‹ Souvenirs de notre tour du monde;Chapitre 37 sur 73 · LA GRANDI; MURAILLE · texte numérisé non relu

LA GRANDI; MURAILLE

caravanes entières. Sur les lianes des rochers brunâtres il y a peu de végétation, et les villages que l'on traverse paraissent avoir été submergés par un déluge d^e cailloux et de pierres. Nous croisons souvent de petits chevaux, mais surtout de belles et grandes mules grises, ainsi que beaucoup de troupeaux de moutons. En hiver, paraît-il, le passage continu de ces animaux et des chameaux chargés de thé pour Kiachta forme un long défilé sur toute la longueur de cette passe qui est la grande route commerciale de la .Mongolie.

A mi-chemin, à Chu-Voung-Kouan, on voit une arche voûtée du quatorzième siècle et, sur les hauteurs, les premiers serpentements de la Grande Murailie.

Le but de l'excursion est la porte de Pa-Ta-Ling, située à 2000 pieds au-dessus du niveau de la mer. C'est un des endroits les plus favorables pour voir la Muraille. Une sorte de cour de forteresse la précède, contenant une maison de gardien écroulée et deux arbres. A droite et à gauche, les épais remparts, larges de six à sept mètres, montent vers les crêtes et forment comme une promenade garnie de rebords crénelés. Des tours carrées posées à cheval de distance en distance dominent les plaines qui s'ouvrent au delà. L'aspect de cette parcelle relativement moderne (les abords de Pa-Ta-Ling datent du quinzième siècle» d'une œuvre gigantesque, créée deux cents ans avant Jésus- Christ, sur une longueur de !ï5oo kilomètres, est fort imposant; on dirait un reptile monstrueux rampant sur des vallonnements arides, disparaissant et reparaissant tour à tour dans les profondeurs et sur les cimes.

Bien des gens rompus par la fatigue de la route prétendent que « le jeu ne vaut pas la chandelle »; il y a néanmoins une certaine satisfaction d'amour-propre à retourner vers Nan-Kaou en emportant de cette fameuse Grande Muraille un morceau de brique grisâtre, comme celui que je vous montrerai un jour!

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