‹ Souvenirs de la Révolution et de l'EmpireChapitre 47 sur 66 · SOUVENIRS DB LA BÂVOLUTIOK · texte numérisé non relu

SOUVENIRS DB LA BÂVOLUTIOK

VBBGinAUD.

Et qupllp pst. suivant toi, lii issot, Fhmire de toute une exi&tence sécuiaixe où un homme ne pour ainior peut mourir sans jetrr un regard de douleur sur ce qu'il aimoit C'est le lo( de la pourpre comme celui de i'écbafaud. Si la mort ne Irainoit pas cette cruelle compensatioD avec elle, connois-tu quelqu'un qui ne vottUttde la inort avant le temps où Dieu l'envoie ?

FOBFBÈBB.

Ne plaignons pas nos enfants de notre mort ! Elle sera un jour la plus belle portion de leur héritage.

BBISSOT.

Ou bien, suivant les vicissitudes que Vergniaud prévoit dans revenir incertain de la patrie^ elle sera contre eux un jour un nouveau titre de proscription !«••

FONFEEDB*

Quil en soit ainsi, quand les malheurs de la patrie imposeront cette destinée à leur courage ! Que mon Henri garde ménioiri^ de son noble baptême de sang, et qu il se dévoue plutôt à mourir comme nous qu à transiger avec la faction féroce qui vient d'assassiner laliberté.«* la liberté qu'elle assaasîneroit deux fois 1

yBBGlIIAUD.

Ta pensée planera sur lui d'une région inaccessible aux honteuses terreurs de l^omme mortel, et ton génie enflammera le sien d'inspirations dignes de toi ! La sollicitude qui nous occupe au jourd'hui pour les êtres qui nous sont chers est le dernier lien qui nous attache à notre foibie humanité; mais elle se changera en pures délices quand nous pourrons les suivre d'une attention tranquille dans leur captivité passagère de lavie^ nousvohr renaître en eux, nous complaire dans leurs vertus, nous consoler dans leurs epreuvesj eu goûtant d'avance 1 espoir iui'aillible de

ne les plus quitter. Cette idée est tout pour qui sait en jouir !...

DUGOS.

Et n'est rien pour qui la méconnoît, Vergniaud atx>rde ici une grande question, mais il ne Ta pas tranehée«

MAINYIELLE.

Tu es bien pressé, Ducos I La guillotine la tranchera tout à llieure I

TBRGNIAUD.

J'ai dû remplir jusqu'à la fin les devoirs de mon ministère avant de m'en départir pour jamais. L'immortalité de râme est décidément la seule question qui reste à Tordre du jour.

Carra tressailloit d'impatience. Tout son système de palinpfénésic matérielle et de résurrections luultiples par le concours et la combinaison des atonies homogènes se représentoit à son esprit, sous une abondance incroyable de formes, également difficiles à rendre palpables devant un auditoire qui n^avoit pas la clef de sa terminologie scientilique. 11 se rongeoit les poings de déplaisir de ne pouvoir comjoter sur assez de patience et de docilité dans ses écouteurs les plus complaisants et les plus assidus, pour prendre le temps de développer ses nomenclatures, d'établir ses axiomes et de tirer ses inductions ; et il se promettoit^ non sans quelque regret amer du passé, de mieux employer sa vie la première fois que le hasard le replaceroit identiquement dans son individualité de philosophe«

LBHARDT.

La solution de ce doute n'est pas une œuvre de parole : c'est une profoutle impression de sealiiuent. Elle est tracée dans le cœur de tout honnête homme dont les vertus ont été mal rétribuées sur la terre. Il n'y a rien d'imparfait dans la création de Dieu, et si la probité persécutée, si l'innocence malheureuse n'avoieut point d'appel devant *

SiO SOUVENIRS DE LA RÉVOLUTION.

lui, la moralité de cette création sublime ne seroit qu'une

chimère.

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