‹ Souvenirs de Mme Louise-Elisabeth Vigée-Le BrunChapitre 3 sur 84 · CATHERINE II IMPÉRATRICE DE RUSSIE · texte numérisé non relu

CATHERINE II IMPÉRATRICE DE RUSSIE

Dessiné par G. Rotari

Gravé par E. Tchemésov

OÙ elle vécut

viennoise, où l'avait introduite le prince de Ligne, procurait à M" Le Brun des distractions mondaines et des succès d'artiste. Quelques-uns de ses plus charmants portraits datent de cette époque, et elle prit surtout plaisir à peindre les belles dames polonaises, qu'elle trouvait toutes « aimables et jolies ».

Elle quitta Vienne pour Saint-Pétersbourg, où elle se rendit en passant par Dresde et Berlin, et en s'arrêtant chez le prince Henri de Prusse, qui avait fréquenté son salon à Paris et qui lui fit la plus aimable réception. Elle arriva, au mois de juillet 1 795, dans la grande capitale russe, fut admise aussitôt chez l'impératrice Catherine et travailla d'abord pour la famille impériale.

Elle peignit la future impératrice Elisabeth Alexéevna , la grande-duchesse Anna-Féodorovna, les grandesduchesses Alexandra et Hélène, petites-filles de Catherine, et beaucoup de grands seigneurs et de grandes dames. Elle assista à des événements considérables dans l'histoire de Russie, sur laquelle elle donne, dans la partie de ses Souvenirs relative à ses voyages, des détails qui ne manquent pas d'intérêt ; ce furent la mort de la grande Catherine, le règne de l'empereur Paul, qui ordonna à l'artiste française le portrait officiel de l'impératrice Marie, l'assassinat de l'empereur, et l'allégresse qui suivit l'avènement d'Alexandre. M"'' Le Brun goûta la cordiale et fastueuse hospitalité de Pétersbourg et de Moscou; trouva, pendant son long séjour,

Introduction

l'occasion de lier quelques-unes de ces amitiés dont son âme sensible ne pouvait se passer. Ses grandes amies de Russie furent les princesses Dolgorouky et Kourakine, qu'elle devait revoir plus tard à Paris, et dont la seconde resta assez chère à son cœur pour mériter de recevoir d'elle en manuscrit la première partie de ses Souvenirs.

Les derniers temps de cet agréable séjour furent attristés par un vif chagrin, le mariage de sa fille contracté contre son gré

Page 1