L>E SAN FRANCISCO A CHICAGO
côtoie la limite du Canada, conduira au fameux Yellow-Stone- Park, une merveille récemment découverte.
Chicago, îo fcvricr.
Le 14 février, jour de notre départ, un grand nègre, casquette sur la tête et poussant une lourde brouette en fer, vient chercher nos bagages pour les conduire à l'clcvator. Ce personnage nous adresse des paroles tout amicales et vise avec une habileté remarquable le crachoir de ma chambre. En bas, dans la cour, l'employé des bagages enregistre nos colis pour Council-Bluffs, c'està-dire jusqu'à mi-chemin de New-York. A cet effet il attache à chaque colis une courroie munie d'une petite plaque de cuivre à numéro, et nous donne à nous-mêmes, comme reçus, des plaques correspondantes. Voilà une bien pratique simplification d'écritures et d'étiquetages. Un peu hasardeuse, direz-vous, comme nous le pensions nous-mêmes, car il serait facile à un mauvais plaisant ou à un voleur de changer ou d'enlever courroies et numéros.
Un énorme ferry-boat nous conduit à travers la baie jusqu'à Oakland. Il contient une foule compacte de voyageurs transcontinentaux, de touristes et de simples résidents de ces jolies habitations suburbaines qui s'étendent le long des rives de la grande baie. Dans la gare d'Oakland, plusieurs trains chauffent. Le nôtre se met en mouvement au son majestueux d'une grosse cloche.
La fin de la journée est superbe : le soleil brille dans le ciel
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entièrement bleu, et l'air a la transparente pureté d'un jour d'été. Nous passons devant des prairies et des maisons blanches, réunies en agglomérations d'aspect prospère. Avant la tombée de la nuit, nous traversons Sacramento-Rivcr sur un ferry qui transporte d'une rive à l'autre notre train tout entier. A Sacramento, la capitale gouvernementale de la Californie, a lieu le premier arrêt sérieux. Il y a trente minutes pour souper; thé, œufs, viande et pommes de terre, tel est le menu offert aux voyageurs. Nous payons chacun un dollar à la caisse et remontons en car.
Le wagon qui porte l'imposante dénomination de silverpalacc-car pourrait, à la rigueur, contenir quarante-huit personnes assises sur des banquettes disposées dos à dos dans un salon que traverse un couloir central. Mais vingt-quatre seulement peuvent y tenir à Taise. C'est, du reste, le chiffre réglementaire. Aux deux extrémités du car se trouvent des toilettes complètes pour les dames et les messieurs, un petit fumoir et une pièce réservée, appelée state-room, qui contient quatre places. L'installation de jour laisse peu deviner les combinaisons qui, pour la nuit, transforment le car en dortoir commun. Le garde spécial préposé au service de chaque wagon a fort à faire jusqu'à l'arrangement complet des vingt-quatre lits. Il commence par tirer les coussins mobiles que renferment deux banquettes situées face à face; 'puis, faisant jouer le panneau incliné du dessus, il l'abaisse parallèlement à la couchette d'en bas. Il place ensuite des séparations de bois, découpées selon la pente des parois, en les fixant sur les arêtes des banquettes; enfin il garnit les lits et accroche les rideaux qui les cachent. Voilà les sections organisées à deux couchettes chacune.
Le coucher abonde en incidents amusants, et les dames ont besoin d'une forte dose de patience, jointe à un complet oubli du shochiug et à une grande habileté pour se déshabiller. Ceci est absolument nécessaire en présence des hasards qui placent dans