NEW YORK
des palais lourdement somptueux et des églises de tous styles et de toutes confessions.
Tout près de Brunswick Hôtel, où nous sommes descendus, se trouve le restaurant fameux de Delmonico et le Hoffmann House, ce dernier fort connu pour son bar célèbre; c'est une grande salle toujours pL-ine, où l'on prend les spiritueux traditionnels en vue de tableaux, de statues, de bahuts anciens, d'armures, etc., qui ornent partout les parois. On apprend bien vite que tel grand Bouguercau qui est accroché là a coûté dix mille dollars au propriétaire; tel Corrège tant d'autres mille, tel Gobclin aux armes impériales tant de mille encore, et l'on réalise avec stupéfaction que plus d'un demi-million a été e nglouti dans la décoration de ce comptoir de boissons, le plus élégant et le plus recherché de New-York. Combien n'y en a-t-il pas de ces bars où à toute heure du jour et de la soirée il est d'usage d'absorber force consommations, suivant une habitude tyrannique entre toutes, à laquelle l'étranger a bien de la peine à se soustraire.
C'est évidemment afin de pouvoir échapper à la proximité de ces bars bruyants que les îadies prétendent à tant de privilèges dans les hôtels, dans les restaurants, partout enfin où une indépendance absolue leur est garantie par des réservations spéciales de : Ladies entnvice, ladies' attendanec, ladies' rooms. Que ne voit-on pas en fait d'organisations de ce genre créées en leur honneur! Quels égards constants envers elles de la part de ces hommes qui, sentant l'infériorité où les place leur éducation peu soignée, paraissent vouloir s'en excuser par des démonstrations tout au moins exagérées!
De New-York nous sommes allé.* passer deux jours à Washington. La ville ressemble à Versailles par la majesté de ses largos voies. On y voit nombre de statues élevées à la mémoire d'hommes célèbres, et de grands monuments publics ; les plus