‹ Souvenirs de Saint-Acheul et d'autres établissements français dirigés par les Pères de la Compagnie de Jésus depuis le mois d'octobre 1814 jusqu'au mois d'avril 1857, ou, Vies de plusieurs jeunes étudiants élevés dans les maisons d'éducationChapitre 23 sur 66 · G KO · texte numérisé non relu

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pardon des scandales qu'il avait pu donner à ses condisciples et surtout à la congrégation. Ceux k qui il s'adressait répondirent par leurs larmes; ils le conjurèrent de prier pour eux Jésus et Marie quand il serait au ciel. Zephirin les assura qu'il ne pourrait les oublier.

« Pendant que nous le laissions un instant en repos, nous nous demandions les uns aux autres s'il avait bien son scapulaire, craignant qu'on ne l'eût enlevé en le changeant de linge. Il nous fit signe d'approeber, et nous vîmes son crucifix, son chapelet, son scapulairc , qu'il tenait des deux mains, collés sur sa poitrine. II prononça les noms de Jésus, de Marie et de Joseph, et rentrant aussitôt après en agonie, il mourut dans mes bras, ou plutôt s'endormit dans le Seigneur, sans convulsions, sans agitations, sans frayeurs, et comme pleinement assuré du bonheur qui l'attendait dans les cieux.

« Cette mort, loin d'être un sujet de deuil pour le petit séminaire, y répandit une sainte joie, par la persuasion générale où l'on était de l'éternelle félicité de ce cher enfant. Dès qu'il fit jour, on vint en foule visiter son corps. Ses traits n'étaient point altérés; tout son visage respirait encore ce calme, cette sérénité qu'on avait admirée pendant sa vie. La plupart, en sortant de la chapelle de la congrégation où il avait été exposé, s'écriaient: «Qu'il est heureux! oh! que je voudrais « bien être à sa place! Qu'il fait bon de mourir ici, surce tout quand on y a vécu comme lui ! »

LENNEL.

LENNEL

(antoixe-sylyestbe-armand).

Décédé le 27 février 1827, à l'âge de 22 ans.

Armand Lennel, né dans la ville d'Amiens, a été un de ces jeunes gens à qui peuvent s'appliquer les paroles du Sage : En peu d'années il a parcouru une longue carrière. Un air de candeur et de modestie annonça dès l'enfance la beauté de son âme et les heureuses dispositions qu'il avait reçues pour le bien. Ses parents s'étaient appliqués de bonne heure à lui inspirer la crainte de Dieu; mais on peut dire qu'il devança leurs leçons. Il avait environ sept ans lorsqu'un jour le Pensez-y-bien lui tomba entre les mains. A la lecture qu'il en fît, il s'éleva dans son cœur un si vif regret de ses fautes (quoique d'après le témoignage de ceux qui l'ont le mieux connu, il ait porté au tombeau son innocence baptismale) , qu'il résolut de ne manger désormais que du pain à son déjeuner tous les vendredis; et ce qu'il y eut en cela de plus édifiant, ce fut le soin qu'il prit de cacher cette petite mortification. Il acceptait les douceurs qui lui étaient présentées, et n'y touchait pas. Les domestiques usèrent plus d'une fois d'artifice pour l'éprouver ou pour lui faire oublier sa pieuse pratique, ils lui offraient ce qui peut flatter davantage le goût d'un enfant; cette ruse fut inutile : Armand soutint sa résolution.

La faiblesse de son tempérament et un état presque habituel de souffrance lui interdirent longtemps des études fatigantes. Sa santé s'étant améliorée, un ecclésiastique, déjà chargé de l'éducation de son frère aîné, lui donna les premières leçons de la grammaire. Charmé do l'heureux naturel de son jeune élève, le sage précep-

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