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de préparation qui se faisait tous les jours. Malgré l'éloignement de la paroisse, la difficulté des chemins et le mauvais temps, il eût voulu n'y manquer jamais; et quand la tendre sollicitude de ses parents le retenait à la maison, il en avait un vif chagrin qui allait quelquefois jusqu'à lui causer de l'humeur; c'était encore une épreuve pour lui que d'être obligé de se rendre au catéchisme dans la compagnie d'autres enfants de son âge. 11 y a lieu de croire que l'attrait de la solitude, où il trouvait déjà à s'occuper utilement de la grande action à laquelle il se préparait, lui inspira cette disposition. On la lui reprochait cependant comme contraire à la politesse et peut-être à la charité : pour lui, sans chercher à se justifier, il gardait le silence.
Son assiduité et ses progrès, joints à une piété exemplaire, lui méritèrent la première place du catéchisme, et une prédilection bien honorable de la part du vénérable curé de Xeufville, monsieur Descamps, doyen actuel de Dour.
Cependant le grand jour, comme l'appelait notre cher enfant, approchait; on l'avait fixé au Ift mars 183-i; Edmond était dans sa onzième année. Beaucoup plus mûr qu'on ne l'est ordinairement à cet âge, il sentait vivement l'importance de cette grande action, et l'avantage d'une retraite qui l'y préparât immédiatement. Il la sollicita avec empressement, et prit toutes les mesures que put lui suggérer sa précoce piété pour en assurer le succès. Il avait dans son aïeule maternelle un guide et un modèle don^il avait su apprécier le mérite ; il lui écrivit luimême pour la prier de venir le diriger dans cette retraite tant désirée. Elle fut de quinze jours exclusivement consacrés par cet admirable enfant à son unique affaire. On n'avait pas cru devoir éloigner de lui son jeune frère; on comptait même sur la distraction qui devait résulter de sa présence pour diminuer à Edmond la contention d'une solitude absolue; mais l'attrait de la grâce qui absorbait cette âme si pure, lui fit désirer l'éloignement du petit frère, au moins pour les huit derniers jours, et
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l'on ne put le lui refuser. Edmond partagea ces jours de silence et de recueillement entre une étude plus approfondie de la doctrine chrétienne, de saintes lectures, sa confession générale, et la préparation d'un règlement pour toute sa vie. Le désir d'attirer sur sa première communion des bénédictions plus abondantes, et sa compassion naturelle pour les malheureux, lui suggérèrent une bonne œuvre qui montre toute la bonté et la générosité de son cœur : il demanda au curé de lui désigner le plus pauvre des enfants qui se disposaient avec lui à la première communion, et il voulut consacrer ses petites épargnes à l'habiller.
Arriva enfin le jour tant désiré ; on peut dire sans aucune exagération qu'il fut à ses yeux le plus beau de sa vie. Sa ferveur répondit à l'excellence de la préparation; elle se manifesta pendant toute la cérémonie par sa contenance et son air angélique, et, au moment qui précéda immédiatement la communion, par l'accent de dévotion avec lequel il récita à haute voix les actes préparatoires; ce qui se passa dans son âme est resté un secret entre Dieu et lui ; mais les fruits de vertu qu'il ne cessa de produire depuis ne laissent aucun doute, ni sur la bonté des dispositions qu'il apporta à cette première visite de Notre-Seigneur, ni sur les grâces dont il en fut alors favorisé.
Il s'était fait un règlement de vie parfaitement chrétienne où tout avait été prévu, et où les plus petits détails étaient relevés par un ton de piété et de conviction vraiment touchant. Ce règlement se conserve dans sa famille comme une relique précieuse, mais il se conserve plus précieux encore dans l'histoire detoute sa conduite, qui après sa première communion n'en fut plus que l'expression fidèle. Ainsi il continua de fréquenter le catéchisme public, et il le fi t jusqu'à son entrée au collège de Brugelette. Ainsi jamais il ne laissa passer de mois sans approcher de la sainte Table, ni de semaines ou de jours sans remplir tous ses autres devoirs avec une exactitude qui fut pour sa famille un sujet ravissant de joie
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et d'édification. On s'y souvient toujours avec attendrissement du courage avec lequel, luttant contre tous les éléments déchaînés, il se rendait à l'église, très-éloignée du château, pour y recevoir les Sacrements, et de la joie qu'il ressentait après s'être ainsi vaincu lui-même pour s'unira son Dieu.
Ce fut encore une de ses résolutions d'ajouter chaque jour, autant que possible, à la récitation du chapelet celle du petit oflice de l'immaculée Conception.
Pendant une maladie qu'il fit chez une de ses tantes, .. en 1835, on put apprécier sa perfection prématurée par un mot qui lui échappa et trahit le secret de son cœur : il aimait à entendre la lecture de l'ouvrage intitulé : Souvenirs de Saint-Acheid ; or il lui arriva un jour de s'écrier au récit de la sainte mort d'un des élèves de cette maison : Oh! que je voudrens mourir comme lui ! C'était un désir prophétique ; tout en effet allait se disposer pour l'accomplir.
Cet enfant extraordinaire faisait les délices de sa famille; cependant la tendresse éclairée et courageuse de ses parents pensait à lui procurer les avantages de l'éducation publique. Ce fut un douloureux sacrifice; mais ils étaient décidés depuis longtemps à n'en refuser aucun au bien véritable de leurs enfants, et ils envisagèrent comme un adoucissement ménagé à leur amour par la Providence, et un véritable bienfait du ciel, l'établissement d'un collège de la Compagnie de Jésus à Brugelette, distant seulement de NeufyiUe de deux petites lieues. Leur foi y voyait un gage presque assuré de persévérance pour ce cher enfant, puisqu'il y serait à l'abri des dangers que présentaient la plupart des collèges.
Monsieur Maghe fut un des premiers à solliciter une place dans la nouvelle maison ; il y alla à cet effet dans le mois de mai 1835. On aime à croire que Mario présidait à cette première démarche; sans doute ce fut elle aussi qui, le 16 juillet, fête de Notre-Dame du Mont- Carmel, et anniversaire de la naissance d'Edmond, détermina la conclusion de cette affaire, comme on le voit