SALONS ET SANCTUAIRES MUSICAUX
De même qu'il y a des frères d'jirmes, il existe aussi des frères d'ait. Jean et Edouard de Reszké, pendant dix ans, ont été les miens. Pendant dix ans je leur ai dû mes plus grandes joies musicales. Lun ténor et Tautre basse, leurs talents étaient inégaux, comme leurs voix difl'ércntes, mais il n'y avait pas d'intervalle entre leurs cœurs. Au cours de leur fraternelle carrière, lun ne connut pas plus l'orgueil que lautre l'envie, et mon amitié, je me plaisais du moins à les en croire, ne fit «[u'ajouler à leur mutuelle tendresse une troisième note, la note nécessaire à la perfection delaccord.
L'éducation dont parlait Counod, « l'éducation esthétique », — etlautre aussi, plus générale — tous les deux l'avaient reçue d'abord, et puis, eux-mêmes, ils l'avaient achevée. Musicale était leur maison, comme la Pologne leur patrie. Musicienne leur mère, et leur sœur, dont l'Opéra garde le souvenir. Artistes de naissance et pai vocation, tous deux semblaient des gentilshommes, plutôt (|ue des honmies de théâtre. Jamais en eux la dignité de la