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Décédé le 9 mai 1S23, ;i L'âge de 1S ans.
Jules Planche, né à Sisteron, de parents aussi distingués par leur piété que par le rang qu'ils tenaient dans celte ville, fut un de ces enfants privilégiés qui paraissent nés pour la vertu et en qui la grâce semhle n'avoir autre chose à faire qu'à perfectionner l'ouvrage de la nature. Ses heureuses dispositions aidées d'une éducation chrétienne se développèrent rapidement. Dès l'enfance il se fit remarquer par sa douceur, par sa docilité, par l'égalité de son humeur, par son application à l'étude, par une fidélité exemplaire à tous les devoirs qu'impose la religion. Il avait encore besoin du secours d'une bonne, que déjà il se faisait conduire à l'église pour y visiter les autels et examiner les tableaux. Ses plus doux amusements étaient ceux, qui lui donnaient lieu d'imiter les cérémonies du culte divin. Son enfance avait été pénible sous le rapport de la santé ; il supporta ses maux avec une patience que l'on ne connaît guère à cet Age. Ce ne fut que vers sa septième année que, son tempérament s'étant fortifié, ses parents purent le mettre aux premières études. Quelque temps après il commença à suivre les classes du collège de Sisteron , où sa sagesse prématurée fixa aussitôt sur lui les regards des maîtres et des élèves. Il avait pris de bonne heure goût à la lecture, et les ouvrages auxquels il s'attachait de préférence, quand on lui en laissait le choix, étaient toujours ceux
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qui pouvaient nourrir sa piété. Il avait aussi du talent pour le dessin, et ne s'y exerçait jamais avec plus de plaisir et de succès que quand on lui donnait à traiter des sujets religieux. Ainsi ce pieux enfant savait-il déjà profiter de tout pour s'élever et s'unir à Dieu.
Il était extrêmement rare que ses parents eussent, même dans sa première enfance , des représentations à lui faire; quelque douces qu'elles fussent, la pensée d'avoir pu les désobliger lui arrachait des larmes amères. Plein de respect pour eux , jamais du moins il n'eut le malheur de les contrister volontairement. Aussi en étaitil tendrement chéri, et l'on peut dire qu'il les payait bien de retour. Sa joie était de se voir en leur compagnie; il se livrait alors à toute la gaieté de son âge, avec eux et avec un petit frère pour qui il avait une amitié extraordinaire.
Cette réciprocité d'affection entre Jules et ses parents rendit fort pénible le moment où il lui fallut se séparer d'eux pour continuer ses études; mais la piété fit taire les répugnances de la nature. Il considéra que dans la maison où il était question de le placer il allait trouver le double avantage de faire de bonnes études et de puiser des principes solides contre les doctrines perverses du siècle. Cette vue le rendit capable du plus grand sacrifice qu'il ait peut-être eu à faire de sa vie, et il s'éloigna courageusement du toit paternel pour se rendre au petit séminaire de Forcalquier. C'était au mois d'octobre 1818; il avait treize ans et allait entrer en cinquième. Le sacrifice dont nous venons de parler ne fut pas, comme chez les autres enfants, le fruit d'un effort passager que l'habitude de la vie de collège fait bientôt oublier : il dura aussi longtemps que son absence, et Jules eut besoin de toute la force que donne la religion pour triompher du penchant secret qui le reportait sans cesse vers ses parents bien-aimés.
Lors de son arrivée à Forcalquier il n'avait pas encore fait sa première communion. Il s'y prépara comme si elle eût dû être pour lui , non la première mais la dernière. L'innocence de la vie, la régularité de la conduite,
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la ferveur de la piété, telles furent les dispositions qu'il y apporta et qui le placèrent à la tête de ceux qu'on jugeait dignes d'y être admis. Parmi eux néanmoins se trouvait un autre élève qui pouvait être comparé à Jules sous tous ces rapports : c'était Caliste Frèze ii son ami depuis la première enfance, à la vie duquel nous renvoyons pour bien connaître tout ce que cette liaison avait de pur, d'édifiant, et, si j'ose le dire, de céleste aux yeux de tous ceux qui ont vécu avec eux. Il suffira de mettre ici sous les yeux du lecteur le témoignage que rend aux deux amis une personne qui les a parfaitement connus l'un et l'autre. « Ils se présentaient au sacré tribunal au moins tous les quinze jours, avec un recueillement admirable, souvent les yeux baignés de larmes; ils s'approchaient fréquemment de la très-sainte table, et toujours avec une piété angélique : c'était assez de les voir alors pour juger de la vivacité de leur foi et de l'ardeur de leur amour. J'éprouvais quelquefois en les considérant un sentiment de respect et d'admiration, je pourrais même ajouter de confusion, car j'enviais leur innocence et leur ferveur. » Ce sont les paroles de celui qui fut leur confesseur.
Ces deux aimables enfants semblaient n'avoir qu'une âme dans deux corps et sous deux noms différents, tant les habitudes, les inclinations, tout l'ensemble de la conduite les rapprochaient l'un de l'autre. Aussi nous sera-t-il presque impossible d'achever de peindre Jules sans lui appliquer bien des traits qui conviendraient également à son ami.
Sa piété était simple, unie, invariable, et sans ces accès de dévotion trop souvent suivis d'un relâchement sensible. Le premier et le plus solide fruit de cette piété était une égalité de conduite et une régularité invariables; jamais, c'est tout dire, on ne le vit contrevenir une seule fois à la moindre des règles du petit séminaire. Il faut en avoir l'expérience pour bien concevoir ce que coûte à la
1 Mort en 1827. On trouvera sa vie dans ce Recueil.
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nature un assujettissement de tous les jours et de tous les instants, qui exige l'obéissance la plus ponctuelle en tout temps, en tout lieu, en toute circonstance. Aussi n'est-ce pas sans raison que le vénérable Berckmaiis, ce parfait modèle de la jeunesse, regardait la vie commune, ainsi entendue et pratiquée, comme la plus rude et la plus méritoire des mortifications. Jules paraissait avoir fait de cette maxime La règle de toute sa conduite.
Écoutons sur ce point essentiel le témoignage que lui rend un de ses anciens condisciples. « Lorsque, dit-il, nous étions membres de la congrégation des Saints- Anges, Jules m'avait été donné pour ange gardien, et en cette qualité il était chargé de me faire remarquer les fautes qui auraient pu m'échapper en sa présence. Je puis dire qu'il avait pour cela un talent unique. Il savait m'avertir à propos, me faire apercevoir mes torts, et toujours avec une douceur et dans des termes qui me charmaient et me faisaient recevoir avec un vrai plaisir ses petits avis. Je pus alors reconnaître en lui une prudence et une sagesse prématurées. A mon tour j'avais à remplir auprès de lui les mêmes fonctions; mais sa conduite me dispensait de les exercer. Aussi se plaignait-il de temps en temps de mon silence. « Vous ne m'aver- « tissezjamais, me disait-il; je fais cependant beaucoup « de fautes. — Non, lui répondais-je, ou bien elles échap- « peut à mon attention.» Aussitôt il cherchait à me rappeler diverses circonstances où il croyait avoir mérité d'être repris. Il avait fréquemment à me reprocher une faute qui me paraissait alors bien légère, celle de rompre le silence et de causer dans les rangs quand nous allions d'un endroit à un autre. Pour lui, comme il me prêchait encore mieux par son exemple que par ses paroles, il ne m'a jamais donné lieu de lui adresser le même reproche. » Ainsi parle son ancien condisciple.
On remarquait encore en lui (et peut-être était-ce une suite de son amour pour la régularité) un esprit d'ordre et de propreté qui se manifestait dans sa tenue, dans l'arrangement de ses papiers, de ses livres, enfin dans
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tout ce qui compose le mobilier d'un jeune étudiant. Il avait des moments fixés pour les petites pratiques de surérogation qu'il s'était imposées, sachant que sans elles la piété privée d'aliments languit et meurt. Une de ses pratiques était d'aller passer au pied du Saint-Sacrement quelques instants pris sur chacune de ses récréations. Après Notre-Seigneur, les plus tendres objets de sa dévotion étaient la sainte Vierge, les saints Anges et saint Louis de Gonzague.
Par complaisance il prenait quelquefois part aux amusements de ses condisciples; mais son goût le portait ailleurs qu'avec ceux de son âge, trop souvent vifs, légers et dissipés. Semblable au jeune Tobie, dont il est écrit que dans son enfance même il ne fit rien qui ressentit l'enfance, il aimait mieux s'entretenir de choses édifiantes avec son ami Calixte Frèze, ou converser sur des matières utiles, soit avec quelqu'un des maîtres, soit avec quelques élèves des plus âgés et des plus raisonnables, qui se faisaient un plaisir de l'avoir en leur compagnie. Dans ces entretiens on ne l'entendait jamais élever la voix en parlant, ni rire aux éclats : seulement un doux et léger sourire paraissait sur ses lèvres. Ce goût pour les choses sérieuses, sans lui donner rien de sombre ou de sauvage, répandait sur toute sa personne un certain air de gravité peu ordinaire à cet âge, mais qui, lorsque la religion en est le principe et la règle, ne fait qu'ajouter un nouveau prix aux charmes de la première jeunesse. Aussi ses condisciples lui avaient:ils donné comme de concert le nom de Petit-Ange.
Ouoique. la vertu soit indépendante de tout ce qui tient au corps, nous pouvons remarquer en passant que celle de Jules était relevée par l'extérieur le plus heu- * reux. Il avait le port droit, la taille un peu au-dessus de l'ordinaire pour son âge, les cheveux blonds, les traits réguliers; ses yeux et tout son visage respiraient la candeur et l'innocence; enfin son geste, sa démarche, tous ses mouvements avaient quelque chose de posé qui décelait le calme et la paix de son cœur.
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A ces qualités solides et aimables se joignait une humilité franche, sincère et toujours en garde contre les éloges : il ignorait l'art de se prévaloir même indirectement de ses talents, de ses succès, des autres avantages qu'il tenait de la nature ou de la grâce. Un de ses professeurs se plaisait quelquefois à mettre son humilité à l'épreuve et à le jeter ainsi dans un embarras dont il s'édifiait. « Quoi! lui disait-il en riant, si j'en crois vos a camarades, vous seriez un ange! car c'est ainsi qu'ils « vous appellent. Mais pensez-vous vraiment mériter un « pareil titre? » Alors une modeste rougeur colorait le visage de Jules, et il s'efforçait de prouver à son professeur combien il était indigne d'un si beau nom. Cette même humilité le rendait ingénieux dans l'occasion à relever le mérite des autres, même à son détriment.
Plein de charité pour ses condisciples, il évitait avec soin tout ce qui aurait pu contrarier même les plus susceptibles d'entre eux; loin de rien se permettre de désobligeant, il s'attachait, autant que la vérité le pouvait souffrir, à excuser leurs fautes. Sa douceur et sa patience à leur égard étaient inaltérables : des contradictions qui en auraient mis d'autres en fureur ne paraissaient pas l'émouvoir. « Il m'est arrivé parfois, malgré mon amitié pour lui, dit un de ses anciens condisciples, de le harceler, de le tourmenter : il me laissait faire, et après il me montrait un visage aussi ouvert, aussi riant qu'auparavant. »
Sa charité ne se bornait point à souffrir, elle savait agir autant que le permettait sa condition de jeune écolier. Une pratique usitée parmi les congréganistes était d'aller de temps en temps visiter les pauvres et les prisonniers, et de les secourir tout à la fois dans leurs misères corporelles et spirituelles. Quoique bien jeune ' encore et d'une compiexion fort délicate, il recherchait avec empressement l'avantage de participer à cette bonne œuvre, et sacrifiait volontiers le plaisir de la promenade à celui de soulager les malheureux. Tel se montra Jules Plauche durant les quatre an-
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nées qu'il passa au petit séminaire : il y conquit d'abord et conserva jusqu'à la fin l'affection et l'estime de tous ses camarades sans exception, même de ceux qui lui ressemblaient le moins. C'est trop peu dire qu'il en était chéri et considéré; il faut ajouter qu'on avait conçu pour lui un véritable respect : sa présence en imposait tellement aux moins réguliers, qu'ils se cachaient de lui quand ils voulaient se permettre quelques écarts.
Le temps des vacances, écueil ordinaire des vertus communes, donnait à la sienne de nouvelles occasions de s'exercer et de se fortifier. Il s'était tracé d'avance une règle de vie, et il la suivait avec l'exactitude la plus édifiante. Il s'approchait de la sainte Table aussi régulièrement qu'au petit séminaire. Tous les jours, il assistait au saint sacrifice; tous les jours aussi, vers le soir, on le voyait retourner à l'église, y conduisant son petit frère par la main, pour faire une visite au trèssaint Sacrement. Quelques jeunes impics, en station sur la place voisine de l'église, eurent plus d'une fois la cruauté d'insulter hautement à la piété du vertueux enfant; mais celui-ci, supérieur au respect humain, n'en resta pas moins fidèle à une pratique si chère aux âmes pures, et dont l'expérience lui avait fait connaître les avantages. Jules n'aimait pas seulement Notre-Seigneur dans sa personne, mais aussi dans celle des pauvres. Le jeune frère dont nous venons de parler nous apprend que quand ils allaient ensemble dans la ville ou à la promenade, tout pauvre qui se trouvait sur leur passage recevait une aumône, jusqu'à ce que Jules eut épuisé la bourse destinée à ses menus plaisirs; et que s'il en rencontrait qui n'eussent que des haillons, il les conduisait à la maison pour leur faire donner des vêtements. Parfaitement instruit des dogmes et des préceptes de la religion, il ne craignait pas, malgré sa timidité naturelle, de la défendre contre ses détracteurs. Un jour entre autres, il soutint une discussion de ce genre en présence d'un ecclésiastique, qui, étonné de l'entendre raisonner si jeune encore avec tant de force
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et de justesse sur des points qui passent la capacité du commun des hommes, ne put s'empêcher d'en témoigner son admiration et d'avouer qu'il avait parlé comme un théologien.
Jules finissait ses humanités, lorsque le germe d'une maladie terrible se manifesta. A l'ouverture des vacances de J8-22, qu'il alla passer dans la maison paternelle, il ne paraissait pas encore souffrir, mais on le voyait maigrir et dépérir sensiblement. Dès le mois de septembre la maladie se déclara par une enflure générale, qui semblait annoncer l'hydropisie. On eut recours à la médecine, et l'on avait quelque espoir de guérison, lorsqu'une impression de froid occasionna une rechute et jeta le malade dans un marasme qui résista à tous les secours de l'art. Son état était des plus déplorables ; tout son corps ramassé, ses épaules recourbées sur la poitrine, n'offraient plus aux regards que l'image de la douleur.
Pendant cette longue et cruelle maladie, qui dura sept mois entiers, Jules ne relâcha rien de sa fidélité aux pratiques de piété dont il s'était fait une sorte de loi. Ceux que sa situation lui interdisait, il les remplaça par l'exercice continuel de la patience et de la résignation : sa pratique habituelle fut désormais de bénir et de baiser la main paternelle qui le frappait. Son unique chagrin, il le déclara souvent, était de ne pouvoir retourner à Forcalquicr continuer son éducation et s'y affermir dans les principes religieux dont il voulait faire la règle de sa vie. 11 parlait constamment et avec effusion de cœur de ses maîtres de Forcalquicr, des divers moyens qu'on y employait pour maintenir le bon ordre, pour encourager le travail, pour nourrir la piété des élèves : il s'arrêtait avec plus de complaisance encore surtout ce qui tenait aux congrégations; elles lui étaient parfaitement connues, il en avait toujours fait partie, il en avait même rempli les premières charges, et comme on peut bien le croire, avec autant de fruit qu'il y portait de zèle et de dévouement.
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Cependant le mal taisait des progrès et usait peu à peu toutes les forces vitales. La mère de Jules, qui lui avait donné durant le cours de sa maladie les soins les plus tendres et les plus assidus, eut le courage de lui apprendre elle-même qu'il était temps de se disposer aux derniers sacrements. Jules en accueillit avec joie la proposition. Ayant fait prier M. le curé, qui était le directeur de sa conscience, de venir le voir, il se confessa; le lendemain îl reçut le saint Viatique avec une piété si vive et si affectueuse qu'il fit couler des larmes de tous les assistants. Quelques jours après arriva le 3 mai, fête de l'Invention de la sainte Croix. Ce jour étant le premier vendredi du mois, lui devenait précieux à plus d'un titre : outre qu'il appartenait au mois de Marie, il lui rappelait, avec la Passion du Sauveur, le divin Cœur, objet de sa plus tendre dévotion. Il le célébra , d'abord en demandant pardon à ses parents de toutes les peines qu'il croyait leur avoir causées; après cet acte d'humilité, d'autant plus remarquable que la seule peine qu'ils aient jamais éprouvée de sa part a été celle de le perdre, il renouvela, selon son usage, l'acte de consécration et l'amende honorable aux Cœurs sacrés de Jésus et de Marie.
Le mercredi suivant, Jules sentit que ses forces l'abandonnaient entièrement; il déclara en termes exprès à sa mère que le lendemain serait le dernier jour de sa vie. La nuit fut des plus fâcheuses, le malade était en proie à des douleurs aiguës et continuelles. Son père, qui la passa tout entière à son chevet, l'invitait de temps en temps à unir ses souffrances à celles du Dieu Sauveur. Ces pieuses exhortations fortifièrent de plus en plus la sainte résignation du malade.
A cinq heures du matin, Jules demanda M. le curé : celui-ci accourut, et à sa prière il lui administra l'extrème-onction. Après l'avoir reçue, Jules demanda à ses parents que son petit pécule fût tout entier distribue aux pauvres; puis il supplia M. le curé de réciter les prières des agonisants, et d'aller ensuite dire la messe
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pour lui à l'autel de la sainte Vierge. Toutes ces dispositions s'exécutèrent au gré de ses désirs.
Cependant ses amis, ses parents, et plusieurs personnes des plus marquantes de la ville entouraient son lit, voulant être témoins de la mort d'un prédestiné. Jules était dans des transports inexprimables de joie à la vue de la bienheureuse éternité; il demanda le crucifix et le plaça entre ses mains, il le contemplait, il le baisait avec un air tout radieux; il priait et faisait prier tous les assistants. Ceux-ci fondaient en larmes, mais c'était plus encore des larmes de dévotion que de tristesse. Jules appela son père pour lui demander encore une fois pardon et recevoir ses derniers embrassements. 11 voulut donner la même marque de tendresse à sa mère et à toute sa famille. Son petit frère n'était pas présent à cette scène attendrissante. Jules s'en aperçut : « Je veux l'embrasser aussi, dit-il; je vous prie de me « l'amener. » En l'embrassant il lui recommanda d'être bien sage, bien soumis à ses parents et de bien aimer Dieu et la sainte Vierge.
Après avoir satisfait à la piété filiale et à l'amour fraternel, Jules sentant approcher sa dernière heure pria sa mère de se retirer : il voulait lui épargner la douleur de la séparation. Celle-ci persistant à demeurer, le moribond exigea absolument qu'elle sortît. Pour ne pas le contrister davantage la mère éplorée se retira. Entrant alors clans une sorte d'extase, il demanda à son confesseur : « Irai-je en purgatoire, mon Père? le croyez- « vous? — Non, mon fils, répondit le confesseur, j'es- « père bien que vous irez tout droit au ciel. » Ces paroles l'inondèrent de joie. Son visage s'enflamma, ses yeux se portèrent vers un endroit de sa chambre, et d'une voix qui exprimait ses transports, il s'écria : « Ah! « voici la sainte Vierge qui vient à ma rencontre. Elle « m'avait toujours protégé, elle ne m'oublie pas en ce « moment. Oui, ma bonne mère, continua-t-il, on ne a vous invoque jamais en vain... La voici, je la vois!... « 0 vous tous qui êtes ici ! mettez-vous à genoux pour
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« lui rendre des actions de grâces... Ma bonne mère! « ma tendre mère! souvenez-vous de votre enfant afin « qu'il trouve grâce auprès de Jésus-Christ votre fils. » Tous les assistants se jetèrent à genoux pour prier, et Jules pria avec eux. Un instant après, tandis que ceux qui l'entouraient, attendris et édifiés, ne cessaient de répéter qu'il allait certainement jouir de la gloire céleste, il rendit l'esprit. Sa mère avertie rentra sur-le-champ, et, s'élevant par la foi au-dessus de la douleur, elle voulut elle-même lui fermer les yeux. C'était le 9 mai 1823, à onze heures du matin.
M. le curé, qui l'avait assisté jusqu'au dernier soupir, ne craignit pas d'assurer que sa belle âme devait être en possession de la place que le Dieu trois fois saint lui avait réservée près des Louis de Gonzague et des Stanislas. Il ajouta que depuis qu'il exerçait le saint ministère il n'avait jamais éprouvé autant de consolation qu'auprès de ce bienheureux jeune homme. Il sortit des appartements où étaient réunies un grand nombre de personnes, en leur adressant avec l'Esprit-Saint ces paroles qui auraient pu lui servir d'épitaphe : Consummatus in brevi explevit tempora multa ; placita enitn erot Deo Anima illius ; propterea properavit cclucere illum de medio iniquitatum x.
Son convoi fut une sorte de triomphe décerné à la vertu. Le peuple s'y porta en foule; toutes les autorités de la ville, toutes les confréries réunies accompagnèrent son corps à la sépulture avec l'expression de la douleur la plus profonde et du respect le plus religieux. Les élèves des différentes pensions y assistèrent aussi sous la conduite de leurs maîtres ou maîtresses, qui le leur proposaient pour modèle, et des larmes abondantes arrosèrent le cimetière pendant la cérémonie de l'inhumation.
La nouvelle de cette mort fit une vivre impression
1 11 a parcouru en peu d'années une longue carrière : son cànic était agréable à Dieu ; c'est pourquoi il s'est hâte de la retirer du milieu des iniquités. (Sap., IV, 13.)
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sur tous les condisciples (le Jules : son éloge volait de bouche en bouche; chacun rappelait avec attendrissement les traits les plus édifiants de sa vie; les maîtres ne se lassaient pas de retracer à leurs élèves les circonstances les plus touchantes de sa mort; ceux-ci ne se lassaient pas de les entendre, et les yeux se mouillaient de pleurs au souvenir de tant de vertus sitôt mûries pour le ciel et sitôt enlevées à la terre. La mémoire de cet enfant de bénédiction n'est pas moins précieuse à ses compatriotes; elle ne cessera jamais de l'être à ceux qui ont eu le bonheur de le connaître et surtout de vivre avec lui.
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(iGXACE-JOSEPn-AMÉDÉE).
Demie le 7 janvier 1824, à l'âge de 23 au^ '.
Ignace-Joseph-Amédéc de Garsignies naquit à Lille. Dès ses premières années il annonça des inclinations douces et paisibles qui donnèrent d'heureuses espérances pour l'avenir. Elevé au sein d'une famille véritablement chrétienne dont les vertus soutenaient les leçons, il y répondit par sa docilité à en faire la règle de sa conduite.
Le moment vint de l'éloigner de la maison paternelle pour continuer et perfectionner ailleurs ses études. Ce fut au petit séminaire de Saint-Acheul que ses parents l'envoyèrent, à l'époque même où les approches de l'orage des cent jours donnaient lieu de tout craindre pour cette maison alors naissante. Amédée durant les cinq an-
1 Parent et compatriote de Charlcs-Adrîen-Joseph Aronio de Eontenelle, dont la vie se trouve dans l'ouvrage intitulé : les Écoliers vertueux, par l'abbé Caron, et frère de Mer Armand de Garsig-nies, évèque de Soissons et Laon.
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nées qu'il y passa se distingua, non par des actions ('datantes ou des traits frappants, mais (ce qui est plus précieux devant Dieu) par l'uniformité d'une vie constamment régulière et toujours occupée de ses devoirs. Aussitôt qu'il fut en âge de se présenter comme aspirant à la congrégation de la sainte Vierge, la seule qui fût alors établie dans la maison, il témoigna le désir d'y entrer. Sa conduite avait sollicité d'avance en sa faveur; il fut admis, et toujours il se montra digne de son titre de congréganiste. Personne ne marcha avec plus de constance, et s'il est permis de le dire avec moins de bruit dans la voie qu'il s'était tracée pour aller à Dieu : on a remarqué en particulier qu'il ne manquait jamais de s'approcher des sacrements tous les quinze jours, et qu'au retour des vacances il se retrouvait chaque année exactement le même qu'à son départ. Sa fidélité inviolable à suivre une règle de vie, la fuite des occasions dangereuses, la fréquentation des sacrements, le préservaient des chutes si communes dans ce temps de relâche où il n'y a souvent qu'un pas du délassement à la dissipation, et de la liberté à la licence.
Amédée unissait à la piété le goût de l'ordre et l'habitude d'un travail suivi : aussi le vit-on acquérir rapidement des connaissances utiles et variées, une rectitude et une maturité de jugement rares dans un jeune homme. Ces qualités estimables , relevées par l'aménité d'un caractère franc, ouvert, sociable, lui concilièrent l'estime et l'affection de ses maîtres et de ses condisciples. De son côté il leur était si cordialement dévoué que, malgré les inquiétudes que donnait à sa famille une santé déjà faible et chancelante, il demanda et obtint de prolonger son séjour à Saint-Acheul, pour y faire une seconde année de rhétorique à la suite de son cours de philosophie.
De retour chez ses parents, qu'une dignité honorable avait depuis plusieurs années fixés à Cambrai, et jouissant de toute la liberté convenable à un jeune homme de vingt ans, Amédée ne perdit de vue ni les pratiques
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religieuses dont on avait nourri son enfance, ni l'habitude d'une vie réglée et remplie par des travaux utiles. La religion suppléa en lui à l'expérience : déjà il savait apprécier le monde et ses vanités; et , s'élevant plus haut, il cherchait dans l'espérance d'une autre vie le vrai bonheur que rien ne lui donnait ici-bas. Ces sentiments au reste ne le rendaient ni bizarre ni austère dans ses rapports indispensables avec les hommes. Il y portait au contraire tous les charmes d'une vertu douce et indulgente, et il disait franchement à ce sujet : «Je ne cherche « pas à plaire au monde, mais je n'ai pas intention non « plus de le choquer. » Sa piété , pure et solide, mais plus intérieure que démonstrative, sa conduite régulière, mais simple et unie, ne laissaient apercevoir en lui ni accès de ferveur, ni relâchement, ni vicissitudes; toujours semblable à lui-même, tel qu'on l'avait vu un jour, tel on le revoyait tous les jours.
Il s'occupait à cultiver ses talents et à étendre ses connaissances par des études analogues à l'état auquel il paraissait destiné, lorsque la maladie à laquelle il devait enfin succomber en arrêta le cours : c'était une phthisie pulmonaire. Elle venait le frapper à l'âge des illusions les plus séduisantes pour le cœur; mais elle le trouva détaché de la vie, et disposé à la quitter sans regret. Ce fut alors que son âme, vue, pour ainsi dire, de plus près, commença à se dévoiler tout entière aux personnes qui furent à portée d'en juger. Au milieu des angoisses prolongées que lui firent éprouver vingt-six mois de langueurs et de souffrances, son courage, sa patience, le calme et l'égalité de son âme ne se démentirent pas un instant. Il porta l'oubli de soi-même jusqu'à refuser, durant les nuits laborieuses qui précédèrent immédiatement sa mort, les services d'un garde-malade qu'on voulait lui donner.
x Sa maladie, durant les fêtes de Pâques de J8-23, ne lui permit pas d'aller faire à l'église la communion pascale. Il la reçut dans sa chambre; mais il voulut que la cérémonie fût assez publique pour donner une preuve
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éclatante de son empressement à observer les lois de l'Eglise. La foi et la ferveur qu'il montra dans l'accomplissement de ce pieux devoir touchèrent et attendrirent tous les assistants. Après son action de grâces il habilla un enfant pauvre qui faisait sa première communion. Lui-même était entré dans le détail du trousseau qu'il lui destinait. Il le fit approcher de son lit, lui remit son offrande, et se recommanda à ses prières. Cette aumône en couronnait tant d'autres qu'il n'avait cessé de répandre, surtout parmi les indigents du village où est située la maison de campagne qu'il a habitée durant sa dernière maladie, et où reposent aujourd'hui ses restes.
Plusieurs fois il laissa échapper sur l'heureux ternie où il aspirait le secret de son cœur. « Je pense avec dé- « lices, disait-il un jour, à l'annonce qui m'est intérieu- « rement donnée; bientôt, bientôt nous irons dans la « maison du Seigneur. Lœtatus sum in fus quœ dicta « sunt mihi : in domum Domini ibimus. » (Ps. 121.)
Cette attente lui faisait oublier ses douleurs; il aurait voulu les faire oublier de même aux personnes qui l'entouraient. Voyant sa mère triste et profondément affectée de son état (c'était deux mois avant le jour qui l'enleva), «Ah! maman, lui dit-il, si vous connaissiez « bien le mérite et la nécessité des souffrances, vous ne « me plaindriez pas : elles font ma consolation et mon « espoir. »
Un soir, vers la chute du jour, il était resté seul et sans lumière durant les moments qu'il avait coutume de donner à la 'récitation du chapelet. Sa mère qui survint peu après le trouva comme absorbé dans une profonde méditation , malgré la fatigue que lui causait une toux presque continuelle. « Je viens, lui dit-il du ton le plus « expressif et le plus touchant, je viens de passer des « moments délicieux. » On ne put se méprendre sur l'objet qui l'avait si heureusement occupé.
Un autre jour, voulant sans doute préparer sa mère à une séparation prochaine, il lui ouvrit son cœur en ces termes : « Quel moment plus favorable pour moi ! J'es-
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» père être en état de grâce. » Mais s'apercevant de l'émotion douloureuse que produisait sa réflexion, il se tut. Quelques instants après il ajouta : « Si vous voyiez le « fond de nies pensées, elles vous paraîtraient peut-être « bien tristes; mais, je vous l'avoue, elles ne le sont « nullement pour moi. » Amédée en effet trouvait en Dieu toutes ses consolations; Dieu lui rendait dès lors le centuple de ce qu'il souffrait pour lui. Le livre de l'Imitation, qu'il avait sans cesse entre les mains, fournissait un aliment toujours nouveau aux joies célestes qui inondaient son âme. Il paraissait affectionner surtout le quarante-septième chapitre du troisième livre et les deux suivants.
Les grandeurs et les perfections de Dieu, le besoin de l'aimer, l'abandon absolu de tout lui-même entre ses mains, tel était le sujet ordinaire de ses entretiens avec le directeur de sa conscience. Tout le reportait vers l'objet de ses désirs : Jésus-Christ était sa vie, et la mort était pour lui un gain immense. Il soupirait après le moment où, débarrassé des liens qui le tenaient a la terre, il pourrait aller s'unir à Dieu. Si la pensée de ce qu'il pourrait devoir peut-être à sa justice venait le troubler, bientôt la confiance aux miséricordes divines prenait le dessus et dissipait ces terreurs involontaires.
Avant sa maladie il s'était fait un devoir d'approcher fréquemment de la sainte Table : pendant sa maladie ce fut une consolation pour lui d'y recourir encore plus fréquemment et d'y puiser les vertus propres à son état, la patience, la douceur, la résignation. II dut même à cette pieuse habitude le bonheur de communier le jour de l'Epiphanie, veille de sa mort; et par respect il voulut cette fois recevoir à jeun le pain de l'immortalité.
Le soir du même jour, après avoir passé quelque temps dans le salon où la famille avait coutume de se réunir, il monta dans sa chambre sans soutien. Dès qu'il se vit seul avec son père , qui l'avait accompagné, il s'ouvrit à lui sur un objet qui occupait ses pensées. « Mon « confesseur, lui dit-il. m'a dernièrement parlé de l'ex-
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« trême-onction. Je voudrais bien la recevoir; niais je « crains de vous affliger... Je connais mon état; je m'en «vais par le plus court chemin, et c'est mon vœu le « plus ardent : j'ai peur seulement de le désirer trop... « Tout ce qui me coûte c'est que cela vous fera tant de « peine !... »
Dès le matin du jour suivant, jour heureux qui allait combler son attente en le tirant de la terre d'exil, Amédée reçut, avec le calme et la joie de l'espérance chrétienne, l'onction des mourants. Bientôt après, son confesseur aperçut en lui les symptômes qui annoncent les approches de la mort. Tandis que, le soutenant dans ses bras, il lui suggérait des actes de confiance et d'amour, le moribond recouvrant toute sa voix, depuis longtemps éteinte, s'écria avec transport :« Quel bonce heur de mourir congréganiste!... Oui, toujours aimer « Dieu!... toujours, toujours!... oui, dans l'éternité! »
Après quelques moments de silence il répéta deux fois, comme hors de lui-même : « Oh! que c'est beau, « Jésus et Marie ! » Aussitôt il ajouta : « Quel malheur « s'il fallait revenir à la vie ! » Puis, s'adressant à son confesseur, dont il serrait affectueusement la main : « Et « vous, lui dit-il, quand viendrez-vous?... Non, restez « pour faire encore du bien... Mon père et ma mère où «sont-ils?... Ils seront si tristes! Je vous les recom- « mande... Priez, dites la messe pour eux et pour moi. »
Enfin le crucifix sous les yeux, et s'abandonnant tout entier à la divine miséricorde, par l'entremise de la sainte Vierge, à laquelle il se glorifiait d'appartenir au double titre de congréganiste et de confrère duCarmel, il récita très-distinctement le Sub tuum, le Memorare, le Miserere; et après avoir prononcé ces dernières paroles : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum* (Ps. 30;, il soupira trois fois, baissa la tête, et s'endormit dans le Seigneur le 7 janvier 182-4.
La perte de l'ancien élève de Saint-Acheul fut géné-
1 Seigneur, je remets mon esprit entre vos mains.
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ralement et vivement sentie dans cette maison. L'on y offrit des prières et des sacrifices pour le repos du défunt qui l'avait édifiée par la régularité de sa vie, et qui l'honorait par la sainteté de sa mort. La chapelle de la congrégation fut décorée de tentures, sur lesquelles on inscrivit les derniers élans de son cœur tels que nous les avons rapportés; et le service funèbre y fut célébré avec autant de piété que de pompe et de magnificence.
Nous ajouterons à ce récit le témoignage que publia, peu de jours après le décès d'Amédée, le médecin qui, l'ayant traité durant une si longue maladie, avait eu tout le temps de l'étudier et de le connaître. Voici ses paroles :
« M. Amédéc de Garsignies est mort le 7 du présent mois, âgé de vingt-trois ans. La phthisie pulmonaire a conduit lentement au tombeau ce jeune homme, plus recommandablc encore par ses vertus privées que par les connaissances dont son esprit était orné. Élève de la maison de Saint-Acheul , il y avait puisé ces vrais principes religieux et politiques bois desquels on ne trouve qu'erreur et déception. Revenu auprès de ses parents, chez qui de tels principes sont comme un héritage patrimonial, il trouva dans leurs conseils et leurs exemples de nouveaux moyens de prémunir son cœur et sa raison contre les maximes des novateurs. Hélas! de quoi lui auraient servi ces doctrines sèches et désolantes, au milieu des souffrances qui l'accablaient et à l'aspect de la mort qui chaque jour faisait un pas au-devant de lui?... Cette douce et sainte résignation avait fait de M. Amédée un homme fort, un esprit supérieur aux faiblesses de notre nature; et quand vint le moment de payer l'inévitable tribut, je le vis, surmontant ses douleurs, employer le peu de force qui lui restait pour les cacher à sa famille désolée, dont il craignait d'augmenter les peines. Aussi peut-on dire de lui ce qu'il n'est permis de dire que d'un bien petit nombre d'hommes, que « sa maladie et sa mort sont les seuls chagrins qu'i « ait causés à ses parents. »
DE BUZELET.
DE BUZELET