‹ Souvenirs de Madame de Caylus avec une introduction et des notesChapitre 26 sur 33 · C) SOUVENIRS · texte numérisé non relu

C) SOUVENIRS

ont contribué au mauvais succès rie son voyage en Pologne ; mais, comme on croyoit ici, dans le temps qu’il partit, l'affaire certaine, et qu’il étoit persuadé de ne jamais revenir en France, les adieux furent aussi tendres et aussi tristes entre madame la Duchesse et lui qu’on peut se l’imaginer ' .

Ils avoient un confident contre lequel la jalousie et la véhémence de M. le Duc ne pouvoient rien: ce confident étoit M. le Dauphin, et je crois qu’ils n’en ont jamais eu d’autre. Cette affaire a été menée avec une sagesse et une conduite si admirables , qu’ils n’ont jamais pu donner aucune prise sur eux ; si bien que madame la Princesse fut réduite à convenir avec madame sa belle-fille, qu’elle n’avoit d’autres raisons de soupçonner cette galanterie,

t . Le prince de Conti fut élu roi de Pologne le 27 juin 1697 ; mais l’électeur de Saxe le devança et se fit sacrer le 15 septembre. Le prince alla jusqu’à Dantzick, et revint en France.

DK MADAME DE CAYLliS.

que parce que M. le prince de Conti et elle paroissoient faits l’un pour l’autre.

M. le prince de Conti ne goûta pas longtemps le dédommagement qu’il trouvoit dans sa passion au défaut d'une couronne. Son tempérament foible le fit, presque aussitôt après son retour, tomber dans une maladie de langueur, qui termina enfin sa vie trois ou quatre ans après*, infiniment regretté de toute la France, de Mouseigneur, et de sa maîtresse.

Elle eut besoin de la force qu’elle a naturellement sur elle-même pour cacher à M. le Duc sa douleur. Elle y réussit d’autant plus, je crois, qu’il étoit si soulagé de n’avoir plus un tel rival ni un tel concurrent, qu’il ne se soucia d’examiner ni le passé, ni le fond du cœur.

Madame la Duchesse vécut comme un ange avec lui; elle fit même que l’éloignement de Monseigneur pour la personne de

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