SYRACUSE
Hîc Phœbo digna et muais venerabere vatum
' Ora excencntum , sacras qui carminé S}dvp ,
Quiquc Sjracosià résonant Helicona Camoenl.
(SH. Itair Pmu'oor. tib. XIV, T. iS.)
Un chemin taillé dans une roche plate , unie , qui suit ,1e rivage de la mer , et sur laquelle* $e voient encore les traces creusées par les roues des anciens chars , conduit à la moderne Syracuse. Des carrières , quelques tombeaux , parmi lesquels je cherchai celui de Lygdamis , cë paricratiaste vainqueur aux jeux olympiques , së trouvent sur une colline du sommet de laquelle on découvre Syracuse , qui n’est plus que l’ile d’Ortygie (à), fortifiée avec assez de soin.
En face dé Plemmjre asiaiUi par les mers ,
Une île est élevée au sein des flots amera:
’ Ortygie est le nom quelle eut aux premiers âges ;
Ce nom lui reste encor. Cest sur ces beaux rivages >
(a) Ainsi nommée <fun mot grec qui vent dire caille. Ainsi Vile d'Orty^e signÎGe proprement Vile des cailles ; et cette dénomination loi a été donnée prôbabiqment parce qn'H ij trouvait un grand nombre de ces oiseanx. On rappelait aussi simplement et par excdlenee Vile [•Nîîeof ,en grec ]. Cétait un des cinq quartiers qui composaient la ville de Syracuse.
Qa'Alphie, 4|ntnt fidèle et vo^igear heureux , , .
Suivant lecrètetlient fon |>eticbant amoureux,' ^ ,
' Et quittant MUS regret CEIidc sa patrie',
Se glissait sons les mers vers sa nymphe ehe'rie :
Tous deux au même Ih murmuraient leurs attfonn }
Tous dqux dans la même onde allaient finir leur cours.
' ■ , Leurs berceaux sont divers ; Icufs tombeaux sont les mêmes. .
{Énéidt, liv, iii , trad. de S. Delille. )■
Ce que fon voit d’abord confusément, est un amas de bastions, de clochers. Les regards s’arrêtent ensuite sur, ce grand port qui vit finir fà puissance , ia gloire et le bonheur des Athéniens. L’Epipble parait ensuite. Enfin , en approchant . davantage derrière des rochers taillés pour recevoir. des sépultures, les ruines de Tychè [^Tup^ji] , les latomies, de Denys et une por^ tion du. théâtre, se découvrent à vos yeux. Le soi est 'rocailleux , pierreux ^ur les sommités, et d’une fertilité merveilleuse dans les li0ux bas ; un ruisseau est presque toujours entouré d’aloès, de figuiers; d’orangers, et d’un gazon vert et épais : ce contraste avec celui de (a nudité et du ton gris bleuâtre des rochers qui Fenvironnent, est d’un effet frappant et pittoresque.
On n’entre dans Syracuse qu’après avoir passé soustrois-ou qusttre portes garnies de pontsdevis. Des chaussées prolongées sont jetées sur la mer,