‹ Souvenirs de la Révolution et de l'EmpireChapitre 16 sur 66 · REACTION THERMIDORIENNE · texte numérisé non relu

REACTION THERMIDORIENNE

On pont juger de ce qu'on appelle les r(5acfîons politiques par les lois ordinaires de la niociiniijue. Elles sont en raison de Tactioa qui a précédé; ce n'est que lentement et à la suite d'un grand nombre d'oscillations que l'action affoiblie est suivie d'une réaction plus foible^ et ainsi graduellement^ jusqu'à ce que l'action et la réaction se confondent dans un mouvement imperceptible, suivi d'une entière immobilité. Dans les révolutions, les réactions sont couvertes de je ne sais quel prétexte de représailles qui les légitime jusqu'à un certain point, aux yeux des mauvais casuistes et des moralistes relâchés. L'application d'une nécessité physique à une théorie morale est tout à fait abusive. L'obéissance des masses inertes à une impulsion donnée ne sauroit justilier celle de l'être sensible et raisonnant dont l'intelligence est éclairée par l'éducation et par la religion. Ainsi, les réactions de l'an m et de l'an iv m'ont laissé un souvenir presque aussi pénible que les scènes de la terreur. Je les peroevois d'ailleurs avec des organes plus développés, et par conséquent plus propres à subir des impressions tendres et profondes, car la sensibilité des enfants s'exerce peu au dehors. Elle est personnelle et presque animale; il faut avoir quelque

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