LA TOPOGRAPHIE — NOS PROFESSEURS III
Hebdomadaire omelette, Secs gigots, disparaissez.
L'éclat de Tépaulette
Vous a tous effarés.
Mais toujours avec ivresse Je me souviendrai de vous, Contrebande enchanteresse, Plans, ô passe-temps si doux.
Gaîment oubliant l'école, Qu'avec plaisir j'ai quittée, La chaîne et la boussole Pour les flancs d'un pâté.
L'un va garder le monarque.
L'autre est fier d'être pinceau ^i), Pour Saumur l'autre s'embarque Houzard ou dragon nouveau.
Si moins d'éclat environne Le modeste fantassin,
A pied mieux que personne
Il fera son chemin !...
(i) PinceaUy surnom donné à l'officier d'état-major.
En suivant notre carrière, Mes amis n'oublions pas Ceux dont la main tutélaire Dirigea nos premiers pas.
Voulez-vous, chers camarades, Payer leurs soins gônéreux?
Parvenons à leurs grades En les gagnant comme eux.
Deux ans l'on nous vit ensemble ;
Nous allons nous dire adieu;
Mais un même esprit rassemble
Ceux que renferme ce lieu.
Qu'aux armes de la victoire ^^
Charles (i) fixe un rendez-vous. ,*^'
Au chemin de la gloire '*•
Nous nous reverrons tous. ^-.î
Je fais suivre mes souvenirs de Saint-Cyr et dé " rÉcole d*état-major des notices historiques con-
(i) Cette chanson date du règne de Charles X.
sacrées aux élèves de ma promotion, dans Tune et l'autre École, qui ont atteint les premiers grades de Tarmée ou qui sont morts au champ d'honneur.
La promotion entrée à Saint-Cyr en 1832 a donné à la France :
10 généraux de division; 12 généraux de brigade, dont un passé intendant général ; i colonel qui, en retraite au moment de la guerre de 1870, a repris son épée et a commandé avec distinction une brigade au siège de Paris, M. de Camas ; 2 intendants divisionnaires. 10 ont été tués à l'ennemi.
Généraux de division :
D'infanterie : Le Poitevin de Lacroix, de Lartigue, de Brauer, Deligny, Guignard, Metman, Fauvart Bastoul.
De cavalerie : de Gondrecourt, de Pierre de Bernis.
De l'infanterie de marine : Reboul.
colojiel d'infanterie Supervielle, à Saint-Privat, 1870; le colonel d'état-major Béraud, au combat de Saint- Jean-sur-Évre (armée de la Loire), 1870.
Généraux de divisîon :
Le PoitevindeLaCroix-Vaubois (Louis-Joseph), né à Anvers (Belgique), de parents français, le 23 mars 181 5, grand'croix de la Légion d'honneur, entré à Saint-Cyr le 18 novembre 1832, caporal à cette École le 20 septembre 1833, sergent le 17 novembre, sous-lieutenant le 20 avril 1835, au 63° de ligne, ayant obtenu un des premiers numéros de sa promotion; fut admis le i®' janvier 1836 comme élève à l'École d'état-major. L'année suivante, M. <ie La Croix quitta l'École d'application pour rejoindre à Alger son régiment, le 63® de ligne, où il fut nommé lieutenant le^26 août 1837, sty^nt renoncé au service d'état-major.'
Le jeune officier fit un premier séjour de dix-huit mois dans notre colonie, du 10 septembre 1837
Promotion — généraux de division 117
le 15 octobre 1852. (Colonel du 3® tirailleurs algériens, àConstantine, le 17 mars 1858, commandeur le 15 août 1860, pendant qu'il était en expédition, il fut cité à l'ordre de l'armée d'Afrique du mois d'août pour sa belle conduite dans le combat contre les Beni-Minoum. •
Les services du colonel Le Poitevin de La Croix dans notre colonie lui valurent les étoiles de général de brigade, qui lui furent données le 20 décembre 1864. Laissé à la disposition du gouverneur général, maréchal de Mac-Mahon, il reçut le commandement de la 2« subdivision de la province de'Constantine, celle de Bone. Lors de l'expédition de la Kabylie orientale, il fut mis à la tête de la 3* brigade d'infanterie et obtint une citation à l'ordre de l'armée d'Afrique.
Le 27 décembre 1866, ce brave officier général ayant été appelé à Paris, pour commander la 2« brigade de la 2* division d'infanterie de la garde impériale, s'embarqua le 8 février 1867 pour la France.
En 1870, M. le général de La Croix conduisit sa
sud-ouest, pour réprimer la révolte des Kabyles. Le 1 5 août il livra un beau combat aux nombreux contingents des dissidents cherchant à enlever un convoi venant de Milah. Il les repoussa, les accula au pied d'un rocher, par une habile manœuvre, et leur tua beaucoup de monde.
Chargéd'une inspection générale en 1872 et 1873, élevé à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur, le 22 mars 1872, il quitta l'Algérie, le 7 novembre 1873, pourprendre en France, à Paris, le commandement de la 21* division d'infanterie, détachée du 11® corps d'armée. Le 3 février 1880, la longue et belle carrière militaire du général Le Poitevin de La Croix-Vaubois fut couronnée, par la grand'croix de la Légion d'honneur. Atteint parla limite d'âge, il fut admis à la pension de retraite par décret présidentiel du 22 août 1880.
Cet officier général, qui avait été autorisé, le 1 2 juillet 1850, à joindre à son nom celui de Vaubois, d'un général illustre, son parent, est grand'croix de l'ordre pontifical de Grégoire le Grand, et décoré de l'ordre du Nicham de Tunis.
tions jusqu'en 1854, et fut nommé, le 15 septembre 1854, lieutenant-colonel au 23* léger, devenu le 98® de ligne. M. de Lartigue, embarqué le 28 octobre 1854 pour l'armée d'Orient, quitta l'Algérie pour se rendre devant Sébastopol à la r® brigade (Beuret) de la 3*" division (Pâté) du i" corps (de Salles). Cité à Tordre de Tarmée du 28 mai 1855, P^^r sa brillante conduite aux combats de nuit des 23 et 24 mai, il reçut, le 14 septembre, après la prise de la ville russe, la croix d'officier de la Légion d'honneur, et revint en France le 17 juin 1856, colonel le 26 juin 1855, commandant le 28^^ de ligne, qu'il ramena à Limoges, puis à Lorient. Il fut promu général de brigade le 14 août 1860, resta quelques semaines en disponibilité et fut pourvu, le 2 octobre, au commandement de la subdivision de la Charente, à Angoulême. Le 16 mars de Tannée suivante, il eut celui de la Haute-Savoie, à Chambéry, En 1863, le général de Lartigue prit, au camp de Châlons, le commandement de la r^ brigade de la 2« division d'infanterie. Pendant son séjour au camp, il s'occupa avec fruit des
En captivité en Allemagne jusqu^au 2 1 mars 187 1 , depuis le 2 septembre 1870, après la convention de ce jour, il reçut à sa rentrée en France le commandement de la 2P division militaire territoriale, à Limoges. Inspecteur général d^'infanterie en 1872 et 1873, commandant en chef le 12® corps, le 14 octobre 1873, à Limoges, il eut à inspecter en 1874 et 1875 le Prytanée militaire de la Flèche et rÉcole spéciale militaire de Saint-Cyr.
En .1879, le général de Lartigue ayant demandé sa mise à la retraite, y fut admis par anticipation, par décret présidentiel du 24 mars 1880.
De Brauer (Joseph), né le 25 ayril 181 5, à Limbach (Prusse rhénane), de parents français, . entra à Saint-Cyr le 20 novembre 1832, caporal à cette école le 29 septembre 1833, sergent le 17 novembre, il en sortit en 1834 pour rejoindre le 8® de ligne comme sous-lieutenant (le 20 avril 1835) à Phalsbourg. Lieutenant le 5 juillet 1840 au 9® bataillon de chasseurs à pied, dans la pro- ^ vince d'Oran, capitaine le 23 mars 1845 au 8° ba-
PROMOTION — GENERAUX DE DIVISION I2Ï t ..
1866 le camp de Châlons. Embarqué de nouveau pour^ Civita-Vecchia, à la division d'occupation d'Italie, le 3 novembre 1867, il en revint en mai 1868, à l'armée de Paris.
Le 10 août 1868, M. Brauer eut les épaulettes de général de brigade, et le 28 du même mois le commandement de la subdivision des Vosges, à Épinal. En 1869, il fut appelé au camp de Châlons, à la I" brigade de la i^ division d'infanterie du camp. A la levée du camp, il eut le commandement de la subdivision de la Meurthe, à Nancy, où il se trouvait lors de la déclaration de guerre à la Prusse, le 15 juillet 1870. Le lendemain, 16 juillet, il reçut le commandement de la r® brigade de la 4* division (Decaen) du 3® corps (Bazaine) de l'armée du Rhin, brigade qu'il mena aux grandes batailles d'août et de septembre autour de Metz, à Borhy, à Gravelotte, à Saint-Privat. En captivité en Allemagne après la capitulation du 28 octobre, rentré le 29 mars 187 1, il revint assez à temps pour mettre son épée au service de l'ordre et pour prendre à l'armée de Ver-
d'honneur, né à Ballan (Indre-et-Loire), le 12 décembre 181 5, fit ses études à l'École royale mili-* taire de la Flèche, où il fut admis en 1827 et dont il sortit en 1832, pour entrer, le 20 novembre, à rÉcole spéciale militaire de Saint-Cyr. Sous-lieutenant du 20 avril 1835, ^^ 13° léger, embarqué avec ce régiment le 3 mai 1840 pour l'Afrique, il ne quitta plus notre colonie jusqu'en mai 1859. Lieutenant le 27 décembre 1840, il se trouva à un grand nombre d'expéditions, dont celle du Maroc de 1844, terminée par la bataille de Tlsly, où il se distingua. Capitaine le 19 octobre, après cette glorieuse journée, il obtint, le 12 mai 1848, de passer avec son grade au bataillon de tirailleurs d'Oran. Il avait reçu la croix de la Légion d'honneur le 3 octobre 1842.
Chef de bataillon le 12 septembre 1848, d'abord au 36° de ligne, puis au 12®, le 12 avril 1849, i* sollicita et obtint, pour ne pas quitter l'Algérie, de prendre au 7® léger, le i^"^ décembre 185 1, le commandement d'un bataillon.
Officier de la Légion d'honneur le 28 juillet
gérie jusqu'au 30 avril 1859. Il revint alors en France, après un séjour de dix-neuf années dans notre colonie, pour prendre, à Metz, le commandement (Tune brigade d'infanterie, brigade qui, le 20 mai, devint la F® de la 2® division de l'armée d'observation pendant la campagne d'Italie, et fut dissoute le 20 septembre, après^ la convention de Villafranca.
Nommé alors au commandement de la subdivision du Loiret, à Orléans, le général Deligny ne prit pas ce commandement,- ayant obtenu de retourner.en Algérie. Mis à la disposition du commandant en chef des forces de terre et de mer de notre colonie, le i®' octobre 1859, i^ commanda la province d'Oran, et fut élevé à la dignité de grandofficier.
Deux mois plus tard, le 11 décembre 1859, le brave général était promu divisionnaire et investi des fonctions d'inspecteur général. Il fut envoyé, en 1869, au camp de Châlons, pour y commander la première division d'infanterie. Le 15 juillet, on l'appela au commandement de la première divi-
mée, enr88o, puis il eut mission d'assister, en septembre, aux opérations du i^"" corps, dans le Nord.
Atteint par la limite d'âge, le général Deligny, mis au cadre de réserve le 13 décembre r88o, prit sa retraite le 15 octobre 1881, après 32 années de services effectifs et sans interruption, 25 campagnes, 2 blessures et 2 citations. Il est grand'croix de TÉpée de Suède et décoré d'un grand nombre d'ordres étrangers.
Le général s'est retiré dans son pays natal, à la Goupillière, en Touraine. C'est un des plus plus brillants et des plus vigoureux officiers généraux sortis des Écoles de la Flèche et de Saint- Cyr.
GuiGNARD (Louis-Eugène), général de division d'infanterie, commandeur de la Légion d'honneur, né à Jaulnay (Vienne), le 12 septembre 1814, entré à Saint-Cyr le 5 décembre 1832, à l'âge de 18 ans; sous-lieutenant le 20 avril 1835 au 31® de ligne, lieutenant le 20 décembre 1839, embarqua avec son régiment pour l'Algérie le 10 juin 1840,
colonel au 73® de ligne, le 9 décembre 1854, il rejoignit son nouveau régiment devant Sébastopol, à la brigade de Cler, de la division d'infanterie Herbillon, du corps de réserve Regnaud de Saint- Jean-d*Angély. Le 16 août 1855, il combattit à Tractir, où son régiment se trouvait au centre de la ligne de bataille. A la suite de cette glorieuse journée, M. Metman reçut la croix d'officier de la Légion d'honneur, par arrêté du général en chef, en date du 22 août. Le jour de Tattaque générale, le 8 septembre, le 73» couronna la position de la Tchernaïa, avec les autres troupes de la division Herbillon, et le 22 du même mois, son
lieutenant-colonel fut promu colonel du 35® de ligne.
De retour en France, M. Metman tint garnison
à Bayonne, en 1856, après le défilé des troupes à
Paris. L'année suivante (1857), il fut appelé dans
la garde impériale, et prit le commandement du
y de grenadiers à la 2® brigade (de WimpfTen) de
la division de Mellinet. Il fit la campagne de
1859, en Italie, contre l'Autriche, combattit à
2° corps (Frossard), le général Metman s'attendait à chaque instant à être appelé sur le champ de bataille de Spickeren pour renforcer le 2° corps. Il n'en fut rien, son concours fut maladroitement refusé. Les 14, 16, 18 août, la division Metman, engagée vigoureusement à Borny, à Gravelotte, à Saint -Privât, combattit bravement, perdit beaucoup de monde, et rentra à Metz pour contribuer à la défense de cette place.
En captivité en Allemagne, après la convention du 28 octobre, il revint en France, à la paix, après le retour des troupes à Paris, prit le commandement de la i'^ division du 3^ corps de l'armée de Versailles, qu'il inspecta en 1873, puis le commandement de la 17® division au 9"^ corps, à Paris.
Atteint par la limite d*âge et passé au cadre de réserve, le i*^"^ mai 1879, cet officier général a été admis à la retraite, sur sa demande, par décret présidentiel, en date du 21 mai 1879. 11 est décoré des médailles de la Baltique, de la Crimée et d'Italie.
Guadeloupe, où il arriva le 29 janvier 1849. Trois mois après, le 29 avril, ir rentra au 2° de marine, mais pour peu de temps, ayant été pris de nouveau comme officier d'ordonnance par le gouverneur de la Guadeloupe, il fit, de 1848 à 185 1, les . fonctions de chef d'état-major du gouvernement ■ de la Guadeloupe, colonel Fréron, et fut établi sur les cadres de l'état-major le 20 novembre 1849.
Le capitaine Reboul fit là traversée de la Guadeloupe à Bordeaux sur le Brandon^ du 17 mars au 3 juillet 1849. Le 12 décembre, embarqué pour la troisième fois sur la Proserpine, il vint, le 28 janvier 1850, de Brest à la Guadeloupe, puis à Mogador. Revenu en France, à Rochefort, le 7 octobre 185 ly sur VAsmodéCy il devint, le 12 décembre 1852, aide de camp du général de Fitte de Soucy, inspecteur de l'infanterie de marine. Il accompagna cet officier général dans sa tournée au Sénégal d'où il se rendit de Marseille, à bord de la Chimère, lui fut fort utile pour ses travaux d'inspection, et reçut, le 14 août 1852, la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Pendant l'année
nommé officier de la Légion d*honneur, le 10 août 1861. En 1863, il devint chef d'état-major général du gouverneur de la Cochinchine, commandant en chef ce pays, à Bang-Hoc, et le remplaça pour remettre la grand-croix au roi de Sia'm.
Colonel le 25 juin 1862, il prit, le i^' septembre 1863, le commandement du 4° d'infanterie de marine, qu'il quitta le 14 août 1866, pour entrer dans Tétat-major de l'arme, chargé de l'important commandement des troupes en Cochinchine. Commandeur le 30 décembre 1864, revenu à Toulon sur la SarthCj le i" avril 1868, ayant été promu, le 16 octobre 1867, général de brigade, il arriva à Toulon le i®' avril 1868, à bord de la Sarihe, et du 8 novembre 1868 au 26 mars 1869, il fit une ournée d'inspection en Guyane et dans les Antilles.
En juillet 1870, le général Reboul, lors de la formation du 12^ corps d'armée à Châlons, pour la guerre contre la Prusse, reçut le commandement de la i"'^ brigade de la belle division d'infan-
le 21 novembre 1879, ^ f^i^e valoir ses droits à la retraite.
Le général Reboul est un des officiers qui ont inscrit sur leurs états de services le plus de campagnes hors d'Europe. Il est décoré de plusieurs ordres étrangers
De Gondrecourt (Henri- Ange-Aristide), général de division de cavalerie, commandeur de la Légion d'honneur, né à Quartier-du-Moule (Guadeloupe), le 22 mars 181 5, fut admis à Saint-Cyr le 21 novembre 1832, et fut promu, le 20 avril 1835, souslieutenant au 47® de ligne. Ayant obtenu de permuter pour entrer dans là cavalerie, il fut envoyé, le 27 avril 1838, aux spahis réguliers d*Oran, au titre indigène. Lieutenant au 12® de chasseurs à cheval, alors en Algérie, le 5 novembre 1839, il fit campagne dans notre colonie de 1835 ^ 1858 presque sans interruption.
CitéàTordre de Tarmée d'Afrique du i4mai 1836, pour sa belle conduite au combat de Sidi-Yacoub, il fut promu capitaine adjudant-major le 3 juil-
certains moments? Si vous saviez quelles pensées agitent le cœur d'un honnête homme, lorsqu*il se dit qu'un ordre mal donné, une mesure mal prise, vont peut-être coûter l^i vie à de braves gens qui ont mis en lui toute leur confiance? Je xpus assure que la médaille du commandement a bien son revers. »
En 1844, le 21 mai, dans le Dahra, Cler se fit encore remarquer. Cest là qu'iifut en relation pour ia première fois avec lé futur duc de MalakofF, maréchal Pélîssier, avec lequel il eut par la suite une affaire dont bous parlerons plus loin.
Décoré pour fait de guerre, à la suite de plusieurs expéditions, Cler, en février 1846, fut cité une fois encore à l'occasion du coup de main exécuté contre les Ouled-Bessem. Il dirigea quelque temps, de la façon la plus remarquable, l'administration de son bataillon, comme capitaine-major.
Major au 6* léger, le 27 avril 1846, neuf ans après sa sortie de Saint-Cyr, lieutenant-colonel au 21® de ligne en 1852, Cler fut désigné des premiers, par le maréchal de Saint-Arnaud, lors de la
une affaire de nuit, et croyant leur colonel prisonnier, revenaient en courant vers la ville russe, lorsque, rencontrés parCler, qui leur dit : N'avez-vous pas entendu la sonnerie de la retraite, ils lui firent cette réponse : « — Mon colonel, on nous avait dit que vous étiez au pouvoir de Tennemi, nous allions vous chercher jusque dans Sébastopol. »
Nous avons parlé d'une affaire entre Cler, alors en Algérie et colonel du 2® de zouaves, et le général Pélissier. Ce dernier était souvent injuste et brutal. Un jour, devant son régiment, il apostropha grossièrement Cler. Ce dernier jette son sabre en disant : Je donne ma démission ; puis il se retire. Pélissier rentre un peu honteux de ce qu'il a fait. Son aide de camp Cassaigne, qu'il adore, lui déclare qu'après ce qui vient de se passer il ne restera pas auprès d'un chef assez injuste pour apostropher comme il Ta fait le meilleur colonel de l'armée. Le général prie, supplie son aide de camp, qui exige de lui une lettre d'excuse et une invitation à dîner pour Cler le soir même.
Lorsqu'il fut tué à Magenta, le général Cler
IÇS SAINT-CYR
la fatale pointe de la Dobrutscha, en revint sain et sauf, combattit à TAlma, à Inkermann, se trouva à toutes les opérations du siège de Sébastopol, et fut blessé le 8 septembre 1855, à l'assaut de MalakofF, en menant son bataillon à Tattaque du redoutable ouvrage. Cité à Tordre de l'armée d'Orient, nommé officier de la Légion d'honneur après la prise de la ville russe et lieutenant-colonel à son régiment, le 7® de ligne, le 22 septembre 1855, il revint en France en 1856, à l'armée de Paris .
Au moment de la déclaration de guerre à TAutriche, en 1859, le lieutenant-colonel de Camas se trouvait en garnison à Brest. Le 7® de ligne ne fut pas appelé à Tarmée d'Italie, mais l'année suivante il fut à la division d'occupation de Rome, où il resta jusqu'à l'envoi au Mexique du premiercorps expéditionnaire, aux ordres du général de Lorencez. Embarqué alors pour le nouveau monde, il fit cette rude campagne de 1862 à 1865. Promu colonel du 95® de ligne le 20 août 1863, il resta au Mexique, à la 2* brigade (de Castagny) de la
1"* division (Bazaine) du corps du général Forey.
Rentré en France en 1865, admis à la retraite sur sa demande, il se trouvait dans ses foyers depuis cinq années, lorsque la guerre contre la Prusse éclata, en juillet 1870. Le colonel de Camas crut devoir offrir ses services. Il vint à Paris, reçut le commandement de la 1'® brigade de la 2® division d'infanterie (de Liniers) de* la 3® armée de défense (Vinoy). Il se conduisit pendant tout le siège avec une haute distinction, mena sa brigade aux grandes affaires sous Paris, et reçut en récompense la croix de commandeur.
La paix signée, le colonel de Camas remit au fourreau son épée et rentra dans ses foyers, après une vie militaire des plus honorablement remplie, à la suite de 45 ans de services effectifs, de nombreuses campagnes, d'une blessure et de plusieurs citations.
Le frère du colonel a été tué à la bataille d'Inkermann, à la tête du 6® de ligne qu'il commandait.
Sébastopol, d'abord à la brigade de Lourmel de la division Forey, se trouva à TAlma et. à Inkermann^ puis à la brigade Niol, j" de la r* division (d'Autemarre) du i" corps (de Salles), jusqu'au 24 mars 1855. 11 entra alors avec son grade au i®' voltigeurs de la garde, à la brigade de réserve Uhrich et reçut la croix d'officier le 1" juin 1855 pour fait de guerre.
Colonel du 6o* de ligne, le 11 septembre 1855, après Fattaque générale de la ville russe, il prit quelques jours plus tard le commandement de son ancien régiment d'élite, le i®' des voltigeurs de la garde, qu'il ramena en France et à la tête duquel il fit en 1859 la campagne d'Italie contre rAutriche.
Commandeur le 17 juin 1859, après Magenta, général de brigade le 2 juillet, après le retour des troupes à Paris, M. Mongin prit à Laon le commandement de la subdivision de l'Aisne, le 7 août 1859, commandement qu'il conserva jusqu'au 23 janvier 1866, date à laquelle il entra dans le corps de l'intendance comme intendant général inspecteur.
PROMOTION — TUÉS A l'eNNEMI 2O7
du-Nord), le 2 avril 1813; fit ses études à l'École préparatoire de la Flèche de 1823 à 1832, et fut admis à Saint-Cyr le 21 novembre 1832. Souslieutenant au 6* de ligne le i*' octobre 1835, ce jeune officier breton, au caractère ardent et loyal, homme d'une bravoure chevaleresque, fut désigné pour passer, le 24 septembre 1859, au bataillon de tirailleurs souche des chasseurs à pied formés Tannée suivante par le duc d'Orléans.
On demandait pour ce bataillon de tirailleurs des hommes d'une grande vigueur morale et physique. Le jeune Cargouet y fut envoyé des premiers et y devint lieutenant le 22 octobre de la même année 1839. Admis au i" bataillon de chasseurs à pied à sa formation, le 28 septembre nS.jo, capitaine le II juillet 1844, au tour du choix, au )•■ bataillon de son arme, il fit campagne en Afrique du 31 août 1844 au 2 mai 1850, dans la province d'Oran, se trouva à la bataille de Tlslv.
Décoré le 22 avril 1847, pour fait de guerre, à la suite de plusieurs expéditions, M. de Cargouet fut promu chef de bataillon au 18° de ligne le