ORIGINE DES DEUX SAINTE-BARDE : L UNE RUE DE REIMS
l'autre rue des POSTES.
D'avril 1814 à mars 1815, le cours des études reprit sa marche régulière.
M. Victor do Lanncau qui ne s'était appelé jusquo-là que Lanncau ou Delannean, d'un seul trait, avait, lui aussi, repris, comme tant d'autres, la particule nobiliaire. Certes, cet homme si distingué n'avait pas besoin de ce de aristocratique placé devant son nom, pour le rendre illustre; son nom plébéien, cher et respecté de ses élèves, n'étaitil pas sa véritable noblesse ?
M. VictorMarcy de Lanncau était né au château de Bard, entre Montbard et Scmur, dans la basse Bourgogne. Sa famille, de petite noblesse, avait été dispersée par la tempête révolutionnaire de 1193; l'antique manoir et ses dépendîfnccs avaient été vendus au profit do l'Etat.
En 1810, il raclicta le vieux château de ses ancêtres, et,
252 ponrnAiTS d'auteurs.
chaque année, aux vacances, il venait, avec sa femme et ses enfants, MM. Adolphe, Achille, Eugène, Ferdinand et deux filles, y passer six semaines de repos.
Dans sa jeunesse, M. de Lanneau avait fait de solides et brillantes études , exemple que ses fils auraient peutêtre dû suivre un peu mieux.
II avait reçu d'abord les ordres sacrés , et s'était élevé par son seul mérite à la dignité de vicaire-général du célèbre évêque d'Autun, Talleyrand de Périgord.
Les ordres religieux ayant été supprimés, le vicaire- général d'Autun prêta le serment exigé des prêtres à la nouvelle constitution républicaine.
Après la promulgation du concordat, en société avec un de ses amis, M. Miel ou Miet, je ne sais pas trop, il loua le petit collège de Reims et quelques vieilles maisons attenantes, ayant jadis appartenu aux révérends Pères jésuites, qui bien longtemps avant la Révolution, y avaient fondé sous le vocable de Sainte-Barbe un collège qui était devenu célèbre.
Un succès inespéré, dû à une habile direction et à de solides études, vint couronner l'oeuvre de iM. de Lanneau.
De tous les coins de la France, les élèves affluèrent si bien, qu'au bout de cinq ans, il fallut compléter, par la location de nouveaux immeubles appartenant à un nommé Fessard, à raison de six mille francs par an, la presque totalité des bâtiments qui avaient formé jadis l'emplacement occupé par l'ancien collège.
Mais l'intérêt désunit leè deux associés.
M. Miet se retira ; il lui fut accordé un droit fixe annuel sur chaque élève. Pendant huit ans , j'ai pu le voir à la caisse de l'institution, emportant soigneusement à chaque trimestre d'assez jolies sommes rondelettes.
Resté seul, M. de Lanneau, marié et père de six enfants