‹ Souvenirs de quarante ans dédiés à mes enfantsChapitre 14 sur 33 · ÉTUDE «UR DON JAIME BALMÈS · texte numérisé non relu

ÉTUDE «UR DON JAIME BALMÈS

déborde du trop plein de son intelligence. La politique et la philosophie n'ont rien eu de caché à ses regards pénétrants, et la portée de ses appréciations sur les événements contemporains permettrait de croire qu'il fut initié aux travaux des chancelleries diplomatiques et aux conversations intimes des hommes les plus éclairés de son temps. Comme Pascal, il avait appris, tout seul, les mathématiques, et il avait atteint, en peu de temps, les limitc^s les plus reculées de la science. En 1836, il fut nommé à une chaire de mathématiques appliquées & Tindustrie, et donna à son cours le charme dont il savait empreindre toutes »es productions.

En 1839, il publia un opuscule sur la vente des biens du clergé en Espagne; le succès obtenu par ce premier écrit, qui fit une grande sensation à Madrid, valut de nombreuses félicitations k Tatiteur, et l'engagea à se produire sur un théâtre plus digne de lui. Il vint habiter Barcelone en 1840, et fit imprimer un recueil politique intitulé : Réflexionê sur Isl situsition de VEfspsbgne, oà il décou* vrait le faible de tous les partis, sans ménagemienis pour personne, sans flatterie et sans passion. Il y

prévoyait la révolution qui, peu de mois après, chassa d'Espagne la reine régente, et les résultats probables de ce grave événement. A la fin de la môme année, il commença la publication du célèbre ouvrage qui a mérité l'honneur d'être traduit en français et en anglais : le Protestantisme comparé au catholicisme dans ses rapports avec la civilisation européenne. C'était une réponse au livre de M. Guizot sur l'influence du protestantisme dans la marche progressive de l'humanité. Des travaux politiques, économiques et littéraires, ont encore occupé les loisirs de Balmès à Barcelone, dans deux revues : la Civilisation et la Société. Il composa, vers le même temps, le Criterio, charmant ouvrage que l'on a nommé, en France, l'art de bien penser, où l'auteur s'efforce de faire pénétrer dans les classes de la société le bon sens pratique qui constitue la force de la race anglosaxonne, mais qui manque si généralement aux races méridionales. Il publia, en outre, la Philosophie fondamentale^ savant exposé de tous les systèmes philosophiques qui ont divisé l'humanité, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. En 1845, la renommée de ses écrits était générale-

Page 1