VUE DE LA POMPE A FEU DE CHAILLOT, PRISE DU GROS-CAILLOU
Dessin de Lallemand, gravure de Née
pastel ; on riait, on s'amusait. L'usage, à cette époque, était de chanter au dessert. M"' de Bonneuil, qui avait une voix charmante, chantait avec son mari des duos de Grétry, puis vesiait le tour de toutes les jeunes demoiselles, dont cette mode, il faut l'avouer, faisait le supplice; car on les voyait pâ!'T, trembler, au point de chanter souvent f?.ux. Malgré ces petites dissonances, îç dîner finissait gaiement, et l'on se quittait toujours à regret, bien loin de demander sa voiture en se levant de table, ainsi qu'on le fait aujourd'hui.
Je ne puis cependant parler des dîners actuels que par ouï-dire, attendu que, peu de temps après celui dont je vous parle, j'ai cessé pour toujours de dîner en ville.
m'assieds sur Une chaise qui se trouvait en face de mon chevalet, sans m'apercevoir que ma palette était pesée dessus ; vous jugez que je mis robe dans un tel état que je fus obligée de .ester chez moi, et dès lors je pris la résolution de ne plus accepter que des soupers.
Ceux de la princesse de Rohan-Rochefort étaient charmants. Le fond de sa société se composait de la belle comtesse de Bi ionne et de sa fille, la princesse de Lorraine, du duc de Choiseul, du cardinal de Rohan, de M. de Rulhières, l'auteur des Disputes; mais le plus aimable de tous les convives était sans contredit le duc de Lauzun; on n'a jamais eu autant d'esprit et de gaieté ; il nous charmait tous. Souvent la soirée se passait à faire de la musique.
Souvenirs de Madame Vigée-Le Brun
et quelquefois je chantais en m'accompagnant sur la guitare. On soupait à dix heures et demie ; jamais plus de dix ou douze à table. C'était à qui serait le plus aimable et le plus spirituel. J'écoutais seulement, comme vous pouvez croire, et, quoique trop jeime pour apprécier entière-