DANS SYRACUSE
(27) Page 141. Je vais, citoyens, rapporter et mettre sous vos yeux le pillage de Syracuse^ la plus belle ville comme la plus riche de toute la Sicile ; et je terminerai par-là ce que j'avais à dire sur cette matière. 5 ny a peut-être aucun dé vous qui nait souvient entendu raconter ou lu dans nos annales la prise de cette même ville par Marcus Marcellus. Comparez, je vous prie , cette expéditioi;i guerrière avec le goù-
vemement prétendu paisible de Verres, la victoire du générai avec f arrivée du préteur^ la cohorte infâme de celui-ci avec linvincible armée de cehiirlà , les passions tyrannîques de f un avec la modération de lautre ; et vous conviendrez que îe vainqueur de Syracuse en fut vraiment le père; que celui qui Ta trouvée florissante, s'en est montré le destructeur.
Je passe ici difTérens traits, qui sont épars dans ce que f ai dit, ou que je rapporterai dans la suite. Je ne dirai pas que la place publique de Syracuse, où le sang ne coula point lorsque Marcellus en eut fait la conquête, a r^orgé de celui dune infinité d'innocens à Farrivée de Verres; que son port, où navoient jamais pénétré ni les flottes romames, ni celles des CanliaginOis, a été ouvert, sous sa préture, à un chétif brigantin de pirates; quil a fait violence à nombre de jeunes gens de condition libre, déshonoré des mères de famille, ce qu'on ne vit pas alors, c est-à-dire, dans un temps\où la prise de la vilie, la colère dun ennemi vainqueur, la licence du soldat, les usages de la guerre et les droits de la victoire semblaient tout autoriser. Je vais, dis-je, omettre tous ces excès, dont, pendant trois ans , il a comblé la mesure ; je me borne à citer les faits relatifs à i es<pèce de crimes qui m'occupe en ce moment.
Vous avez souvent entendu dire que Syracuse est ia plus grande et la plus belle de toutes les villes de
la Grèce. En cela^ citoyens , la renommée s accorde avec la viérité : car^ outre quelle est fortifiée par ssl situation naturelle ^ elle offre aux yeux un aspect imposant^ tant du côté de la terre que du côté de la mer. Ses deux ports sont presque dans son enceinte et sous les murs de ses édifices. Chacun d eux a son embouchure particulière : mais ils vont se confondre dan» un large bassin ; et cette réunion forme la partie de la ville quon appelle Pile, qui, séparée du reste par un petit détroit, s y rejoint au moyen dun pont .qui établit la communication.
Telle est la grandeur de Syracuse , qu elle se divise* en quatre villes, considérables. L'ile ^ dont je viens de parier, une des quatre, est au milieu des deux ports, et va se terminer à feutrée de fun et de l'autre. C est là qu on voit 1 ancien palais du roi Hiéron , qu occupent aujourd'hui nos préteurs. II y a des temples sans nombre , dont deux sur-tout attirent les regards par leur beauté ; celui de Diane, et un autre de Minerve , dont, avant la préture de Verres, on admirait les riches omemens. A la pointe de file est une fontaine d'eau douce, nommée Aréthuse, d'une grandeur incroyable , et prodigieusement poissonneuse , que les eaux de la mer couvriraient entièrement sans une forte digue de pierres qui la défend contre cette invasion.
La seconde ville est la partie de Syracuse qui porte le nomàAchradine, Elle est remarquable par une place
immense y entourée des plus beaux portiques ; à quoi ion doit ajouter un prytanée superbe, un vaste palais où ie sénat tient ses séances y un temple magnifique de Jupiter Olympien. Le reste de ce quartier se compose d une rue fort lai^e , qui s étend d'un bout à Fautre, et qui efle-méme est coupée par une infinité de rues de traverse ; le tout consistant dans une suite continue de maisons particulières. La troisième se / nomme Tychè, parce qu'il y avait autrefois un temple dédié à la Fortune : elle en renferme encore plusieurs, indépendamment d'un fort beau gymnase ; et c'est le quartier de Syracuse le plus vivant et le plus peuplé. La quatrième ville est appelée la Ville-neuve , parce qu'elle a été bâtie la dernière. A son extrémité , que termine un spacieux théâtre , sont deux temples consacrés, l'un, à Cérès, et Fautre, à Proserpine, pour ne pas parler d'une grande et belle statue d'Apollon dit Témémte, que Verres n'aurait pas fait difficulté d'enlever, si le transport en eût été facile.
Je reviens à Marceïïus , afin que vous ne regardiez pas ma description comme un hors-d'œuvre. Ayant pris d'assaut cette belle ville , il crut que ce serait faire une tache au nom romain que d'anéantir tant de beautés, dont on ne pouvait craindre aucun danger : il épargna donc tous les édifices publics et particuliers , sacrés et profanes, comme s'il fût venu avec son armée pour défendre la place, et non pour lassiéger.
A i égard des simples ornemens^ il consulta les droits de la victoire et ceux de Thumanité. II se croyait . autorisé par Tune à transporter à Rome beaucoup de choses qui pouvaient contribuer à son embellisse** ment; et I autre lui faisait un devoir de ne pas dé* pouiller entièrement une ville qu'il avait eu le désir de sauver.
Ce partage fut ré^é de manière que Fhumanité de Marcellus ne conserva pas moins de monumens aux Syracusains que sa victoire en acquit au peuple romain. Ce qu il fit porter à Rome est encore aujourd'hui dans les deux temples de FHonneur et de 1^ Vertu ^ comme en d autres lieux. Du reste , il ne se réserva rien pour la décoration de ses jardins et autres propriétés ; il sentit que sa maison y ne recelant pas ce qui devait orner la ville , en serait elle-même le plus bel ornement. Quant à Syracuse^ il y laissa beaucoup de morceaux du plus grand prix; sur -tout il ne se permit d'enlever aucun dieu^ de toucher à aucun. * Jetez maintenant les yeux sur Verres, non pour comparer f homme à l'homme ( ce serait outrager^la mémoire d'un héros ), mais pour opposer la paix à la guerre, les lois à la violence, le magistrat protecteur à f ennemi triomphant , Tentrée d'un simple cortège à celle d'une armée victorieuse.
J'ai dit qu'il y a dans l'île un temple de Minerve ,- * autrefois très-rictiement orné. Marcellus n'en voulut
rien ôter : Verres , au contraire , Fa piflé, Fa dëpouiQé , « de manière quii semble avoir été la proie ^ non d un ennemi qui respecte encore le droit de$ gens et la religion y mais des brigands les plus barbares. On y voyait une suite de tableaux, admirables, représentant un combat de cavalerie du roi Agathocle, qui tapissaient f intérieur du temple. H n y avait rien à Syracuse de plus célèbre que cette peinture , rien de plus &it pour exciter la curiosité des étrangers. Quoique la victoire de Marceflus eût rendu tous ces objets proËines, sa piété pour les dieux lempécha d'y toucher : mais Imdigne préteur, pour qui une longue paix, fidèlement observée par les Syracusains, devait rendre ces mêmes tableaux inviolables et sacrés, les a tous enlevés jusqu'au dernier. Ainsi les murailles de ce temple, dont les ornemens avaient subsisté pendant tant de siècles, au milieu de tant de guerres, il les a totalement défigurées et laissées toutes nues. Marcelius, qui avait fait vœu de consacrer deux temples à Rome, s il prenait Syracuse, ne voulut pas Ie% décorer de ce qu il aurait pris dans dautres temples; et Verres, qui jamais ne fit de vœux à f honneur et à la vertu , mais bien à Vénus et à Cupidon, a spolié complètement ie temple de Minerve. Le premier s'était fait un scrupule d'enrichir les dieux de ce qui avait appartenu aux dieux ; le second, dis -je, a fait transporter dans une maison
. cTinfamie les ornemens de la chaste Minerve. li a fait encore enlever de ce même temple vingt -sept autres tableaux très-bien Ëiits^ parmi lesquels étaient les portraits des anciens rois ou tyrans de la Sicile y , qui charmaient tous les yeux, non-seulement par la beauté du travail, mais par la célébrité de ceux dont ils rappelaient le souvenir et les traits. Et remarquez , si! vous plaît, Romains, combien ce nouveau tyran de Syracuse a été plus détestable qu aucun de ceux qui Favaieht précédé. Les autres du moins se faisaient un devoir d embeSir les temples des dieux , au lieu que celui-ci n'a pas craint de renverser leurs monumens et de s'approprier leurs dépouilles.
Que dirai-je des portes du temple? Je crains que ceux qui ne les ont pas vues ne me soupçonnent d exagékation ; et pourtant quelle apparence que je m oubliasse au point de mentir impudemment en présence de tant de personnages du premier rang, devant des juges dont la plupart ont été à Syracuse , et pourraient confondre ma témérité? Ces portes étaient enrichies d'or, sur un fond d'ivoire; et je puis assurer hardiment que jamais on n'en vit de plus'oelles à l'entrée d'aucun tempfe. Nombre d'écrivains grecs en parlent avec complaisance. H se peut que leur enthousiasme soit excessif, et qu'ils aient outré leurs éloges : mais toujours est-ii vrai de dire que notre général, en laissant à des ennemis vaincus les objets
de leur admiration , a fait plus d'honneur au gouvernement romain qu un préteur audacieux qui les ravit pendant la paix. On y voyait des sujets historiques représentés en ivoire avec un art infini; Verres les a fait détacher ^ sans en laisser un seul. II a pris également une superbe tête de Méduse, avec sa chevelure de serpens : et y quoi qu'il en dise , il a montré dans cette occasion que ce n était pas seulement la perfection du travail, mais la matière ellemême, que. son avarice recherchait; car ces portes étaient chargées d'une infinité de gros dous dor, qu'il n'a pas fait difficulté d'arracher. Or assurément c'était le poids , et non leur beauté , qui pouvait lui plaire. Enfin ces portes, qui, dans l'origine, étaient le plus bel ornement du tempfe, sont restées dans un tei état, qu'elles ne semblent plus faites que pour le fermer.
A-t-il fait grâce à ces tiges de je ne sais quel gramen ? J'ai remarqué sur cela votre étonnement , citoyens , lors de la déposition des témoins ; car elles n'avaient rien de ce qui tient à l'art, rien de curieux que leur grandeur extraordinaire ; c'était assez d'en entendre parier , et beaucoup trop de les voir plus ♦ d'une fois : cependant. Verres, vous les avez jugées de bonne prise.
Quant à la Sapho que vous avez enlevée du prytanée, sa beauté vous fournit une sorte d'excuse, et
Ton doit presque vous pardonner ce vol. Quoi donc ! ce chef-d'œuvre de Silanion , si digne de son auteur , si bien travaiflé^ si par&it^ appartiendrait^ je ne dis pas à un particulier^ mais à tout un peuple^ plutôt qu a un connaisseur aussi fin^ aussi délicat^ que Verres ! Assurément on ne peut lui contester la préférence. Pour nous tous , envers qui la fortune na pas été aussi prodigue , il ne nous appartient pas d avoir les mêmes fantaisies. Si quelqu'un de nous a la curiosité de voir quelque rareté de ce genre, qu'il aille au temple de la Félicité, au monument de Catulus, au portique de Méteïïus ; qu'il trouve le moyen de se faire introduire dans le Tusculum de quelqu'un de nos gens heureux ; qu'il contemple ia place publique , s'il arrive qu'elle soit décorée des morceaux précieux que ce personnage iinportant aura bien voulu prêter à nos édiles.
Verres aura donc chez lui tant de belles choses ! Ses maisons de ville et de ^campagne recèleront les ornemens des villes et des temples ! Et vous souffririez plus long-temps, citoyens, les goûts et les caprices de ce vil artisan , qui , par sa nature, par son éducation , par la tournure de son esprit et de son corps, parait beaucoup plus fait pour porter les statues que pour les avoir en propre f
On concevra difficilement combien cette Sapho laissa de regrets. Outre qu elle était de la plus grande
perfection , on voyait sur le piédestal une inscription très-célèbre, que ce connaisseur unique^ ce Grec habile , qui prétend posséder toutes les fines^s de l'art, eût Certainement fait disparaître, sii avait su ie premier mot de la langue grecque ; car cette inscription, qui reste seule ^ indique à-ia-fois {existence de la statue et son enlèvement.
Que dire encore de cette statue d'Apollon , non moins belle que sainte et révérée , qui , par cette double raison , attirait un concours perpétuel de curieux et d'adorateurs dans le temple d'Esculape ? N'estelle pas devenue votre proie ? N avez-vous pas fait enlever publiquement celle d'Aristée du temple de Bacchus? Et celle de Jupiter Imperator, que les Grecs appellent Ourios , cette statue magnifique et si religieusement honorée , n'avez-vous pas été la ravir dans son sanctuaire? Et ce buste admirable de Paros, qu'on allait voir en foule dans le temple de Proserpine, avezvous fait difficulté de le prendre ? Cependant cet Apollon était un des objets du culte public , et tous les ans on célébrait sa fêté avec celle d'Esculape. Cet Aristée, qui, selon l'opinion des Grecs, est fils de Bacchus, et auquel ils attribuent la découverte de l'huile, était adoré de la. même manière et dans le même temple que ce dieu.
A l'égard du Jupiter Imperator, imaginez, citoyens, tous les hommages qu'il recevait dans son temple. Si
vous voulez vous en Êiire une |uste idée , songez à la grande vénération qu on avait pour cette autre statue de ia même forme et de !a même beauté y que Fbmininus apporta de Macédoine à Rome. Dans le monde entier on connaissait trois statues de Ju|)iter Impe^ rator^ toutes trois dans le même genre ^ toutes trois également belles. Une de ces statues est celle de Ma*cédoine^ que nous voyons ici ; la seconde est à 1 embouchure du Pont*Euxin ; et la troisième était à Syracuse^ avant la préture de Verres. Flamininus enleva la première ; mais ce fut pour la placer dans le Capi« tole, c est-à-dire, dans la demeure terrestre du grand Jupiter.
Quant à celle du Pont-Ëuxin , quoique tant de flottes ennemies soient sorties de cette mer pour entrer dans le Bosphore, et du Bosphore dans le Pont- Ëuxin , elle a subsisté jusqu a nos jours sans recevoir aucune atteinte. Mais celle de Sjrracuse , que Marcellus, et vainqueur et armé , vit sans y toucher, qu'il crut devoir céder à la religion , que les Syracusains et tous ceux qui sont domiciliés dans leur ville honoraient avec une dévotion particulière, fobjet non-seulement de la curiosité , mais du culte de tous les étrangers, Verres na pas craint de Farracher de son temple.
Pour en revennr une dernière fois à Marceflus, sachez , Romains , que la victoire de ce général
fit regretter beaucoup, moins de citoyens syracusains qu'ils n'ont perdu de dieux à i arrivée de Verres. On dit même qu'il fit chercher ie fameux Archimède y dont le nom rappelle le profond savoir et le génie presque divin ^ et qu'ayant appris sa mort il en eut un vrai chagrin. Quelle distance d'un tel homme à cdui-ci^ dont toutes les recherches ont eu pour but, non de conserver y mais de pifler !
Je passerai sous silence une infinité de larcins qui feraient peu d'impression^ si j'en pariais en cet endroit. Je pourrais dire qu'il a fait enlever de tous le^ temples de Syracuse de superbes tables de Delphes , de belles coupes d'airain , une quantité prodigieuse de vases de Corinthe. Aussi, Romains , ceux qui sont chargés de montrer les curiosités de la ville aux étrangers^ et que les Grecs appellent mystagogues , font présentement leur métier tout au rebours : car^ au iieu qu'auparavant ils montraient les choses mêmes, ils ne font plus que montrer la place que chacune occupait. Maintenant y je le demande, qui d'entre vous peut se figurer que les Siciliens n'aient ressenti qu'une douleur médiocre de tous ces brigandages? Non , certes, il n'en est pas ainsi. Premièrement , tous les hommes font profession de chérir les objets de leur culte; c'est pour eux tous un devoir sacré de conserver et d'adorer les dieux de leurs pères. En second lieu , qui ne sait pas que ces chefs-d'œuvre de fart^ ces tableaux ,
ces statues , font les délices de tous les peuples de la Grèce? li ne faut. qu entendre leurs plaintes , pour juger de f amertume de leurs regrets, quand on leur enlève ces ornemens, qui peuvent nous paraître futiles et méprisables. Croyez , juges , ce qu'il est impossible que vous n'ayez pas appris d'ailleurs , que de toutes les injustices que nos alliés ont éprouvées dans ces derniers temps , il n'en est point qui leur ait causé , qui leur cause encore une doulfeur plus vive que cet horrible pillage de leurs temples et de leurs villes.
Inutilement il nous dirait, selon sa coutume, qu'il a tout acheté. Vous pouvez vous en rapporter à moi, citoyens ; jamais ville de la Grèce ou de l'Asie n'a vendu librement ni statues, ni tableaux, ni rien de cette espèce : à moins que vous ne vous persuadiez peut-être que, depuis qu'on a cessé de rendre une exacte justice à Rome, les Grecs sont devenus indifTérens pour ces productions du génie , que nonseulement ils ne vendaient pas , mais qu'ils achetaient auparavant. De bonne foi , s'imaginera- t-on que, Crassus, Scévola, Claudius, ces hommes si puissans , dont la magnificence a rendu l'édilité célèbre , n'ayant pu traiter avec eux pour aucun objet de cette nature, ce trafic ait commencé sous les édiles créés depuis le relâchement des tribunaux ?(Cicéron, Verr. IV, 52.)
(28) Page 44â. On a placé à f entrée principde de la bibliothèque de Syracuse une célèbre inscription grecque, sur laqueHe le P. Lupi a donné des édaircissemens , et qui nous apprend que le père d'Hiéron se nommait Hiéroclcs. La guerre la plus cruelle s est élevée à ce sujet entre M. fabbé Capodieci, Tévêque actuel de Syracuse , et Fabbé Sinescd. On a écrit des volumes , on s'est aigri , et la mémoire d'Hiérori et d'HiérocIès est venue troubler la douce paix de fé^ise de Syracuse.
(29) Page iSi, Le Vaccanini fut choisi pour dessiner l'architecture des monumens de Catane, lorsque cette ville ressuscita en 1740. Les Êibriques ont une sorte de noblesse et de magnificence ; mais on retrouve trop souvent dans les omemens te mauvais goût du Borromini. Un capucin, frère Libérale, dessina le plan de la nouvelle ville d une façon si mahdroite , que, pendant 1 été , on ne trouve nulle part le moindre abri contre le soleil.
(30) Page iS3. On trouve, dans ce musée, des échantillons de laves de fËtna. Leur nombre et Tordre dans lequel ils sont placés permettent den étudier la nature et la décomposition. On y voit aussi quelques fragmens des mines de la Sicile , qui prouvent évidemment labondance des métaux dans
cette ile ; mais I exploitation en serait si coûteuse ^ quon a dû abandonner les entreprises tentées plusieurs fois sans avantage. Leantî raconte qye quelques monnaies d'argent furent frappées en 1734. Le méfâi avait été extrait des mines de Sicile. Ces monnaies offraient f effigie de lempereur Charles VI, alors souverain de Me, avec cette épigraphe latine : EX VISCERIBU s , MEIS. Charles III voulut aussi s occuper des mines sici^ liennes. Ce prince y employa des ouvriers saxons trèsversés dans ce genre de travail ; mais le bois manquait, et , la dépense devenant supérieure aux produits , lentreprise fut encore abandonnée.
(3 1 ) Page i38. Je crois devoir rapporter ici un passage de louvrage du comte Rezzonico, relativement au bas-relief curieux, présumé égyptien, qui fait partie de la collection du prince de B***, sans garantir toutefois Texactitude du jugement porté par cet écrivain élégant, savant et spirituel :
« Un basso rifievo altresî mi fîi presentato d*oscu- » rissime ailusioni , ed abile a rintuzzare gli sforzi di » qualunque erudito, che non siasi iniziato nefl'-esotte- » riche dottrine cosmplogiche, e nell* astrusa teogonia » de' popoli primitivi a me nota per Je recenti scoperte » fattesi nel Bengala e i samscretici misteri disvelati » dagli accademici di Calcutte. Vedesi una donna » spremere il latte dalle sue vizze pope, ed irrigarne il
» labbro ottangolare dî un' arca, che in se cbntiene n molti animali e varie teste dî Ëaincrafli y che animati » dafla proiifica rugîada emergono da!f imo fondo ; in- » tomo aQe pareti è scolpita una pompa ^[izia funèbre » in minutissime figure. Escono dai labbro alcuni fan- » ciufli y che porgono mano ad altri molti, da' quali è » sostenuto il cadavero d' un grosso bue colle zampe » alzate verso il cielo, e pare che tentino di gittarlo in m quel vaso. Or chi non vede qui effigiata la natura y » il cahoSy e le tre potenze di creare, mantenere e dis- » truggere, ossia findica Trimurti? Imperochè ii bue » morto dinota evidentemente la distruzione; e fatto e » lo sforzo de' genj^ per gittame il cadavero nel gran » vaso si è il circolo perpetuo della morte alla vita y » che mantiene eteme le cose, avvegnachè pajapo a » nostri debili sensi annichilate e distrutte. A togfiere » poi ogni dubbio della mia spiegazione basta osser- » vare, corne feci io stesso aQa seconda volta, dietro » la natufa le ali manifeste delf incubazione, e queste » formate in modo y che figurano eziandio le natatoje » de pesci , e sono coperte di squame fin là d' ond » escono le penne ritorte ail' insii delk chioccia y e » cosi tutto ewi egregiamente espresso il cosmolo- » gico pensiero degli Sciti e degli Ëgiziani. »
(32) Page /7/. Le lave dell* Etna ridotte a pulimento ojfTrono vajate superficie y e Brydon ebbe
torto nd credere y che poco fossero dîfferentr le une * dair altre ^ e non degne d' entrare in contesa co' bei misch} de! Vesuvio. Dolomieu bene osservô che l'Etna ed i vulcani defl' isole Liparie traggono al sommo i porfiriti e i graoiti^ su cui posano^ e la catena porfiretica qui appunto comincia e stendesî fin sotto Stromboli. (Rezzonico, tom. VI, p. 30. )
(33) Page /<?/. Les médailies de Centorbi représentent ordinairement une tête de Jupiter, quelquefois une tête de Diane, et au revers un trépied ou un carquois.
(34) Page i82. Les médailles d'Enna représentent une tête de Cérès. — R. Un cerf, pu Pégase, ou une torche.
(35) Page i87- Les médailles de Taormine représentent ordinairement :
Une tête de Bacchus, couronnée de lierre. — R. Un soldat avec un chien.
Une tête disis. — R. Un Minotaure et un soleil.
Une tête d'Apollon, couronnée d olivier. — R, Une lyre , ou un Minotaure , ou un trépied.
Une tête de Minerve. — R, Une, chouette.
(36) Page 487 . Les médailles de Naxos repré-
senteni une tête de vieillard y et sur le revers une couronne de laurier avec les lettres N. A. placées au milieu.
(37) Page i90. Anacreontiche deW Ahate Giovanni Meli ^ Siciliano , ridotte in italiano da Giovanni Rosini.
LU GIGGHiU.
La benda lacera , Spinnatu tuttu , Chiancia Cupidini A chiantn nittu.
Bucculiavasi
Pallidu e zarcu :
Me matri Veneri Mi nimpiu i' arcu.
Oh ! béni atijati ( Ci dissi allura ) ; Tusidiayula, Non criatura.
*Ncrepati, ruditi; S) , c' afd gustu :
Aimenu termina Speddi stu sustu.
A st* improperi S' ingatta e taci ;