SELLM TEA EST AÏE
Pour reprendre le tramway à la dernière station avant Siliguri, nous avons parcouru à cheval pendant deux heures des plantations de thé sans fin. Elles s'étendaient comme de vastes pelouses dans un parc, parmi de grands arbres. Derrière nous, les montagnes avec leur feuillage couleur d'automne se teintaient de bleu et de gris, au furet à mesure que nous avancions
Le lendemain après midi nous étions rentrés à Calcutta. Son atmosphère d'étuve nous parut plus fatigante encore après les froides journées de l'Himalaya, et nous avons eu hâte de nous embarquer.
Depuis le 4 nous voguons dans le golfe du Bengale, sur une mer aussi calme que bleue. La sortie du Hougly a été longue et ennuyeuse, la marée nous ayant forcés de rester pendant plus de dou7x heures à la même place. Nous n'avons gagné la mer proprement dite que trente-quatre heures après le départ de Calcutta. Au sortir de la capitale, Je fleuve et ses rives boisées rappellent beaucoup la Tamise aux environs de Londres ; peu à peu ses eaux jaunâtres s'élargissent, et pendant longtemps on ne voit qu'un filet de côte verdâtre, enfin plus rien.
Le sentiment de voguer en pleine mer est redevenu pour nous une sensation presque nouvelle, après notre long séjour sur la terre ferme. Mais avec la brise rafraîchissante qui nous caresse, c'est une jouissance et un délassement exquis. Nous sommes surtout heureux à la pensée d'être délivrés des longs voyages en chemin de fer