LA RÉVOLUTION £T L'ÉDUCATION NATIONALE. I
nous vivons, qu'on applique, autant que cela est possible, Venseignement du Port Kiuc vi do l'Arademie à nos collèges et à nos univei'sités^ il y aura de quoi exciter la dérision de tous les bons esprits» Cela sera inoU!^ extravagant» inexplicable; personne ne le comprendra^ et cependant tout le monde l*a vu, tout le mçnde Fa éprouvé ; cette éducation a été celle du siècle qui a fait la révolution ou qui Fa laissé faire, et ce vice, je le repète, est la cause incontestable de tous nos* malheui*s. François^ nous n'avions pas reçu une éducation firançoise; citoyens d'une monarchie^ nous n'avions pas reçu une éducation monarchique ; soit inadvertance, soit préjugé, soit ignorance et présomption, on nous avoit formés, comum à dessein, pour un ordre de choses dans lequel nous n'étions pas nés, pour un but qui ne pouvoit jamais se présenter à notre esprit, pour une destination politique que nous nous sommes donnée à la fin, non qu'elle convint à nos mœurs et à notre caractère, mais parce qu'on l'avoit rendue plus ou moins nécessaire à tous. De quoi retentissoit en effet depuis longtemps la chaire de l instruction, sinon des exemples déplacés et dangereux de quelques républiques et de quelques héros des temps passés, dont nous ne pouvions nous rapprocher que par des parodies indécentes et cruelles? La jeunesse françoise n'étoit-elle pas exercée pour un combat^ et nourrie, comme Achille^ de la moelle des lions? La révolution étoit inévitable sans doute, puisqu'il n y â point de peuple qui n'en ait subi à son tour; elle étoit utile peut-être, puisqu'il n'y a d'inévitable que ce qui sert à quelque chose dans les vues étemelles de la Providence ; mais son expansion incalculable est le résultat de la mauvaise éducation de deux ou trois générations successives , et cett(! révolution terrible auroit porté des coups moins sûrs et moins irréparables à Tordre socialr, si elle n'étoit sortie tout armée de la téte des maîtres du monde scolastique, comme Pallas de celle de Jupiter. L'anarchie de la régence favorisa le développement des 1. 13