auparavant, j'avois été, à l'hôtel de Hambourg, rue de Grenelle-Saint- Honoré, et à l'hôtel de Béam, rue Coq-
■ It n'y a liea qui ressemble i un paradoxe comme une Idée neuve, et s'il falloit cherchar une idée neuve quelque psrt, ce seroit peut-être daQS les elTusiona d'un homme frauchement désinUressé de tout l'avenir et trancliemenl désabusé de tout le passé. Il n'y a doue rien qui ressemble mieuxà un paradoxequeceUe notion toute nouvel le sur l'esprit essentiellement libéral qui anlmoitleschouims,etJe sais qu'elle ne manquera pas de contradicteurs. Je les renverrai k un pampliiet, d'ailleurs bien peu digne de confiance, mais dont l'auteur n'avoitdumolns aucun iutérél  rendre les cbouans populaires. Ce libelle, écrit dans le cabinet Impérial, et avec les types de l'Impilmerle impériale, dont 11 est, sous celte désignation, le premier «pcnmen, est intitulé: Notice abrégée nir la vie, It caraaère et les crimes dttfrinevpoMa atsattins (oo! gagtt de l'AngUlerre, qui sont aujourd'hui traduiU deeam le IHbuaalde la Seine, On avouera qu'un pareil document laisaolt peu de chose â faire au ministère public, et qu'une Tois les accusés convaincus de erimeseli'auaBiinattmercenaiTet, It ne leur lestoit quelque chose à démêler qu'avec le bourreau. C'est peut-être le seul exemple d'une dilTamation offlclelieet avouée contre cinquante hommes en jugen>enl. Carrier et Joseph Lebon aesisloient à l'exécution de leurs vlotimes, malt ils ne Taitalent pot de brochures pour prouver au jnge en sëanca
U SOUTEKIRS DB LA RÉVOLCTIOn.
Héron, le commensal et bienUt l'ami de quelques aulres chouans qui auroient pu me su^érer les mômes impressions ; mais les vires dissipations de cet Age ne m'avoient pas même permis de réfléchir sur le cdté sérieux de leur caractère et sur la direction occulte de leur vie. Pour moi, Coster de Saint-Victor, si modéré, si poli, si plein d'une ingénieuse aptitude à toutes les saines occupations de l'esprit ; Joyaut de Villeneuve, si brusque et si tranchant quand il n'étoit pas taciturne et rêveur ; l'impatient et hasardeux Raoul Gaillard ; le grave et doux Lebourgeois, et ce fou aventureux de Burban, mieux connu jusque-là des hardis compagnons de ses expéditions téméraires sous le nom de Malabri ou sous celui de Barcù ; ces insignes personnages d'un roman épique dont l'auteur se trouvera quelque jour, ne composoient, dis-je, à mon égard, qu'une de ces sociétés de rencontre qu'on se fait dans les tables dTiôte comme dans les diligences, et auxquelles on s'assimile d'autant plus volontiers qu'un mot ou un signeéchappé TOUS a révélé d'abord entre la pensée de ces étrangers et la vdtre quelque mystérieuse harmonie qui ne se décèle jamais tout à fait, et qui s'accroU tous les jours. Les noms de ces
qne tam lei accaeés étolent mûrs ponr réchafaud. Voici ce qu'on lit snr George àam cet écrit :
< llntenlac rut tué au château de Cogtlo^on (Juillet I79&). Les ot
■ flcien émigrés qu'il aïolt amenés avec lui, Ignorant les ressourcei
■ chonanIquM, et croyant tout perdu â jamais, S6 diepersèrenl avec « Ua fonds de l'armée. George... proDta de cette circonatance... Pour
■ M maliilCDlr, Il adopta le système anti- nobiliaire, etc. •
On trouve quelques Usines à l'appui de ce monument dans la correspoodance de Puleaye. 11 écrit au cltevallerde la YieuTille, leSI décembre 1795 ;
■ J'ai écrit an prince de Léon pour l'appeler an commandement de
■ cette partie (du Morbihan) ; c'est un moyen sûr de détruire le sys-
■ tème anti-nobiliaire qui s'y propage. ■
Il est vrai que tes correapondances ont été faites ou arrangées dans des bureaux, et que personne n'en doute; mais il y a des choses qui n'ont pas pu y être faifes, et celle-ci esi dn nombre.
Leboutg^Dls me raconio" en ISO) que George, pre«sd par quelquet