SOUVEMUS DE LA RÉVOLUTION
signée dans un discours iroquois^ qui fut traduit^ par les ordres de la Convention^ dans toutes les langues européennes, si ce n'est en françois. Ce qu'on ne croiroit pas^ si l'on n'étoit pas rétlnit à tout croire quand il s'agit de ce temps-là, c'est qu'il linissoit par pro])Oser la suppression de la langue italienne dans Hie de Corse. Je n'ai pas vu le décret; mais s'il fut conforme aux conclusions du rap* porteur, on dut éprouver quelque embarras pour le mettre à exécution. Ce qu'il y a de certain^ c'est que la langue italienne subsiste.
Cependant cette idée extraordinaire excita une belle émulation dans l'assemblée. La borne du délire et de l'ignorance ne parut pas atteinte au citoyen Grégoire; il la franchit« Après avoir reconnu que l'instruction est le besoin de tous, et cet étrange orateur en offroit une preuve incontestable, il propose à la Convention a de faire filtrer • « cette instruction dam tous les rameaux de l'ordre social, a et comme fous les genres de connoissanees sont liés^ d'en « ouvrir toutes les ressources* » Il ne connolt pas de meilleur moyen de faire filtrer l'instruction dans des rameaux, et d'ouvrir iouies les ressouj^ces des genres de conyioîssances, que de révolutionner la langue. Il s'étonne que les provinces supprimées par décret conservent encore des patois incx>nstitutionnelSj et que la loi qui a effacé les dé* marcations géogi*aphiques n'ait pas étendu son effet jusqu'aux dialectes. A quoi servoit-il d'imprimer dans les bulletins qu'il n'y avoit plus de Gascogne et plus de Normandie, quand l idiome fortement accentué et la prosodie pétulante de certains habiUints des rives de la Garonne, quand la diction niuse et traînante des enfants du vieux pays de Sapienoe, révéloient tous les jours à l'oreille effrayée l'obstination d'un accent réfràctaîre et séditieux? a Cependant, continue le citoyen Grégoire^ on peut imia foimer le langage d'une grande nation... Il est d'autant « plus urgent d*uni former les idiomes, que leur disparité a a souvent contrarié les opérations des représentants dans
lA COKVENmil n* LA grammaihe.
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« les départeiiients... » Il est vrai que cotte unité d idiomo, gui est une partie intégrante de la révolution, n'est pas extrêmement facile à obtenir^ et particulièrement de nos frères du Midi, dont on connolt la ténacité ; mais sll étoit /rai qiîo la patrie n'exigeât plus d'eux qu'un seul sacrifice, le siicritice d'une habitude héréditaire et féodale offensante pour 1 égalité, celui d'un accent aigu qu'ils attachent illégalement à Ve muet^ et qui pareil être uq signe de ralliement convenu entre les habitants de ces vastes contrées!... Que dis-je ! s'écrie M. Grégoire. Ah! ne leur faisons pas l'injure de penser qu'ils repousseront aucune idée utile a la patrie ! Ils ont abjure et coiubattu le fédéralisme politique; ils combattront avec lu même énergie le fédéralisme de l'orthographe et de la syntaxe. Ainsi furent déjouées, le 10 prairial an II, Topposition effrontée de Vè ouvert, et la conspiration plus oblique et plus compliquée de l'accent circonflexe. Le discours de M. Grégoire fut lu avec attendrissement et sans faute dans les sociétés populaires de Pézénas et de Brives-la-Gaillarde. Le projet de décret étoit ainsi conçu bien textuellement, et Von peut m'en croire. Quelle imagination oseroit tenter d'ajouter quelque chose à ces incroyables extravagances?. . • « Le comité d'instruction ]>ublique présentera un rapa port sur l(*s moyens d'exécution pour une nouveixiî <x grammaire, et un A\)cabulaire nouveau de la langue a françoise. Il présentera des vues sur les changements « qui en faciliteront Tétude, et lui donneront le caractère m qui convient à la langue de la liberté, o