SÉANCE DU 16 AVRIL
M. le Président du conseil disait : « Le protectorat de nos nationaux, le soin de ^laintenir notre influence (»n Italie, le désir de contribuer à garantir aux populations romaines un bon gouvernement, fondé sur des institutions libérales, tout nous fait un devoir d user de Tautorisation que vous nous avez accordée... ce que nous pouvons affirmer, dès à présent, c'est que, du fait de notre intervention, sortiront d*eflicaces garanties et pour les intérêts de notre pays et pour la cause de la vraie liberté. »
« La pensée du Gouvernement n'est point de faire concourir la France au renversement de la République qui existe actuellement à Rome.
« La République française ne saurait, sans s'amoin-
drir, coopérer à l'asservissement d'une nationalité indépendante.
<( Il importe à la France de faire flotter son drapeau en Italie, pour qu'à son ombre, l'humanité soit respectée, et la liberté au moins partiellement sauvée.
<c En occupant un point de Tltalie, aujourd'hui menacé, l'Assemblée a donné pour mission au pouvoir exécutif de poser une limite aux prétentions de l'Autriche. »
Un membre de l'opposition interpellait M. le président du Conseil, disant : Vous allez rétablir le Pape! Non, non, répondait M. Odilon Barrot. M. le général Lamoricière s'écriait : « Vous allez faire ce que fait l'Autriche ! — Nous serions coupable si nous le faisions ! » répliquait le président du Conseil.
SÉANCE Di: 7 MAI
Le Président du Conseil :
« On sait bien que la France ne peut être conduite <*n Italie que par les intérêts de la liberté! on le sait bien !
« Il était bien entendu que nous ne devions marcher sur Rome que pour la préserver d'une intervention
étrangère ou des excès d'une contre révolution ; en un mot, nous n'irions à Rome que comme protecteurs ou comme arbitres demandés.
« On oublie donc dans quelles conditions la marche sur Rome était autorisée? Je rappelle ces deux conditions : Za première, c était de ne pas y rencontrer de résistance sérieuse; la deuxième^ c était quon y serait appelé par le vœu des populations.
« Avons-nous donné pour instructions au général Oudinot Tordre d attaquer la République Romaine? Eh bien, ce sont là des questions de bonne foi, j'en appelle à tous ceux qui ont lu les instructions, et je leur demande s'ils y trouvent une seule indication de ce genre. On dit que le général Oudinot a dû faire une sommation au Gouvernement romain de se dessaisir de son pouvoir. Je demande qu'on produise la preuve d'une pareille sommation, cotte preuve n'existe pas. »