‹ Souvenirs de Madame de Caylus avec une introduction et des notesChapitre 4 sur 33 · Préface de M. de Monmerqué · texte numérisé non relu

Préface de M. de Monmerqué

PREFACE

Quelque respect qui soit dù au témoignage d un homme aussi éclairé que M. de Monmerqué sur C histoire du xvne siècle, nous avouons ri avoir profite que dans une certaine mesure des corrections qu'il indique, et quil a pratiquées lui-même dans son édition des Souvenirs.

Les variantes introduites d’après le texte des mémoires inédits de mademoiselle d Aumale , nous ont d abord paru généralement peu heureuses ; et M. Sainte-Beuve , dans l'article que nous avons déjà cité , ajoute à notre sentiment l’appui de son autorité'.

En outre , dans P exposé même des

i. « Le texte de Petitot, dans la Collection des Mémoires, sous prétexte de plus de correction , est parfois moins attique que le texte des éditions précédentes : je dis cela pour ceux qui y regarderaient de près. »

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faits, nous croyons voir des raisons, non pas de suspecter le témoignage du savant éditeur, mais de nous tenir sur la réserve à l’égard de mademoiselle d' Aumale. Je veux bien que le comte de Caylus, dans la prévision d’une publication, ait malheureusement corrigé, c’est-à-dire altéré en quelques endroits le texte dicté par sa mère ; je conviens que le texte jusqu’ici adopté des Souvenirs n’a pas également partout l’abondance, le laisser-aller d'une dictée ; mais, dans les leçons fournies par le manuscrit de mademoiselle cT Aumale, je ne vois ni plus de vivacité, ni plus d’ abandon ; moins de correction tout au plus. « Loin de nous, s’écrie M. de Monmerqué, de suspecter la bonne foi de [éditeur de 1 806 ! Il peut n'avoir pas bien connu le caractère de l'écriture de madame de Caylus » Mais, dans la lettre de Ma-

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rin , croyable sur ce point , puisqu'il s'agit d'un manuscrit longtemps confié à ses soins , il n’est nulle part question d’un ouvrage écrit de la main île madame de Caylus. Il y est dit , au contraire, expressément que c’est pendant une maladie qui la retenoit au lit quelle fut sollicitée par son fils d écrire ses souvenirs, et que c’est au pied de ce lit qu’il les écrivit sous sa dictée. Nous objectera-t-on que madame de Caylus dit au début de ses mémoires : J’écris sans ordre ? L' argument ne nous paroi troit i ms de conséquence. Si mademoiselle d’Aumale a possédé un manuscrit autographe des Souvenirs de madame de Caylus, il faudroit donc supposer que madame de Caylus eût recopié de sa main le manuscrit dicté à son fils, pour en faire présent à son amie ? Quelle fatigue ! N'est-il pas plus simple

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de croire, ou que madame de Caylus aura fait à mademoiselle d'Aumale une autre dictée, différente de la première; ou quelle -même, mademoiselle (f Aumale , aura copié en r altérant le manuscrit du comte de Caylus ?

Dans l’ impossibilité de conclure , nous n'avons pas voulu priver entièrement nos lecteurs du bénéfice des corrections introduites par M. de Monrnerqué. Nous avons donc admis ces corrections , toutes les fois quelles ne portent que sur un mot impropre ou détourné de son sens, sur une phrase vicieuse, etc. Quant aux corrections plus étendues, aux variantes qui modifieraient plus ou moins complètement le texte, nous les avons renvoyées à la fin du volume, parmi les notes, où les lecteurs pourront aller vérifier par

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eux-mémes leur authenticité et la légitimité de nos réserves.

A l'exemple des premiers éditeurs , nous réimprimons la préface de Voltaire et les notes qui lui sont attribuées. Si quelquefois nous y avons ajouté, soit pour préciser une date , soit pour rétablir un nom ou un titre , nous n'avons pas cru que cela valût la peine d être signalé : nous ne revendiquons comme nôtres que les notes placées à la fin du volume, et qui, placées au bas des pages , auroient eu le tort de multiplier les interruptions.

Nous avons été moins respectueux /jour les notes de Renouard, plus spirituelles que savantes, et qui ont généralement le défaut délie inspirées par un esprit de parti qui ne leur laisseroit aujourd'hui qu'un foible intérêt.

Mais , après réflexion , nous avons

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obéi nu sentiment qui lui a fait supprimer dans son édition le choix de lettres de madame de Caylus qu duger avoit ajouté à la sienne. Nous pensons, comme M. Renouard , que les lettres de madame de Caylus ont assurément un certain intérêt de style ; mais que cet intérêt foiblit si on les sépare de celles de madame de Maintenon , auxquelles elles ont été réunies jusqu’ici. En fin de compte , ce nest point une édition des œuvres complètes de madame de Caylus que nous avons prétendu faire. Nous réimprimons les Souvenirs plutôt , ainsi que je T ai dit au commencement, à cause de leur mérite littéraire que de leur intérêt historique : l'intérêt des lettres seroit plutôt historique que littéraire. Ceux qui , après avoir lu les Souvenirs de madame de Caylus, voudraient compléter l'étude de son carac-

XL PRÉFACE

tère par la lecture de ses lettres , les trouveront facilement mêlées à la correspondance de madame de Mainte non.

En terminant , nous croyons ri avoir rien négligé pour donner à cette nouvelle édition des Souvenirs l’intérêt , t éclaircissement qu'on y pouvoil souhaiter. Le soin de l exécution typographique , les gravures nouvelles jointes au texte , restauration d’une mode trop oubliée , enfin le nom de l’ imprimeur et du libraire disent assez qu’on a voulu faire œuvre de goût, œuvre d’art et de dévotion littéraire.

PRÉFACE

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