‹ Souvenirs de quarante ans dédiés à mes enfantsChapitre 18 sur 33 · D'HÉ*RON D'ALEXANDRIE · texte numérisé non relu

D'HÉ*RON D'ALEXANDRIE

( Fragment grec tradait par Egger }

« Uïi vase éteint chauffé par dessous, faire tourner une sphère sur un pivot. Soit un vase contenant de Teau et ayant son ouverture» fermée par un» cou^ercte. A ce couvercle soit ajusté un tube» montant, coadév dont Textrémité s'emboîte» da«iis la ipasoi d'une sphère creuse. En regard de la pointe du tube, et suivaat le diamètre' de la sphère, soit un> pivot s' élevant sur' le dessus du couveccle ; que la sphère soit munie* de deu% petits ajoutages coudés^ fixés àrsa paroi suivanl un même diamètre- et courbés en sens inverse l'un de l'autre. Que l'on conçoive les coudes des ajomtages dans le plan vertical. Il arrivera ainsi; que,, le vase étant chauffé, la vapeur, montant dans lau sphère» par le tube, s'échappera par* les ajouteges des coudes^ au -

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dessus du couvercle et fera tourner la sphère sur place, comme on fait pour les personnages dormants. »

Il est {probable qu'Héron d'Alexandrie imita les procédés des prêtres de Tancieime Egypte lesquels, dit-<m, faisaient remuer des objets inertes ou des portes qui s'ouvraient et se fermaient d'elles-mêmes au commandement , au moyen de tuyaux pratiqués dans les couloirs.

Tous les touristes connaissent la statue colossale de Memnon, qui rendait des sons, lorsque les rayons du soleil l'avaient frappée dans la plaine brûlante de Thébes. L'échappement de la vapeur provenant de l'humidité qui s'était introduite par des ouvertures et produite par le rayonnement du froid de la nuit ainsi que par les abondantes rosées matinales, explique très bien le phénomène. On lit encore à la base du monument les certificats admiratifs en vers ou en prose gravés par des voyageurs grecs.

Actuellement, on trouve sur la tête du colosse une fissure par laquelle un Arabe, moyennant un léger bakchich^ après avoir grimpé non sans difficulté, peut introduire son bras dans la fente et produire un son métallique, en frappant dans le creux avec une pierre.

Pour renouer le fil de la tradition entre l'ingénieur grec Héron et les auteurs modernes, ce n*estpas sans quelque surprise que Ton rencontre le nom du Tourangeau Rabelais dont Littré, dans son Dictionnaire, cite ce passage sur le mot Éolipyle : « jBoiipyie, porte d'Éolus ; c'est un instrument clos auquel est un pertuis par lequel, si mettez eau et rapprochez du feu, vous verrez sortir vent continuellement. » ( RABELAIS, Notes sur le livre IV, chap. xliv. )

Les archives espagnoles de Simancas contiennent le document suivant :

» Blasco de Garay, capitaine de mer, proposa, Tan 1543, à Tempereur et roi Charles-Quint, une machine pour faire aller les bâtiments et les grandes embarcations, même en temps de calme, sans rames et sans voiles,

» Malgré les obstacles et les contrariétés que ce projet essuya, l'empereur ordonna que l'on en fit Texpérience dans le port de Barcelone, ce qui effectivement eut lieu, le jour du 17 du mois de juin de ladite année 1543.

» Garay ne voulut pas faire connaître entièrement sa découverte. Cependant on vit, au moment de

Tëpreuve, qu*elle consistait dans une grande chaudière d'eau bouillante et dans des roues de mouve-* ment attachées à Tunet à l'autre bord du b&timent.

» On fit l'expérience sur un navire de 200 tonneaux appelé la Trinité^ arrivé de Colibra pour décharger I du blé à Barcelone, capitaine Pierre de Scarzo.

» Par ordre de Charles-Quint, assistèrent à ces expériences don Henri de Toledo, le gouverneur don Pierre de Cardona, le trésorier Ravajo, le vice-chan- I eelier et l'intendant de Catalogne.

» Dans les rapports que Ton fit à l'empereur, l'invention fut approuvée.

» Le trésorier Ravajo, ennemi du projet, dit que le navire irait deux lieues en trois heures; que la machine était trop compliquée et trop coûteuse et que l'on serait exposé au péril que la chaudière éclat&t. Les autres assurèrent que le navire virait de bord avec autant de vitesse qu'une galère manœuvrée suivant la méthode ordinaire, et faisait une lieue par heure pour le moins.

» Après que l'épreuve eut été faite, Garay emporta toute la machine ; il ne déposa que les bois dans les arsenaux de Barcelone, et garda tout le reste.

» Malgré les oppositions de Ravajo, rinvention de Garay fut approuvée, et si l'expédition dans laquelle Charlés-Quint était alors engagé n'y eût mis obstacle, il l'aurait sans doute favorisée.

» L'empereur avança Tauteur d*un grade, lui fit un cadeau de 200,000 maravédis, ordonnna à la trésorerie de lui payer tous les frais et dépenses et lui accorda en outre plusieurs autres grâces. »

Arago a dit à ce sujet, dans son cours aux élèves de r Ecole polytechnique : « Garay n'ayant voulu montrer sa machine à personne, pas même aux commissaires que Tempereur avait nommés, toutes les tentatives qu'on pourrait faire, après trois siècles, pour établir en quoi elle consistait, n'amèneront évidemment aucun résultat certain. Le document exhumé des archives de Simancas en 1825 doit être écarté : 1* parce qu'il n'a été imprimé ni en 1543 ni plus tard ; 2® parce qu'il ne prouve pas que le moteur de la barque de Barcelone était une machine à vapeur ; 3** parce qu'enfin, si une machine à vapeur de Garay a jamais existé, c'était, suivant toute apparence, l'éolipyle à réaction déjà décrit dans les œuvres d'Héron d'Alexandrie. )>

Sêiomoai 4e Caos est l'autecur- d'un ouvrage inti- Uûè: Les .Raistmê des foroefi mofUVEntes, avec div&PBBB machines twwt utile» qme pl&isAntss. Cet ouvntge f»ftmt à Francfort <en 1615. 0& y trouve ual théorème ainsi <oonçu, sous le n*" 5 ; Leau mowte^^ fmr aide du f&uplus haut qube eom niveau.

Le fliarquis de Woroester, que les Anglais regardent comme le véritable inventeur de la lEnachine à feu, vivait soois le règiae des «derniers Stuarts. Au milieu des «révolutions de cette éf[)oque, il perdit son iimmesise fortuiîàe ; il fut emprisonné, s*évada <€tt; séjourna en France. Revenu en Angleterre, il fut découvert et enfermé à la Tour 4e Londres. Cto « dit que lies idées de Wx^roesteor s«a>r l'impulsion dont est dooée la vapeur aqueuse furent éveillées, pendant sa «dernière •détention, par le doulèvemeoit subiit d<iiL couverdie de la marmite dans laquelle cuisaietut ses aliduents. Uoe seconde édition du livre de Saiomoa de Cftiiâ %vait paru «en Firanoe pendant qu'il y résidait L'appareil de Woroester, q^^e les Anglais regardent conune la première loachiaie à feu, est^déorite en ces tecioes daos sou livre intitule Centwry of in-veniiaHS :

« J'ai trouvé un moyen admirable et très puissant d'élever Teau à Taide du feu, non par aspiration, car alors on serait enfermé, comme disent les philosophes, intra spheram activitatis^ l'aspiration ne s*opérant que pour certaines distances ; mais mon moyen n'a pas de limite si le vase a une force suffisante. Je pris en effet un canon entier dont la bouche avait éclaté, et l'ayant rempli d'eau aux trois quarts, je fermai par des vis l'extrémité rompue et la lumière ; j'entretins ensuite dessous un feu constant et, au bout de 24 heures, le canon se brisa en faisant un grand bruit.

Denis Papin (1690-1695). — La machine de Salomon de Caus, et postérieurement celle du marquis de Worcester, étaient de simples appareils d'épuisé ment. Leurs auteurs ne les avaient présentées que comme des moyens d'élever de l'eau. Tel était aussi le premier parti que Papin voulait tirer de sa machine ; mais en même temps il avait parfaitement prévu que le mouvement de va-et-vient du piston dans le corps de pompe pouvait recevoir d'autres applications. Je crois à propos de citer quelques passages du discours que j'ai eu l'honneur de prononcer

à Blois, au nom de TÂcadémie des Sciences, lors de l'inauguration de la statue de Papîn, le 29 août 188 0 :

» Les grandes inventions destinées à changer la face de Thumanité n'entrent le plus souvent dans le domaine des faits accomplis qu'après avoir passé dans une filière, en quelque sorte providentielle, de tentatives isolées, mais résumées et appliquées par les études approfondies d'un homme perspicace et désintéressé, n'ayant d'autre guide que la science et d'autre but que d'être utile à l'humanité, sans tenir compte du milieu d'erreurs et de préjugés dans lequel ses découvertes sont conçues et mises en œuvre.

» Denis Papin fut un de ces hommes exceptionnels. ' *

» Voici en résumé le bilan de ses travaux et de ses découvertes :

» 1674 à 1709. — Perfectionnements et modifications de la machine pneumatique.

» 1681. — Appareil employé de nos jours sous le nom de marmite à Papin, autoclave, etc. — Gouvernement de la vapeur. — Soupape de sûreté.

» 1685. ~ Découverte du principe des siphons à

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pi^essiocDi de Tair par daiaovilté qu'ils ont 'de s*épancb<»r.à la :paitti£ siaiipièrieiare.

» l'687.. — iyéc0uv&s%e de la lôGOUûotioia .atmasjphérique-

» 4695- — Appareil farnivore ou de coiii]Lbusti!aii4e la fniiBée. — fikOtbioeiès à (deoox ymes doubles, àmû Watt et îLèojpold oM iait mi des principaux organes des lEsaôkiiaes à -waipeur à ihante pressioni, où le tcor^ps de pompe pouvait itocevodr d'autres a{)plicaiio'n&, et il trouva jaoe méthode pour transformer le Mouvemnent alteraiatifefla mouvement de rotation.

» P.ai>in a imaginé la première machine à vapeur à piston.

» Il a^ra, le premier, que la vapeur Aqiueiase fournit un moyen simple de faire rapidement le vide dans la capacité dn oorps de .pom{)e.

» Il est le premier qui ait songé à coanbiner dasts une môme machine à feu Tac^tion -de la foroe élastique de la vapeur avec la faculté dont cette vapeur jouit, et .qiu'dl a ^signalée, Ae se 'Condafliserpaa" refroidissemient. »

» 1698. — Le capitaine Savea^^ (AiQ|^»fe), Voici roffloodon cd'Àica $o sur ses îsv^ntioni^ z

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1» Nous n'avons aucune preure que Sdiaman de €aus ait jamais £ait •consti'mre sa loiacbine à £eu. J'en pourrais dire autant du marquis de Worcester. Celle des machines de Pâ.pin danâ laquelle VB.etiojk de la vapeur et sa condensation sont successivement en jeu, n'a été exécutée qu'en j>etit et seulement dans la vue de constater expérinaentalement l'exactitude du principe soiir lequel elle se fonde. Aussi, quoiqu'il n'y ait rieai de bien neuf dans les machines à feu de Savery, on ne pourrait, sans une grande injustice, se dispenser de les citer, puisqu'elles sonl véritablement les premières qui aient été appliquées.

» D*ai)iés le projet de Salomon de Caus, la vapeur moitri^e serait engendrée dans le vase où .se trouve l'eau à élever et aux diépens de cette même eau. Dans la machine de Savery, il y a deux vases sépairés : l'im renferme l'eau, l'auti^, qu'on peut appeler la chaudière, contient la vapeur. Cette vapeur, quand on la juge sufBsante, se rend à la partie supérieure du vase d'eau par un tube de -communication qui s'ouvre à volonté, à l'aide d'un robinet. Elle agit de haut en bas sox iA siujfaoe du liquide et te iveÊcnile dans un tube d'ascension vertical dont l'mivifiinbua'e infénboere

doit toujours être située au-dessous de cette surface, car sans cela la vapeur s'échapperait elle-même.

» Dans la machine de Salomon de Caus, dès que la pression de la vapeur a produit son effet, un ouvrier remplace l'eau expulsée à l'aide d'un orifice situé à la partie supérieure de la sphère métallique et qui s'ouvre et se ferme à volonté. Il ne reste plus alors qu'à aviver le feu. Dans la machine de Savery ce n'est pas un ouvrier, c'est la pression atmosphérique qui amène l'eau dans le vase à liquide...

» En résumé, Savery a essayé de se servir de la vapeur pour pousser l'eau dans un tube vertical; mais Salomon de Caus l'avait fait précisément d^ la môme manière, quatre-vingt-trois ans auparavant... Savery, enfin, opérait le vide qui déterminait l'aspiration par le refroidissement de la vapeur. Ici la méthode est importante, mais Papin l'avait dès longtemps publiée... »

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