‹ Souvenirs de Saint-Acheul et d'autres établissements français dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus depuis le mois d'octobre 1814 jusqu'au mois d'avril 1857, ou, Vies de plusieurs jeunes étudiants élevés dans les maisons d'éducationChapitre 16 sur 66 · CHARLES · texte numérisé non relu

CHARLES

Dcccilc le 28 septembre 182G, à l'âge de 17 ans.

Charles Lévêque, né à Péronne, fut encore un de ces enfants privilégiés qui, prévenus d'une grâce spéciale , semblent se porter sans effort à la vertu. Dès ses premières années toutes ses pensées furent pour Dieu et pour ses parents, qui étaient à ses yeux l'image de Dieu. Aussi n'est-il pas à leur connaissance (c'est son père même qui lui rend ce témoignage qu'il leur ait jamais donné le moindre chagrin. Dès lors il aimait singulièrement les cérémonies de l'Église; elles lui étaient devenues familières, il se plaisait à les imiter. Ce goût ne passa point avec le temps : c'était pour lui une jouissance de servir à l'autel, et d'y remplir les diverses fonctions qui peuvent contribuer à la décence et à la pompe des solennités religieuses. Il ne connaissait point d'autres délassements, d'autres plaisirs : indifférent pour les jeux bruyants de l'enfance, il n'y prenait point de part, il ne se trouvait bien qu'à l'église ou auprès de ses parents.

Charles était fds unique et tendrement aimé : on se décida cependant à le placer dès l'âge de dix ans au petit séminaire de Saint-Acheul. Dans sa nouvelle demeure il fut ce qu'il avait été dans la maison paternelle, pieux, docile, studieux. J'ajouterais que sa vie ne présenta d'ailleurs rien d'extraordinaire, si l'accomplissement exact et habituel de tous les devoirs d'écolier et de chrétien, surtout dans un âge encore tendre, n'avait pour des yeux attentifs quelque chose de frappant et même de surnaturel. L'uniformité de sa conduite offrira peu de faits particuliers; mais on en sera moins surpris

Page 1